Le Der des ders : Didier Daeninckx et Tardi

Si vous aimez les polars et l’Histoire, cette BD devrait vous plaire.

Dans l’après-première guerre mondiale, en 1920, à Paris, Eugène Varlot est un détective privé encore poursuivi par ses souvenirs d’ancien poilu.

Un colonel -héros de la Grande Guerre- le contacte pour qu’il suive sa femme qui est une femme volage très libérée. Mais l’enquête va le faire revenir sur des événements louches de 1917 et il va aussi découvrir des magouilles liées au commerce de l’après-guerre (ceux qui ont aimé « Au revoir là-haut » devraient retrouver un peu l’esprit de ce roman d’ailleurs.)

C’est une bonne lecture : on voyage dans le temps, par l’histoire, dans l’Histoire, par les dessins qui montrent bien la guerre et le Paris de 1920, par la langue et son argot. Il y a l’aspect polar mais aussi social et historique. C’est un savant mélange.

Les dessins en noirs et blancs sont sombres et collent très bien à l’ambiance et à l’époque. Par contre, la version que j’ai lue (Magnard Casterman) était vraiment écrite tout petit.

Les élèves de 3ème qui m’ont vu le lire pendant le voyage en Angleterre et qui l’ont étudié en cours de français avaient des avis très variés : « C’est très bien, vous allez voir! » « C’est très intéressant! », « C’est dur à comprendre avec les retours en arrière », « Le vocabulaire, c’est pas facile… » Je pense qu’il y a beaucoup de choses qu’un lecture adulte comprend implicitement et qui leur manquent peut-être pour une lecture seuls.

Une bonne découverte!

« La BD est Charlie »

Cet album a une histoire particulière. Il s’agit d’un recueil de dessins effectués à la suite des attentats de janvier 2015 en hommage aux 17 victimes.

Il est important de savoir aussi que grâce à un grand nombre de maisons d’édition et le monde du livre ainsi les dessinateurs, la totalité des bénéfices sera reversée aux familles des 17 victimes (pour un prix de 10 €). L’album est d’ailleurs dédicacé nominativement à ces 17 victimes, connues ou anonymes.

La préface est signée Cavanna (lignes écrites en 2012 après le 1er attentat contre Charlie Hebdo) : « […] Rien n’est sacré. Pas même le bon goût. Pas même le militant. Surtout pas le croyant. Ne croyant à rien de transcendant nous n’avions rien à respecter. L’humour est un coup de poing dans la gueule. Cette phrase que je revendique, fut notre profession de foi. […] »

La suite : des dessins de presse -parfois drôle, parfois tragiques, parfois émouvants, parfois cyniques, toujours justes.

J’ai lu cet album avec le sourire et les larmes aux yeux et je suis contente de l’avoir dans ma bibliothèque car je compte bien la faire lire à Bastien quand il sera grand pour qu’il se souvienne pourquoi, lui aussi « était  Charlie » en 2015.

Avec Manika on a fait une lecture commune sans même le savoir 😉

 objectif 2015 : -11

  Lecture « prénom » pour ma ligne BD du