Âme Graphique -Carte Blanche

 

Cela fait un moment que je suis les photos du rendez-vous du Petit Carré Jaune sur les blogs de copines et que j’étais tentée. Je suis Le Petit Carré Jaune aussi sur Instagram et elle m’a motivé pour sauter le pas en participant aujourd’hui en voyant une photo que j’avais mise en ligne. Alors, ça tombe bien, le mot du jour n’en est pas vraiment un puisqu’elle nous laisse « Carte Blanche »… Mais ça n’empêche que comme je trouve qu’elle écrit si bien sur son blog, je suis un peu intimidée…  j’entre sur la pointe des pieds dans l’aventure 😉

J’ai choisi la photo que Sabine avait repéré sur Instagram et l’histoire qui entoure cette photo va plutôt bien avec le message laissé comme consigne pour ce rendez-vous du 2 juillet : « Les vacances arrivant à grand pas, le bonheur de l’instant se dessinant à la fraicheur des matins levant et des soleils couchant, je vous propose pour ce dernier atelier avant la rentrée de vous laisser carte blanche »

Il est environ 7h30 du matin, je suis sur la route qui me mène au travail. La même route depuis 15 ans. A la sortie du village de Beauchamps, il y a un grand virage en descente, un virage qui fait un peu peur quand qu’on passe à 7h30 en hiver et qu’il y a du verglas, un virage où il n’y a rien à voir quand c’est encore la nuit.

 Mais au mois de juin, le jour se lève et c’est un endroit où il y a souvent une mer de nuages, où les arbres semblent flotter dans une fumée blanche  un peu magique.

Je regarde ce petit passage de ma route quotidienne avec émerveillement à chaque fois qu’il y a ce phénomène… même après 15 ans. Et ce matin, là, j’ai arrêté la voiture et je suis descendue pour prendre la photo, en me disant que cette vision matinale méritait bien que je lui accorde un peu de temps.

 

Prochain rendez-vous le jeudi 23 septembre avec le thème Regards 

Que faisions nous le mardi 7 juillet à 07h07 ET/OU à 19h07??

 

Le 07/07, nous avons été 14 à prendre 20 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire  (sur une idée de Cstef du blog « Une Photo, une bidouille »!!) 

Steff  était en vacances alors je me suis débrouillée de mon mieux pour faire cette mosaïque! 

 

 

A 07h07 : 7 photo

Tout le monde  ne dormait pas…

Personnellement, je me suis réveillée à 6h30 (alors que j’étais en vacances!!) et j’étais donc en train de lire mon livre (« Adèle et moi ») avec ma lampe de lecture dans mon lit.

Céline espérait dormir un peu plus mais entre la chaleur et le jour elle s’est réveillée à 7h

Aifelle avait fini un roman hier soir et elle en cherchait un nouveau dans la PAL qui s’est sournoisement reconstituée à ses pieds depuis quelques temps

Sandrine  sortait de la douche car elle n’est pas en vacances 😉

Marion était sortie et rentrée tard la veille et donc le mardi à 7h07, tout le monde dormait ! Elle a ouvert un oeil quand l’alarme a sonné, a pris la photo de son homme en train de dormir à côté de moi, il a fait grmblblgrmblgr et il s’est rendormi… et elle aussi ! 🙂 

Vive les bêtises   prenait sa douche

Didinegc était dans son lit à l’hôtel à Bourbonne les Bains

 

A 19h07 13 photos

Personnellement je préparais des feuilletés pour un apéro avec mes hommes et ma best

Bastien  prenait une photo de moi (avec son propre appareil photo 😉 en train de préparer des feuilletés (il était super contente de jouer 😉

Sandrine  venait de se poser l’ordi pour préparer un billet sur le livre présent sur la photo (mais elle a commencé par son billet du 07/07 😉

Wakanda  triait les vêtements sales pour aller faire une lessive

Une Ribambelle  sortait d’un ascenseur pour sortir d’un immeuble et rentrer chez elle

Tiphanie terminait de poser le parquet dans le bureau/chambre d’amis, c’est elle qui l’a posé toute seule, elle peut être super fière d’elle!

Lolita  était en train d’écaler des oeufs de caille (tâche légèrement difficile et minutieuse ce qui explique que la photo a été faite avec le résultat final plutôt qu’en pleine action 😉 ) en regardant « N’oubliez pas les paroles » pour préparer un apéritif surprise à son mari

L’irrégulière était en train de manger un hamburger en mancrushant sur David Duchovny/Hank Moody (= elle regardait Californication). Il ne faut pas se fier à l’heure de la pendule, elle ne l’a toujours pas mise à l’heure d’été 😉

Marion était en train de regarder le premier épisode de la série « Suits » (qu’une amie lui a conseillé) pour voir si elle aimait ça. Verdict :  oui, ça a l’air vraiment bien, ils regarderont le deuxième épisode un de ces 4.

Rachel  attendait sa commande de sushis (qui sont arrivés 30 minutes plus tard, quasi) et elle faisait une mise au point du travail de la journée avec son homme.

Nath arrosait son potager à l’heure où il n’y a plus de soleil direct dessus.

Vive les bêtises  cherchait son linge sec.

Didinegc revenait en voiture de Bourbonne les bains en lisant « au revoir là haut  » de Pierre Le maître.

 

Pensée spéciale pour Manika  qui n’a pas pu envoyer sa photo car elle est en vacances sans internet mais qui a du penser à nous car le 7/7 c’tait son anniversaire 😉 Happy Birthday!

 

Merci à touts les participants!  

 Attention, le blog sera en pause estival alors il n’y aura pas de session le 8/8 (mais rien ne vous empêche de prendre une photo pour penser à nous mais je ne ferai pas de mosaïque 😉

Le prochain rendez-vous sera  : le mercredi 9/9 à 09h09  et/ou à 21h09 : Parlez en autour de vous 😉

Un rappel une semaine avant et la veille au soir et le jour même pour éviter d’oublier 😉 

J’espère que nous serons nombreux à jouer!

Souvenirs, souvenirs :Voici ce qu’on faisait  le 3/03 à 3h03 (de l’après-midi)  et  le 4/04 à 4h04 (de l’après-midi) et le 5/05 à 5h05 (de l’après-midi) et le 6/06 à 6h06 (du soir) et le 7/7 à 7h07 (du soir) et le 9/9 à 9h09 (du soir) et le 10/10 à 10h10 (du matin) et le 11 / 11 à 11h11 et  le 12/12 à 12h12 et le 1/01 à 1h1 ou 13h01 et le 2/2 à 14h02 et le 3/3 à 15h03 et le 4/4 à 16h04 et le 5/5 à 17h05 et le 6/6 à 18h06 et le 7/7 à 19h07 et le 9/9  et le 10/10  et le 11/11 et le 12/12  et le 1/1  et le 2/2  et le 3/3  et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6

Qu’est ce que je faisais le mardi 7 juillet à 07h07 ET/OU à 19h07

Le  07/07 à 07h07, je pensais que je serais en train de dormir mais en fait j’ai été réveillée par je ne sais quoi à 6h30 alors à l’heure de la photo j’étais en train de lire « Adèle et moi » avec ma lampe de lecture dans mon lit!

 

Le  07/07 à  19h09, je préparais des feuilletés pour un apéro dînatoire avec mes hommes et ma Best

 

Le  07/07 à  19h09, Bastien a participé aussi en prenant une photo de moi en train de préparer les feuilletés!

 

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible : ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir)

Ne vous étonnez pas si je ne vous réponds pas tout de suite car je suis un peu prise jusqu’à mercredi soir 😉

On se donne au plus tard le 8 pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 9 ou le 11 ?

A bientôt!

« La mort s’invite à Pemberley » de P.D. James (lu par Guila Clara Kessous)

J’ai lu « Orgueil et préjugés » il y a quelques années (avant le blog en tout cas) et j’en garde un bon souvenir (même je ne suis pas devenue pour autant une « Austenmaniaque »… oui, oui, vous vous reconnaissez mesdames ;-). L’année dernière, j’ai aussi lu « Une saison à Longbourne » où j’avais aimé retrouver en filigrane les personnages d’origine et j’avais ensuite regardé la version filmée de la BBC. Je connaissais donc assez bien l’histoire. Ce qui est sans doute mieux pour bien saisir toutes les subtilités de ce roman mais pour ceux qui ne la connaissent pas, les premiers chapitres racontent tout en détails (sans doute trop de détails pour les fans).

Je vais commencer par dire que je pense que les vrais fans inconditionnels d’ « Orgueil et préjugés » risquent d’être déçus car, soyons clairs… ce n’est pas Jane Austen qui l’a écrit et donc les personnages mythiques sont peut-être trop  sortis de leur écrin pour eux (mais moi, ça ne m’a pas gênée du tout, n’étant pas particulièrement attachés à eux.)

Je pense également que les fans de PD James et de polars risquent d’être déçus car on nous vend ça comme un roman policier mais franchement, l’enquête est assez anecdotique.

Et pourtant, personnellement, j’ai plutôt aimé ce roman car je l’ai pris pour ce que c’était : un roman « d’époque » (nous sommes au début du 19ème siècle) et d’ambiance (la noblesse anglaise dans la campagne anglaise avec tout son charme suranné) et j’ai aimé ce petit voyage dans le temps.

Concernant l’histoire en elle-même : Elizabeth et son mari Darcy filent le parfait amour avec leur parfaite famille (deux garçons) auprès de sa sœur Jane et son mari, Bingley avec qui ils s’entendent parfaitement, entourés de leurs domestiques parfaitement fidèles dans le parfait domaine de Pemberley… Non, non, je n’ai pas perdu tout mon vocabulaire mais c’est un peu l’impression que j’ai eu au début… Comme si PD James ne voulait surtout pas égratigner le mythe et qu’il fallait que tout soit bien lisse 🙂

« Heureusement », un tragique événement se produit :  Wickham, le beau-frère qui a épousé Lydia la jeune sœur d’Elizabeth, et qui n’est pas le bienvenue à Pemberley en raison du poids du passé  arrive à l’improviste avec son épouse  dans des conditions dramatiques puisqu’il est retrouvé auprès du cadavre de son ami Denny…

La suite, c’est l’enquête et le procès mais ce n’est pas tant cela qui est important que les relations entre les personnages selon leur position sociale, la bienséance et les bonnes mœurs. L’ambiance prend le pas sur les faits et la peinture de l’époque est plus intéressante que l’enquête elle-même.

J’ai passé un bon moment avec cette lecture audio que j’ai trouvée bien rendue par l’actrice Guila Clara Kessous qui sait très bien rendre les voix des hommes comme des femmes, sans en faire des caricatures.

 

       par Sylire 

  avec      Sylire  :   Allons voir son avis!

  chez Titine ,  Lou et Cryssilda 

Catégorie « mort » de la ligne « livre audio »du

« Elizabeth is missing  » (« L’oubli ») de Emma Healey

Ce roman est complexe et il va donc être complexe d’en parler…

Maud a plus de 80 ans et elle a perdu beaucoup de ses repères. Au début du roman, elle vit encore seule chez elle mais avec des aides à domicile et sa fille qui passe la voir tous les jours. Maud a une obsession : son amie Elizabeth qui a disparu. Elle passe son temps à demander à sa fille où elle est, elle appelle la police, elle se répète… Elle a des tas de petits papiers dans ses poches avec des notes d’elle-même (pour ne pas oublier ses pensées) ou d’autres personnes (pour lui rappeler comment sa vie fonctionne) mais elle ne sait plus qui les a écrites et pourquoi.  Maud passe sans arrêt de la pleine conscience à l’oubli complet…

C’est extrêmement touchant et très bien rendu dans l’écriture comme dans le sujet  car les parties qui concernent le quotidien de la vieille dame sont parfois confuses, car nous n’avons que le point de vue de celle-ci et on traverse en même temps qu’elle ses pertes de mémoire qui peuvent se produire en quelques minutes. C’est poignant et angoissant. 

Et puis, l’esprit de Maud remonte plus loin dans sa jeunesse quand elle est une jeune fille, après guerre vivant avec ses parents et leur locataire. Sa sœur Sukee a disparu du jour au lendemain  et quand Maud se replonge dans ses souvenirs c’est pour se remémorer les jours, semaines et mois qui ont suivis, comme une enquête mentale.

Au niveau du style, ces parties avec la jeune Maud sont fluides et n’ont plus le côté haché et confus des parties qui concernent Maud souffrant d’Alzheimer. J’ai beaucoup aimé cet effet.

J’ai vraiment aimé ce livre que j’ai choisi par hasard pendant mon shopping en librairie en Angleterre (Je n’en avais jamais entendu parler en France, je ne connaissais même pas le titre traduit) et je ne m’attendais à rien de particulier. J’ai trouvé que la maladie d’Alzheimer était très bien rendu, du point de vue de la vieille dame, avec les oublis immédiats, la confusion totale (elle a des idées fixes et quelques minutes plus tard elle ne sait plus pourquoi elle est là, le fait de ne pas reconnaître les personnes proches et de ne pas enregistrer des informations ou perdre les mots des objets courants) mais aussi du point de vue de la famille qui accompagne les malades. 

J’ai aussi beaucoup aimé la peinture de l’Angleterre d’après guerre. Cette partie avec une adolescente perdue après la disparition de sa sœur et qui cherche à comprendre dans un pays où les vies sont bouleversées m’a beaucoup plu. Le fait que les deux « vies » de Maud se rejoignent au moment où son esprit se délite était une bonne idée.

Une bonne découverte. Par contre j’ai vu chez Sonatine, chez qui il est publié en France, qu’il est qualifié de « thriller irrésistible » et de « thriller inoubliable » et je trouve que c’est survendre un peu l’aspect haletant du roman, car c’est plus une enquête menée par hasard, un roman psychologique et un travail sur la perception des choses quand l’esprit par en vadrouille et les amateurs de thrillers risquent d’être déçus.

 

 

 

 objectif 2015 : -27

    chez Titine ,  Lou et Cryssilda 

Rencontre avec Jean-Philippe Blondel

Encore une fois, après ma rencontre avec Olivier Adam et celle avec Gilles Leroy grâce au journaliste littéraire et auteur Xavier Houssin (qui écrit dans le Monde des livres) et Amélie Dor-Houssin qui  habitent tout près de chez moi et qui organisent régulièrement des rencontres avec des auteurs, j’ai pu rencontrer un auteurs que j’apprécie !

J’aime beaucoup Jean-Philippe Blondel que j’ai d’abord rencontré avec G229 qui m’a beaucoup parlé puis j’ai enchaîné avec Blog et Brise-glace, deux romans jeunesse, j’ai ensuite lu Et rester vivant, son roman quasi autobiographique, (Re)play, encore un roman jeunesse, et le mois dernier j’ai lu Un hiver à Paris, son dernier roman, et Juke-box… Et j’ai tout aimé! Comme à chaque rencontre d’auteurs, j’ai pris un milliard de notes illisibles. Je ne vais pas forcément raconter de façon linéaire ce qui a été dit mais je pense avoir été fidèle en vous racontant ce joli moment littéraire.

Xavier Houssin a commencé la rencontre en citant la quatrième de couverture du premier roman de Jean-Philippe Blondel : « Ecumeur de région côtières et amateur d’iode » car, pour la petite histoire, l’auteur est venu dans la Manche directement de Troie et s’est baigné dès son arrivée 😉

J’ai beaucoup aimé la description que Xavier Houssin a ensuite faite de Jean-Philippe Blondel car je la trouve très juste : « Tragique et tendre, des romans sur la solitude, la perte, le hasard, la réconciliation. Toujours léger, même quand c’est grave, toujours grave, même quand c’est léger. » L’auteur a approuvé en disant qu’effectivement c’était ce qui l’intéressait.

Le journaliste est ensuite  revenu sur le passé de l’auteur (la perte de sa mère et de son frère à 17 ans puis de son père à 22 ans dont il a parlé de façon très autobiographique dans « Et rester vivant ».) Il a lu un extrait qui semble avoir ému Jean-Philippe Blondel (et qui m’a ému aussi).

Jean-Philippe Blondel a expliqué qu’il oscillait entre la normalité et le fait de s’évader en écrivant. Il a toujours l’impression d’être un funambule mais que maintenant, il n’y a pas juste un fil sous lui mais un muret, qu’il se sent plus en confiance. Il se réinvente une vie à chaque fois qu’il écrit. Il l’embellit, il la transforme, il la torture parfois. Il essaie de lui donner du volume.

A la question de ce qui lui a donné envie de devenir écrivain, il a répondu qu’il serait romantique et beau de penser que le drame qu’il a vécu à 17 ans l’avait poussé à écrire mais qu’en réalité il écrit depuis qu’il a 7 ans (des poèmes d’enfant pour commencer, puis des nouvelles à l’adolescence, et depuis longtemps un journal) .Il s’est toujours senti bien dans ce moyen d’expression. Il savait de manière obscure, sans le dire, qu’il voulait être écrivain mais avec ce qui lui est arrivé, cela avait pris une autre ampleur. Il ne peut pas vivre sans écrire :  il écrit tous les jours et s’il n’écrit pas, il n’arrive pas à dormir.

Dans son premier roman « Accès direct à la plage », il a écrit un roman puzzle, à tiroirs, avec de nombreux personnages qui se croisent au fil des ans. Il a commencé avec quelques personnages qu’il a voulu suivre à d’autres périodes et il s’est même laissé surprendre par eux et a fait évoluer le roman en fonction d’eux.

La notion de « normalité » revient régulièrement dans ses romans et il dit qu’on a tous notre petite folie et que la sienne c’est la normalité. Cette recherche de normalité, pour lui, est liée à l’écriture car dans son milieu d’origine, le fait d’écrire sortait de la norme alors il se cachait. C’est cette expérience de la différence, liée à l’écriture, qui a amené une envie d’être comme tout le monde.

Pour revenir sur son intérêt pour les personnages dans ses romans, il explique que quand on est écrivain, il y a trois grands cycles : l’intrigue, les personnages et le style et que pour chaque écrivain il y a un aspect qui ressort plus. Chez lui, les intrigues sont minuscules et peuvent se réduire parfois à quelques lignes. Son influence anglo-saxonne fait qu’il a tendance à faire en sorte que le style se fasse oublier mais pour lui les personnages sont essentiels.

Il a raconté qu’il pouvait passer des heures à regarder les gens qui passent, en imaginant leurs vies. Il écoute ce que les gens disent dans les restaurants et se faire rappeler à l’ordre par sa femme (Alors là, je comprends très bien, je suis pareille! ma meilleure amie me dit que « j’ai mis mes antennes » quand je parais moins concentrée parce que j’écoute ce qui se passe ailleurs 😉 ). Les gens l’intéressent vraiment. Les personnages sont ses amis intimes et il est très attaché à eux, au point d’avoir du mal à terminer un roman car il a du mal à quitter ses personnages. Il reste parfois quelques heures dans sa pièce de travail après avoir fini pour les laisser partir.

Ses personnages ont une part de lui en eux. D’ailleurs, il mêle souvent de la réalité à la fiction et cela devient le roman. Il se dilue dans tous les personnages.

Il considère qu’il y a des personnages qui grandissent de façon harmonieuse mais que souvent on grandit face aux drames. Le bonheur permet aussi de grandir mais face à un drame la maturité monte à pic.

Ce qui l’intéresse beaucoup dans un personnage, c’est l’entre-deux. Dans « Un hiver à Paris », Victor est coincé entre Paris et la province, entre le lycée huppé où il étudie et le logement universitaire où il loge, entre le milieu social de ses parents et celui de ceux qu’il fréquente en prépa. Il est perdu mais en même temps, il est libre au milieu de tout. Jean-Philippe Blondel considère que tout le monde peut se retrouver perdu entre-deux à un moment donné et que lui même a ressenti cette impression de ne pas avoir « les codes » quand il a commencé à fréquenter le monde de l’édition.

Il aime beaucoup parler de lieux où les gens se croisent quels qu’ils soient, peu importe leurs vies ou leurs origines. Des lieux où toutes les histoires peuvent naître : plage, rue, train…

Concernant la nostalgie, il nous a dit qu’il y avait pas mal de nostalgie dans ses romans alors que dans la vie il était plutôt happé par le quotidien. Mais l’écriture est un moment qui permet de se poser et de revenir sur le passé et c’est quelque chose qu’il aime.

Au début de sa carrière d’écrivain, il jouait beaucoup sur la forme et il ne s’autorisait pas à plonger dans l’émotion mais maintenant il a envie de s’ouvrir à ses émotions. Il a parlé de « Et rester vivant » et « Passage du gué » qui sont ses deux romans les plus personnels (il m’a d’ailleurs semblé très ému en parlant su deuxième).

Il a expliqué que quand il commence un nouveau roman, il met beaucoup de temps à chercher une chanson qui va coller à son envie et ensuite il l’écoute en boucle tout le temps de l’écriture. Cela lui permet de garder une couleur au roman et chaque jour quand il reprend l’écriture, la musique le ramène exactement où il en était la veille. Cela donne une tonalité au roman qu’il est peut-être le seul à ressentir  mais qui est importante pour lui. (Cela m’a rappelé ce que Sorj Chalandon avait dit sur ses rituels d’écriture liés à la musique).

Jean-Philippe Blondel est toujours professeur d’anglais et il dit se sentir autant prof qu’écrivain. Si on lui demandait de choisir entre être prof d’anglais et écrivain PUBLIÉ, il choisirait prof car il considère qu’il sera toujours écrivain. Il organise sa vie autour de l’écriture, il a besoin de cette routine car l’écriture est essentielle pour lui et s’il ne devait plus être édité, il pense qu’il s’y ferait et continuerait d’écrire. Pour rester humble, il regarde souvent les catalogues d’éditeurs des années 70 pour se rendre compte que la majorité des auteurs de l’époque sont complètement oubliés aujourd’hui. Il a joute qu’il a aussi une vraie fibre pour le métier de prof.

Il a écrit G229 car il en avait marre d’entendre toujours la même chose dans les médias : soit des critiques sur les profs, soit une mise en avant des problèmes rencontrés à l’école et il regrettait qu’on ne se concentre jamais sur la majorité des cas où globalement tout se passait bien. Il voulait aussi remettre de l’humanité derrière le prof.

Concernant ses romans jeunesse/ado, il a expliqué qu’il n’écrivait pas différemment pour les jeunes et les adultes -à part qu’il mettait peut-être moins d’ellipses et que les romans sont un peu plus courts. Il déplore d’ailleurs qu’en France l’édition sépare tant les deux catégories. Dès qu’il y a un personnage adolescent, c’est classé en « jeunesse ».

Il a raconté qu’il a commencé à écrire pour la jeunesse par hasard. Pour remercier une classe dont il était très proche, il leur a écrit une histoire qu’il leur a lue et offerte sous forme de photocopies : « Un endroit pour vivre ». La mère d’un des élèves qui était libraire en a parlé à Jeanne Benameur qui l’a contacté pour le publier. Cette expérience a déclenché quelque chose. Il a eu envie d’écrire pour eux, pour ceux qui sont en face de lui tous les jours.

Il a ensuite parlé de son amour pour la littérature. Il aime Modiano « pour creuser le temps » et Kerouak « pour l’arrêter ». C’est un amoureux des livres qui peut en lire 80 par an mais qui, à part pour Proust et Modiano, n’est pas attaché à une œuvre mais plus aux livres. Il a parlé avec passion de certaines de ses lectures (Il a d’ailleurs dit que « Les intéressants » de Meg Wolitzer était extraordinaire) ajoutant qu’il était souvent étonné et emporté par ses contemporains. Il aime beaucoup les romans qui parlent de la vie quotidienne car il a besoin de se reconnaître dans les personnages.

Il a aussi parlé d’une adaptation théâtrale de son roman « 6h41« prévue bientôt et qu’il avait hâte de voir ses personnages sur scène.

Cette rencontre s’est passée sous le signe du sourire et de la bonne humeur. Plein d’aisance et de gentillesse, Jean-Philippe Blondel était naturel et sympathique.

Au moment de passer aux dédicaces, j’avais plusieurs livres à faire signer car j’avais proposé à Saxaoul qui m’avait prêté son exemplaire de lui renvoyé avec un petit plus 😉 J’avais aussi un livre pour ma copine Mrs B qui devait venir et qui a eu un empêchement de dernière minute. Personnellement j’avais acheté « G229 » que j’avais lu il y a longtemps mais emprunté à la médiathèque et « 6h41 ». Je lui ai dit que je m’étais reconnue dans « G229 » car j’étais prof d’anglais dans le même collège depuis 15 ans et que pour moi c’était  « A26 »! Au moment où il était en train de dédicacer mon deuxième livre, j’ai osé lui dire que j’avais un blog de lecture et je lui ai tendu ma carte de visite et là j’ai eu un grand moment d’émotion quand en voyant mon nom, il a dit « Ah mais oui! Mais oui, Enna! Mais il fallait le dire! » J’ai répondu que je n’osais pas trop mais que j’avais parlé de plusieurs de ses romans et que je les avais aimés. Il m’a dit que même si je ne les avais pas aimés, pour lui, une fois que le livre est lu, il vit sa vie. Je lui ai quand même dit que si je n’avais pas aimé ses livres je ne lui aurais peut-être pas donné ma carte 😉 Nous avons aussi parlé de ses romans jeunesse car j’étais contente de l’entendre dire qu’il ne faisait pas de différences quand il les écrivait. Je lui aussi dit que j’avais lu « Juke Box » après avoir lu « Et rester vivant » et que j’avais eu cette impression que les deux racontaient la même histoire mais que Juke Box (qui a été écrit en premier) était un roman plus « construit » et « Et rester vivant » le roman de l’émotion et il a approuvé.

Cette rencontre fut encore un très bon moment de découverte et d’échange avec un auteur et je suis vraiment ravie d’avoir la chance de pouvoir assister à ce genre d’événements! Il y a une pause dans le rendez-vous pour des raisons de transports ferroviaires mais la très bonne nouvelle c’est que normalement Carole Martinez devrait venir en décembre (et qu’elle va sortir un roman pour la rentrée de septembre!!)