Au bonheur des dames : Emile Zola (lu par Evelyne Lecucq)

J’ai lu « Au bonheur des dames » quand j’étais en 3ème (hum…hum…il y a environ 25 ans…) et j’en gardais un très bon souvenir même s’il était imprécis -j’ai d’ailleurs encore mon exemplaire de l’époque dans ma bibliothèque car je savais que j’aurai envie un jour de le relire un jour. alors quand j’ai découvert ce livre audio à la médiathèque, je me suis dit que moi qui ne relis presque jamais, ça serait l’occasion!
Et j’ai vraiment eu raison cette écoute fut un vrai régal!
Ce roman raconte l’histoire d’un magasin « Le bonheur des dames », à Paris au 19ème. C’est un magasin de tissus et de confection et grâce à la vision de son patron Octave Mouret, il prend de plus en plus d’ampleur : physiquement en s’étendant dans le quartier et psychologiquement en devenant un lieu incontournable pour les femmes de tous horizons. Il écrase les autres petites boutiques du quartier.
Denise est une jeune normande qui débarque à Paris avec ses deux frères et qui va travailler dans ce grand magasin. Son destin est lié à la fois au lieu et à M. Mouret.
Le roman est passionnant à tous les niveaux. Le Paris de cette époque est un personnage à part entière -les transformations architecturales de la ville, les modifications physiques, sociologiques et économiques sont des points essentiels du roman.
Mais il y a également l’aspect humain. Tout le monde essaie de dépasser l’autre, que ce soit parmi les vendeurs ou dans la haute société. Ce sont des petits jeux de pouvoirs, des manœuvres pour garder sa place, progresser ou prospérer. Malgré les différences sociales, la nature humaine est montrée comme universelle dans ce sens.
J’ai trouvé ce roman très moderne dans son aspect économique par la présentation de la destruction des petits commerces d’un quartier parisien au bénéfice des « grosses machines » à vendre que sont les grands magasins. Les techniques de vente montrées comme précurseurs au « Bonheur des dames » résonnent particulièrement vivement de nos jours…avec le commerce par internet par rapport aux boutiques, comme dans les années 70 avec l’arrivée des supermarchés… Ce qui fait réfléchir à l’aspect cyclique et inéluctable de la chose 😦
Les femmes sont à la fois dépeintes comme faibles et faciles à manipuler face aux tentations d’acheter dans ces magasins mais également fortes au travers du personnage de Denise, qui ne se laisse pas faire durant tout le roman et qui a une vision très à la pointe dans le domaine économique et social.
J’ai vraiment aimé cette lecture, cet univers, l’aspect humain et historique. La lectrice Evelyne Lecucq l’a lu avec beaucoup de justesse et de talent avec une voix très agréable.
Un détail, mais la couverture est très bien choisie : en la regardant, je suis replongée dans l’histoire!

 

                           

                    2ème Roman de la catégorie « sentiment »  pour ma ligne roman du  Petit Bac 2013