« La ballade de Sean Hopper » de Martine Pouchain

Sean Hopper est un homme très dur qui fait peur aux gens autour de lui. Il semble insensible, il est souvent violent, il boit trop, déteste les enfants au point de ne pas supporter leur présence et dans son travail aux abattoirs, il a la réputation d’aimer tuer les bêtes avec froideur.

Son petit voisin, Bud, a une vie très solitaire : pas de parents, une grand-mère indienne qui vieillit de plus en plus et s’occupe de moins en moins de lui. Il observe le monde qui l’entoure. Il observe Sean Hopper et sa vie toujours en opposition aux autres. Il observe Bonnie, la compagne de Sean, qui tout en l’aimant n’est pas heureuse avec lui car il ne laisse de la place à personne dans sa vie. Et il s’aperçoit bien que quelque chose a changé chez son voisin après que ce dernier ait eu un accident de voiture.

Après cet accident, Sean a des visions, il se montre beaucoup plus sensible au monde, il ne supporte plus de tuer des vaches, il essaie de gérer sa violence tout en ayant du mal car les autres ne l’ont pas vu changer. Il aurait préféré mourir

On comprends qu’il porte en lui quelque chose de lourd qui l’empêche d’être heureux et on apprendra quoi à la fin du livre ce qui éclaire ce personnage d’une autre lumière.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui raconte comment un homme détruit peut devenir destructeur en ne regardant pas en face ses problèmes et en ne laissant personne l’aider. J’ai aimé aussi le personnage de l’enfant, qui a un regard à la fois candide et lucide sur le monde.

La construction du récit est intéressante car le narrateur principal est Bud qui semble tout savoir des évènements, sans avoir accès pour autant aux sentiments profonds et puis de temps en temps, on entend Sean qui nous révèle ses pensées.

La seule chose que j’ai moins apprécié, c’est le style très « parlé, » avec des coupures de phrases étranges, qui ne me semblait pas nécessaire au récit.

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Lu dans le cadre du prix des 2011-2012, sélection 3ème-secondes.

Ce roman est ma lecture « Prénom » de ma catégorie « Petit Bac Jeunesse » pour le 

« Métal Mélodie » de Maryvonne Rippert

 

Luce est au lycée, c’est adolescente gothique un peu rebelle qui ne pense qu’à ses copains et à faire la fête. Elle est en conflit permanent avec sa mère avec qui elle vit seule depuis la mort de son père… Jusqu’à ce que Inès, la mère, fasse une fugue… elle part sans laisser d’adresse et sans donner de détails, lui disant juste dans une lettre qu’elle a besoin de temps et de recul et qu’elle reviendra dans quelques mois.

Abasourdie, la première réaction de Luce est d’organiser une fête où elle rencontre Moony, une jeune femme un peu paumée qui va venir squatter chez elle, et son jeune voisin, dont elle croit tomber amoureuse. Très vite, elle va mener une sorte d’enquête pour rechercher sa mère.

Par différentes informations recueillies ici et là, Luce découvre petit à petit le passé de sa mère. Un passé trouble, torturé et très secret… D’ailleurs, est-ce qu’Inès est vraiment Inès?

Sur le coup d’une déception amoureuse, Luce part sur un coup de tête en Espagne, le seul lieu concret où elle pense pouvoir retrouver sa mère. Là-bas, elle est obligée de grandir, de mûrir vite pour survivre. Elle apprend à se connaître et est prête à accepter sa mère.

Très bon roman d’initiation, de liens familiaux difficiles, d’adolescence perturbées et compliquées. (J’y ai vu pas mal de points communs avec « Blog » De Jean-Philippe Blondel)

Bien écrit, les personnages sont attachants, particulièrement cette mère qu’on rencontre au travers de bribes de son passé et qu’on apprend à connaître.

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Lu dans le cadre du prix des 2011-2012, sélection 3ème-secondes.