Les oliviers du Négus : Laurent Gaudé (Lu par l’auteur)

Ce titre est un recueil de nouvelles écrites et lues (très bien d’ailleurs!) par Laurent Gaudé. Si j’ai choisi de parler ce ces nouvelles le même jour que « Le soleil des Scorta » du même auteur c’est que la première nouvelle se passe dans la même région d’Italie et que j’avais l’impression de retourner dans un lieu familier même si les époques étaient différentes.

La première nouvelle, « Les oliviers du Négus » est l’histoire de la vie d’un homme qui vient de mourir et qui va être enterré dans le cimetière  de son village. Le narrateur est l’un des rares à se déplacer car le vieil homme qui avait combattu en Ethiopie dans l’armée du Duce en était revenu blessé dans son âme, amer et partait régulièrement dans son monde, peuplé de l’armée de Frederic II. Récit très touchant qui pourrait être celui d’un personnage secondaire du Soleil des Scorta.

Dans « Le bâtard du bout du monde », on retourne en arrière à l’époque de l’empire romain mais dans bien loin de l’Italie chaude et sèche car Lucius, un centurion dur et combattant, bâtard qui s’est construit dans la défense de l’Empire, se retrouve dans la boue et perd complètement pied mentalement et physiquement. Il est pris par les Barbares qui le font marcher, quasi mourant jusqu’à Rome pour annoncer la fin… J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de la force épique et intemporelle de « La mort du Roi Tsongor » dans ce texte.

« Je finirai à terre » se situe dans la campagne française (mais cela pourrait être n’importe où) pendant la guerre de 14-18. La terre qui ne supporte plus d’être meurtrie et détruite par les bombes crée une force vengeresse et meurtrière en boue et glaise : un golem qui prend forme humaine et tue les hommes pour se venger des mauvais traitements qu’on lui fait subir. Cette nouvelle  fantastique est aussi un texte presque réaliste qui fait réfléchir aux actions des hommes envers la terre…guerre, exploitation intensive, écologie.

Dans « Tombeau pour Palerme », on revient en Italie mais une Italie contemporaine car c’est un récit poignant d’un juge anti-mafia qui raconte ses derniers jours et qui raconte son combat en rendant hommage à celui qu’il appelle son frère, juge qui a été exécuté dans un attentat (le Juge Falcon), il raconte son combat pour une Sicile libérée de la Mafia mais aussi sa vie entre parenthèse dans l’attente de la mort. J’ai trouvé ce texte intense et très fort.

Je suis contente d’avoir découvert ces nouvelles qui donnent à mon avis un bel aperçu du style de Laurent Gaudé dans ses différentes facettes. Je dois dire que j’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui jusqu’ici!

     par Sylire (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire

Le soleil des Scorta : Laurent Gaudé (Lu par Pierre-François Garel)

« Le soleil des Scorta » est le premier roman que j’ai lu de Laurent Gaudé (il y a longtemps…avant le blog 😉 et j’avais adoré. Puis, à l’occasion d’ateliers de lectures théâtralisées, j’ai lu des extraits de ce même roman et j’avais vécu une expérience de théâtre formidable avec ce texte et c’est avec énormément de plaisir que j’ai relu ce roman en version audio avec la voix de Pierre-François Garel (mon chouchou) qui semble fait pour lire du Gaudé tant il le fait merveilleusement! D’ailleurs, les textes de Laurent Gaudé se prêtent parfaitement à la lecture audio!

Alors, maintenant que je vous ai dit à quel point j’ai aimé ce roman, ce qui va être plus dur c’est vous expliquer pourquoi… Et à vrai dire, je n’ai pas envie de rentrer dans les détails à part que c’est l’histoire d’une famille -les Scorta Mascalzone- issue d’une lignée de brigands qui doivent faire leur place dans le village de Montepucio, où les habitants peuvent haïr autant qu’ils peuvent respecter… Ce village est un personnage à lui seul.

C’est un roman qui raconte des vies -rudes et tortueuses, pleines d’amour et de loyauté et aussi de malhonnêteté. La famille est au coeur de cette histoire avec ses secrets et ses alliances.

C’est aussi un roman italien, même si Laurent Gaudé est français : on y sent la chaleur du soleil, la sécheresse de la terre, la poussière, la dureté des routes rocailleuses,  le caractère des  habitants et les odeurs de nourriture. C’est un roman qui fait voyager dans le temps et dans les paysages.

Voilà, je ne dirai rien d’autre que « Lisez-le »! Et si vous aimez la lecture audio, n’hésitez pas à le lire sous ce format !

     par Vive les Bêtises (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire

Ma mère à l’Ouest de Eva Kavian

Ce roman pour grands ados est l’histoire  très forte et touchante d’une jeune fille qui raconte son enfance hors normes. Née d’une mère handicapée mentale, elle vit d’abord avec elle jusqu’à ce qu’elle soit scolarisée et que sa mère soit un peu dépassée. Elle est placée dans diverses familles d’accueil et elle raconte ces étapes de sa vie entre attachements et « détachements », entre confiance et déceptions en passant par la maltraitance…

Très jeune, elle décide de s’émanciper et son parcours là-aussi n’est pas simple et elle tombe enceinte avant ses 18 ans, se posant alors beaucoup de questions sur la maternité. Elle retrouve sa mère et découvre la vie de cette dernière en institution.

C’est vraiment une belle histoire sur l’amour maternel, sincère et sur la tolérance vis à vis du handicap mental. C’est aussi un roman qui fait se poser des questions sur le système de placements des enfants et le suivi de ces derniers.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce roman avec sa construction intéressante avec des retours vers le passé et le moment présent. De nombreux sujets d’actualité sont abordés : les enfants placés, le handicap, des vies de familles différentes, grossesse adolescente…

Je me pose juste la question de savoir si les collégiens ne passeront pas à côté de certains aspects mais j’attends d’avoir plus de retours d’élèves. Par contre je le recommande aux lycéens et à tous les adultes un peu curieux! Mais je sais déjà qu’un garçon de 3ème m’a dit avoir beaucoup aimé! 

D’Eva Kavian j’avais déjà lu et aimé « Premier chagrin »

 3ème-secondes 2014-2015

ligne jeunesse catégorie « lieu »

 avec Anne (dans le cadre d’un roman jeunesse pour Mois belge Logo Folon Redstar 38 gras blanc ombre orange 1 sans bord)

 

« Soie » de Alessandro Baricco (Lu par Jacques Bonnaffé)

C’est une relecture audio pour moi et je ne me rappelais presque rien à part que j’avais beaucoup aimé à ma première lecture.

J’ai beaucoup aimé « Soie » en version audio aussi. Le roman raconte la vie de Hervé Joncourt, qui, en 1860 va jusqu’au Japon pour le commerce des vers à soie. C’est une vraie expédition car à l’époque, le Japon est un pays complètement fermé aux étrangers.

Il rencontre une personnalité, une sorte de seigneur japonais qui va l’aider à obtenir ses oeufs de vers à soie. Cet homme est accompagné d’une jeune femme non japonaise sous le charme de laquelle Hervé Joncourt tombe.

Leur relation passe par les regards et les sensations. Ils ne peuvent pas communiquer et il y a beaucoup de mystères entre eux.

Hervé Joncourt revient en France pour retrouver sa vie ordinaire auprès de sa femme qu’il aime et c’est comme s’il avait deux vies distinctes. Les allers et retours le changent et lorsqu’il revient pour la dernière fois du Japon, il reste poursuivi par le souvenir de cette femme qui est comme un songe, comme un fantasme.

J’ai aimé le style -avec ses répétitions musicales et sa poésie. Il y a une certaine lenteur qui sert vraiment le récit et qui fait oublier que c’est un texte très court. Il y a beaucoup de douceur et de sensualité.

La lecture audio est très réussie, accompagnée de musique qui donne vie au texte.

     par Eva 

 Chez Sylire (et je suis dans le thème sans avoir fait exprès car c’est « une histoire où on trouve une histoire d’amour »