Debout-payé de Gauz

J’avais repéré ce titre chez Eva alors quand l’occasion s’est présentée de le lire, je n’ai pas hésité.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par parler de l’objet livre que j’ai trouvé vraiment original (et comme c’est l’éditeur qui me l’a envoyé, je trouve que c’est plutôt agréable de noter un choix qui sort de l’ordinaire). Il y a une jaquette avec une photo, que vous voyez sur l’image mais quand on l’enlève, sur la couverture, il y a le début du roman qui est écrit en dessous et sous la jaquette, il y a la dernière page du livre qui est reproduite.

 

Dans ce roman, on suit la vie d’africains qui vivent en France et qui bien souvent travaillent comme vigiles. On rencontre  Ferdinand, Ossiri et Kassoum à différentes époques : on passe des années 60 jusqu’à aujourd’hui. On découvre pourquoi ils sont venus, restés et comment ils ont fait pour s’en sortir. On apprend l’évolution de l’immigration africaine en France avec les changements politiques et même géopolitiques, ou économiques.

C’est une vraie incursion dans une partie de la société française. Je l’ai lu juste après « Americanah » et je dois dire que j’y ai vu des points communs en cela qu’il parle de ce que c’est d’être africain et noir dans un pays qui n’est pas le sien.

 

« Pour un blanc, tous les noirs se ressemblent »

Il y a une réflexion aussi sur les raisons de ces déracinements, selon les époques et les personnages.

 

Il y a aussi le personnage de la mère d’Ossiri, qui après avoir été étudiante à Paris est revenue en Afrique avec un sentiment très fort de son identité africaine et qui rejette tout ce qui est imposé par l’ancienne colonie, à commencer par les prénoms français, la façon de s’habiller ou l’alimentation, résidus de la colonisation : j’ai trouvé cet aspect très intéressant.

 

 

On en apprend aussi beaucoup sur la société de consommation française car les chapitres concernant les personnages africains sont entrecoupés de réflexions, de constatations faites sur ce que les vigiles peuvent observer lorsqu’ils travaillent dans des boutiques de vêtements et de cosmétiques. J’ai trouvé ces parties à la fois amusantes et très bien senties : on a une vraie photographie de la France par le petit bout de la lorgnette!

C’est un roman (un premier roman en plus) que j’ai trouvé vraiment réussi : percutant, bien écrit et très intéressant et je vous le recommande vraiment!

Merci aux Éditions 

 

 objectif 2015 : -10