« Dracula » de Francis Ford Coppola

Je dois avouer qu’après avoir tant aimé « Dracula » de Bram Stocker, j’avais envie de voir le film qu’en avait fait Francis Ford Coppola car L’Homme-Qui-L’Avait-Vu-Avant-Moi m’avait dit que c’était assez fidèle au livre.

Bon…Je savais pourtant que c’était risqué de voir un film adapté d’un roman qu’on vient de lire et qu’on a aimé, parce que forcément on a tendance à oublier que dans « adaptation » il y a forcément « trahison »…

Alors, oui, j’ai été déçue de tous les raccourcis pris pour pouvoir raconter cette histoire en film, j’ai détesté la façon dont les femmes étaient montrées comme des filles légères alors qu’elles sont plutôt modestes et intelligentes, les énormes ficelles sexuelles qui sont utilisées alors que qu’elles sont si subtilement suggérées dans le roman, et aussi cette invention de la relation entre Mina et Dracula…Cette histoire du Comte qui cherche à retrouver son amour perdu m’a vraiment énervée 😉

Bref, j’ai passé le film a souffler en disant … »Pfff…C’est pas du tout comme ça dans le livre! » ou bien « Pfff…On est au 19ème siècle en Angleterre, ce n’est même pas imaginable!! »

Mais je pense que c’est un film qui peut très bien plaire à ceux qui n’ont pas lu le roman et qui ne seront pas influencé comme moi! Allez vous faire une idée en allant voir la bande annonce sur AlloCiné.

Par contre, je vais suivre les conseils qu’on m’a fait dans les commentaires et essayer de trouver « Nosferatu » qui parait-il est encore plus fidèle! (D’ailleurs dans les bonus, Coppola dit lui-même que c’est sans doute le meilleur film fait sur Dracula! (En sachant qu’apparemment, il y a plus de 200 films fait sur le sujet!!)

« Sur la plage de Chesil » de Ian McEwan

Au début des années 60, un jeune couple vient de se marier et nous les rencontrons juste avant leur nuit de noce.

L’angoisse est très forte pour ces deux jeunes gens qui ont à peine la vingtaine et qui sont tous les deux vierges. Edward a très peur de « mal faire », que tout aille trop vite, de ne pas être à la hauteur… Il attend cette nuit avec impatience… Son amour pour Florence est aussi fort que son désir. Quant à Florence, elle est angoissée car elle redoute terriblement cette nuit de noce, elle est par avance « dégoûtée » par l’éventualité de la relation sexuelle, elle ne veut pas la vivre, se satisfaisant de l’amour romantique qu’elle porte à Edward.

Si l’histoire dure le temps de la nuit de noce (qui se déroule de façon plutôt chaotique) elle est entrecoupée de souvenirs des deux jeunes gens qui se remémorent (chacun de son côté) l’année qui a précédé cette nuit. Ils repensent à leurs relations, à leur enfance, à leur projets d’avenir. Ce roman est le portrait de deux personnes qui ne se sont jamais vraiment parlé et qui découvrent un peu tard des différences essentielles dans un couple…

C’est aussi une photographie de l’Angleterre d’après guerre et de l’évolution de la société, car finalement Edward et Florence sont à la frontière entre deux époques… L’une étant un peu effrayée par le changement et l’autre étant prêt à passer de « l’autre côté » des années 60…

J’ai aimé le style de ce roman, tout en introspection, et en non dits. J’ai aimé les sentiments, les douleurs, les craintes qui sont évoqués. Le message serait sans doute qu’il faut se parler pour se connaître et non fantasmer l’autre.

Merci à Bookomaton de m’avoir offert ce livre (même si elle a moins aimé que moi !)