Breaking the wall : Claire Gratias

Roman jeunesse (grands ados 14-18 ans ou adultes) passionnant sur l’Allemagne à l’époque de la séparation RDA-RFA et juqu’à la chute du mur.
Le roman est construit sur 3 voix : celle de Klaus, un ancien Berlinois de l’est vivant à l’ouest et témoignant à une documentariste française, celle de Markus, vivant à  Berlin Est, qui se relève juste d’une attaque cardiaque et qui est en pleine introspection sur son passé et celle d’Anna, par le biais de son journal intime, qui nous apprend qu’elle est le lien entre les deux hommes.
On y retrouve l’esprit du film « La vie des autres » avec la Stasi, la peur d’être écouté, les interrogatoires, les activités « pas RDA-positives », la vie des jeunes à l’est, le désir de plus de liberté et les tentatives de fuite vers l’ouest.
C’est très bien écrit, vraiment accrocheur et noir, mystérieux tout en étant instructif et juste. J’ai vraiment adoré!
C’est un roman historique sur une période à laquelle je regrette de ne pas m’être plus intéressée à l’époque (je n’étais pourtant pas si jeune mais sans doute encore un peu bête…). Plus tard, quand j’étais étudiante en Irlande en 1993, je partageais mon logement avec une étudiante venant de l’ancienne Allemagne de l’Est… On a parfois parlé de sa vie là-bas « avant » (mais avec du recul, sans doute pas assez…).
Je vous recommande vraiment ce roman!
Plusieurs élèves de 4ème (13 ans), bons lecteurs, ont lu et beaucoup aimé ce roman et lors de notre rencontre avec l’auteur, elle a admis que c’est un livre dans lequel il n’est peut-être pas facile de rentrer mais dont elle est fière. D’autant plus qu’il a remporté le prix du roman historique de Poitiers.

Compte rendu de la rencontre entre le club lecture et Claire Gratias, auteur jeunesse. (3ème… et dernière… partie)

Concernant son écriture, nous lui avons demandé si elle avait des thèmes préférés. Elle a expliqué qu’il y a effectivement des thèmes qui revenaient souvent mais qu’elle ne faisait pas forcément exprès. Par exemple, c’est son éditrice qui lui a fait remarquer qu’il y avait souvent la notion de « porte ». Elle se rend compte qu’il y a souvent l’idée de la « pensée empêchée » dans ses romans. Pour elle, les thèmes sont souvent liés à l’histoire d’une personne, ils viennent malgré l’auteur, ce sont des choses qui sont importante pour lui au plan personnel et émotionnel.
 
Nous lui faisons remarquer qu’il y a souvent des personnages de psychologues dans ses romans. Elle nous explique qu’elle s’intéresse beaucoup à la psychologie et qu’elle a elle-même fait un travail psychologique. Elle trouve que cela aide à comprendre les autres.
 
Le profil psychologique des personnages est pour elle plus important que leur description physique. « Les gens m’intéressent, me passionnent. J’adore observer les gens, les comprendre. Je porte beaucoup d’attention à l’écoute. Mieux comprendre la psychologie humaine permet d’éviter de juger les autres trop vite. »
 
Quand on lui a demandé pour quels types de lecteurs elle écrivait, elle a cité André Gide : « Tant pis pour le lecteur paresseux : j’en veux d’autres. » Elle a expliqué qu’elle faisait le pari d’écrire pour le lecteur persévérant qui ne veut pas renoncer, qui ne se laisse pas décourager. Certains romans sont plus difficiles au début mais ils valent la peine de continuer.
 
Elle nous a aussi parlé des auteurs qui l’ont inspirée. Elle nous a dit qu’elle a eu des périodes de théâtre, poésies, grands romans classiques français, science fiction, romans policiers… Un certain nombre d’auteurs l’ont aidé à apprendre à écrire quand elle lisait des textes vraiment bien écrits elle voyait la différence avec juste une bonne histoire.
 
Elle a cité Émile Zola, Guy de Maupassant, les Contes fantastiques d’Hoffmann, Musset et Jean Anouilh (pour le théâtre), André Gide, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Jean Giono (« Une écriture magnifique, une langue extraordinaire, des personnages forts. »). Il y a aussi « Le seigneurs des anneaux » et Stephen King (qui lui a fait découvrir des auteurs américains comme Nathaniel Hawthorn), Louis Aragon (pour sa poésie)…
 
« J’adore quand un écrivain vous fait découvrir votre propre langue. Grâce à ça, j’ai une grande exigence avec ma langue. Je veux faire une bonne histoire et j’ai une grande exigence au niveau de l’écriture. J’écris avec mes oreilles : ce que j’écris, je me le dis à moi-même pour voir comment ça « sonne ». Je me demande « Est-ce que j’y croirais ? » Tant que ça ne sonne pas juste, je recommence. »
 
En littérature jeunesse, elle aime beaucoup Pierre Boterro et Jean-Claude Mourlevat.
 
Quant à ses propres romans, elle ne peut pas choisir… Mais elle aime beaucoup « Le signe de K1 » et « Breaking the wall ». D’ailleurs très fière car ce dernier vient d’obtenir le prix du roman historique de la ville de Poitiers.
Voilà, j’espère que ça ne vous a pas paru trop long mais j’ai trouvé cette rencontre vraiment passionnante et j’avais envie de la partager. Je n’ai pas trop coupé dans le compte rendu car je voulais garder les idées des questions des élèves.

Tranches napolitaines : Mathieu Sapin, Bastien Vivès, Anne Simon et Alfred

Mathieu Sapin, Bastien Vivès, Anne Simon et Alfred étaient tous les 4 invités à Naples et ont donné dans ce recueil leur vision de la ville.
 
Je n’ai pas du tout été emballée par cet album. En fait, j’ai trouvé que cela manquait d’unité, les quatre dessinateurs ne semblaient pas du tout lier leur travail avec celui des autres (même si certains personnages se retrouvent d’un auteur à l’autre.)
 
Mais surtout, je n’ai pas eu l’impression de découvrir Naples en particulier, je n’ai rien ressenti de spécifique sur cette ville.
 
J’ai aussi trouvé cela frustrant de n’avoir que des ébauches d’histoires…
 
Bref, ce n’était pas une réussite pour moi!
 par ma Best

Le club lecture au Salon du livre de jeunesse et de bande dessinée de Cherbourg-Octeville – Episode 2

Après 1h45 de car, nous sommes donc arrivés à Cherbourg. Les élèves se sont répartis les questions qu’ils allaient poser à Claire Gratias et après un petit tour dans la tente où les travaux d’élèves étaient exposés (textes et jeux) et où nous avons pu admirer le texte de notre élève de 6ème (qui a reçu un livre en cadeau), nous avons rejoint le collège où la rencontre avait lieu.

Nous avons donné à Claire Gratias le livret (les élèves étaient si nombreux à vouloir le lui donner que j’ai préféré le faire moi-même!); elle a été agréablement surprise que nous ayons lu plusieurs livres d’elle et pas seulement celui de la sélection.

Puis les élèves ont posé leurs questions. Elle leur a répondu avec beaucoup de gentillesse et de naturel. Elle a développé ses réponses et il y a eu un vrai échange. J’ai vraiment apprécié ce moment et les élèves aussi. J’avais déjà aimé ce que j’avais lu d’elle et j’ai aussi beaucoup apprécié la personne.

Après cette rencontre et un pique nique sous un soleil venteux, les élèves (et leurs profs) ont fait le tours des stands de livres (en résistant plus ou moins… Je n’ai rien acheté pour moi,juste un livre pour Baby B!) et un tour dans la tente des jeux réalisés par différentes classes.

C’était donc une belle journée. Les élèves ont vraiment apprécié… si on en croit leur déception quand on leur a dit qu’on ne reviendrait sans doute pas l’année prochaine!  D’ailleurs la plupart sont partant pour recommencer le club  l’année prochaine!

Et la petite phrase qui m’a énormément touchée en cette journée, c’est une des meilleures lectrices du club, celle qui ces derniers temps dévore à vitesse grand V des romans exigeants, qui adore lire et qui encourage ses copines à persévérer dans des livres plus difficiles qui m’a dit qu’avant de commencer le club lecture elle ne lisait jamais… et même au début du club elle ne lisait pas … que c’était « à force d’entendre les autres parler de leurs histoires » qu’elle a eu envie de lire… Et bien là je dois dire que ça a été une grande fierté et un grand plaisir! 

PS : J’ai « joué à la journaliste » et demain je vous livre le compte rendu de la rencontre à partir des réponses de Claire Gratias aux questions des élèves. Vous verrez que ça a été une heure bien remplie!

Le club lecture au Salon du livre de jeunesse et de bande dessinée de Cherbourg-Octeville – Episode 1

Vendredi 27 mai, 25 membres du Club Lecture (de la 6ème à la 4ème), ma collègue documentaliste et moi sommes allés au .

Toute l’année nous avons proposé aux membres du club des livres issus de la sélection du salon.

Pour pouvoir être invité au salon, quelques élèves ont fait un travail d’écriture sur des thèmes liés à certains livres de la sélection. Petite fierté pour le club : une élève de 6ème a eu le 2ème prix pour son texte dans sa catégorie!

Notre présence nous permettant de rencontrer un auteur nous avons proposé 3 noms d’auteurs ayant écrit pour toutes les tranches d’âges, et quand nous avons appris que nous rencontrerions Claire Gratias, nous avons fait en sorte que le maximum de personnes du club aient lu au moins un de ses livres. Je dois dire qu’entre les adultes et les enfants les avis sont plutôt unanimes : nous avons tous beaucoup aimé ce que nous avons lu d’elle!

Les dernières séances du club ont été consacrées à la préparation de cette rencontre : mise en commun des questions à poser à l’auteur, petit livret cadeau en souvenir de notre rencontre dans lequel nous nous présentons (photo à l’appui) et où nous avons noté nos avis (positifs, sans même se forcer!) sur ses romans et quelques textes écrits avec la contrainte d’utiliser les titres de ses romans (comme mon jeu « des titres et un texte »).

Les élèves avaient l’air contents de préparer tout ça et impatient d’aller à Cherbourg!

Alors? Cette rencontre?

L’étonnante histoire d’Alophus Tips (The amazing story of Adolphus Tips) : Michael Morpurgo

Dans ce roman, une grand-mère transmet à son petit-fils le journal intime qu’elle tenait lorsqu’elle avait 12 ans pendant la 2ème guerre mondiale en Angleterre. Plus que l’histoire d’Adolphus Tips, c’est surtout l’histoire de Lily.
 
Lily est une toute jeune fille qui aime son chat Tips, qui est irritée par les nouveaux élèves qui sont arrivés de la ville après l’évacuation et la maîtresse avec son accent hollandais. Elle vit avec sa mère et son grand-père sur la ferme familiale alors que son père est à la guerre.
 
La vie ne serait pas trop pénible si un jour le village ne devait pas être évacué pour que les plages servent de lieu d’entraînement pour le débarquement en Normandie.
 
Beaucoup de soldats américains arrivent alors et lorsque Tips disparaît ce sont Adie et Harry, deux soldats noirs, qui l’aident à la chercher. Une très forte amitié naît alors entre eux.
 
C’est un très joli roman sur la guerre, la vie quotidienne pendant cette guerre, du point de vue d’une enfant. c’est aussi un roman d’aventure, d’amitié et d’amour. Il mélange bien humour et émotion!
 
Je conseillerais ce roman aux jeunes de 10 à 14 ans. 

 par Mrs B Merci pour ce prêt!

« Dark places » (« Les lieux sombres ») de Gillian Flynn

Libby Day est une jeune femme perturbée, plutôt inadaptée socialement, cleptomane, dépressive et hantée par le passé… Il faut dire qu’elle ne peut qu’être traumatisée puisque 24 ans auparavant elle a échappé de peu au massacre de sa mère et de ses deux soeurs. Son frère est sous les barreaux à vie pour ce crime. Il était alors considéré comme le seul coupable possible. C’était un adolescent rebelle et différent et en conflit avec sa mère. Libby avait 7 ans au moment des faits et son témoignage a joué dans la condamnation de Ben.

Mais aujourd’hui, les convictions de Libby sont quelque peu bousculées par un groupe de « fans » de Ben qui cherchent à prouver son innocence et par appât du gain et par une certaine curiosité, Libby « mène l’enquête » sur son passé.

 Le roman est découpé en trois parties qui s’alternent : Libby Day de nos jours, Patty Day sur la journée du 2 janvier 1985 à la nuit du 3 janvier 1985 et Ben Day sur cette même période. Donc, en parallèle, la journée des meurtres est racontées du point de vue de la mère et du frère. On apprend alors beaucoup de choses sur la famille, sur leurs relations et leur entourage.

C’est un roman très noir, très accrocheur avec des personnages très finement développés. Libby par exemple est très intéressante car elle est la fois touchante dans son histoire et son traumatisme mais également exaspérante. Ben, l’adolescent qui ne sait pas où se situer dans sa propre vie en 1985 est aussi très bien brossé.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai dévoré et je dois dire que j’ai continué à y penser après avoir refermé le livre, j’ai même eu du mal à me plonger dans autre chose immédiatement après. Si je n’ai pas mis de coup de coeur c’est que j’ai juste trouvé que la fin perdait un peu de rythme.

 

 C’est une  avec Sandrine et Somaja

 

 – 1 = 19

 

Une sonate pour Rudy : Claire Gratias

Nico a déménagé, changé de collège et quitté la classe « musique » qu’il appréciait tant pour suivre sa mère et son beau-père en banlieue où il commence une nouvelle vie dans un nouveau collège.

S’il se fait assez rapidement de nouveaux amis et tombe même amoureux d’une jeune fille de sa classe, il se fait surtout un ennemi -Dylan-le caïd du collège qui lui mène la vie dure car il a des vues sur la même jeune fille que Nico. De brimades en insultes, de coups en humiliations, cette relation pèse lourd sur la vie de Nico.
 
Il a beau se confier à Rudy, il n’arrive à en parler à personne d’autre, ni ses parents, ni ses professeurs, et un jour tout bascule et tombe dans le drame.
 
Très bon roman, bien écrit et juste sur la difficulté à faire face au harcèlement, à vivre dans la peur. Une vie ordinaire d’un adolescent ordinaire qui voudrait juste vivre sa vie tranquillement et qui n’en peut plus d’être pris à parti.
 
Je conseillerai ce roman aux bons lecteurs de 13 ans et plus.

[Billet Guest Star par Mrs B] Un bûcher sous la neige (Witch Light) : Susan Fletcher

Ecosse,1692.Corrag, jeune fille emprisonnée et qui attend le bûcher pour « sorcellerie » reçoit la visite de Charles Leslie, un pasteur irlandais jacobite qui cherche à en savoir plus sur le massacre de Glencoe dont elle a été témoin.
Il suffit de fermer les yeux après chaque chapitre pour se laisser entraîner dans ce monde qu’elle nous décrit, la beauté de ses paysages, la sensation de liberté mais aussi la peur et l’amour. Charles Leslie est tout aussi émouvant par son évolution psychologique. De son aversion pour la « sorcière » au début du roman il en ressort plus humain au contact de Corrag.
C’est un beau roman au vocabulaire qui nous enivre. Un coup de cœur.

 avec Enna 

Un bûcher sous le neige (Witch light) : Susan Fletcher

En 1692, en pleine période de conflits entre les partisans de Guillaume d’Orange, nouveau roi protestant et ceux qui veulent rétablir James, le roi catholique sur le trône, un massacre a eu lieu à Glencoe en Écosse. Leslie Charles, un prêtre irlandais, vient chercher des témoignages sur les responsables de ce carnage et passe beaucoup de temps dans la cellule de Corrag, jeune femme emprisonnées et condamnée au bûcher car considérée comme une sorcière.
En échange de son témoignage sur le massacre de Glencoe, Corrag demande à Leslie Charles de l’écouter parler de sa vie pour qu’il fasse savoir qui elle était vraiment et surtout qu’elle n’était pas une sorcière. Le roman est donc composé du récit de Corrag sur sa vie et sa vision du monde, entrecoupé de lettres de Leslie Charles à sa femme.
Corrag est une jeune femme qui a subi les accusations de sorcellerie depuis sa plus tendre enfance et qui ne les comprend pas. Elle n’est que bonté, amour de la nature et des autres. Elle a toujours cherché à protéger, soigner, respecter. Elle voit le meilleur dans ce qui l’entoure. Sa vie hors norme dans des conditions difficiles, toujours dans la fuite fait d’elle une sorte d’ermite, jusqu’à ce qu’elle trouve sa place parmi les MacDonalds dans la vallée de Glencoe.
On ne voit plus le monde qui nous entoure tout à fait de la même manière après avoir « écouté » Corrag. D’ailleurs, Leslie Charles, lui aussi sort de ces rencontres changé. Au début, il est révulsé par Corrag la sorcière et approuve le jugement par le bûcher puis, en apprenant à la connaître, il change complètement de point de vue, va au-dela des apparences.
C’est un magnifique roman sur la différence, la tolérance, la grandeur de la nature et la place de l’homme dans son univers. Très belle écriture -exigeante- puissante et poétique.

 avec Mrs B en guest star sur le blog