A moi seul bien des personnages : John Irving (lu par Bertrand Suarez-Pazos)

C’est toujours plus difficile pour moi d’écrire un billet sur un livre audio mais ça l’est encore plus quand il s’agit d’un roman de John Irving -ce conteur foisonnant qui sait, par des tours et détours, raconter des vies entières! J’ai vraiment peur de ne pas rendre justice à ce roman que j’ai vraiment adoré!

Bill est un homme âgé qui revient sur toute son existence en commençant par sa jeunesse auprès de sa mère et son beau-père dans un collège de garçons d’une petite ville américaine. C’est là qu’il réalise qu’il désire autant les femmes que les hommes. Et toute sa vie est dirigée par ses amours bisexuelles.

Sa famille le façonne -un père mystérieusement absent, une mère remariée qui devient hystérique à l’idée que son fils soit homosexuel, un grand père qui adore profiter de ses rôles au théâtre pour se travestir en femme… et il devient  un bisexuel qui s’assume pleinement (même si ce n’est pas une situation simple que ce soit vis à vis des hétérosexuels ou des homosexuels qu’il fréquente.)

C’est donc une vie d’histoires d’amour, d’amitiés, de recherche d’identité, de tolérance et d’ouverture d’esprit. Des amitiés sincères et fortes comme celle avec Miss Frost, la bibliothécaire fascinante et forte, personnage très touchant du roman.

C’est aussi un portrait des États-Unis. Toutes les facettes de la société sont représentées au travers de ces personnages et des époques traversées par Billy au cours du récit de sa vie. La partie sur les « années sida » est particulièrement poignante.

Comme souvent avec John Irving, l’écrit a une grande place dans ses romans. Ici, il y a un personnage d’auteur mais surtout des romans qui ont formé le personnages principal et les livres, les bibliothèques et le personnage de la bibliothécaire comme personnage qui transmet (plus que les livres) sont très importants. Le théâtre et les pièces de Shakespeare ont également une place très importante dans le récit.

Dans ce roman, on parle beaucoup de sexualité -avec des mots crus, sans faux-semblants. Le désir est vraiment au cœur de l’histoire mais c’est tellement bien écrit et cela sert tellement le propos que ce n’est pas gênant ni choquant (même, si, soyons honnête, je n’écoutais jamais ce livre audio dans la voiture quand j’étais avec mon petit garçon de 3 ans et demi qui est une vraie éponge car j’avais un peu peur qu’il commence à parler de « pénis », « bite », « vagin » et autres à sa maîtresse et aux copains en disant que c’était maman qui écoutait ça dans la voiture 😉

Je dois aussi dire que Bertrand Suarez-Pazos a merveilleusement bien lu ce texte. Il devient le personnage, lisant avec beaucoup de justesse et de sensibilité. J’ai vraiment aimé sa voix et sa façon de lire!

Un coup de coeur!

Merci aux 

Un personnage principal auteur de romans, et est passionné de livre et les bibliothèque et une bibliothécaire est au centre du roman… alors J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali