« Ailleurs » de Richard Russo

 

Richard Russo écrit une autobiographie mais c’est aussi une biographie de sa mère  car c’est très centré sur sa relation avec elle. Cette mère pleine de contradictions est à la fois une femme forte qui se veut indépendante et une femme très fragile et pleine de névroses. Richard Russo doit assumer les difficultés, les incapacités de sa mère à vivre normalement et surtout à vivre sans lui sans pour autant réellement admettre que la situation n’est pas tout à fait normale avant que Jean, sa mère, ne soit décédée. De déménagements en déménagements, il doit assumer pour elle une sorte de confort dans sa vie car ne semble pas capable de s’installer réellement quelque part. Si ce portrait montre Jean Russo sous un jour assez tyrannique -elle l’a sans doute été au cours de sa vie auprès de son fils (et toute mon admiration va à la femme de Richard Russo qui a accepté que la relation entre son mari et sa mère régente leur vie de famille)- c’est surtout une déclaration d’amour d’un fils qui a toujours été là et qui s’est toujours remis en question même après la mort de celle-ci.

J’ai aimé ce documentaire aussi parce qu’il est bien écrit, comme un roman, avec des personnages réels mais aussi parce qu’il apporte une réflexion sur l’héritage, qu’il soit génétique ou géographique.

Richard Russo ne parle pas que de sa mère, il parle aussi de Gloversville, sa ville d’enfance, la ville de sa famille mais aussi sa source d’inspiration de ses villes fictives.

Il y a d’ailleurs aussi une évocation de l’écriture qui m’a beaucoup plu et sur la place des livres dans la  vie du lecteur qu’il est et que sa mère était.

Ce documentaire a été un beau moment de lecture pour moi, un texte qui pose des questions sur la dépendance et sur la maladie mentale aussi. Je suis ressortie de cette lecture avec l’envie de lire d’autre roman de Richard Russo car la vie qu’il évoque dans ce documentaire semble avoir beaucoup nourri ses textes de fiction.

Sur sa mère : 

 

Sur sa bibliothèque et celle de sa mère : 

 

Sur la lecture : 

 D’ailleurs j’inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

Pour l’anécdote, c’est le 3ème livre de Richard Russo que je lis : j’ai lu « la chute de l’empire Whiting » à Istanbul en 2007, « Le pont des soupires » en 2009 à Marrakech (pour le prix de ELLE déjà) et celui-ci, je l’ai lu entre Imlil et Lalla-Takerkoust au Maroc … Je crois que c’est auteur associé aux voyages pour moi!

Lu dans le cadre du  2014

D’ailleurs vous pouvez aller fouiner sur les blogs des copines jurées de ELLE : 

Ankya,  AwaBiancaBlandineCécile

Eva, FleurGaléa, Kirili

MarjorieMarieMeelly, Micmélo

MiorMusmePascale,

TynnValérieVirginie

Pour lire les avis d’Eva, Valérie , Galéa, cliquez sur leurs noms.

Les impliqués : Zygmunt Miloszewski

Ce polar polonais se situe à Varsovie. Le personnage central, Teodore Szacki, n’est pas un inspecteur torturé mais un procureur très ordinaire de 35 ans, fonctionnaire honnête qui travaille en bonne entente avec son collègue policier, un homme sympathique, efficace même s’il est un peu lourdaud. Le procureur doit s’affirmer face  sa hiérarchie et à la bureaucratie. C’est un homme marié et père de famille et là aussi il est assez normal : en couple depuis 15 ans, il éprouve une certaine lassitude et commence à s’intéresser à une jeune journaliste.

L’enquête commence quand un homme est retrouvé assassiné à la suite d’une session de thérapie collective appelée « la constellation familiale » durant laquelle les participants « deviennent » les membres de la famille de la personne au centre de la thérapie pour faire ressortir des névroses.  La victime, un homme qui souffrait de beaucoup de traumatismes dans sa famille, est ressortie très déprimé de cette thérapie et pourtant le suicide est exclu car il a été retrouvé mort avec une broche à rôtir dans l’œil…

L’enquête se porte sur les participants de la session et sur la famille de la victime. Petit à petit, les recherches remontent dans son passé. Nous sommes aussi amenés à faire une incursion dans le passé politique -pas si éloigné- de la Pologne.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce polar qui n’est peut-être pas haletant mais qui est bien amené et varié et qui finalement révèle des rebondissements et pose vraiment des questions sur le passé communiste de la Pologne. Je l’ai trouvé original, par ses personnages et par l’introduction d’une forme de psychanalyse et l’évocation d’un pan d’Histoire. Et puis Varsovie est au centre du roman et crée une vraie atmosphère.

Je suis contente d’avoir retrouvé les éditions Mirobole chez qui j’avais déjà lu « Nid de guêpes »

Lu dans le cadre du Prix  des Lectrices de Elle 2014

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« Sulak » de Philippe Jaenada

 

 

Dans le groupe de lectrices de ELLE auquel je participe sur Facebook, certaines m’ont fait comprendre que je ne pouvais pas noter un livre sans l’avoir lu jusqu’au bout (alors que jusqu’ici, j’avais abandonné plusieurs livres sans trop de scrupules, ayant l’intime conviction de les avoir jugés à la lumière de mon appréciation personnelle…) Mais avec un peu de mauvaise conscience j’ai donc lu « Sulak » jusqu’au bout (en accélérant un peu à la fin quand même) et je ne sais pas si Philippe Jaenada remercierait ces lectrices plus « intègres » que moi car si je m’étais arrêté au tiers du livre comme j’ai été tentée de le faire j’aurai sans doute mis 10/20 mais après l’avoir fini, mon exaspération était telle que je lui ai mis 8/20… Elles avaient peut-être raison, finalement… Mais trop tard pour baisser les notes des autres livres abandonnés…

Qu’est-ce qui ne m’a pas plu ? Et bien tout, sauf Bruno Sulak qui était sans doute un homme assez charismatique et fascinant pour devenir un personnage romanesque mais justement, la première chose que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi « Sulak » est estampillé « roman » car pour moi c’est une biographie, détaillée et installée dans son époque… mais pas un roman… On pourrait même croire que c’est aussi une autobiographie car Philippe Jaenada ne peux s’empêcher de glisser des notes personnelles sur sa propre vie dans le récit ce qui m’a fortement déplu à la longue. Il dit parfois qu’on « se fout » sans doute de ces détails… Je confirme…

Mais peut-être que j’aurai supporté ces digressions si elles n’avaient pas été l’objet d’une multitude de parenthèses (avec parfois des parenthèses DANS les parenthèses et même des phrases commençant par des parenthèses). Il y en a tant et elles sont tellement à rallonge que j’ai parfois du relire les passages qui les précédaient pour savoir de quoi il parlait…

Quant à la vision que Philippe Jaenada a de Bruno Sulak, cela relève un peu de la groupie. J’ai eu l’impression qu’il nous parlait de  « Saint Sulak », du « génie Sulak », du « gentil Sulak » contre les méchants policiers et son parti pris totalement idolâtre est devenu pour moi assez désagréable. Je trouve qu’on passe assez rapidement sur les gens qui sont en prison pour lui, sur sa fille qu’il n’a presque pas vu, sur les femmes dont il est amoureux en même temps (presque interchangeables à la fin).

Pour conclure, j’ai trouvé ce récit fouillis, confus. Je n’ai pas du tout aimé le gadget des parenthèses (après cette lecture j’en viens presque à regretter les / et les notes de bas de pages de Karine Tuil !)

Et puis j’ai trouvé que l’auteur était souvent méprisant avec ceux qui vénéraient pas son héros, et même assez misogyne et vulgaire. Sans compter les accusations sous-entendues alors qu’il reconnaît lui-même qu’il n’est sûr de rien.

Mon livre est d’ailleurs bien corné mais pas parce que j’y ai trouvé de belles phrases (même si j’ai trouvé que Bruno Sulak écrivait de belles lettres en prison à la fin) mais parce que je relevais des passages qui m’énervaient.

Pour tout dire je ne comprends tout simplement l’engouement autour de ce pseudo roman !

Toute petite sélection de ce qui m’a énervée :

 

 

Lu dans le cadre du  2014

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