Le monde selon Garp : John Irving (lu par Bertrand Suarez-Pazos)

J’ai lu ce roman  il y a au  moins  20 ans et c’était  ma première rencontre avec John Irving. J’avais un vague souvenir de l’histoire mais un très bon souvenir de ma lecture et aussi du film avec Robin Williams. J’avais donc un peu  peur de relire ce roman qui m’avait laissé une si bonne impression… Peur d’être déçue… Mais j’ai eu un coup de coeur pour cette version audio!

Maintenant, me voilà à devoir écrire mon billet après avoir passé du temps à me demander comment j’allais pouvoir vous en parler… En effet, ce « pavé » (en audio, ça veut dire 25 heures d’écoute … durant lesquelles je ne me suis pas ennuyée une fois,  je dois le dire!) raconte une vie -ou plutôt plusieurs vies. On  commence par Jenny Fields, la mère de Garp et sa vie de femme  moderne  et  indépendante  ainsi que celle de Garp depuis sa naissance -et même, plus précisément depuis sa conception,  en passant par ceux qui ont traversé ou partagé leurs vies, en bien ou en mal.

Il y a des drames, des questionnements sur les relations humaines et sur la société et aussi beaucoup d’humour!

Ce roman (très proche de la vie de John Irving à ce que j’ai pu constater après l’avoir lu) annonce beaucoup des thèmes que l’auteur abordera dans ses  romans  suivants : la famille, un parents qui élève seul son enfant, la lutte (le sport), le féminisme, la vie dans un lycée, les tromperies, les histoires d’amour, des morts violentes, Vienne, des transsexuels, la sexualité…

Alors je ne vais PAS vous raconter l’histoire du Monde selon Garp, parce qu’à chaque fois que je commence à essayer d’en parler,  je me dis qu’il y a pas  trop de 600 pages pour le faire 😉 Mais  pour faire court,  je vais vous dire que j’ai adoré ce roman!

Je l’ai trouvé réjouissant et jubilatoire! J’ai adoré cette saga familiale et sociétale qui balaye les époques et qui fait  réfléchir au féminisme,  à la place des femmes et des hommes dans notre monde. J’ai adoré que par le personnage principal qui est un écrivain , on plonge dans le monde de la création littéraire et qu’on découvre des extraits des ses œuvres : l’histoire dans l’histoire… C’est le côté  conteur dont je me souvenais si bien de me première lecture.

Et enfin, j’ai été très contente de retrouver Bertrand Suarez-Pazos qui est un excellent lecteur à qui John Irving va très bien!

« Comme il l’affirmait toujours, l’art du romancier est la capacité d’imaginer de façon vraie. C’est, comme dans toute forme d’art, un processus de sélection. Les expériences et les souvenirs personnels, les relents de tous les traumatismes de nos banales existences, étaient pour le romancier des modèles suspects, soutenait Garp. Il faut que la fiction soit mieux faite que la vie, écrivit Garp et il vouait une haine obstinée à ce qu’il appelait le kilométrage bidon des épreuves personnelles et à ces écrivains dont les oeuvres n’étaient importantes que parce que quelque chose d’important s’était passé dans leur vie. La pire des raisons pour incorporer quelque chose à une oeuvre, soutint-il un jour, est que la chose en question soit authentique, qu’elle soit réellement arrivée. TOUT est réellement arrivé un jour ou l’autre, vitupérait-il. La seule question valable est que ce soit la chose qui aurait été idéale de voir arriver à ce moment-là »…

                                                                                  

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

 Lecture « Lieu » pour ma ligne générale du Petit Bac 2014