Le goût du chlore : Bastien Vivès

Cette bande dessinée se passe dans une piscine et comporte très peu de texte mais pourtant elle dit beaucoup de ce qu’on peut attendre d’une rencontre.
 
C’est l’histoire d’une rencontre qui se développe petit à petit entre deux personnes se croisent toutes les semaines au même endroit mais qui ne connaissent pas leurs noms respectifs et qui ne se donne pas de vrais rendez-vous… Des rencontres dues au hasard mais que le jeune homme attend avec de plus en plus d’impatience.
 
C’est l’histoire d’un jeune homme que l’on voit s’épanouir et prendre confiance en lui au contact d’une jeune femme lors de ces rencontres fugaces et de moins en moins impersonnelles entre deux longueurs de piscine.
 
Très bel album, aux couleurs douces. Les scènes d’eau, de nage et de glissement des corps sont très bien dessinées. L’impression de silence « bourdonnant », d’isolement que l’on peut ressentir la tête sous l’eau est très bien rendue.
 
Je vous conseille d’aller faire un tour sur ActuaBD où vous pourrez voir des planches et lire une interview de Bastien Vivès.
 
A noter que « Le goût du chlore » a obtenu le Prix Essentiel Révélation au Festival d’Angoulême 2009

Roaarrr Challenge

« Le pont des soupirs » de Richard Russo

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Roman.

 

« Le pont des soupirs » explore les personnalités de nombreux personnages dont les existences sont profondément entremêlées.

C’est une saga familiale et même de plusieurs familles, une saga d’une petite ville d’Amérique profonde, une saga d’amitiés et d’amours qui commencent dans l’enfance et qui se poursuivent toute une vie. 

C’est un portrait d’abord fait par « Lucy » Lou Lynch, qui donne son point de vue en racontant sa vie, sa ville, ses liens et ses sentiments puis cette évocation est étoffée par des éclairages différents apportés par d’autres personnages ayant traversés sa vie.

On « creuse » pour se rendre compte que les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent et que d’un côté « les gens ne changent pas » et de l’autre  on ne se connaît pas vraiment soi-même.

J’ai beaucoup aimé ce roman dont je n’ai « pas vu passer » les 700 pages.

Les personnages, tout en nuances avec leurs failles, leurs qualités et leurs défauts, sont attachants et on peut se reconnaître un peu dans chacun d’entre eux.

C’est l’histoire de personnes ordinaires dans des vies ordinaires qui se cherchent et qui finissent par se trouver un peu…pas si loin d’où ils étaient déjà…

« Sans blessures apparentes » de Jean Paul Mari

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.

 

Jean Paul Mari est grand reporter et il nous parle des guerres qu’il a vues (en Irak notamment) mais au-delà il nous parle surtout des traumatismes de ceux qui les vivent, que ce soient les journalistes ou les soldats qui côtoient la mort : celle des autres mais aussi la leur.

Il enquête aux USA sur les conséquences de la guerre sur ceux qui reviennent « sans blessures apparentes » et sur le peu d’intérêt que l’armée porte à ces hommes blessés de l’intérieur.

Ce documentaire est très intéressant et il apporte un éclairage différent sur la guerre –au-delà des zones de danger- sur les conséquences. C’est très humain et fort, un documentaire très utile.

Mais je dois avouer que je n’ai pas pu le lire jusqu’au bout car malgré tout, cela parle de la guerre et des conflits et des traumatismes qui ont été causés par des blessures physiques ou psychologiques et en ce moment je ne peux pas (je ne veux pas) lire les horreurs du monde.

 

« La fille de Carnegie » de Stéphane Michaka

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Polar.

 

« La fille de Carnegie » est un polar au cœur duquel se croisent plusieurs personnages. Bob Tourneur, le chef des inspecteurs aux « Homicides », peu scrupuleux, raciste et un peu alcoolique qui interroge Lagana, ex-policier aux Homicides maintenant détective privé, ambitieux et charismatique suspecté de l’assassinat d’un homme tué dans la loge du Metropolitan de Sondra Carnegie, fille de milliardaire et critique renommée d’opéra disparue depuis le crime.

 

Il faut aussi compter sur Fran Markovitz, figure du passé commune à Lagana et Tourneur avec qui ce dernier discute quand il a un peu bu bien qu’elle soit morte depuis plusieurs années…

 

Je n’ai pas accroché du tout à cette histoire. Avec les chapitres courts et hachés, j’avais l’impression de   « zapper ». Peu m’importait si Tourneur allait trouver le coupable ou de savoir qui avait vraiment tué qui…

 

Je ne me suis pas attachée aux personnages qui sonnaient faux. J’ai trouvé qu’il y avaittrop de clichés (j’avais un peu l’impression de voir une série américaine avec tous ses poncifs…). Je n’y ai pas cru du tout. J’avais aussi parfois l’impression de lire une traduction.