« Comment j’ai appris à lire » de Agnès Desarthe

J’ai dévoré ce livre et j’aurai peut-être pu le lire plus tôt s’il avait passé la présélection de ELLE 2014 à la place de l’autobiographie de Edna O’Brien (qui m’a tant ennuyée que je l’ai abandonnée avant la fin!) Et c’est plutôt amusant, je relève plein de maladresses de traduction dans le Edna O’Brien alors que Agnès Desarthe parle ici avec passion de la traduction!

J’ai beaucoup aimé mais je suis encore bien embêtée pour en parler… Et pourtant, je n’ai pas arrêté de corner des petits coins pour noter des passages qui m’interpellaient!

Agnès Desarthe revient sur son parcours de lectrice ou plus exactement sur son parcours de non-lectrice puisque très tôt elle s’est rendue compte qu’elle n’aimait pas lire -qu’elle ne savait pas, qu’elle ne voulait pas… Ce qu’elle voulait, c’était écrire.

Elle traverse sa scolarité sans vraiment lire et arrive même à des études supérieures littéraires sans avoir éprouvé d’attirance pour la lecture. La plupart des lectrices que je connais ont été gênées par un certain manque de modestie de l’auteur qui explique qu’elle a très bien réussi ses études sans lire (après hypokhâgne elle réussi à intégrer l’ENS, Ecole Normale Supérieure,  ce qui personnellement ne m’a pas choquée pendant ma lecture, ayant moi-même eu l’impression de traverser mes études comme « une imposture » mais en discutant avec des copines, j’ai réalisé que c’était sans doute impossible. Je n’avais pas pris la mesure de la difficulté de ces études là)

Elle raconte les rencontres qui lui ont ouvert la voie de la lecture -des professeurs en lui ouvrant la porte de l’analyse des textes, son père, en lui ouvrant la porte de la lecture passion en passant par les polars… Elle réfléchit à la raison de son rejet de la lecture, interprétant cela à un rejet de la langue française qui n’était pas « sa » langue de part ses origines variées. Il y a aussi des passages sur l’écriture qui m’ont beaucoup plu!

Mais le point le plus passionnant c’est la réflexion sur la traduction (car elle est angliciste et traductrice) : les étapes, les niveaux, les nuances, la « trahison » et les choix. C’est très intéressant!

En résumé, si VOUS aimez lire, je pense que vous aimerez ce livre!

Un entretien avec Agnès Desarthe ici.

 

 

 

 

 

 

 Eva (cliquez pour lire son billet) : Merci beaucoup!

J‘inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

 Lecture « Verbe » pour ma ligne générale du 

14 commentaires sur « « Comment j’ai appris à lire » de Agnès Desarthe »

  1. Lorsque j’ai fait mes choix pour l’université, j’avais coché 1) Traduction 2) Professeur d’anglais au secondaire (12-16 ans ici) 3) Professeur au primaire. Je ne suis rien devenue de tout ça, mais le sujet m’intéresse encore! Je note!

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  2. J’arrête deux secondes la traduction que je suis en train de faire pour ajouter ma voix à celles des nombreuses personnes qui ont aimé ce livre. Le passage où elle va se promener au bord du lac pour regarder les feuilles sur l’eau et trouver le mot juste m’a beaucoup marquée. Mais bon, ma traduction en cours concerne les monuments de Paris… ça fait un peu loin ! Bises

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  3. C’est exactement pour ça que je retarde ma lecture de son livre. je l’avais entendue à al radio quand le lire était en pré sélection pour ELLE, et je l’avais trouvé ton prétention ahurissante, elle parlait d’HIV je crois, genre « j’étais tellement géniale que je l’ai intégré sans aimer la lecture », bon bah voilà, tu me connais, il ne m’en faut pas plus pour prendre quelqu’un en grippe…

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