Ma famille pendant la deuxième guerre mondiale : en France

Dans la préface de « Parachutés le 6 juin -Témoignages américains et français » de François Lemonnier-Gruhier on apprend que ce livre concerne « […] des témoins civils, […] leur collaboration patriotique avec les Américains, […] le témoignage personnel de plusieurs parachutistes qui, d’Amérique ont envoyés le récit circonstancié de leurs aventures »

Ce petit livre a depuis toujours eu une place particulière dans ma famille (cet exemplaire est d’ailleurs dédicacé par François Lemonnier-Gruhier à ma grand-mère) et je me souviens que depuis que je suis petite je cherchais des pages en particulier…car dans ce livre il y a un passage qui concerne ma famille…

C’est un livre qui m’a toujours émue…d’abord parce que voir son nom de famille dans un livre n’est pas anodin, ensuite parce que se dire que sa famille a pu participer à sauver quelqu’un pendant une guerre est important, et puis enfin, parce que se dire que cette scène est restée gravée dans l’esprit d’un homme qui a traversé cette guerre est quelque chose de fort.

En effet, mon grand-père paternel, instituteur et secrétaire de mairie à T…, petit village de la Manche, parlait couramment anglais et surtout était très anglophile et curieux des autres. Quand un parachutiste américain, Paul Calhoun (c’est l’un des témoins mentionnés dans ce livre) a eu besoin d’aide, c’est mon grand-père qui a été appelé pour l’aider.

« Mme G… [ma grand-mère] le soigne, défait son pansement, lave la plaie. La main est sanguinolente, le sang rougit la cuvette. Mme G…tamponne doucement les chairs avec du coton et de l’eau oxygénée. […]

-Je ne vous fait pas mal? Lui fait demander Mme G… plusieurs fois par son mari.

-No…no… Madame. Et puis tout à coup : Look at the little boy (Regardez le petit garçon).

Jacques G[mon père] qui n’ a que huit ans est enfoncé au coin du banc à dossier, il est littéralement vert! La vue du sang l’impressionne.

[…]

M. G [mon grand-père] montre Jacques qui le tient par le main et ne perd pas un geste, pas un mot de cette scène. Dans un coin la délicieuse petite Madeleine G[ma tante] sourit gentiment dans son berceau, elle est trop petite, elle ne se souviendra pas de Paul Calhoun, le parachutiste américain.

[…]

Et l’Américain, d’un baiser sonore embrasse bien fort « the little boy ». Et Jacques G…, d’un baiser humide et frais ainsi que tous les baisers d’enfant, embrasse le parachutiste. Il semble à Paul Calhoun que ce baiser concrétise, à ses yeux, pour toujours la franche et bonne amitié de la France. »

 


COMMENTAIRES LAISSÉS SUR CANALBLOG À L’ÉPOQUE :
  • C’est très émouvant ces témoignages concernant ta famille. Posté par Aifellejeudi 11 décembre 2008
  • @Aifelle : je trouve aussi, la lecture du livre sur Guernsey m’a particulièrement interpellée et fait pensé à ma famille en général! Le fait que ce petit bout d’histoire soit dans un livre est encore plus particulier!Posté par Ennajeudi 11 décembre 2008
  • C’est très beau de retrouver une tranche de vie de sa famille dans un livre. Surtout dans ce contexte! Posté par yoshi73jeudi 11 décembre 2008 |
  • @yoshi73 : c’est sûr que toutes les familles ont des histoires personnelles liées à l’Histoire et certaines qui sont souvent bien plus impressionnantes, mais celle-là elle est racontée dans ce livre qui sera pour moi toujours très spécial! Posté par Ennajeudi 11 décembre 2008

Un commentaire sur « Ma famille pendant la deuxième guerre mondiale : en France »

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