« Le canapé rouge » de Michèle Lesbre

Anne, la narratrice, va en Russie à la recherche de Gyl -un ami, ancien amant- qui ne donne plus de nouvelles. mais plus que la destination, ce qui compte dans ce roman, c’est le voyage. Un voyage durant lequel le temps, passé et présent et le temps qui passe, compte plus que le reste.

Dans le train, l’esprit vagabonde, passe sur les gens croisés, les inconnus à qui la narratrice imagine des vies, des quasi-rencontres comme celle d’Igor à côté de qui elle passe du temps et celle de Boris, le musicien, rencontré sur place…

Ce voyage permet à Anne d’évoquer d’autres villes visitées, son passé avec Gyl, ses idéaux d’antan. C’est un voyage intérieur pendant lequel elle laisse d’autres vies l’effleurer, que ce soit dans les livres, par les personnes croisées ou par le souvenir de sa voisine d’immeuble, Clémence Barrot.

Clémence est une vieille femme qui reçoit Anne sur son canapé rouge. Anne vient lui faire la lecture et en particulier lui lire des histoires de femmes fortes et libres. En échange, Clémence entre deux pertes de mémoire, raconte sa vie de modiste, Paul, l’amour de sa vie, « son » Paris...

Dans un beau style, Michèle Lesbre ne raconte pas vraiment « une histoire », il ne se passe pas grand chose et pourtant c’est un récit très riche, intime et fluide.

On peut le déguster par petites gorgées, il y a beaucoup de douceur, comme des confidences partagées, en se sentant à la fois proche et à distance…

 avec Marilyne… Allons voir son avis…                           Repéré chez George

 Roman de la catégorie « couleur »  pour le 

L’évocation de nombreux livres, un personnage qui fait la lecture à un autre… alors je l’inscris dans  le Défi Livre d’Argali 

 

 

 

« Tapage nocturne » de Nicole Amram

Antoine est en CM2, il vient d’arriver dans cette école après avoir déménagé avec sa mère. Il a très vite des ennuis car dès qu’il est contrarié, il se bat.

Pour l’aider à dépasser ses problèmes, il est pris en charge par Sylvie, une ré-éducatrice au RASED (Réseau d’Aides Spécialisées aux Enfants en Difficulté). Là, auprès de Sylvie, seul d’abord, puis avec Abdou, un jeune africain et Noélie qui ne parle pas, il apprend à mieux se connaître et à éviter de rentrer dans le cercle de la violence.

C’est un roman court mais fort et touchant. J’ai apprécié que l’intrigue se déroule sur toute une année scolaire et cela permet, même si le roman est court, de laisser le temps aux personnages d’évoluer progressivement.

« Le tapage nocturne, c’est quand quelqu’un tape en pleine nuit. Par exemple quand un mari bat sa femme pendant la nuit. » P 14

                 Pré-sélection CM2-6ème pour  2013-2014

« Impardonnables » de Philippe Djian (lu par Jean-François Stévenin)

Dans ce roman, Francis, le narrateur est un écrivain d’une soixantaine d’années qui vit avec sa femme au Pays Basque. Il a aussi une fille, mariée et mère de jumelle qui a disparu un jour sans donner de nouvelles. Il est extrêmement attaché à sa fille. Ils ont partagé beaucoup depuis que sa première femme et son autre fille sont mortes sous leurs yeux dans un accident. Ils ont traversé des moments très durs car Alice est passée par une période très destructrice avant de devenir mère.

Au moment de sa disparition, il renoue avec Anne Marguerite (qu’il appelle A.M), une ancienne amie du lycée devenue détective privée, qui va mener l’enquête pour retrouver Alice. Le fils de A.M qui vient de sortir de prison, est un jeune homme de 25 ans rempli de colère et assez déprimé. Francis se sent pourtant proche de lui au point d’être presque une figure paternelle pour lui.

Francis est un homme bourru et détaché qui est pourtant aussi obsédé par l’idée que sa femme le trompe. Il est partagé entre l’envie d’aider certaines personnes autour de lui et l’envie d’être laissé en paix. Il souffre du manque de sa fille mais aussi de l’impossibilité de lui pardonner. Il vit aussi dans la culpabilité d’avoir fait souffrir sa première femme juste avant sa mort…

Il est à la fois exaspérant et touchant car il traverse la vie sans vraiment sortir d’une sorte de passivité et il subit de nombreux revers de la part des gens qu’il aime ou auxquels il s’attache. Il y a un côté désenchanté chez lui.

C’est le premier roman de Philippe Djian que je découvre et j’ai trouvé que la lecture par Jean-François Stévenin, avec sa voix profonde et rauque, était excellente. Il avait exactement la voix que Francis devrait avoir!

Le style de Philippe Djian est très direct, très parlé et je pense que la lecture à voix haute a vraiment mis en avant un style qui ne m’aurait peut-être pas plu « sur papier ».

           (cliquez sur le logo pour écouter un extrait)                

      

 Challenge sur les livres audio de Valérie Le thème ce mois-ci était « les livres ayant reçu un prix (n’importe lequel) et Impardonnables a obtenu le Prix Jean Freustié 2009

Le personnage principal est un écrivain, ce titre est entre donc dans le Défi Livre d’Argali 

 VERT

J’ai découvert par hasard qu’un film en avait été tiré et la bande annonce me semble pas mal en accord avec le roman :

 

Rue des voleurs : Mathias Enard (lu par Othmane Moumen)

Lakhdar est un jeune marocain de Tanger qui raconte sa vie depuis qu’il a été chassé par sa famille après avoir été retrouvé nu avec sa cousine Meriem. Après avoir vécu quelques mois d’errance de SDF à Casablanca, il revient à Tanger et avec l’aide de son ami Bassam, qui ne pense alors qu’aux filles et à l’Europe, il est pris en charge par le Cheick Nordine qui dirige le groupe pour la « diffusion de la pensée coranique » qui semble bien innocent avec sa librairie d’ouvrages religieux dont se charge Lakhdar avec plaisir car il adore les livres (même si sa préférence va aux polars!) C’est à cette époque qu’il rencontre Judith, une étudiante espagnole dont il tombe amoureux.
 
Et puis sa vie bascule : un attentat meurtrier à Marrakech, la librairie du groupe qui part en flamme et Lakhar se retrouve complètement seul. Il rencontre par hasard un français qui l’embauche pour retranscrire des livres, puis il travaillera sur un ferry qui fait les allers-retours entre le Maroc et l’Espagne mais qui se retrouvera bloqué à quai pour des raisons économiques. Il passera alors sous la coupe d’un espagnol, qui tient une espèce d’entreprise de pompes funèbres et qui le traite comme un esclave.
 
Plus tard, il se retrouve à Barcelone, clandestin sans papier et recherché. Il vit dans la Rue des Voleurs au milieu d’une faune colorée et hétéroclite. Il fréquente à nouveau Judith et découvre la facette de l’Europe qui n’est pas celle de ses livres : la crise et la révolte.
 
J’ai vraiment adoré ce roman qui est vraiment très riche et très difficile à raconter. Je fais exprès de ne pas rentrer dans les détails car il y a tant à dire… C’est un roman d’apprentissage dans lequel ce jeune homme grandit en traversant de nombreux malheurs, en étant à la fois aidé et accablé par la religion, qui s’en sort toujours grâce à des rencontres fortes (ou malgré certaines). Il est lucide et droit, il ne se fait pas d’illusions mais cherche à avancer dans sa vie, suivre son chemin, saisissant des opportunités, grandissant au contact de ce qu’il voit.
 
C’est aussi le roman de notre époque, ancré dans une actualité récente : attentats, printemps arabes, islamisme, crise en Europe, mouvements des indignés en Espagne, vie des immigrés…
 
C’est aussi le roman d’un amoureux des livres et des mots, depuis les polars jusqu’à la littérature et la poésie orientales en passant par Casanova, qui même quand il vit dans la précarité rêve d’ouvrir une librairie.
 
J’ai beaucoup aimé le style, qui est à la fois assez parlé et rythmé et parfois très poétique et très « écrit », un savant mélange qui m’a vraiment fait voyager!
 
L’acteur, Othmane Moumen, est vraiment parfait : j’avais vraiment l’impression qu’il ETAIT Lakhdar. Il y a beaucoup de naturel dans sa façon de lire le texte. J’ai particulièrement apprécié que ce soit un lecteur qui parle arabe car cela donnait une vraie musique et une authenticité aux passages souvent poétiques écrits en arabe. (D’ailleurs pour moi le personnage s’appelle « Lardar », il fallut que j’aille voir comment ça s’écrivait 😉
 
Je vous recommande vraiment ce roman qui est vraiment beau et actuel et ce format de lecture apporte un vrai plus!
Prix Audiolib 2013

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  


Commentaires laissés à l’époque sur canalblog :
J’aime beaucoup les romans d’apprentissage !
Posté par MrsB-loves-books, samedi 16 mars 2013
Tu sais où il est, je peux te l’apporter lundi!
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013 
Chouette cela me donne des idées pour de futures écoutes
Posté par SD49, samedi 16 mars 2013
Il peut voyager jusqu’à toi par livreuses le 6 avril
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013 
Super ! merci
Posté par SD49, samedi 16 mars 2013 
de rien! (bon maintenant il ne faut pas que j’oublie Je vais le passer à Mrs B lundi et comme ça, ça sera de sa faute si on oublie
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013
Reçu dans le même cadre que toi, je l’écouterai quand je reprendrai le travail.
Posté par leiloona, samedi 16 mars 2013 
Je ne pensais pas réussir à l’écouter en vacances mais finalement, en courant et en le mettant dans le casque dès que j’avais 5 mn (et un trajet aller-retour assez long en voiture) et j’ai réussi. J’ai eu un coup de coeur et le lecteur colle parfaitement au narrateur!
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013 
Il semble vraiment très bien, ce roman ! Je crois n’avoir lu que des avis (très) positifs
Posté par kathel, samedi 16 mars 2013
J’avais eu une lecture un peu mitigée de « Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants », mais j’avais déjà aimé le style. Mais celui-ci a été un coup de coeur! C’est un roman vraiment riche!
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013
Je préfère celui-ci au roman précédent de l’auteur mais c’est peut-être aussi dû à la version audio car en effet, je trouve que ce roman est fait pour être lu et là, il l’est très bien (et en effet, il ne pouvait être lu que par un lecteur d’origine arabe, vive la diversité des lecteurs!). Je serai un peu moins enthousiaste dans mon billet qui paraîtra aujourd’hui mais ce fut un beau moment d’écoute.
Posté par val-m-les-livres, samedi 16 mars 2013
Moi aussi je l’ai préféré à son précédant. Là j’ai été emportée dans un univers à la fois contemporain « géopolitique » et humain et Othmane Moumen est parfait!
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013
Je suis assez tentée par l’histoire mais pas attirée par les livres audio (j’ai sûrement tort!), je le lirai en format classique
Posté par cartonsdemma, samedi 16 mars 2013 
je pense sincèrement que j’aurai aussi aimé le roman en version « papier » mais le lecteur apporte un vrai plus à ce texte, il lui donne vraiment vie!
Posté par ennapapillon, samedi 16 mars 2013
Tu donnes vachement envie de le lire!
Posté par Eve, dimanche 17 mars 2013
J’espère que si tu le lis il te plaira autant qu’à moi
Posté par ennapapillon, dimanche 17 mars 2013 
Il me tente beaucoup aussi, d’autant qu’il semble faire l’unanimité !
Posté par sylire, dimanche 17 mars 2013
Puisque je vois que tu es aussi une adepte des livres audio, je peux te l’envoyer dès qu’il est libre? Fais moi signe si ça te tente!
Posté par ennapapillon, dimanche 17 mars 2013
Je veux bien, super, merci !
Posté par sylire, lundi 18 mars 2013 
Je te note
Posté par ennapapillon, lundi 18 mars 2013
Au fait, je suis plongée dans « la conversation amoureuse ». Après un démarrage un peu lent, je suis bien dedans et j’aime bien !
Posté par sylire, lundi 18 mars 2013 
Je n’ai lu que quelques pages, je ne peux pas dire que je suis rentrée dedans mais j’aime bien le style en tout cas : à suivre
Posté par ennapapillon, lundi 18 mars 201