« What I loved » (« Tout ce que j’aimais ») de Siri Hustvedt

C’est un roman qui raconte la vie de deux couples, des amis proches, leurs enfants, leurs amours, leurs ruptures, leurs faiblesses, leurs drames

Ils vivent à New York dans le milieu de l’art. Leo, le narrateur, est professeur d’histoire de l’art et Bill est artiste peintre, de nombreux artistes gravitent autour des personnages, de nombreuses oeuvres sont décrites. Au début c’est d’ailleurs très intéressant de ce point de vue, mais je dois avouer qu’au bout d’un moment, j’ai vraiment été lassée par le discours presque universitaire sur les considérations, descriptions et analyses du moindre tableau évoqué et sur l’art contemporain en général… J’ai d’ailleurs fini par lire certains de ces passages un peu « en diagonale ».

Par contre, tout ce qui concerne directement les personnages de façon plus personnelle comme le deuil (très bien rendu), les relations amicales et fraternelles, le mensonge pathologique, le désir et l’amour est bien écrit.

La troisième partie est assez décousue, on navigue entre problèmes psychologiques, drogues, psychopathes et enquête un peu absurde, un peu comme si l’auteur commençait un autre roman. J’ai aussi eu un peu l’impression qu’elle ne savait plus quoi faire du personnage d’Erika et qu’elle l’a donc éloigné sans trop s’en soucier… C’est un peu maladroit…

Pour résumer, j’ai trouvé le style d’écriture agréable à lire mais la construction peu convaincante avec trop de passages sur l’art ou des théories psychologiques presque cliniques qui alourdissaient le récit (oserais-je dire « masturbation intellectuelle »??)

Ce roman ne restera pas gravé dans ma mémoire et je dois dire que je suis un peu déçue car cela faisait très longtemps que j’avais envie de le lire

Je l’avais d’ailleurs choisi pour le défi

Le hasard a voulu qu’Orchidée lise ce roman en même temps que moi, nous avons donc fait une lecture commune sans le vouloir (mais quand on en a parlé, à peu près à la moitié du roman on était à peu près du même avis…) Allez voir chez elle aussi!

: (PAL d’origine -7 / 71)                                 

« Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill » de Jean Regnaud et Emile Bravo

Cette bande dessinée raconte l’histoire de Jean, un petit garçon qui entre en CP en 1970. Il n’a pas une vie tout à fait ordinaire en cela qu’il vit avec son père -un homme assez distant-, son frère d’un an plus jeune et Yvette -la gouvernante- qui s’occupe des enfants comme une mère car Jean ne sait pas où est sa maman.

Il imagine qu’elle est en voyage mais il n’ose pas vraiment demander. Michèle, la petite voisine un peu plus âgée lui lit régulièrement des cartes postales du monde entier qu’elle dit écrites par la mère de Jean en secret…

Jean ne comprend pas tout ce qui l’entoure -la distance du père, la sollicitude des gens autour de lui, les non-dits.

Il a une vie de petit garçon qui joue, se bat avec son frère, s’interesse à la télévision et au Père Noël, s’ennuie chez ses grands-parents mais en même temps il sent qu’il lui manque quelque chose. Il perd les souvenirs de sa mère et sent une certaine tristesse sans savoir se l’expliquer.

Très jolie bande dessinée sur l’enfance et sur les méfaits des secrets car ce petit garçon -très touchant- est en quelque sorte tenu à l’éccart de sa propre vie.

J’ai pris cette bande dessinée au rayon jeunese de la médiathèque mais j’y vois vraiment plusieurs niveaux de lecture car les sous-entendus sur la mort ne seront peut-être pas perçus par les plus jeunes.

Le dessin est tout en douceur, un mélange de couleurs vives et douces qui complètent bien un texte entre joies de l’enfance et inquiétudes, entre naïveté et profondeur.

Cette bande dessinée a eu un prix LES ESSENTIELS à Angoulême en 2008.

 

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