« La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillée » de Jean-Jacques Fdida et Delphine Jacquot (illustrations)

Cet album au format inhabituel (petit livre « à l’ancienne » à la couverture rose très épaisse) est très joliment illustré d’un petit tableau par page qui me faisait un peu penser à Chagall.

En préface et en postface, il y a des explications (très « universitaires », uniquement adressées aux adultes à mon avis), sur le propos de cet album : raconter le « vrai » conte qui aurait inspiré Charles Perrault, c’est à dire raconter une « Belle au bois dormant » plus proche des contes oraux et traditionnels qui ont précédés Perrault.

C’est presque la même histoire que celle que nous connaissons tous sauf que le prince « profite » du sommeil de la Belle qui ne se réveille pas au premier baiser et que cette dernière met au monde des jumeaux… (je me vois bien expliquer à des CM2-6ème : « Oui, alors, elle dormait et le prince lui a fait l’amour alors qu’elle était inconsciente… donc il l’a violée… et elle a mis au monde des jumeaux toute seule tout en dormant … ») Cet aspect-là m’a mise très mal à l’aise!

Je comprends bien l’idée de présenter le folklore traditionnel mais je ne vois pas bien l’intérêt pour des plus jeunes, même si le conte est au programme de la 6ème… Mais pour des adultes qui s’intéressent aux contes c’est un livre qui vaut le coup d’oeil.

 

                  Pré-sélection CM2-6ème pour  2013-2014 

 de Liyha :  rose

 

Publicités

« Yeghvala La belle sorcière » de Catherine Gendrin, illustrations de Nathalie Novi

C’est un très bel album jeunesse aux peintures vraiment belles, aux couleurs chaudes, pleines de mouvements. C’est très esthétique.

Ce conte est celui de Yeghvala, née sorcière dans une roulotte Tsigane. De nombreuses sorcières puissantes se sont penchées sur son berceau pour lui attribuer toutes sortes de pouvoirs.

Elle grandit, tombe amoureuse et jette un sort à l’homme qu’elle aime, a de nombreux enfants tout en restant jeune et belle. Son mari découvre un jour que c’est une sorcière et la prophétie du jour de sa naissance qui disait que « l’homme qui l’aimera voudra la tuer » se révèle vraie puisqu’il essaie de la brûler vive.

Ne craignant pas le feu, elle s’échappe et est sauvée par un vieil homme riche qui « lui offre tout ce qu’elle désire ». Mais elle s’ennuie : « Elle aimerait, elle aussi savourer cette vie de luxe où tout est facile et doux. Mais elle s’ennuie. »  Elle finit par retrouver sa famille mais son mari ne la reprend avec lui qu’après lui avoir coupé les cheveux par surprise car il savait que sa chevelure renfermait ses pouvoirs…

J’ai bien aimé la première partie du conte, particulièrement la scène où les sorcières de tous les horizons se réunissent autour de Yeghvala et le fait que le mari, par peur, se laisse influencer et décide de brûler sa femme malgré l’amour qu’il ressent pour elle…

Mais je dois avouer que je n’ai pas aimé la deuxième moitié, après que Yeghvala ait quitté sa famille. Elle vit avec cet homme riche qui semble aimant et mon impression est qu’elle profite de lui sans éprouver le moindre regret de ne plus voir son mari et ses enfants jusqu’à ce qu’elle s’ennuie de cette vie de luxe puis elle le quitte sans un mot… Cet aspect là me semble un peu amoral et égoïste car ce n’était pas un mauvais homme qui lui faisait du mal et Yeghvala ne semble pas très malheureuse sans sans famille…

L’autre aspect qui m’a un peu gênée, c’est que pour avoir le droit de rejoindre sa famille, son mari lui coupe les cheveux et par conséquent lui retire une partie d’elle, sa magie, sans lui demander son avis et cela m’a laissée un petit goût amer… pour être aimée par un homme, elle ne peut pas être elle-même? Il faut qu’elle renonce à sa personnalité, à ce qu’elle est? Ce n’est à mon avis pas une morale très féministe

J’ai lu ici ou là que ce conte était une magnifique histoire d’amour… Mais je ne suis pas tout à fait d’accord car cette histoire d’amour est fausse au départ, puisque Yeghvala obtient l’amour de l’homme par la magie, puis elle semble avoir oublié sa famille, et le mari ne l’accepte pas telle qu’elle est …

Mais je suis peut-être le vilain petit canard et la seule à avoir eu ces impressions là… Je précise que je ne suis pas une féministe militante mais vraiment en tant que femme ce conte ne m’a pas fait rêver et en tant que prof qui essaie d’inculquer un peu de respect entre les garçons et les filles, ça m’a un peu mise mal à l’aise…  Vive les bêtises et de ma collègue de français ont eu un peu le même ressenti et mais il faudrait avoir l’avis de jeunes lecteurs qui auront peut-être une toute autre lecture 😉

                 Pré-sélection CM2-6ème pour  2013-2014

« Les yeux au ciel » de Karine Reysset

Ce roman raconte un week end à Saint Lunaire, près de Saint Malo, dans la maison de famille où tout le monde -parents, enfants adultes avec ou sans conjoints et petits enfants, sont réunis pour l’anniversaire du patriarche.

Chaque chapitre correspond au point de vue d’un protagoniste de l’histoire, celle qui se déroule pendant ces quelques jours ensemble mais aussi l’histoire plus vaste de cette famille. Petit à petit, pièce par pièce, le puzzle de cette famille se met en place. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour ne pas révéler les histoires dans l’histoire (le roman est court, pas la peine de le déflorer) mais je peux juste vous dire que c’est une famille qui a bien des problèmes à régler et qui cumule les situations particulières : familles recomposées, deuil d’un enfant, dépression post natale, homosexualité, immaturité de certains adultes et grande maturité des plus jeunes, désir d’être reconnu par ses parents…

Bref, c’est une famille plutôt ordinaire mais qui concentre des problèmes relationnels et les difficultés de communication.

J’ai bien aimé le style, l’écriture est simple et fluide que j’avais déjà apprécié dans « Comme une mère« . J’ai aussi bien aimé le fait de découvrir l’histoire globale d’une famille au travers des différents points de vue des membres de celle-ci. (J’avais déjà aimé ce procédé dans « Family Affairs » de Penelope Lively)

J’ai juste trouvé que c’était un peu « trop »… Cette famille ferait le bonheur des psychologues et thérapeutes familiaux tant il y a de choses à régler entre eux et d’un point de vue personnel…et chaque point d’achoppement n’est qu’effleuré et du coup, j’ai trouvé que cela manquait un peu de profondeur. Je reste sur une bonne impression du roman et de l’auteur mais j’en aurai voulu plus.

Repéré chez Canel. Merci à  Clara chez qui j’ai gagné ce roman!

   avec Géraldine ,  Aproposdelivres et Sandrine … Allons voir ce qu’elles en ont pensé!

 -27

 Ceci est ma 2ème lecture « partie du corps » pour le  

 

 

Par ici la bonne soupe! Soupe au potiron

Cette recette a été inspirée (et librement adaptée en fonction des ingrédients disponibles!) de la recette donnée par M.Liliba (qui est aussi traiteur dans le Nord!)

Ingrédients pour 6 personnes : 1 potiron moyen / 1 carotte / 1 gros oignon / 3 gousses d’ail / 1 cube de bouillon / 1 C à S de moutarde / 3 C à S de crème fraiche / parmesan râpé

> Couper tous les légumes grossièrement (je vous conseille d’enlever aussi grossièrement la peau du potiron si celle-ci est épaisse. Je ne l’ai pas fait et c’était bon quand même mais je pense que ça aurait été meilleur sans la peau)

> Faire revenir les légumes dans la cocotte avec de l’huile d’olive, saler et poivrer

> Ajouter un litre de bouillon de poule.

> Faire cuire 40 mn à couvert (ou 20 mn à la cocotte minute)

> Après la cuisson, ajouter 1 C à S de moutarde,  3 C à S de crème fraiche et 3 C à S de parmesan râpé et mixer la soupe

> Avant de servir, pour ceux qui aiment (Bastien et moi mais pas L’Homme), saupoudrer l’assiette de parmesan râpé

« L’homme au complet marron » de Agatha Christie

Anne Beddingfeld est une jeune femme qui a toujours rêvé d’aventures et quand son père décède en lui laissant surtout des dettes, elle va à Londres avec des amis de la famille. Un jour, dans le métro, elle assiste à la mort d’un homme sur les voies et elle pense qu’il y a un mystère autour de cette mort et d’un homme au complet marron qui a disparu juste après l’accident et elle est persuadée qu’il y a un lien avec la découverte du corps d’une femme dans une villa.

Elle a trouvé un message crypté près du mort du métro et part sur un coup de tête en Afrique du Sud à la poursuite d’un potentiel criminel. En route, elle rencontre plusieurs personnes avec qui elle se lie et elle vivre de nombreuses aventures.

J’ai bien aimé ce roman que j’ai trouvé très « rafraichissant » : il y a un peu d’espionnage, beaucoup de rebondissements, de l’humour, une jeune femme très aventurière et donc un brin de féminisme. J’ai vraiment apprécié le personnage de Anne Beddingfeld, d’autant plus « moderne » que le roman a été publié dans les années 20!

26 ème livre lu dans le cadre du  de George (cliquez sur le logo pour en savoir plus)

 19 ème lecture de la version 2012 du challenge 

9 ème lecture du challenge 

Cette lecture est mon livre « végétal » pour la catégorie « Agatha Christie joue au Petit Bac »

Les cinq sens du mois de décembre

 

Depuis la première année du blog, je vous donne rendez-vous tous les 8 du mois… D’abord c’était avec les « Curiosités bloguesques », puis « Une année en couleur« ,  « Des titres et des textes » et enfin « Ce mois-ci, j’ai aimé, je n’ai pas aimé »… Voici le rendez-vous de cette 4ème année!

J’évoquerai les 5 sensL’ouïe, avec de la musique ou des voix, la vue avec une image, une photo ou une vidéo, l’odorat avec une odeur ou un parfum, le toucher avec un objet ou un ressenti physique et le goût avec un aliment ou une recette.

En tout cas, si vous aussi vous souhaitez évoquer vos 5 sens, n’hésitez pas à le faire dans les commentaires!

 : L’Homme m’a invitée au concert de Arthur H et c’était une soirée particulièrement importante car c’était aussi la première fois en plus de 3 ans que nous prenions une babysitter (les autres fois où nous sommes sortis sans Bastien, nous comptions sur les grands-parents…)

 

  

Le concert était vraiment bien. Arthur H (que j’allais voir sans vraiment le connaître pour faire plaisir à L’Homme) est plein d’énergie et d’humour. Il y a une vraie cohésion avec son groupe (les musiciens sont excellents). Et puis il est très généreux, car il a fait deux rappels, il parle vraiment au public en adaptant ses interventions au lieu où il est, faisant des plaisanteries adaptées… Sa musique bouge bien, il a une voix vraiment intéressante, très rocailleuse…Bref, on a passé une très bonne soirée!

 

 

 : Une vidéo qui m’a beaucoup plu et qui montre que les caméras de surveillance ne voient pas de des voleurs mais aussi des choses très positives! 

 

 : Nous avons laisser traîner un peu parce qu’on avait un paquet entamé et qu’on voulait vraiment être sûr que ce n’était pas un hasard mais cela faisait plusieurs semaines que Bastien ne faisait plus pipi la nuit (ni dans sa couche, ni au milieu de la nuit en me réveillant) et donc ça y est : on ne devrait plus voir de couches chez nous!

 

: Ma bouteille de parfum est presque vide… Opération Recherche du Prochain Parfum… Le problème c’est que mon nez sature très vite! Et je suis horrifiée par les prix (et je ne regarde que les eaux de toilette…) Je rêve ou ça a augmenté??

 

 

 : Pour se réchauffer : une soupe au potiron (inspirée et librement adaptée d’une recette de M. Liliba!) 

Cliquez sur la photo pour la recette

 

 

Et vous?

Une comète vous a parlé de ses 5 sens au mois d’octobre et au mois de novembre et au mois de décembre

Catherine vous a parlé de ses 5 sens au mois d’octobre et au mois de novembre et au mois de décembre

Evalire vous a parlé de ses 5 sens au mois de novembre et au mois de décembre

 

Des titres et un texte! Rendez-vous du mois de décembre

  

Voici le rendez-vous mensuel : il s’agit écrire un texte en intégrant tous les titres des livres chroniqués sur mon blog le mois précédant (ou le votre si vous souhaitez jouer avec moi). L’idée vient de Gwenaëlle qui a plein de jeux d’écriture à vous proposer!

Voici ma liste de titres :

Mon petit doigt m’a dit

Blast La tête la première

La vie rêvée d’Ernesto G

La mort du roi Tsongor

Home

Les compagnons de la lune rouge

La liste de mes envies

Whitethorn woods

Les chimères de la mort

State of wonder

Saba Ange de la mort

 

 

 

Et voici mon texte  :

« Mon équipe était prête. Nous avions décidé que nous ferions tout ce qui était en notre pouvoir pour vaincre… Nous quitterions « Home« , notre repaire, à la nuit tombée pour rejoindre l’état voisin, « State of Wonder« , où nos ennemis nous attendaient.

Nous nous étions baptisés « Les compagnons de la lune rouge » et nous allions à la rencontre de ceux qui se faisaient appeler « Les chimères de la mort« . Depuis la mort du roi Tsongor, les combats faisaient rage dans le bois de Whitethorn Woods pour essayer de prendre le pouvoir sur Saba, ange de la mort, qui régnait maintenant sans pitié.

J’avançais avec mes hommes, avec au poing mon arme puissante et destructrice, le Blast. La tête la première, déterminés, nous allions gagner cette fois! Nous serions …

« Ernesto!

-…

-Ernesto! Réponds moi!

(Merde… Ma reum…Il est déjà 20h…)

-Ernesto! Viens manger TOUT DE SUITE! J’en ai assez de t’appeler! Ça suffit de passer des heures devant tes jeux vidéos débiles! Tu as fait tes devoirs au moins?? »

Mon petit doigt m’a dit que la liste de mes envies établie pour Noël allait me passer sous le nez…  Je m’en fous de toute façon! Tout ce qui m’interesse, moi, c’est la vie rêvée d’Eresto G, celle que je vis quand je deviens un chef guerrier qui dirige son équipe de tueurs dans la Royaume de Klaast… Le reste…pff…quel intérêt? »

Vous trouverez tous mes textes dans la rubrique « des titres et des textes »

Vive les bêtises a joué en novembre , en décembre, en février , en mars, en avril, en mai , en juillet, en août, en  septembre, en octobre,  en novembre, en décembre

Véronique a joué dans les commentaires du mois de janvier, dans les commentaires du mois de février, dans les commentaires du mois de mars, dans les commentaires du mois d’avril, dans les commentaires du mois de mai, dans les commentaires du mois de juin,dans les commentaires du mois de juillet, dans les commentaires du mois d’août, dans les commentaires du mois de septembre, dans les commentaires du mois d’octobre, dans les commentaires du mois de novembre, dans les commentaires de décembre

Home : Toni Morrison

Avant de dire quoi que ce soit sur le contenu, je dois dire que le style de ce roman est merveilleux. Ce roman court, à plusieurs voix, plusieurs points de vue, va droit au but, fait parfaitement vivre ses personnages les uns par rapport aux autres. Il y a une vraie concision dans le choix des mots, ils sont tous justes, pas une phrase en trop, on sent que ce qui est écrit devait être écrit comme cela et pas autrement… Il y a une vraie musicalité du texte, un caractère très « oral » : je l’imaginais d’ailleurs très bien lu à voix haute (pourquoi pas par Pierre-François Garel 😉 Je félicite au passage Christine Laferrière qui a traduit ce texte.
 
L’histoire est celle de la vie de Frank Money et de sa famille, de son enfance et de sa sœur, Cee,  dans un trou paumé des États Unis. Ce n’est jamais clairement dit mais on comprend que Frank est noir, on le ressent dans les rapports qui existent entre certaines personnes. L’histoire est celle de sa fuite en avant quand il a tout quitté pour échapper à une vie dans avenir et est parti à la guerre en Corée pour en revenir détruit. Au fil du récit, on va le voir se reconstruire petit à petit. Il s’agit d’un homme qui touche le fond et qui remonte à la surface, et les personnages qui gravitent autour de lui passent tous plus ou moins par le même processus, notamment Cee, qui elle-aussi évolue tout au long du roman. 
 
Ce sont des histoires subtiles de relations humaines, de rencontres et d’espoirs- d’abord écrasés puis qui renaissent. Ce n’est pas uniquement l’histoire des Noirs aux États Unis dans les années 50 mais la vie de ces personnages en particulier permet d’évoquer toute une population au sens large… C’est l’histoire de la famille que soit dans les belles relations ou dans les mauvaises. C’est aussi l’histoire de femmes, fortes malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées, solidaires aussi… 
 
p 53 : « Telle était, selon Cee, la raison pour laquelle elle s’étaie enfuie avec un salaud. Si elle n’avait pas été à ce point ignorante, à vivre dans un trou perdu qui n’était même pas une ville, avec seulement des corvées ménagères, une église pour école et rien, d’autre à faire, elle ne se serait pas laissée avoir. »
 
p 130 : « Il n’y avait rien de superflu dans leur jardin car elles partageaient tout. Il n’y avait pas d’ordures ni de déchets dans leur maison car elles savaient faire usage de tout. Elles assumaient la responsabilité de leur vie et de toute autre chose ou toute autre personne ayant besoin d’elles. Le manque de bon sens les irritait mais ne les surprenait pas. La paresse était plus qu’intolérable à leurs yeux : elle était inhumaine. Que l’ont fut au champ, à la maison ou dans son propre jardin, il fallait s’occuper. Le sommeil n’était pas fait pour rêver : il servait à rassembler des forces pour le jour à venir. La conversation s’accompagnait de tâches : repasser, éplucher, écosser, trier, coudre, réparer, laver ou soigner. »
 
p 133 : « Tu vois ce que je veux dire? Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n’est obligé de te secourir à par toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuse restriction dans les deux cas, ais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et surement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C’est ça l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde. »
 
Pour mon avis sur la version audio, cliquez sur la couverture 

avec SaxaoulMidolaMrs B , Valérie et Tiphanie… Allons voir leurs avis!

« State of wonder » (non traduit) de Ann Pachett

   

Quand Mrs B, ma copine m’a parlé de ce livre qu’elle avait tant aimé, elle disait qu’elle avait du mal à le raconter… et me voilà, au moment d’écrire mon billet, coincée de la même manière car j’ai peur de trop réduire ce livre très riche

Marina Singh, qui travaille dans une grosse entreprise pharmaceutique, doit aller au Brésil sur les traces de son collègue et ami Anders Eckman qui a été déclaré mort et enterré dans la forêt Amazonienne. Il était allé là-bas pour voir comment avançaient les recherches du Docteur Annick Swensons auprès d’une tribu amazonienne, car elle ne donnait aucne nouvelle depuis des mois et n’était pas joignable.

Cette femme est une chercheuse qui a découvert que dans la tribu des Lakashi, les femmes peuvent avoir des bébés jusqu’à la vieillesse et ses recherches au nom de la compagnie pharmaceutique ont pour but de découvrir comment créer un médicament pour recréer cette fertilité tardive. Il se trouve qu’avant de devenir pharmacienne, Marina était étudiante en obstétrique et avait eu comme professeur, comme mentor même, le Docteur Swenson, une femme impressionnante et dure. Elle appréhende de la retrouver mais elle veut aller en Amazonie pour aider Karen la femme de Anders à faire son deuil.

Une fois en Amazonie, il y a une longue attente à Manaus auprès d’un jeune couple qui essaie de décourager Marina de retrouver le Dr Swenson, car cette dernière fait tout pour éviter d’être dérangée dans son travail qui semble entouré de mystères. Cette période commence à changer l’état d’esprit de la femme qui est coupée du reste du monde.

Elle finit par arriver dans la jungle et travaille avec l’équipe de chercheurs, découvre un monde à la fois hostile mais qui curieusement lui apporte aussi beaucoup. Coupée du monde, ayant perdu ses bagages, vivant plus comme une indigène qu’une américaine, sa vision de son monde change beaucoup

Ce roman est un roman à la fois axé sur des considérations scientifiques et humanistes vraiment intéressantes. Il y a aussi une réflexion sur l’intervention de la société « occidentale », moderne, sur des sociétés primitives. Il y a aussi toute une partie sur la maternité, et aussi sur l’influence que certaines personnes peuvent avoir sur d’autres, consciemment ou pas. Il y a aussi un aspect « aventure » car on vit vraiment dans la jungle avec l’équipe de chercheurs tout en ayant une grande partie d’introspection de la part de Marina.

J’ai beaucoup aimé ce roman aux multiples facettes que je ne veux pas trop dévoiler mais j’ai apprécié le mélange des genres…C’est plein de rebondissements, les personnages sont vraiment intéressants. Comme vous pouvez le constater j’ai aussi du mal à être claire dans mon appréciation… mais je vous le conseille si vous lisez en anglais… J’espère qu’il sera traduit un jour.

 

Ce roman est ma 2ème lecture « Lieu »  pour le   

 par Mrs B… Merci! (C’est d’ailleurs son billet  m’a donné envie)                                                                          

              -26                                         

 

Pour prolonger cette lecture, voici quelques images de Zazie qui rencontre une tribu d’Amazonie lors de l’emission « Rendez-vous en terre inconnue » à laquelle j’ai souvent pensé lorsque Marina découvre la jungle et ses habitants.

« Harcèlement » de Guy Jimenes

Cette histoire raconte des évènements qui se sont produits 2 ans auparavant dans un collège tout à fait ordinaire. Valentin est nouveau, il essaie de se faire des copains mais Bastien et Karim qui lui paraissent sympa au début se retournent très vite contre lui car il est un peu énervant. Ce dernier devient alors leur bouc émissaire. Il subit des brimades qui escaladent en violence et il se met de plus en plus en retrait, s’éteint…

Personne ne s’en rend compte, ou plutôt, personne ne devine ce qui ne va pas, ni ses parents, ni ses professeurs, ni le principal… mais les autres élèves, eux, savent très bien ce qui se passe. Il y a un clivage entre ceux qui participent activement à ce harcèlement et ceux qui le tolèrent.

L’originalité de ce roman c’est que le récit est fait des témoignages des différents protagonistes de l’affaire qui, quelques temps après se confient ou donnent leur point de vue à une psychologue qui fait un mémoire sur le harcèlement scolaire. Elle ne parle jamais, on entend juste les voix des élèves, enseignants et parents qui déroulent petit à petit l’année scolaire durant laquelle Valentin a souffert en silence.

C’est très réussi, vraiment poignant, tout en étant réaliste et comme c’est écrit sur le mode d’une enquête cela rend l’ensemble très accrocheur. J’ajouterai que même si les protagonistes sont presque tous des collégiens, ce roman est très bien écrit, l’auteur ne cherchant pas à créer un langage faussement « jeune ».

« Ce qui s’est passé cette année-là, ce que notre classe a fait subir collectivement à Valentin est dégueulasse. Parce qu’on peut toujours accabler Bastien, et je suis la première à le faire, et affirmer que, sans lui, ce ne serait pas arrivé… Il n’empêche que […] TOUTE LA CLASSE SAVAIT ET PERSONNE N’A RIEN DIT.«  (p 133)

(La mère) « Notre premier réflexe a été d’en vouloir aux enseignants et à leur principal. Vous savez, c’est vieux comme le monde : quand le message est trop dur à avaler, on s’en prend au messager. Cela dit le collège a une lourde responsabilité dans cette histoire. Eux non plus n’ont pas su déceler ce que dissimulait le changement de comportement de Valentin, son repli. Mais comment pourrait-on leur jeter la pierre, alors que nous avons, nous les parents, fait preuve du même aveuglement. » (p 155-156)

            

Lu dans le cadre du prix des  2012-2013, sélection 5ème – 4ème.

Les élèves de 4ème qui l’ont lu au Club Lecture l’ont beaucoup aimé et l’ont trouvé fort et dur.

Personnellement, en tant que professeur principale d’une classe de 4ème d’un petit collège, cette année, j’ai déjà eu à régler par 2 fois des problèmes de harcèlement (dont un cas assez lourd où la gendarmerie a été impliquée). Et ce n’est pas la première année que je traite ce genre de problèmes entre des élèves. C’est un sujet qui me tient depuis toujours très à coeur car je considère qu’aller au collège en souffrant est inadmissible. Le message que j’essaie de faire passer à mes élèves c’est qu’il faut se respecter et ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse mais aussi que ceux qui « laissent faire » sans rien dire sont presque aussi coupables que ceux qui agissent… J’essaie de leur faire comprendre qu’il faut briser cette loi du silence.

Après les problèmes très sérieux que nous avons eu dans ma classe, j’ai montré ces vidéos aux élèves et le site net écoute et je crois qu’ils ont été très touchés. Si vous avez des adolescents chez vous, ou si vous travaillez avec des ados, parlez en avec eux, ne croyez surtout pas que ça n’arrive qu’aux autres (que ce soit en tant que harceleur ou harcelé…) Ne croyez pas que votre enfant n’est pas capable de faire du mal… : on aurait donné « le Bon Dieu sans confession » aux « méchants » à qui j’ai eu affaire ces dernières années…

Les injures

 

Les claques