« Blast -Tome 1 Grasse carcasse » de Manu Larcenet

 L’histoire est celle de Polza, un ancien écrivain devenu clochard, obèse et mystérieux qui vient d’être arrêté pour ce qu’il a fait à une certaine Carole, laissée dans le coma. Il est interrogé par deux policiers qui veulent qu’il explique ce qui a pu l’amener à cet acte.

Il revient sur son enfance et sa vie d’homme à partir du moment où il a pris la décision, à la mort de son père, de tout quitter, sa femme, sa vie d’écrivain, pour partir dans une sorte d’errance, de vie de solitaire. En fait, il est à la recherche de ce qu’il appelle le « blast », une sorte d’explosion sensorielle intérieure qui lui a fait ressentir comme une expérience mystique.

Ce premier tome retrace ses questionnements sur lui, sur le monde qui l’entoure. A la fin, on ne sait pas encore ce qu’il a fait à Carole et jusqu’où la recherche du « blast » va l’emmener même si on sait qu’il a fait 7 passages en hôpital psychiatrique…

Ce qui m’a le plus marquée, ce sont les dessins que j’ai trouvé superbes! Certaines pages, des pleines pages avec des gris comme des aquarelles et des traits plus précis, sont comme des tableaux. Il y a des ombres, des gros plans, des paysages, c’est vraiment très beau!

Les flashs de « blast » sont aussi très frappants et très réussis (mais je préfère vous laisser l’effet de surprise).

J’ai eu un vrai gros coup de coeur pour ce magnifique album au point d’ailleurs de l’acheter et de commander immédiatement le tome 2 alors que je n’achète presque jamais de bandes dessinées. Il fait partie de ces albums que je pourrai avoir envie de juste feuilleter un jour!

Mon avis sur le tome 2 est à suivre!

Et par ici une interview très intéressante de Manu Larcenet au  sujet de « Blast »

4ème de couverture : « Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d’espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu’un cheval de trait. Piere qu’un char d’assaut. Je pèse lourd et pourtant, parfois, je vole. »

Ce roman est la lecture « partie du corps » de mon(Bon, d’accord, c’est une BD et j’ai aussi fait une catégorie BD à part, mais je n’ai rien d’autre sous la main!)

 

  (Pas comptée dans la nouvelle PAL, car aussitôt empruntée, aussitôt lue!)

 

Roaarrr Challenge

 

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« Noughts and Crosses » (« Entre chiens et loups ») de Malorie Blackman

 Dans ce roman jeunesse, nous sommes plongés dans une société où les noirs (appelés les « Crosses » dans la version anglaise) sont les dominants et les blancs (les « Noughts ») , les anciens esclaves, n’ont pas les mêmes droits ni les mêmes chances.

Seph est une adolescente d’une riche famille noire dont le père, très conservateur, est au gouvernement et son meilleur ami est Callum, un jeune blanc qu’elle a connu à l’époque où la mère de ce dernier était gouvernante dans la famille de Seph.

Callum vient d’être accepté dans l’école de Seph dans le cadre de mesures d’intégration de certains « Noughts » dans le système scolaire des réservé aux « Crosses »… Mais ces mesures sont très mal acceptées par les familles Crosses… Les tensions liées au racisme généralisé entraînent un mouvement terroriste « Nought » pour revendiquer leurs droits en posant des bombes.

Dans ce monde d’opposition, Seth et Callum éprouvent des sentiments de plus en plus forts l’un pour l’autre et ils sont un peu comme des Roméo et Juliette qui ne savent pas toujours s’ils s’aiment ou se détestent

Ce roman est très fort et très bien construit. Il n’est pas du tout édulcoré ou « cul-cul » : il y a de la haine, de l’amour, des conflits entre parents et enfants, des enjeux politiques et humains liés au racisme, il y a des morts… C’est vraiment très accrocheur et très intéressant.

Ce roman est le 1er tome d’une série de quatre (et à la fin de mon exemplaire, il y a également une nouvelle qui est à placer entre le tome 1 et le tome 2 mais je ne la lirai qui si je lis le tome 2).

 

Ce roman est la lecture « sport/loisir«  de ma catégorie « Petit Bac Jeunesse » pour le   (Noughts and crosses = le nom anglais du jeu du morpion… oui, je sais c’est tiré par les cheveux!)

 

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge

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« Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh

Cette bande dessinée est l’histoire de Clémentine, une jeune femme qui vient de mourir. Son histoire nous est racontée par ses propres mots au travers une dernière lettre écrite à Emma la femme qu’elle aimait et au travers son journal d’adolescente.

C’est l’histoire de la découverte de l’homosexualité, les doutes, les peurs, les incertitudes sur ce qu’elle ressent, le rejet, le sien tout d’abord et puis celui des amis et de la famille. C’est la découverte de l’amour et de la sexualité.

C’est une histoire pleine de sensibilité et de justesse sur la différence et ses difficultés dans le quotidien et dans sa construction personnelle.

Je n’ai pas vraiment aimé les dessins des personnages mais j’ai aimé les gris rehaussés de touches de bleu qui illustrent le passé de Clémentine puis les dernières pages, la fin dans tous les sens du terme, plus colorées qui nous ramènent dans le présent.

Un bel album fort.

  (Pas comptée dans la nouvelle PAL, car aussitôt empruntée, aussitôt lue!)

Roaarrr Challenge

 

« Exit wounds » de Rutu Modan

 

Cette BD se déroule en Israel et c’est très important dans l’hitoire puisque tout commence par une rencontre entre une jeune femme et un homme à la suite d’un attentat dans lequel une victime n’a pas pu être identifiée. Cette jeune femme pense que cela pourrait être le père de cet homme.

La jeune femme d’une famille aisée n’est pas très féminine et finit par avouer qu’elle avait une relation avec le père. L’homme, lui, n’avait aucune relation avec son père depuis que ce dernier l’avait mis à la porte.

On découvre un père qui n’a jamais été quelqu’un sur qui compter et cela se confirme au fil de l’histoire. C’est un homme qui utilise les autres.

L’histoire se présente un peu comme une enquête à la recherche du père peut-être victime mais va en fait surtout indirectement creuser la personnalité de celui-ci. Les personnages de la jeune femme et du fils ne sont pas vraiment approfondis, à mon avis ils auraient pu être plus développés.

Les dessins sont un peu plats mais les couleurs acidulées sont intéressantes car elles contrastent avec le propos.

Ce qui m’a le plus intéressée c’est le fait que les attentats fassent tellement partie de la vie des gens et que les problèmes plus personnels se mêlent à ceux-ci.

Même si j’ai trouvé la lecture plaisante, ce n’est pas un coup de coeur.

  (Pas comptée dans la nouvelle PAL, car aussitôt empruntée, aussitôt lue!) 

Roaarrr Challenge

Roaarrr Challenge!

 

Encore un challenge!

Mo’, qui tient son Bar à BD a eu envie de faire « découvrir les albums qui ont été récompensés (Fauve d’Or, Prix Révélation, Prix du Jury Œcuménique de la Bande dessinée…). L’idée est de faire une bibliothèque virtuelle de liens sur les albums primés. »

Le Roaarrr Challenge se déroulera du 1 septembre 2011 au 31 janvier 2013.

On peut envoyer à Mo’ les liens vers des billets concernant des BD primées  déjà publiés sur notre blog en y ajoutant le logo et le lien vers le challenge et puis évidemment, continuer d’en lire!  

Et comment savoir si les BDs correspondent au challenge???

En allant faire un tour sur l’article où Mo’ propose un lien vers un fichier dans lequel elle a compilé tous les titres ayant été récompensés

J’ai déjà fais une liste des BD que j’ai chroniquées et je compte bien continuer car en lisant la liste j’ai relevé plein de titres qui me tentaient ET qui sont à la médiathèque!

J’aime bien l’idée de participer à la compilation d’une bibliothèque virtuelle géante!

 

« L’amour est une île » de Claudie Gallay

L’histoire se déroule à Avignon, en pleine canicule, au moment où le festival est bouleversé par les grèves des intermittents du spectacle.

On y rencontre Odon Schnadel qui met en scène une pièce de Paul Selliès, jeune auteur inconnu et mort cinq ans auparavant, Marie Selliès, la soeur de ce dernier, jeune femme torturée et très perturbée par la mort de son frère vient à Avignon car elle savait qu’il avait envoyé un texte à Odon Schnadel et elle veut entendre les mots de son frère. Enfin, la Jogar, de son vrai nom Mathilde, actrice réputée qui revient à Avignon, sa ville d’origine pour la première fois depuis sa séparation de Odon cinq ans plus tôt.

Ces trois personnages se croisent, se cherchent, se retrouvent, se cachent des choses, se dévoilent

Ce roman est une incursion dans le monde du théâtre, le monde de la création. Cela touche au désir, au besoin même de s’exprimer, d’être entendu, d’être soi-même. Cela parle d’amour, de perte, d’espoirs, de regrets

Le style est celui que j’avais déjà aimé chez Claudie Gallay : fluide et poétique avec des phrases courtes mais qui traduisent l’intensité des moments. Elle rend très bien les atmosphères, la chaleur, les conflits, les tensions

Ses personnages sont vraiment bien écrits. Ils ont tous leurs fragilités, leur force et ils ont tous leur vraie place dans l’histoire.

J’avais eu un coup de coeur pour « Les déferlantes » et j’avais beaucoup aimé  « Seule Venise » que j’ai encore plus apprécié après en avoir lu des extraits au théâtre. Je garde aussi un très bon souvenir de ma rencontre avec Claudie Gallay lors de le remise des prix des lectrices de Elle. J’avais donc à la fois hâte de la retrouver mais aussi un peu peur d’être déçue… Mais ça a été un coup de coeur, un de ces romans que l’on a envie de rouvrir dès qu’on le ferme et au moment où j’écris ce billet les personnages sont encore « avec moi ».

Merci à L’Homme pour ce cadeau!

« Les âmes grises » de Philippe Claudel

Cette histoire se situe au moment de la première guerre mondiale et pourtant ce n’est pas une histoire sur la guerre… La guerre est plus un bruit de fond avec ses sons de bombes au loin, une toile de fond avec ses soldats détruits qui passent par l’hopital local… Mais la vie de cette petite ville de province n’est pas tellement bouleversée à cause de cela.

Ce qui change tout dans cette ville, c’est la mort d’une petite fille, belle et innocente, retrouvée étranglée dans un ruisseau et le mystère qui entoure ce crime… C’est le sujet de cette histoire racontée par le policier qui a été le témoin de « l’Affaire » (« En 1917, au moment de l’Affaire, comme on l’a appelée chez nous tout en soulignant la majuscule avec des soupirs et des mimiques[…] »)…

Mais est-ce vraiment le sujet de ce récit ou plutôt juste un prétexte? Car ce n’est pas une histoire policière mais plutôt une peinture de cette société du début du siècle, figée avec ses notables tous puissants et insensibles aux autres, ses gens simples et bons, ces malheurs individuels qui continuent de détruire les gens à cause ou malgré la guerre.

Ce roman est un très beau roman d’ambiance, une galerie de personnages très forts, qu’ils soient bons ou odieux, tous avec leurs failles. Avec beaucoup de sensibilité, Philippe Claudel donne de l’humain et  raconte des petites histoires poignantes

 Fanfan et Stéph Merci pour ce cadeau et même si malgré le petit mot écrit sur le paquet (« Non, tu n’as pas lu ce livre! Non, tu n’as pas lu ce livre! Non, tu n’as pas lu ce livre! ») j’avais déjà lu ce livre, c’était il y a bien longtemps, je ne l’avais plus chez moi et je ne l’avais pas chroniqué sur le blog et j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver cette ambiance grise et forte!

Des titres et un texte! Rendez-vous du mois de septembre

 

Depuis le mois d’octobre, je vous propose un rendez-vous mensuel : écrire un texte en intégrant tous les titres des livres chroniqués sur mon blog le mois précédant (ou le votre si vous souhaitez jouer avec moi). L’idée vient de Gwenaëlle qui a plein de jeux d’écriture à vous proposer!

Voici ma liste de titres :

J’aime pas le lundi

L’homme de mes rêves

Family album

Astérios Polyp

G 229

Paul à la pêche

Blonde platine

Vango

Mr Parker Pyne, porfesseur de bonheur

Les dix petits nègres

Et voici mon texte :

« Ce matin, je me réveille avec une drôle de sensation… L’impression qu’il faut que je change quelque chose à ma vie… Devenir blonde platine, peut-être? Mais ça ne serait que trop superficiel comme changement. Il me faut quelque chose de plus profond…

Ah, décidément, j’aime pas le lundi!

J’avale un comprimé de G 229, la pilule de l’oubli que me prescrit le Dr Pyne, mon psychiatre (quand je pense à lui, je l’appelle « Mr Parker Pyne, professeur de bonheur« , c’est con, mais ça me fait sourire, c’est déjà ça!)

En fait, j’aurai voulu être une artiste…Ça au moins, ça aurait donné un sens à ma vie… Mais je me dis ça à chaque fois que je regarde le tableau au-dessus de la cheminée : « Les dix petits nègres » signé Vango. Encore un truc dont je serai incapable… A quoi bon rêver?

Rêver, rêver… C’est ça mon problème… Au lieu de profiter de joies simples comme par exemple accompagner Paul à la pêche, je suis là à pleurnicher sur mon sort en m’imaginant avec Astérios Polyp, l’acteur grec incroyablement beau, l’homme de mes rêves, en composant mentalement un family album avec lui…

Allez… un deuxième cacheton et au boulot!« 

Retrouvez mon texte des mois d’octobre, novembredécembrejanvier, février , mars , avrilmai, juin, juillet et celui du mois d’ août

Orchidée avait joué avec moi en octobre, novembre , décembre, janvier et en février… 

Flo s’est lancée en maijuinet en juillet

Syl. a aussi joué en mai

Astrid a joué en juin

32Octobre a joué aussi en août

Et vous?

« The vanishing act of Esme Lennox » (« L’étrange disparition de Esme Lennox ») de Maggie O’Farrell

 

Je ne sais pas trop comment résumer ce roman car il y a plusieurs voix qui s’alternent et qui apportent chacune des informations sur l’histoire de façon directe ou indirecte avec des flash-backs, et je ne voudrai pas déflorer l’intrigue…

Ces trois voix sont celles de Esme Lennox qui revient sur son passé depuis son enfance en Inde et son adolescence dans les années 30, en Écosse, dans une  famille très stricte de la bonne société, auprès de sa soeur aînée et confidente, Kitty.

Le deuxième personnage est Iris Lockhart, une jeune femme des années 2000, à la vie privée un peu compliquée qui apprend un  jour qu’elle a une grand-tante dont elle n’avait jamais entendu parler qui a été enfermé dans un hôpital psychiatrique pendant 60 ans.

La dernière voix, plus décousue, est celle de Kitty, la grand-mère d’Iris, dont les bribes de pensées sorties des brumes d’Alzeihmer apportent un éclairage à l’histoire qu’elle partage avec Esme.

C’est une histoire passionnante et poignante… A une époque pas si éloignée de la notre, comment une femme qui ne rentre pas dans le « moule » de la société, parce qu’elle est trop libre et indépendante, pouvait être enfermée, emprisonnée toute sa vie sans raison valable…

C’est un roman très fort sur les secrets de famille, sur le poids de la société.

Et la construction avec les différents narrateurs, les points de vue qui se complètent, est vraiment très intéressant.

Ce roman est la lecture « prénom » de mon

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge

 

 

« Running wild » (« Enfant de la jungle ») de Michael Morpurgo

 

En décembre 2004, Will et sa mère sont allés en vacances en Indonésie pour essayer de se remonter le moral après la mort du père de Will, soldat anglais en Iraq mort là-bas. La première partie du roman est d’ailleurs centrée sur le deuil particulièrement difficile quand on a 10 ans.

Le 26 décembre 2004, Will commence une promenade à dos d’éléphant sur la plage quand soudainement son éléphant, Oona, démarre en trombe vers la jungle et les hauteurs sans raisons apparentes… Mais Will s’aperçoit vite qu’une vague immense engloutit tout sur son passage…sans doute sa mère aussi… et que Oona vient de lui sauver la vie.

Avec l’aide muette de l’éléphant, du bon sens, de l’observation et beaucoup de chance, Will survit pendant des mois dans la jungle. Il rencontre un tigre, des orang-outans, des humains plus cruels que les animaux sauvages et heureusement quelques personnes généreuses.

C’est un très beau roman sur le deuil et la résilience, sur l’écologie,  la nature en danger, la nature bienveillante

Michael Morpurgo écrit très bien (comme toujours!) il est juste et émouvant (j’ai pleuré durant les 30 dernières pages!)

  par ma copine Mrs B. Merci pour ce prêt!

 

Cette lecture entre dans le cadre du challenge