Je reprends le chemin de l’école…

Aujourd’hui, je reprends le travail… Je n’ai pas été devant des élèves depuis la fin juin 2009… Oui, oui, faites un rapide calcul : ça fait huit mois que je n’ai pas mis les pieds dans une salle de classe

Ça risque d’être un peu dur? Oh que oui!

J’ai laissé Baby Bastien chez la nourrisse en « adaptation » la semaine dernière pendant que je tournais en rond comme une âme en peine préparais mon retour à la vie professionnelle…

Mais y a pas à dire, le laisser « pour de vrai » toute la journée, tous les jours, toute la semaine… c’est pas pareil…

Intellectuellement je suis très contente de reprendre le travail (j’aime mon boulot), de retrouver une vie sociale avec mes copains-collègues (j’aime aussi la plupart de mes collègues), de sortir de la maison et de parler à des gens qui me répondent autre chose que « Gaaaaeeuuu »…

Mais émotionnellement -viscéralement- j’ai envie de rester chez moi avec mon bébé à le regarder sourire, lui dire « gaaaaeeuuu« , le consoler quand il pleure, le bercer quand il est fatigué, l’allaiter au lieu de tirer du lait…

Bref, c’est une vraie nouvelle vie qui commence aujourd’hui!

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« La délicatesse » de David Foenkinos

Nathalie et François se rencontrent par hasard, tombent amoureux, sont très heureux et puis François meurt dans un accident.

Nathalie doit faire son deuil et se plonge dans le travail. Tout le monde est très prévenant autour d’elle et son patron lui est amoureux d’elle. Elle se sent coupée des autres, comme insensible. Jusqu’à ce qu’un jour, elle embrasse « sans réfléchir » Markus, un collaborateur que rien ne prédestinait au rôle de celui qui réveille la princesse…

Petit à petit, presque malgré elle, elle tombe sous le charme improbable de ce garçon un peu décalé et pas très beau. Leur couple intrigue leur entourage alors qu’il n’en est même pas encore un.

C’est la première fois que je lis un roman de David Foenkinos et j’ai plutôt apprécié l’écriture, légère avec des traits d’humour et des passages plein de délicatesse justement, comme l’histoire de Nathalie et François, le deuil et la fin, quand Nathalie et Markus se trouvent vraiment…

Mais en ce qui concerne le contenu, je me suis plutôt ennuyée. J’ai trouvé que cela tournait un peu en rond… Je l’ai quand même lu mais pas dévoré et j’ai plusieurs fois eu envie d’arrêter mais je ne pouvais pas l’abandonner en cours de route alors que juste avant j’avais lu jusqu’au bout « Level 26 » quand même!!

Bref, je lirai peut-être un autre roman de cet auteur pour son style (si vous avez des suggestions…) mais je ne pense pas que celui-ci restera gravé dans ma mémoire…

« Monsieur Personne » de Michael Morpurgo

Un petit garçon, à Londres, après la deuxième guerre mondiale, vit avec sa mère et son beau père. Il se sent un peu délaissé au moment de la naissance de son petit frère. C’est à ce moment là qu’il rencontre le signor Blondini, directeur de cirque et son chimpanzé « Ocky » avec qui il se lie d’amitié.

Un jour, il retrouve Ocky perdue et la garde avec lui et c’est le début d’aventures qui le mènent dans les ruines à Londres, auprès de gitans dans la campagne et au bord de la mer. C’est aussi à l’issue de ces aventures qu’il va apprendre à accepter son beau-père.

Toujours bien écrit, Michael Morpurgo est un très bon auteur jeunesse, j’ai malgré tout été moins touchée par ce roman peut-être plus enfantin. Par contre je le recommande pour les enfants de 9-12 ans.

« Level 26 » de Anthony E. Zuiker

Quand on m’a proposé ce livre, je me suis laissée tentée car Anthony Zuiker est aussi l’auteur de la série « Les Experts », la série télé américaine sur la police scientifique que j’aime bien (tout en me doutant que le roman aurait peut-être les défauts des séries télé…)

Mais aussi parce qu’on m’annonçait que c’était « une expérience en ligne » car le roman est accompagné d’un site et de petits films… J’étais donc curieuse.

Parlons d’abord de « l’expérience » : Il faut s’enregistrer sur internet et on accède à une « communauté » avec qui on pourrait communiquer (mais je ne suis pas assez « geek » pour m’y intéresser).

De plus, toutes les 20 pages environ, un code à rentrer sur le site est indiqué dans le livre pour voir une vidéo illustrant une partie du roman… Le texte est écrit gros et les pages sont épaisses alors, toutes les 20 pages ça revient vite, alors personnellement je ne suis pas sortie du lit et je n’ai pas rallumé l’ordinateur à chaque fois… et  à vrai dire après en avoir regarder 5 ou 6 de suite, j’ai abandonné… car franchement, les films n’apportent pas grand chose. C’est plus comme si un long métrage avait été tourné et qu’on pouvait en voir des extrait… mais comme on voit les images en cours de lecture ça gâche un peu l’imaginaire… »mes » personnages n’avaient pas la têtes de ceux des films…

Bon, maintenant parlons du contenu… C’est une histoire de psychopathe très dangereux, très cruel, très méchant, presque inhumain qui sévit depuis 30 ans et d’un policier dont la vie a été détruite par ce même psychopathe et qui avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus, mais quand même, il retourne au charbon pour sauver le monde…

Plutôt pauvre au niveau du style, avec beaucoup de raccourcis et d’invraisemblances (mais bon…c’est exactement comme dans les séries dont Anthony Zuiker est l’auteur…), ça commence comme un thriller pas très original

Mais le dernier tiers atteint des summums de ridicule! Particulièrement quand le fameux psychopathe hyper organisé, capable de mettre les endroits les plus sécurisés des États Unis sous contrôle vidéos (même Air Force 2!!!), qui a des moyens financiers colossaux (alors qu’il ne gagne aucun argent), qui a en sa possession des gaz soporifiques pour endormir ses victimes et qui depuis 30 ans a tué des centaines de personnes en toute impunité, doit faire accoucher de force une de ses victimes… Visiblement il n’a pas entendu parler de l’Ocytocine ou Syntocinon, le produit chimique qui sert à déclencher les accouchement (je parle d’expérience!) car il lui propose 1) de marcher (si toutes les femmes enceintes qui marchaient accouchaient ça se saurait!!), 2) de boire de l’huile de ricin, mais surtout 3) de manger épicé… Et là, le psychopathe maniaque habillé des pieds à la tête d’une combinaison de latex lui a cuisiné une enchillada avec haricots et fromage fondu!!!!!! (Je n’ai pas pu m’empêcher de l’imaginer avec un petit tablier à carreaux!)

Bref, c’est très mauvais et j’ai fini en diagonale. Je ne vous le recommande pas et je ne lirai certainement pas la suite (car c’est une trilogie!)

Je n’ai pas mauvaise conscience à être si négative car je pense que ce livre n’est pas un objet littéraire mais un produit commercial

Merci malgré tout à Silvana et aux Editions Michel Lafon (qui ne vont pas regretter de m’avoir contactée…)

Allez donc lire l’article de Bookomaton qui est encore plus critique que moi… Mais je suis d’accord avec elle! 

Cela dit j’ai fait un petit tour sur internet, et il semblerait qu’il y ait pas mal de personnes qui aient bien aimé… Chacun ses goûts!

« Plus jamais Mozart » de Michael Morpurgo

Paolo Levi, un violoniste très réputé, raconte son enfance à une jeune journaliste et lui explique pourquoi il ne veut jamais jouer du Mozart et pourquoi il refuse qu’on lui pose de questions à ce sujet.

Né après la 2ème guerre mondiale, à Venise, il apprend à l’âge de 8 ans que son père jouait du violon autrefois mais qu’il refusait maintenant d’y toucher ou même d’en parler mais il ne comprend pas pourquoi.

Au hasard d’une rencontre, et en secret, il apprend lui-même à jouer du violon avec un inconnu, qui au moment de rencontrer les parents de Paolo se révèle ne pas être un inconnu et être la clé d’un secret de famille bien gardé… Un passé qui tourne autour de la musique et des camps de concentration. Un passé impossible à oublier…

C’est une histoire sur le poids du passé et les secrets de famille et sur l’amour de  la musique, un récit très touchant et fin.

Très joliment illustré par Michael Foreman.

« Je mourrai pas gibier » de Alfred

Cette bande dessinée est une réécriture du roman (jeunesse) de Guillaume Guéraud.

Le thème est très fort, très noir.

Dans un village de ce que l’on pourrait appeler « la France profonde », la haine ordinaire et la bêtise quotidienne se côtoient avec comme devise : « Je suis né chasseur, je mourrai pas gibier ».

Un adolescent différent, plus doux, plus sensible, au bon coeur, ne supporte plus cette vie, cette famille, cet environnement et « pète les plombs », transformant le mariage de son frère en massacre au fusil de chasse.

Sans excuser ni justifier, cette histoire raconte comment quelqu’un peut-être poussé à bout par une ambiance haineuse.

Récit très fort, très bien rendu par un dessin brutal et subtil. Les couleurs par Henri Meunier servent aussi très bien les effets dramatiques de cette bande dessinée.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez aller voir des planches chez BDgest et une interview très intéressante de Alfred toujours chez BDgest.

J’ai aussi beaucoup aimé « Pourquoi j’ai tué Pierre » de Alfred et Olivier K

« Best love Rosie » de Nuala O’Faolain

Rosie est une femme d’une cinquantaine d’années qui revient en Irlande après avoir vécu une vie très indépendante, pleine de voyages, d’insouciance et de liberté. Elle revient à Kilbride, le quartier de Dublin où elle a grandi, pour s’occuper de Min, sa tante de 70 ans.

Au moment où Rosie recherche ses racines, cherche à trouver un sens plus profond à sa vie, un sentiment d’appartenance, Min, la tante qui a élevé Rosie et qui n’a jamais quitté l’Irlande part à la découverte d’un autre monde et d’aventures.

Rosie se retrouve seule et découvre une maison familiale isolée sur la côte où elle trouve le moyen de se ressourcer, à créer des liens avec son passé et le passé de sa famille. Cette période de séparation avec Min leur permet également de plus communiquer alors que cette dernière se révèle aux États-Unis.

Beau roman sur l’âge qui avance et le temps qui passe, sur les bilans, la maturité et le sens de la vie… L’amitié, l’amour, la famille…

Les personnages sont très bien construits, riches, touchants et réalistes.

J’avais beaucoup aimé « Chimères » (lu avant le blog). Nuala O’Faolain est une auteur qui savait très bien écrire sur les femmes.

« Trois femmes puissantes » de Marie Ndiaye

J’avais entendu parler de ce roman en bien et l’Homme aussi, c’est pour cela qu’il me l’a offert à Noël, mais je ne savais pas du tout à quoi m’attendre au niveau du contenu…

Je ne sais pas si je dois parler de « Trois femmes puissantes » comme d’un roman ou comme de trois nouvelles. En effet, il y a trois parties dans ce livre, chaque partie concernant des personnages et des lieux très différents sans liens évidents entre elles à part de vagues coïncidences.

Du coup je suis restée sur ma faim à chaque partie : j’aurai voulu que ça continu, que les histoires soient développées, en savoir plus sur les personnages sur leur passé et sur leur avenir…

De plus, je m’attendais à des portraits de femmes fortes, « puissantes » et j’ai surtout eu l’impression de croiser des femmes « écrasées », effacées

Dans le première partie, Norah, va en Afrique voir son père à contrecoeur, ayant été plus ou moins « convoquée » par ce dernier alors que leur relations n’ont jamais été bonnes. En France, elle vit avec un homme qui ne lui correspond pas mais dont elle ne s’imagine pas se séparer, se sentant « prisonnière » de la situation comme avec son père qu’elle n’ose toujours pas contredire.

Dans la deuxième partie, tout est centré sur Rudy Descas, un homme névrosé au bord de la crise de nerfs, marié une africaine. Il s’en veut d’avoir fait venir Fanta en France sans pouvoir lui offrir la vie qu’elle mérite. Mais de Fanta, on ne saura rien, elle n’a pas la parole et semble subir son sort aussi.

Enfin, la troisième histoire, la plus forte, la plus touchante à mon avis, c’est celle de Khady Demba, une jeune fille que la vie trimballe sans qu’elle ait son mot à dire, qui ne semble avoir jamais pris de décision à propos de sa propre vie, qui subit son existence sans même vraiment comprendre ce qui lui arrive (elle est mariée, rejetée, utilisée, prostituée…) Elle ne peut se raccrocher qu’à son nom..

Bref, si j’ai aimé l’écriture et que les histoires et les ambiances m’ont plutôt plu (même si la deuxième partie est un peu longue et répétitive) je n’ai pas vu de cohérence d’ensemble.

Je dirais que c’est un bon recueil de nouvelles