« Le garçon au pyjama rayé » (« The boy in the striped pyjamas ») de James Boyne

Livre jeunesse prêté par Orchidée, et lu en anglais.

La quatrième de couverture de l’édition anglaise est très intéressante. Il est écrit (je fais moi-même la traduction) « L’histoire est très difficile à décrire. D’habitude, on donne des indices à propos du livre sur la couverture, mais dans ce cas nous pensons que cela gâcherait la lecture. Nous pensons qu’il est important que vous commenciez à lire ce livre sans savoir de quoi il s’agit. » Il est aussi précisé que « nous accompagnerons un garçon de neuf ans qui s’appelle Bruno (bien que ce ne soit pas un livre pour les enfants de neuf ans.) »

A mon avis, sans raconter exactement ce qui se passe dans le livre, il faut malgré tout absolument être déjà bien informé sur la deuxième guerre mondiale, le nazisme et les camps de concentration pour comprendre et apprécier le message de ce roman à sa juste valeur. Pour les jeunes français, cela correspond au programme d’histoire du milieu de la classe de 3ème, c’est à dire vers 14 ans, ce qui me parait aussi un âge auquel ils peuvent aborder le sujet avec plus de réflexion.

Bruno a donc 9 ans, il est né en Allemagne en 1934 et vit une vie confortable et protégée à Berlin. Son père est un haut commandant de l’armée allemande (assez haut-placé pour recevoir chez lui à dîner celui que Bruno dans sa confusion appelle « the Fury »  en anglais (et « le Fourreur » dans la version française).

En 1942, toute la famille est envoyée dans une nouvelle maison pour que son père prenne le commandement d’un lieu que Bruno appelle « Out-With«  (« Houste-Vite » dans la version française). De la fenêtre de sa chambre, Bruno aperçoit de loin une clôture derrière laquelle il devine des gens maigres en pyjamas rayés et les soldats de son père.

Il déteste être là et s’ennuie sans amis, jusqu’au jour où, au cours d’une « exploration », il rencontre de l’autre côté de la clôture Shmuel, un petit garçon en pyjama rayé. Ils s’aperçoivent qu’ils sont nés exactement le même jour, et à force de discussions et de visites –chacun de « son » côté de la clôture-, ils deviennent amis.

Dans cette histoire, rien n’est dit clairement, tout est sous-entendu. On apprend beaucoup par les bribes d’informations glanées ça et là par Bruno et par ses incompréhensions face à certaines situations.

En effet, l’histoire est racontée du point de vue de Bruno à qui personne ne dit rien et qui traverse la vie avec beaucoup (trop?) de naïveté et d’innocence. C’est un garçon qui a bon fond et qui n’aime pas les injustices mais qui ne se pose pas beaucoup de questions sur ce qui l’entoure et reste assez centré sur lui-même. Peut-être parce que ce qui l’entoure EST incompréhensible?

Tout ce que Bruno veut c’est un ami avec qui jouer. Il ne peut pas imaginer que son père soit mauvais et ce n’est qu’après des mois à « Out-With » qu’il demande à sa soeur à quoi sert la barrière. D’ailleurs le petit Shmuel semble lui-aussi peu au courant de ce qui lui arrive.

« How did [your hand] get like that? », he asked. (Comment ta main est-elle devenu comme ça? demande Bruno)

« I don’t know », said Shmuel. « It used to look more like yours, but I didn’t notice it changing. Everyone my side of the fence looks like this now. » page 168 (Elle était plus comme la tienne, mais je ne l’ai pas vue changer. De mon côté de la barrière tout le monde ressemble à ça maintenant.)

Cette histoire est pour moi l’histoire d’innocents plongés malgré eux dans un monde d’atrocités qui les dépassent.

« It’s so unfair, » said Bruno. « I don’t see why I have to be stuck over here on this side of the fence where there’s no one to talk to and no one to play with and you get to have dozens of friends and are probably playing for hours every day. » Page 111 (C’est si injuste, dit Bruno. Je ne vois pas pourquoi je dois être coincé de ce côté de la clôture avec avec personne avec qui parler ou jouer alors que toi tu as des dizaines d’amis et que vous passez sans doute des heures à jouer chaque jour.)

Pour finir sur la quatrième de couverture, il est dit : « Des clôtures comme celles-ci existent partout dans le monde. Nous espérons que vous n’aurez jamais à en traverser une. » Et les derniers mots du roman sont : « Of course all this happened a long time ago and nothing like this could ever happen again. Not in this day and age. » (Bien sûr ceci s’est passé il y a très longtemps et rien de ce genre ne pourrait se produire à nouveau. Pas à notre époque.)

C’est un livre très fort car il est raconté avec innocence mais ce que l’esprit adulte comprend est atroce. La fin est poignante.

A mon avis, le seul défaut est que pour un garçon de 9 ans, Bruno est un peu trop naïf, il aurait peut-être été plus crédible s’il avait eu 6 ou 7 ans.

Ce roman entre dans le thème de « l’amitié malgré les différences » du club lecture, mais je ne le conseillerais qu’aux élèves de 3ème.

4 commentaires sur « « Le garçon au pyjama rayé » (« The boy in the striped pyjamas ») de James Boyne »

  1. J’ai bien aimé ce roman que nous avons tous lu à la maison, et s’en est suivie une vive discussion sur la naïveté du jeune héros : comment ne peut-il pas comperndre ?

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  2. @ Ys : c’est vrai que c’est ce qui m’a gênée au début, surtout venant d’une famille très impliquée dans le nazisme, mais si on se dit qu’il est plus jeune que 9 ans, ça passe.
    @ Orchidée : Merci encore de ce prêt, j’ai vraiment beaucoup aimé!

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