TMLP (Ta Mère La Pute) : Gilles Rochier

Gilles Rochier raconte son enfance dans une cité à la fin des années 70, les copains, les parents, les relations entre les habitants. Il y relate son quotidien qu’il soit anodin ou grave. Ces cités étaient construites sur un idéal mais concentrent très vite beaucoup de misère.
 
Un drame rompt d’ailleurs l’équilibre de la vie de Gilles, même si il continue d’avancer, rien n’est pareil après. 20 ans plus tard, il revient dans son quartier et se retrouve confronté à ce passé.
 
Cette bande dessinée c’est une tranche d’enfance quand la cité n’était déjà plus le rêve utopique mais pas encore le no man’s land actuel, un lieu où il y a avait certes déjà de la violence mais malgré tout une certaine fraternité.
 
Couleurs sépia, beiges, planches de barres d’immeubles, texte souvent sans ponctuation, curieusement, j’ai trouvé que cet album était un savant mélange entre dynamisme et immobilisme.
 
En tout cas, c’est un album que j’ai trouvé très touchant, avec un côté tragique.
Emprunté à la médiathèque

              

Roaarrr Challenge

2ème lecture « gros mot » de ma catégorie BD pour le Petit Bac 2012

« Les amateurs » de Brecht Evens

Dans cette bande dessinée, Brecht Evens raconte l’expérience d’un artiste contemporain qui accepte de participer à un festival d’art dans un coin un peu paumé. Il y va tout auréolé de son mode vie d’artiste citadin pour rencontrer un organisateur certes très enthousiaste et jovial mais il se trouve surtout confronté aux autres « artistes », une bande aussi loufoque qu’hétéroclite ayant surtout en commun d’être des amateurs… cette manifestation ressemble plus à une kermesse qu’à la biennale d’art qu’elle aspire à être.

Parmi ses comparses, il y a entre autres, un psychotique qui ne fait que des spirales sur toutes les surfaces qu’il croise, un clown qui fait des sculptures en ballons de baudruche, un jeune un peu étrange qui veut absolument se rendre utile et une jolie jeune fille qui photographie le making off… Voilà donc l’artiste pris au piège, à mille lieux de ses galeries et grandes idées.

C’est vraiment très amusant et en même temps c’est une réflexion sur ce que l’art sous toutes ses formes peut apporter aux uns et aux autres.

J’ai encore eu un coup de cœur pour les dessins de Brecht Evens que j’avais découvert avec « Les noceurs ». Les textes, sans bulles, sont écrits de la même couleur que les personnages qui sont en aquarelles monochromes sur fond blanc, avec des ombres, des transparences, des surimpressions. Les parties de dialogues sont entrecoupées de grandes pages très colorées, foisonnantes de motifs et de couleurs et de mouvements, très riches. Ce sont des petits tableaux.

C’est vraiment un graphisme très intéressant qui sort complètement de la BD traditionnelle.

 

                          

« Cinq heures pour le sauver -Pékin : une médaille d’or pour le Tibet » de Eric Simard

Lodrö est Tibétain mais il vit en France avec sa fille adolescente Yangchen depuis plusieurs années. Il est même naturalisé Français et va concourir pour la France au tir à l’arc aux JO de Pékin… ce pays ennemi qui l’a contraint à fuir le Tibet.

Mais la Chine n’est pas le seul ennemi de Lodrö… Il y a aussi Cho avec qui il y a eu une rivalité puissante dans le passé et qui menace Yangchen et lui soumet une énigme pour sauver son père de la mort.

Commence alors une course contre la montre pour la jeune fille, qui doit absolument trouver un moyen de sauver son père… elle n’a que 5 heures devant elle…et elle n’a pas le droit d’appeler la police faute de quoi elle mourra aussi.

Entre une interviewe de Lodrö qui explique beaucoup de choses sur la situation du Tibet et de la Chine et les découvertes de Yangchen fait sur sa famille et son pays d’origine alors qu’elle cherche à résoudre l’énigme de Cho, on apprend beaucoup de choses sur ces deux pays.

C’est un vrai petit thriller jeunesse mais c’est aussi très instructif sur le Tibet. C’est encore un roman de la collection Oskar Jeunesse, qui propose un petit cahier d’informations à la fin. Un bon mélange de fiction et de réalité!

Je conseillerai ce roman pour les 12-15 ans.

 

 

                                                                          3ème lecture du challenge

Ce roman est ma 2ème lecture « objet » de ma catégorie « Petit Bac Jeunesse » pour le  

1ère lecture pour

« Coney Island baby » de Nine Antico

Cette bande dessinée raconte les vies de deux icônes du charme et du porno, Petty Page et Linda Lovelace, deux femmes vivant à des époques différentes, dans des milieux différents mais qui ont toutes les deux évolué dans ce que l’on appellerait aujourd’hui « l’industrie du sexe », même si à leurs époques respectives, cela relevait sans doute encore un peu de « l’artisanat ».

Betty Page était une pinup dans les années 50 connue pour ses photos de charmes et Linda Lovelace était une figure emblématique du porno des années 70 avec « Gorge profonde ». On les voit alternativement avancer dans la vie avec un entourage qui ne veut pas toujours le meilleur pour elle. En vieillissant, elles s’éloignent toutes les deux de cet environnement et le rejette même catégoriquement. Betty Page se tourne vers la religion et Linda Lovelace vers le féminisme.

Le message de cette BD est sans doute qu’il faut se méfier de ce que l’on croit vouloir faire librement à 20 ans… il est possible que plus tard on le regrette amèrement, il faut toujours penser que ce qui appartient à votre passé ne vous quitte jamais vraiment.

J’ai beaucoup aimé cette BD qui dépeint un milieu qui n’était sans doute pas aussi sordide qu’il l’est devenu aujourd’hui mais qui est quand même assez glauque, même si sur le moment, les deux jeunes femmes semble malgré tout s’amuser de tout ce qui se passe.

J’ai aussi beaucoup aimé les dessins, en noir et blanc, parfois très simples avec des fonds noirs, des effets de hachurage. Décidément, Nine Antico est une auteur de BD que je vais suivre!

Attention : à ne pas laisser trainer entre toutes les (petites) mains qui passent, il y a quand même des scènes très explicites!

 

 

                          

Cette BD est ma 2ème lecture « lieu » de ma catégorie « Petit Bac BD » pour le 

« Madame Gargouille » de Orianne Charpentier

Ezéchiel ne supporte pas son effrayante concierge, jusqu’à ce qu’il soit obligé de faire réellement sa connaissance au moment où ses parents sont en crise. Dans la tourmente qui suit leur séparation, cet adolescent prend conscience de beaucoup de choses.

Il réalise que les apparences sont trompeuses. Madame Gargon, qu’il surnommait « Madame Gargouille » se révèle être une femme gentille pleine de bon sens qui a juste été blessée par la vie. Jasmine, la belle fille qu’il jugeait prétentieuse est une fille très sympa qui manque de confiance en elle et ses copains ne sont peut-être pas toujours si cool que ça…

Mais surtout, le changement dans sa vie familiale, lui fait prendre conscience qu’il a beau avoir 13 ans, il n’est pas si grand que ça et il aurait bien besoin qu’on le console encore un peu…

Ce roman jeunesse aborde de nombreux thèmes au cœur de l’adolescence : la séparation des parents, les apparences que l’on veut se donner ou que l’on attribuent aux autres, l‘impression que les difficultés rencontrées sont insurmontables.

Sensible et drôle (même si je pense que certains traits d’humour ne seront pas perçus par les lecteurs plus jeunes), ce roman peut certainement apporter quelque chose aux jeunes tout en leur parlant de leur vie de tous les jours.

 

 

                                                                              par Vive les bêtises

Ce roman est ma 2ème lecture « animal » de ma catégorie « Petit Bac Jeunesse » pour le  

 

« Je ne pense qu’à ça » de Karim Ressouni-Demigneux (illustrations de Monika Czarnecki)

Ismaël est un collégien ordinaire sauf que du jour au lendemain, sans raison particulière, certains élèves du collège se mettent à le traiter de « PD ». Ismaël, qui jusque là n’avait pas de problèmes au collège, ne comprend pas ce qui lui arrive et souffre beaucoup de ces brimades.

Du coup , il se pose beaucoup de questions sur lui, sur ce qu’il est sensé éprouver : l’adolescence le travaille.

Le hasard veut que sa prof de français soit aussi leur voisine et une amie de sa mère et qu’elle soit homosexuelle. Auprès d’elle il va mieux comprendre ce qui se passe.

J’ai bien aimé cette histoire touchante et très réaliste. En tant que prof principale de 4ème j’ai souvent des problèmes de ce genre à régler entre élève qui s’amusent à faire mal aux autres sans raison (et chers parents, ce sont parfois des petits jeunes par ailleurs adorables qui sont très durs avec les autres…). Ce roman évoque de nombreux thèmes importants : le harcèlement scolaire, la différence, les affres de l’adolescence où l’on ne sait pas trop ce qui change et aussi les relations familiales. Mais ce qui est très appréciable c’est que c’est raconté avec humour et émotion.

Je conseillerai ce roman aux lecteurs de 12 -14 ans.

Et je signale aussi que j’ai beaucoup aimé les illustrations.

                                                                              par Vive les bêtises

« Les soldats qui ne voulaient plus se faire la guerre -Noël 1914 » de Eric Simard

La quatrième de couverture explique que cette fiction est inspirée de faits réels.

Scott Blackwood est un jeune soldat Écossais pendant la première guerre mondiale. Il raconte l’horreur de la guerre de tranchées, l’incompréhension face aux combats.

Et puis, il y a Noël 1914 quand les soldats Allemands et Britanniques ont fait une trêve. Ils ont fraternisé, se sont parlés, ont échangé et surtout se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas si différents qu’on voudrait leur faire croire. Cette courte parenthèse dans la guerre a complètement changé Rob au point où à la fin de sa vie il n’a pas oublié Kurt, son éphémère ami de Noël 1914.

C’est une histoire instructive du point de vue historique et émouvante du point de vue humain. Eric Simard prône l’amitié entre les hommes malgré les conflits entre des pays.

A la fin, il y a un cahier avec des faits et des photos d’époque qui apporte un bon complément. J’ai déjà lu plusieurs livres de la collection Oskar Jeunesse, je trouve qu’ils sont bien réalisés.

Très bien dès la 5ème mais parfait pour des 3ème qui étudient cette période en histoire.

 

 

                                                  

Quand le virtuel passe au réel… Rencontre de blogueuses!

Aujourd’hui, j’ai rencontré Loula!

L’année dernière une photo sur le blog de Loula m’a fait réaliser qu’elle venait en vacances chez moi! On s’était dit qu’on ne laisserait pas passer l’occasion de se rencontrer la prochaine fois qu’elle viendrait dans le coin.

Cette année, nous avons échangé sur le mode BD grâce au Loto BD et même si je ne suis pas une folle de thé comme elle, elle fait partie des blogs que je suis!

J’étais donc contente de recevoir un mail m’annonçant qu’elle venait dans ma région à nouveau cet été d’autant plus qu’à un jour près on ne faisait que se croiser!

Rendez-vous était donc pris pour manger dans un petit salon de thé très sympathique qu’elle connaît bien!

Nous avons parlé sans interruption entre 12h15 et 16h! Nous avons parlé de tout et de rien : blogs, livres, BD, swap, enfants, travail, clubs lectures, logements, vacances, ongles, thé etc, etc!

J’ai passé un très bon moment, avec cette drôle d’impression de déjà connaître cette inconnue en face de moi! C’est la magie des blogs qui fait qu’on se livre un peu et qu’on n’est pas tout à fait des inconnues!

Encore une fois, si vous avez l’occasion de rencontrer des blogeurs : faites-le, c’est une très bonne expérience 😉

Et voici une photo de nous :

un indice : c’est moi qui prends la photo et Loula est experte en ongles 😉

Autobio : Cyril Pedrosa

Cyril Pedrosa raconte l’histoire d’une famille -la sienne visiblement, père, mère deux enfants- qui cherche à vivre de manière la plus écologique et bio possible.
 
Ce qui aurait pu être uniquement militant et didactique devient vite très amusant car cette famille (enfin…surtout le père) est assez normale et on se rend compte que vivre entièrement en accord avec ses principes n’est pas toujours facile.
 
Amusant, on s’y reconnait tous un peu dès lors que l’on fait attention à l’écologie et que l’on fait des entorses parfois…
 
Au niveau des dessins, on reconnait les traits des personnages de Cyril Pedrosa mais la mise en page est plus traditionnelle et simple que dans ses albums très esthétiques « Trois ombres » et « Portugal« . J’ai passé un bon moment!

Roaarrr Challenge 

                                                                 

« Instruments des ténébres » de Nancy Huston

Autant le dire tout de suite, même si j’ai fini ce roman (un peu en diagonale pour la fin…), je n’ai pas du tout aimé… J’ai vraiment l’impression d’être passée complètement à côté de majeure partie de l’histoire

Du coup j’ai aussi vraiment du mal à en parler

Nadia est une femme de 50 ans, auteur, un peu névrosée, qui rejette son passé, se fait appeler « Nada » pour montrer qu’elle rejette tout. Elle est très distante sur le monde qui l’entoure, sur les autres et même sur elle. Elle écrit un roman avec l’aide de son « Daïmon » espèce de figure mystique qui l’accompagne quand elle parle de sa vie et de l’histoire de sa famille. Je pense que j’aurai vraiment pu m’intéresser à cette histoire du passé avec une mère et un père en crise et une amie de la famille très importante pour elle, son évolution au sein d’une famille compliquée mais le fait que Nad(i)a divague avec cette voix m’a complètement fermée à cette partie du roman.

En alternance à ces parties personnelles, il y a le roman dans le roman que cette femme écrit dans lequel elle raconte l’histoire de Barbe et Barnabé, des jumeaux orphelins au XVIIIème siècle. J’ai bien aimé cette partie mais comme je n’accrochais pas du tout à la partie concernant Nad(i)a, je n’ai pas pu y lire les liens… En tout cas, dans les deux parties, il y est beaucoup questions de relations familiales, de naissances, d’avortements, de fausses couches etc…à ne pas lire si vous êtes enceintes!

Bref, vous l’aurez compris, je ne peux pas vous conseiller ce livre car je crois que je ne l’ai pas compris… Je me sens un peu « bête » mais ce n’était peut-être pas le bon moment pour moi…

Si vous l’avez aimé, n’hésitez pas à le défendre… et peut-être m’éclairer!

Par contre j’avais eu un coup de coeur pour « Lignes de failles« !

 

Ce roman est ma lecture « Objet » de ma catégorie « Petit Bac Goncourt des lycéens » pour le 

  1996

Ce roman entre dans  le Défi Livre d’Argalipuisque le personage principal est une auteur qui écrit le roman dans le roman!

par Vive les bêtises (Merci quand même 🙂                                                                                           -15