« The terrible privacy of Maxwell Sim » (« La vie très privée de Mr Sim ») de Jonathan Coe

 

Maxwell Sim est ce qu’on pourrait appeler un « looser », un antihéros… On le rencontre en Australie quand il essaie de renouer avec son père -sans succès- après avoir traversé une dépression (sans doute pas vraiment guérie) après que sa femme l’ait quitté avec sa fille.

On s’aperçoit que sa vie n’a finalement jamais été passionnante et qu’il n’a jamais vraiment nagé dans le bonheur. Quand à 48 ans, un ancien ami lui propose de participer à une opération publicitaire pour une marque de brosses à dent en sillonnant l’Angleterre à bord d’une voiture hybride, il se laisse tenter par l’aventure, croyant qu’il est prêt à passer à autre chose.

Mais il ne fait pas vraiment les choses  comme prévues. Ce voyage professionnel devient une sorte de parcours initiatique sur son passé, le passé de son père et il découvre plus de choses en quelques jours qu’il n’aurait pu l’imaginer. Des choses qui l’ont construit, qui ont fait de lui celui qu’il est. Il est très perturbé par ses découvertes et ses réflexions : il tombe amoureux de la voix de son GPS et devient obsédé par le navigateur Donald Crowhurst qui avait feint une victoire en course nautique…

J’aime beaucoup Jonathan Coe, c’est un auteur dont j’ai lu et aimé presque tous les livres (« Les Nains de la mort », « Testament à l’anglaise », « La Maison du sommeil », « Bienvenue au club », « Le Cercle fermé », « La Pluie avant qu’elle tombe« ) mais je dois dire que si j’ai lu ce roman sans avoir envie de l’abandonner je ne suis pas pour autant conquise. Je ne sais d’ailleurs pas très clairement quoi en penser… Je trouve que c’est sans doute un peu confus, il a voulu dire beaucoup de choses et ça part un peu dans tous les sens.

Il y a des éléments très intéressants concernant les secrets de famille, les non-dits, les relations entre les enfants et les parents et la manière dont on grandit, adulte, avec ce qu’on nous a donné, transmis, en tant qu’enfant.

Je n’ai pas vraiment trouvé d’humour. C’était plutôt une sorte de terrible portrait de solitude d’un homme qui fait pourtant tout son possible pour se fondre dans la société. J’ai trouvé que Maxwell Sim était plus une sorte de clown triste, pathétique.

J’ai aimé que Maxwell apprenne beaucoup de choses sur lui, sur sa vie et sa famille au travers des textes écrits par d’autres et pour d’autres. Il ne passe jamais pas la communication. Et il faut ensuite qu’il gère toutes ces informations.

Le titre anglais « The terrible privacy… » est très intéressant : la solitude, l’intimité, la vie privée mais aussi le secret et tout cela est au coeur de ce roman.

Un avis mitigé car j’ai fini par m’ennuyer un peu mais c’est malgré tout pour moi un roman qui ne manque pas d’intérêt. 

Allez donc voir ce que les autres en ont pensé car c’est une    avec Karine:) et Cryssilda et Yueyin (qui est sur la même longueur d’ondes que moi 😉 pour ce titre mais c’est aussi une lecture commune autour de Jonathan Coe dans le cadre du  (allez donc voir les billets du 14 juin en cliquant sur le logo!)

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« Orages ordinaires » de William Boyd (Lu par Alain Ghazal)

 

Adam Kindred vient d’arriver à Londres pour un entretien d’embauche. Il vit seul à l’hôtel car il a quitté les Etats-Unis peu de temps auparavant. Au restaurant, il rencontre par hasard le professeur Philippe Wang avec qui il discute et qui oublie un dossier en partant. Adam le lui rapporte chez lui mais le retrouve dans un  bain de sang dans son appartement. Il fait l’erreur de toucher l’arme du crime et fuit l’appartement en ayant la certitude que le meurtrier était encore présent. Il devient vite le suspect numéro 1. Pour échapper à la police, il devient SDF, privé de tout, devant faire sa vie comme il peut.

Il est aussi poursuivi par le tueur, qui est un des personnages que l’ont suit pendant le roman.

La victime travaillait pour un laboratoire pharmaceutique et en suivant aussi des personnes de cette entreprise, on sent bien qu’il y a quelque chose de louche en rapport avec ce crime et le fameux dossier…

Il y a aussi une jeune policière qui s’interroge sur cette affaire…

Adam le marginal, fréquente les milieux malfamés de Londres – prostituée qui drogue son enfant pour aller tapiner, faux pasteur, petites frappes, sans papiers – ce sont vraiment les aspects sordides de la société qui sont présentés. Mais Adam s’adapte très bien à sa nouvelle condition. Il fait de son mieux pour passer inaperçu.

J’ai abandonné ce roman audio car j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. J’ai été gênée par deux choses essentielles : je n’ai pas aimé la façon dont il était lu car j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez d’unité dans la lecture -j’avais l’impression que certains personnages changeaient de voix d’une fois sur l’autre et j’ai trouvé que les intonations étaient très artificielles dans les dialogues, presque enfantines parfois dans leur enjouement… 

Mais surtout, j’ai trouvé le roman très mal traduit, bourré de maladresses, au point où je finissais par écouter en me concentrant sur les tournures de phrases plutôt que sur l’histoire… Au bout d’un moment j’ai même relevé des exemples. Des détails peut-être mais dans mon cerveau d’angliciste, c’était vraiment gênant : j’entendais l’expression anglaise d’origine et ça a fini par m’exaspérer! Voici quelques exemples : 

« Le vet » pour parler d’un « vétérinaire »  (on dit « véto », non en français?)

 

« Tu m’as compris?

Compris complet!« 

 

« Une choppe de thé »

 

Une étudiante dit : « C’est si foutrement beau!« 

(Je suppose que ça devait être « It’s fucking beautiful »?)

 

La mère a qui on propose d’emmener son fils à la piscine :   » il ne peut pas nager » (…ne SAIT pas nager, non?)

 

« Après, ça se gâte. Plus la même chose. »

 

« T’as une cig? » (Vous avez déjà entendu ça, vous? Une clope, non?)

 

« Merci tout plein. Donne moi un coup de grelot quand tu veux.« 

 

« Pas une mauvaise idée. » 

 

Le SDF demande des « pièces brunes »… (pour parler des pièces en cuivre…Avez-vous déjà parlé de « pièces brunes »???)

 

J’ai aussi trouvé le roman assez exagéré et incohérent. Pourquoi le tueur, qui est visiblement un « professionnel » n’a pas réussi à tuer Philippe Wang et surtout à retrouver Adam? Pourquoi Adam reste-t-il à Londres au lieu de fuir vraiment? Pourquoi quand Adam est dans le quartier du Shaft chez la prostituée, le caïd chargé de le retrouver n’y arrive pas alors que sa vie en dépend?

J’ai abandonné aussi parce que j’avais l’impression que c’était un peu cousu de fil blanc : j’imagine que quelqu’un dans l’entreprise pharmaceutique a fait éliminer le professeur pour pouvoir commercialiser son médicament alors qu’il n’est pas vraiment efficace? Je suppose que la jeune flic va retrouver, innocenter et tomber amoureuse de Adam? Et pourquoi pas adopter le petit garçon de la prostituée pendant qu’on y est? Bon, je veux bien des réponses à mes idées par mail de la part de ceux qui l’ont lu 😉

Sylvie a bien aimé et Sandrine moyennement…

 

 

                                                   

 Au mois de juin,    le rendez-vous  sur les livres audio de Valérie se déroule sur le mois entier!  Mais pour le 16 juin, le thème est « Crime à l’anglaise » à l’occasion du