« De lait et de miel » de Jean Mattern

C’est un court roman mais très riche. Un vieil homme sur le point de mourir raconte sa vie. Les souvenirs reviennent, liés les uns aux autres passant d’une époque à l’autre, se mêlant…

Il revient sur ses origines. Né à Timisoara (ou Temesvar), il était Roumain du Banat, mais au moment de la 2ème guerre mondiale, son pays, véritable mosaïque d’origines ethniques différentes, déchiré entre les allemands et les russes, devient un lieu qu’il faut fuir. Par le jeu de lointaines connexions Alsaciennes, il devient français et évoque aussi l’intégration dans son nouveau pays et la distance que cela crée pour lui.

Les souvenirs de son pays et de la guerre font revenir à sa mémoire Stefan, son ami d’enfance, si proche et pourtant si différent, qu’il a perdu de vue au moment où il a fallut choisir « un camp ». C’est aussi une histoire d’amitié, de loyauté et de regrets.

Ce roman est aussi l’histoire de son amour pour Suzanne, sa femme, un amour simple pour cette femme arrivée en France après avoir fuit la Hongrie après le soulèvement de Budapest. Les souvenirs tendres et quotidiens sont teintés de tristesse quand il mentionne un deuil qui les a modifié à jamais.

C’est un très beau roman plein d’émotion retenue et de douceur, sur une vie remplie de grands événements historiques, de drames personnels et de petits bonheurs.

« Tim sans-dragon » de Agnès Laroche

Tim vit avec sa mère en Ironde, un pays dirigé par Reuter le gouverneur de la cité qui utilise les dragons comme une armée pour s’imposer par la peur dans les environs. Il est pauvre et travaille pour la famille de Reuter.

Le père de Tim a disparu depuis quelques temps et le jeune garçon aurait voulu avoir un dragon pour ses 13 ans pour partir à la recherche de son père mais sa mère lui a offert un « poussidragon » un animal placide qui ne vole pas.

Mais Anok, le nouveau compagnon de Tim se révèle être plus qu’un simple poussidragon et dans la famille Reuter, tout le monde n’est pas aussi cruel que le père et Tim va pouvoir partir à l’aventure.

Ce roman jeunesse n’est pas mal, il plaira sans doute à la tranche d’âge 9-12 ans. Il se lit vite mais se termine sans doute un peu rapidement, comme si l’auteur ne savait pas trop comment terminer, les choses tombent en place un peu brusquement et facilement.

Lu pour le « Club Lecture » dans le cadre de la sélection CM2-6ème

« L’ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon

Daniel, un jeune garçon, a été emmené un jour par son père libraire au « Cimetière des livres oubliés » où il a été attiré par un livre qui lui semble destiné : « L’ombre du vent » de Julian Carax. Cet auteur est entouré de mystère car ses oeuvre sont désormais introuvables, détruites par un homme étrange qui les brûle.

Daniel grandit et en compagnie de Firmin, un homme haut en couleur qu’il a recueilli et qui travaille avec son père (à mon avis le meilleur personnage du roman), il mène une enquête pour en savoir plus sur l’histoire de Julian Carax. Ils fouillent son passé et rencontrent d’autres personnages qui l’ont connu adolescent ou adulte mais qui ne disent pas tous le vérité.

Ces personnes sont toutes dignes d’être des personnages de roman…car « L’ombre du vent » c’est le roman dans le roman!

Histoires d’amour, d’amitiés, de famille, de livres, histoire tout court dans l’Espagne d’après la guerre civile où chacun doit faire attention à ce qu’il dit. C’est rythmé, plein de rebondissements et d’une certaine poésie. tellement riche qu’il est difficile d’en parler vraiment.

J’ai mis du temps à lire ce roman car j’avais un emploi du temps chargé (et que je m’endormais au bout de quelques pages!) et je regrette de ne pas avoir plongé plus vite dans cette histoire car j’ai dévoré la deuxième moitié et je pense que c’est un roman qui ne se « picore » pas! Cela dit avec du recul je me demande si la partie concerant Daniel et Clara au début apporte beaucoup au reste du roman ?

– 3 / 43