« L’affaire Jennifer Jones » de Anne Cassidy

Alice Tully est une jeune fille de 17 ans qui vit chez Rosie, une femme plus âgée qui s’occupe d’elle, elle a un travail dans un café et un petit ami. Elles est un peu solitaire et lit avec avidité tout ce qui concerne la sortie de prison d’une certaine Jennifer Jones qui six ans auparavant a tué une autre petite fille alors qu’elle même n’avait que dix ans.

On l’apprend très vite dans le roman, cette jeune fille c’est elle… C’est elle qui essaie de se réinsérer dans une vie normale, même si cela doit se faire en secret, même si au fond d’elle, elle se dit qu’elle n’a peut-être pas le droit d’être heureuse après ce qu’elle a fait.

Sa réinsertion n’est pas si simple car les journaux, le public, sa mère veulent tous savoir où elle se trouve. La crainte d’être découverte la fait repenser à ce qu’elle a vécu enfant et en parallèle de sa vie actuelle, on découvre la vie de la petite Jennifer Jones.

Une vie de petite fille ballotée par une mère inconstante et toxique. Elle n’est pas maltraitée mais elle ressent en permanence un sentiment d’abandon…

L’histoire de Jennifer Jones est poignante car malgré l’horreur de la fin, le crime envers une autre enfant, on ne peut pas s’empêcher d’avoir de l’empathie pour elle et de la plaindre. Sans arriver jusqu’à tuer quelqu’un, on peut comprendre la frustration causée par le vie difficile de cette petite qui a tant de mal à trouver sa place.

En ce qui concerne Alice Tully, on a aussi envie de lui laisser une chance de se créer une nouvelle vie, on en veut à ceux qui veulent la traquer et lui faire payer éternellement ce crime car on voit bien qu’elle-même ne s’en affranchira sans doute jamais. On ne peut pas s’empêcher de se dire qu’elle aura du mal à avoir une vie normale même si le secret est gardé parce qu’elle doit « vivre avec » en permanence.

Roman jeunesse poignant et qui fait vraiment réfléchir sur la rédemption possible après un crime, sur ce que le voyeurisme de la presse à scandale peut faire, sur le fait que la maltraitance n’est pas forcément physique et qu’un enfant peut être « abîmé » autrement et que cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Ce livre m’a été recommandé par des filles de 5ème (12-13ans) du club lecture qui ont adoré!

Depuis cette lecture, j’ai vu le film « Boy A » sur le même sujet… Je l’ai trouvé poignant… J’ai eu les mêmes reflexions et le même questionnement que lors de ma lecture de ce roman jeunesse.

 

Boy A – bande annonce 

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5 ème lecture de la version 2012 du challenge

 

 

 

13 commentaires sur « « L’affaire Jennifer Jones » de Anne Cassidy »

  1. Un roman que j’ai vraiment beaucoup aimé. Mais quand il est sorti beaucoup de bibliothécaires ont hésité à l’acheter, le trouvant trop violent. Moi, je trouve qu’il a sa place dans toute bonne bibliothèque ado.

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  2. J’ai beaucoup aimé ce livre et mes élèves aussi quand je le fais lire. J’étais sidérée, horrifiée par cette mère que tu définis si bien. J’ai loupé le film Boy A, il faut que je me fasse une séance d rattrapage, si je comprends bien !

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  3. Etonnante la ressemblance entre ce roman et le film. Dans les deux cas, les auteurs ont fait preuve d’une grande sensibilité en nous amenant aussi à réfléchir à notre propre comportement .

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