Par un matin d’automne : Robert Goddard

Dans les années 90, sur un registre Leonora Galloway montre à sa fille le nom de son père, mort en France durant la 1ère guerre mondiale et surtout la date de son décès : plus d’un an avant la naissance de Leonora.
Cette information va entraîner les confidences de Leonora sur les secrets qu’elle a gardé toute sa vie : le secret de son enfance et de ses origines. Elle raconte comment elle a grandi dans une famille noble auprès de son grand-père distant et de la deuxième épouse de ce dernier, une femme odieuse qui lui fait mener la vie dure. Très jeune, Leonora savait que sa mère était morte en lui donnant naissance et que son père ne pouvait pas être son père. Cette première partie du roman met en place une ambiance pleine de non-dits et de mystères autour de cette famille.
La deuxième partie du roman est le récit qu’un certain Franklin a fait à Leonora alors qu’elle était déjà adulte. Il lui a raconté la vie dans la maison où elle avait grandit mais avant sa naissance alors que la 1ère guerre mondiale se déroulait en Europe. Au-delà de la vérité sur l’identité de son père, il lève en partie le mystère autour du meurtre d’un invité américain qui est au coeur de cette histoire.
Ce que j’ai vraiment apprécié dans ce roman c’est que c’est une histoire « à tiroirs », d’autres témoignages suivants celui de Franklin. Chaque récit apporte des informations supplémentaires sur la situation globale. On croit que certaines « pistes » sont fermées et le point de vue suivant apporte un autre éclairage et d’autres issues.
Ambiance Agatha Christie pour l’époque et le milieu social et surtout le fait que tout le monde soit potentiellement suspect. C’est un roman qui repose beaucoup sur l’ambiance pesante d’une époque « d’entre deux » : alors qu’une guerre inhumaine casse de jeunes hommes qui ne savent pas vraiment pourquoi ils se battent, des drames se jouent dans l’univers protégé de l’Angleterre. Et sur les travers de la nature humaine.
C’était une lecture très agréable et accrocheuse, j’avais vraiment envie d’en savoir plus! (même si une partie du mystère a été un peu gâchée pour moi à cause d’une comparaison avec un autre roman cité dans la 4ème de couverture… Je ne dirai pas lequel évidement!)

« Arthur & George » de Julian Barnes

Ce roman raconte l’histoire vraie de la rencontre entre George Edalji et Arthur Conan Doyle lorsque ce dernier a décidé de défendre la cause de cet homme condamné injustement.

Le roman commence par des biographies croisées des deux hommes depuis l’enfance, dans leur deux mondes très différents.

George Edalji est le fils d’un pasteur anglican, parsi né à Bombay, et d’une mère écossaise, vivant dans un petit village anglais rural (et très peu ouvert sur les différences). Sa famille et lui subissent des lettres anonymes insultantes et des plaisanteries de très mauvais goût. Ils ne sont jamais pris au sérieux par la police locale, au contraire. Un jour, des animaux de ferme sont tués et George est accusé sans preuves solides et condamné.

Arthur Conan Doyle, le célébre créateur de Sherlock, mène l’enquête.

Ce roman, entre biographie et roman policier est très intéressant mais surtout parce que c’est le portrait d’une époque : la fin du 19ème et le début du 20ème siècle en Angleterre. On y découvre la vie sociale de l’époque que ce soit dans le milieux rural ou dans la vie aisée et citadine de Arthur Conan Doyle.

Il y a malgré tout quelques longueurs (surtout à la fin) quand l’auteur se plonge dans le spiritisme -qui si c’est un domaine qui a passionné Conan Doyle, n’apportait pas grand chose au récit.

 Merci à Kristina pour ce prêt!