« Lulu Femme Nue – Second livre » de Etienne Davodeau

Après avoir beaucoup aimé « Lulu Femme Nue -Premier Livre » , j’avais hâte de lire la suite. Peut-être est-ce parce que j’ai attendu assez longtemps et que j’en attendais trop mais j’ai nettement moins aimé ce volume que le premier.

Dans le deuxième tome, on suit toujours les aventures de Lulu, cette femme qui a fait une « fugue » en laissant sa famille sur un coup de tête mais dans le premier il y avait un vrai sentiment de liberté et de poésie que je n’ai pas retrouvé dans celui-ci. J’ai trouvé la plupart des événements anecdotiques, pas assez creusés, moins d’introspection…

Heureusement qu’elle croise la route de Marthe, ce personnage de vielle dame indigne qui est très pittoresque car sinon, j’aurai vraiment trouvé l’histoire creuse…

J’aurai peut-être plus apprécié si j’avais lu les deux tomes à la suite l’un de l’autre …Ou peut-être que cette histoire ne méritait pas deux tomes et un plus long « one shot » aurait suffit?

L’âge d’ange : Anne Percin

Roman adolescent très fort et très subtil sur une période de la vie où les jeunes ne savent pas très bien qui ils sont et quelle est leur place dans la société ou dans la famille, où parfois, ils voudraient être transparents, immatériels, comme des « anges ».
 
Dans ce roman, on suit d’abord un personnage qui vit dans une sorte de bulle au lycée : pas d’amis, des parents assez indifférents, une passion pour le grec. Puis la façon dont l’amitié qui se développe petit à petit avec un garçon du lycée très différent (que ce soit par ses origines ethniques ou sociales ou par son intégration à la vie du lycée), va permettre au personnage principal de s’affirmer, de s’ouvrir au monde, de ressentir des choses.
 
L’auteur réussi à jouer sur l’identité de son personnage en ne laissant aucun indice (que ce soit narratif ou grammatical) sur le sexe de ce dernier avant qu’on se soit fait sa propre idée (fausse pour ma part!)
 
Beaucoup de finesse et de sensibilité dans ce roman qui s’adresse à mon avis à des jeunes de 15 à 17 ans, et à tous les adultes qui s’intéressent aux jeunes.
 
J’avais repéré ce titre chez In Cold Blog.

« La plus belle fille du monde » de Agnès Desarthe

Sandra, une lycéenne qui vit avec sa mère et qui fait partie d’un groupe de 4 amis très soudés depuis la maternelle voit son monde quelque peu chamboulé le jour où « la plus belle fille du monde » arrive dans sa classe.

Elle se pose plein de questions sur l’influence que cette fille peut avoir sur l’équilibre de son monde et de ses amis. Elle s’interroge aussi sur « les origines », analyse sa mère, ses amis et elle-même. Elle se demande également pourquoi les adultes n’aiment pas les enfants et aussi à quel moment on sait que l’on est passé de l’enfance à l’âge adulte.

Pour mettre en place toutes ces réflexions, elle décide d’écrire un roman. Du coup, il y a aussi toute une réflexion sur le roman, les personnages et les effets stylistiques.

C’est frais, c’est amusant et sérieux à la fois. On se sent vraiment dans la tête d’une adolescente qui se pose plein de questions sur le monde qui l’entoure. J’ai beaucoup aimé le style et le personnage de Sandra est très attachant.

Je dirai que c’est un roman jeunesse pour les 14-17 ans.

« Tu sais quoi? » de Mikaël Ollivier

Daphné Du Mourier déménage avec sa famille du Nord vers la banlieue parisienne car son père a eu une grosse promotion. Ils arrivent dans un quartier très chic où les voisins sont les futurs collègues du père et les enfants les futurs camarades d’école de Daphné. Elle a peur de ne pas être à la hauteur, d’être vue comme la petite nouvelle, provinciale et plouc et donc elle commence dès le premier jour à s’inventer des vies.

Elle ment à tout le monde, raconte des histoires plus extraordinaires les unes que les autres… et chaque voisin a une version différente. Ses inventions sont très, très drôles!

D’autant plus que le dernier jour des vacances, avant la rentrée, les parents de Daphné invitent tous les voisins pour une crémaillère… C’est assez cocasse!

Petit roman jeunesse (10-13 ans) très amusant sur l’envie de se faire remarquer en « embellissant » la réalité et aussi, au fond, la peur d’être le petit nouveau quelque part.

Gemma Bovery : Posy Simmonds

Après avoir lu « Tamara Drewe« , je me suis laissée tentée par ce roman graphique avec beaucoup de texte et peu de dessins qui m’avait un peu rebuté il y a quelques temps. J’ai bien fait de lui donner une deuxième chance!
 
C’est l’histoire de Gemma Bovery et de son mari Charlie Bovery, un couple d’anglais venu s’installer en Normandie dans les environs de Rouen. Outre leurs noms, leur vie suit de près l’histoire de Emma Bovary : ennui dans la vie conjugale et locale, amant…
 
Joubert, le boulanger, qui suit de près la vie de Gemma, et qui a noté le parallèle entre ses voisins et l’oeuvre de Flaubert, s’inquiète même de savoir si Gemma finira comme Emma.
 
Au-delà de la référence littéraire, ce roman graphique est aussi une peinture plutôt réussie de la vie des anglais qui s’installent en France.
 
Lecture agréable qui m’a donné envie de lire « Emma Bovary » (que j’ai du lire quand j’étais trop jeune me semble-t-il!) 

Club Lecture… On remet ça!

Rappel des épisodes précédents : ici et dans la catégorie « Club Lecture »

A cause de mon long congé maternité, je n’avais pas relancé le Club Lecture pendant l’année scolaire dernière (à la grande déception des mes anciens membres qui continuaient de me parler de leurs lectures entre deux portes 😉

Cette année, il y a une nouvelle documentaliste qui est tout aussi motivée que l’ancienne pour m’accompagner dans ce club (même si ça reste « mon bébé »). Pour d’obscures raisons administratives et pour que je puisse être un peu payée (avant je le faisais bénévolement) le « Club » devient officiellement « l’Atelier » mais ici je vais continuer à l’appeler le « Club Lecture » 😉

J’ai envie que le Club Lecture garde son esprit « table ronde inter-classe » chacun parlant à son tour des livres qu’il a lu et aimé, que ce soient des petits ou des grands. J’ai envie qu’on continue à lancer des thèmes de lecture et qu’on travaille en partenariat avec la médiathèque de la ville.

J’ai aussi envie d’utiliser le réseau informatique du collège pour créer un blog (interne) pour que les élèves échangent encore plus sur leurs lectures et ce même s’ils ne sont pas membres du club.

Mais surtout, nous nous lançons dans l’aventure du prix littéraire puisque que nous participons au « Prix les Incorruptibles » : un prix de littérature jeunesse attribué par les jeunes selon leur tranche d’âge…(Sélection CM2-6ème / sélection 5ème-4ème / sélection 3ème-2nde). Je pense que ça devrait être intéressant!

Il y a 10 jours c’était la réunion d’information20 présents, 27 pré-inscrits (après la première réunion ils choisissent de s’engager ou non au club.)

Jeudi dernier, le bilan de la première réunion était de 24 inscrits sûrs : des 6ème, des 5ème, des 4ème mais pas de 3ème. 9 anciens et plein de nouveaux.

C’est donc reparti pour une rencontre tous les 15 jours!

« Blue Cerises : Saison 1 -Octobre- » de Sigried Baffert, Jean-Michel Payet, Maryvonne Rippert, Cécile Roumiguière

Voici un concept très intéressant : quatre tout petits romans écrits par quatre auteurs différents, ils sont centrés sur quatre personnages différents qui sont amis et qui ont aussi une histoire commune.

Les « Blue Cerises » sont quatre copains de 16 ans -Amos, Satya, Violette et Zik- qui se connaissent depuis des années.

La première saison se déroule pendant les vacances de la Toussaint (« Octobre »). Chacun d’entre eux vit sa vie, ses angoisses, ses problèmes familiaux, ses rencontres amoureuses plus ou moins fructueuses et peut se tourner vers les autres.

De plus, au-dela de leur amitié, on apprend à demi-mot, par bribes, d’un livre à l’autre, qu’ils sont liés par un événement sérieux qui s’est passé plusieurs années avant impliquant une autre fille (mais on ne sait presque rien là dessus dans la première série).

Cette première série est vraiment une réussite. Bien écrite, rythmée avec des personnages réalistes et touchants. C’est une vraie incursion dans le monde ado et je pense que les jeunes qui le liront pourront très bien s’y retrouver (tranche d’âge 15-17 à mon avis).

Des thèmes sérieux ou plus futiles sont abordés sans en faire « toute une histoire » : l’homosexualité, le métissage, le fait d’être orphelin ou d’avoir été quitté par une mère, le fait de vivre avec un parent seul, un déménagement à l’étranger, les émois amoureux et sexuels…

Seul bémol : Maryvonne Rippert évoque Jim Morrison… et je crois qu’elle le confond avec Albator car le chanteur des Doors n’a pas de cicatrice sur le visage… et c’est une ancienne ado grande fan des Door et de Jim Morrison qui vous le dit! 😉

J’ai déjà réservé la 2ème série à la médiathèque et la bibliothécaire m’a annoncé que la 3ème série est arrivée… je suis ravie!

EDIT du 8 septembre : Hiiiiiiiiiii!!! Zik, un des personnages de la série m’a écrit un commentaire ET a twitté sur moi… Ouh la la …. J’ai l’impression d’être trop cool 😉

Au fait j’ai oublié de vous dire que les 4 « Blue Cerises » ont leurs blogs respectifs!

Salade de riz sauvage au poulet et aux noix de cajou au curry et à la coriandre

Ingrédients (pour 4-5 personnes en plat principal / Pour 6 personnes en entrée) :
  • 200 gr de riz sauvage (mélange de 3 riz)
  • 3 blancs de poulet (ou de dinde)
  • 2 poignées de noix de cajou
  • 1 botte de coriandre fraîche
  • curry en poudre
  • huile d’olive
  • sauce soja

Préparation :

  • Faire cuire le riz sauvage.
Pendant ce temps :
  • Couper le poulet en dés.
  • Faire cuire à la poêle dans l’huile d’olive jusqu’à ce que les morceaux soient dorés.
  • Ajouter du curry en poudre (assez pour bien colorer tout le poulet et selon vos goûts). Réserver.
  • Préparer l’assaisonnement : Dans un saladier, mélanger 4 cuillères à soupe d’huile d’olive, une cuillère à soupe de sauce soja et 2 cuillères à café (ou plus) de poudre de curry. Hacher la coriandre au couteau et mélanger à la sauce.
  • Égoutter le riz, le passer à l’eau froide et l’égoutter à nouveau. Mélanger le riz à l’assaisonnement dans le saladier.
  • Ajouter les dés de poulet et les noix de cajou, mélanger : c’est prêt!
 
Parfait quand on vous demande d’apporter une salade pour un pique nique, au moins c’est original et c’est aussi très bien en entrée.

Le coeur régulier : Olivier Adam

J’aime beaucoup Olivier Adam et j’ai acheté ce roman sans attendre (alors que j’avais lu « Des vents contraires » peu de temps avant et que d’habitude, je préfère attendre un peu entre deux livres d’un même auteur) car une dédicace de l’auteur était prévue dans ma ville. J’avais lu (en diagonale) quelques critiques plutôt négatives sur la blogosphère et j’avais un peu peur d’être déçue…
 
J’ai aimé le style, très fluide et presque poétique d’Olivier Adam. Le thème est toujours assez sombre. Une soeur dont le frère presque jumeau est mort est persuadée qu’il s’est suicidé et a beaucoup de mal à se remettre de cette mort.
 
Le récit nous fait suivre Sarah au Japon où, en pleine crise de déprime, elle est allée chercher la trace de son frère aimé qui était allé dans une petite ville japonnais où les gens vont pour se suicider mais en était rentré changé… Elle même trouvera un réconfort inattendu dans ce lieu.
 
Elle revient aussi sur l’histoire commune qu’elle a vécu avec son frère, leur union face au monde quand ils étaient jeunes, leur éloignement quand son frère sombre dans un certain désespoir et qu’elle commence à s’installer dans une vie plus rangée.
 
J’ai d’abord eu du mal à m’attacher aux personnages. Comme si Olivier Adam lui-même ne savait pas trop ce qu’il voulait que l’on pense d’eux… Ils sont plein de clichés, assez manichéens… Et puis au fur et à mesure de la lecture, j’ai trouvé que le personnage de Sarah devenait plus touchant dans ses doutes et ses regrets, dans sa prise de conscience de ses contradictions. J’ai aussi apprécié de retrouver cette force, cette sorte de deuxième souffle qu’Olivier Adam sait donner à ses personnages qui semblent avoir besoin de toucher le fond pour pouvoir remonter à la surface. Avec du recul, je peux dire que j’ai plutôt aimé ce livre.
 
Je pense qu’il ne faut peut-être pas commencer à découvrir Olivier Adam avec ce roman mais plutôt avec « A l’abri de rien » ou « Des vents contraires ». Mais pour quelqu’un qui comme moi apprécie l’univers et le style de cet auteur, il vaut la peine d’aller au bout car si le début m’a un peu destabilisée, je me suis ensuite plongée dedans et je pense que c’est un livre qui se « mérite », qui a besoin qu’on le laisse murir en soi. Mais peut-être était-ce parce que j’avais beaucoup aimé « Des vents contraires » juste avant?
 
J’ai rencontré Olivier Adam lors d’une dédicace dans une librairie de ma ville fin août. C’est un homme charmant, très abordable qui semble avoir pas mal de recul sur le monde littéraire. Il a pris du temps pour discuter avec moi de ses romans. Je lui ai fait dédicacer « Des vents contraires » en lui expliquant que c’était celui que j’avais préféré et que j’avais été un peu déstabilisée par le dernier. Il m’a dit que « Des vents contraires » était son roman le plus direct et que « Le coeur régulier » est celui qui nécessitait sans doute le plus de recul. On a aussi parlé de ses enfants (j’avais Bastien dans l’écharpe de portage…ça crée des sujets de conversation!) et de la difficulté pour un enfant d’avoir un père écrivain connu : pour le plus jeune de ne pas voir son père pendant une tournée et pour la plus grande de savoir que son père est connu pour écrire des « livres tristes », même si pour lui, le fait que ses thèmes soient noirs n’est qu’une parcelle des romans. J’ai vraiment beaucoup apprécié cette rencontre, car au-delà de la signature, j’ai eu l’impression de le découvrir un peu!