L’écume des jours : Boris Vian (lu par Arthur H)

J’avais lu « L’écume des jours » quand j’étais au lycée (j’ai même retrouvé mon exemplaire papier avec la date : juillet 1990 et si je ne me souvenais pas de grand chose, je me rappelais avoir beaucoup aimé à l’époque. J’ai beaucoup aimé découvrir Arthur H en concert alors vous vous doutez bien que j’ai tout de suite été attirée par ce livre audio!
 
Quel bonheur littéraire! Dans cette version audio, la voix grave et rauque, très dandy nonchalant d’Arthur H donne parfaitement vie à un univers complètement délirant, plein d’humour décalé, souvent surréaliste et une poésie subtile.
 
C’est une belle histoire d’amour, mais il y est aussi question de considérations sociales sur le monde du travail et de personnages qui mènent une vie de nantis déconnectés de la réalité qui doivent s’adapter quand les malheurs les accablent. C’est un roman extrêmement riche, drôle et émouvant et beau!
 
Les souris vivent en harmonie avec les habitants des appartement, il y a des inventions techniques extraordinaires, comme le « pianocktail » qui permet de créer des cocktails en jouant des airs de jazz au piano, le logement se réduit au fur et à mesure que la santé de l’héroïne diminue… Au travers d’un des personnages secondaires, on croise aussi un fan (dans le sens « fanatique ») de l’écrivain « Jean Sol Parte » (Ces passages évoquant l’alter ego imaginaire de Jean-Paul Sartre sont vraiment excellents!). 
 
Il faut vraiment lire ce roman l’esprit ouvert, prêt à se laisser emporter dans un univers décalé et loufoque. Boris Vian invente ici un univers, il joue avec les mots, avec les concepts, crée des descriptions de personnages ou de lieux. Personnellement, je l’ai écouté le sourire aux lèvres en allant au travail…  Il y a tant de trouvailles extraordinaires que je ne saurais les citer! C’est d’ailleurs mon seul regret : ne pas avoir pu noter tous les passages qui me marquaient à l’écoute (ce n’est pas recommandé en conduisant!)
 
Dans mon exemplaire papier, j’avais juste souligné ces deux phrases (que j’ai tout de suite reconnue à l’écoute…comme quoi la poésie et l’humour traversent les années!) : 
 
« Il était presque toujours de bonne humeur, le reste du temps, il dormait. »
 
« Le couloir de la cuisine était clair, vitré des deux côté, et un soleil brillait de chaque côté, car Colin aimait la lumière. Il y avait des robinets de laiton soigneusement astiqués, un peu partout. Les jeux des soleils sur les robinets produisaient des effets féériques. Les souris de la cuisine aimaient danser au son des chocs des rayons de soleil sur les robinets, et courraient après les petites boules que formaient les rayons en achevant de de se pulvériser sur le sol, comme des jets de mercure jaune. »
 
Pour la petite histoire, lorsque j’ai commencé à écouté « L’écume des jours », je me suis dit : « Ça me fait vraiment penser à l’univers des chansons de Vian… » Pour me dire presque immédiatement : « Ah mais oui, bien sûr!!! C’est de lui!!! » 😉 Alors si vous ne connaissez pas les chansons de Boris Vian chantées par Boris Vian, vous manquez vraiment quelque chose!! (Il est excellent!) Allez, je vais réparer ça :  

Merci aux éditons

Merci à 

Roman de la catégorie « Aliment »  pour ma ligne « livres audio » du  Petit Bac 2013  (en cuisine moléculaire, l’écume c’est la mousse qui s’est déposée après avoir battu un liquide)

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Et enfin, je n’attends qu’une chose maintenant : aller voir la version de Michel Gondry au cinéma… qui à mon avis, est capable d’assez de poésie et de délire pour mettre en images cette histoire! Le hasard veut que je mette cet article en ligne le jour de la sortie du film 😉