« La ville des serpents d’eau » de Brigitte Aubert (Lu par Hélène Lausseur)

Ce roman se situe à Ennatown (Dites, c’est pas la classe, ça une ville à mon nom?!). Cette petite ville américaine assez banale avec ses familles très « desperate housewives »… Des femmes oisives, des hommes qui ne sont pas très présents et qui aiment la chasse, des gens bien pensants avec leur comité inter confessionnel où on fait bien attention à intégrer des représentants des très rares minorités, un prêtre qui  prend sous son aile deux hommes revenus déchus dans leur ville d’origine. Snake T, ancien rappeur maintenant handicapé et Vince Limonta, ancien flic de New York, alcoolique qui essaie de s’en sortir…

Mais la ville n’est pas si lisse qu’il n’y parait -elle grouille même de secrets plus ou moins grands et le plus lourd est le mystère qui entoure les disparitions, 13 ans auparavant,  de 5 petites filles de 5 ou 6 ans dont 4 ont été retrouvées noyées… Le meurtrier n’a jamais été retrouvé…

Or, le roman s’ouvre sur un personnage poignant : il s’agit de Susan Lawson qui est séquestrée depuis 13 ans par le pédophile en question et qu’il a réussi à faire passer pour morte depuis tout ce temps. « Daddy », l’homme qui la retient prisonnière et la maltraite en permanence est aussi le père d’Amy – petite fille de 5 ans qui est le seul espoir de survie pour Susan. 

Elle décide de jouer le tout pour le tout et la fait s’échapper avec un message à donner à la première personne rencontrée. Amy ne parle pas mais elle a appris à lire avec sa mère et elle ne connaît le monde que par les livres d’images que cette dernière  lui a lu. Elle est perdue et fascinée quand elle découvre le monde extérieur pour la première fois.

Malheureusement, la première personne qu’elle rencontre est Black Dog, un SDF, attardé mental, géant doux et innocent mais surtout illettré… Très vite ils doivent se cacher de la société et fuir même la police car ils sont impliqués dans un drame…

L’appartition de cette mystérieuse petite fille, presque 13 ans jour pour jour après la disparition de Susan Lawson, met la ville en émoi. Vince Limonta et Snake T décident presque malgré eux de mener l’enquête pour savoir s’il y a un lien entre les deux histoires…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, polar haletant sur fond de « Cold Case » où tous les personnages ont des fêlures plus ou moins grandes et où chacun ou presque peut être un potentiel coupable. C’est bien construit et fort.

Cependant, je ne le conseille pas aux âmes sensibles (Sylire et Galéa, je pense particulièrement à vous), surtout si vous êtes sensibles aux crimes d’enfants car c’est très dur par moment quand Susan ou  Amy parlent de la vie auprès « Daddy »…

La version audio est à mon avis remarquable. Félicitations à Hélène Lausseur qui a lu ce roman avec beaucoup de talent, changeant sa voix à chaque personnage, hommes, femmes, enfants,  et qui a réussi à me faire oublier qu’elle était toute seule à lire! Bravo!

                                                        par Sandrine! Merci! Son billet est ici.

 Au mois de juin, le rendez-vous  sur les livres audio de Valérie se déroule sur le mois entier 

Lecture « matière » pour ma ligne LIVRES AUDIO du 

« Enregistrements pirates » de Philippe Delerm (Lu par l’auteur)

 

Ce livre est un recueil de textes courts (l’auteur rejette l’idée que ce soient des « nouvelles » dans l’entretien à la fin) qui racontent des scènes de vie de tous les jours, qui rebondissent sur des expressions courantes ou à des petits moments du quotidien. Il y a une part descriptive et une part de réflexion de l’auteur.

La lecture par l’auteur passe très bien car on a plus l’impression qu’il nous raconte quelque chose qui lui passe par l’esprit plutôt que la lecture pure et simple de son texte ce qui va très bien avec ce genre.

Mais je dois avouer qu’à peine j’ai fini ma lecture j’avais oublié la plupart des histoires entendues… Si j’ai préféré ces petites histoires à « Je vais passer pour un vieux con », parce que j’aime bien regarder et écouter les inconnus autour de moi et imaginer leur vie à un moment donné, je pense que je peux dire maintenant que les textes de Philippe Delerm ne sont pas pour moi.

Cela dit, j’ai passé un moment pas désagréable en courant mais c’était pour moi une écoute aussi éphémère que peut l’être une émission de radio. Par contre, en tant que joggeuse, le texte qui parle des propriétaires de chiens qui vous disent « Il n’est pas méchant » m’a particulièrement parlé car quand on court et qu’on se fait approcher par un chien sans laisse et que le propriétaire dit « il ne mord pas », on n’a pas envie de vérifier 😉

                                  Merci à  

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