La propriété de Rutu Modan

J’ai emprunté cette BD parce qu’il me semblait bien en avoir entendu parler sur des blogs mais sans avoir la moindre idée d’où je l’avais vue et comme j’avais bien aimé « Exit wounds » du même auteur, je me suis laissé tenter.

J’ai beaucoup aimé cet album qui raconte une histoire de famille étroitement liée à l’Histoire.

Mica Segal et sa grand-mère Regina viennent en Pologne depuis Israël où elles vivent toutes les deux. Regina a quitté la Pologne avant la 2ème guerre mondiale et elles viennent pour retrouver l’appartement des parents de Regina dont elle aurait hérité, d’après ce que lui indique un document envoyé par un notaire des années auparavant.

Une fois arrivée à Varsovie, après avoir repéré un nom dans l’annuaire, Regina ne veut plus du tout s’occuper de la propriété et ne s’explique pas auprès de sa petite fille. Mica de son côté commence les recherches sans en parler à sa grand-mère. Elle est suivie par Avram, un ami de la famille qui était dans l’avion avec elles. En se promenant dans la ville, Mica rencontre Tomasz, un guide du ghetto juif sous le charme duquel elle tombe.

Il y a une sorte d’enquête pour retrouver la propriété mais surtout un retour sur le passé familial.

Cette histoire aborde plusieurs sujets que j’ai trouvés très intéressants : les secrets de famille (la raison pour laquelle Regina a quitté la Pologne avant la guerre et la raison pour laquelle elle ne veut plus s’occuper de la propriété), l’importance de la religion dans les relations, le poids de l’histoire entre la Pologne et les israéliens -on découvre une association pour la mémoire des juifs qui cherche à reconstituer les rues de l’ancien ghetto juif telles qu’elles étaient à l’époque et des groupes de jeunes israéliens qui viennent vivre -physiquement- l’expérience des juifs pendant la guerre (personnellement, j’ai été choquée par la scène d’une reconstitution de rafle avec des jeunes portant l’étoile jaune embarqués par des soldats SS… Est-ce que ce genre de choses existe vraiment??)

Et puis la partie la plus touchante à mon avis, c’est le retour de cette vieille femme dans la ville de sa jeunesse, entre nostalgie et perte de repères, entre l’envie de renouer avec le passé et la peur d’y replonger.

J’ai aimé les dessins de Rutu Modan (à part la bouche de Mica!) et les couleurs acidulées et colorées. J’imagine très bien un film tiré de cet album.

           

 

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