« Sobibor » de Jean Molla

 

 

Ce roman jeunesse est loin d’être mièvre, il aborde des thèmes très lourds quand l’histoire avec un grand H empiète sur le présent de manière détournée.

Le premier chapitre nous plonge dans l’horreur de Sobibor le camp de la mort avec une scène poignante.

Ensuite nous rencontrons Emma, une jeune fille d’aujourd’hui, qui vole dans un magasin, comme un appel au secours et qui souffre d’anorexie et de boulimie et surtout d’un grand mal-être caché derrière un sentiment de toute puissance à dominer son corps. Elle était très proche de sa grand-mère polonaise qui vient de mourir. Cette dernière avait rencontré son mari, le grand-père d’Emma pendant la 2ème guerre mondiale. Un jour à la fin de sa vie, elle lui parle d’un certain Jacques et de Sobibor et quand Emma en parle à son grand-père, il se ferme complètement…

Puis nous découvrons Jacques Desroches que l’on suit au travers de son journal qui commence en 1942 quand ce jeune français se retrouve impliqué de son plein grès et avec enthousiasme dans les idées nazies et qui a un poste à responsabilité dans le camp de la mort de Sobibor.

Les histoires sont directement ou indirectement liées et sont toutes très poignantes, que ce soit dans l’horreur de la guerre et de la solution finale, dans la froideur et l’absence d’empathie de Jacques Desroches ou dans ce que ressent Emma.

C’est un roman sur l’histoire et les histoires de famille liées à celle-ci et le poids que doivent porter ceux qui savent ou devinent.

Un roman vraiment fort que je conseille à partir de 14 ans.

« Elle » de Hariette Lane

Ce roman raconte l’histoire de deux femmes très différentes : l’une, Nina, est une artiste aisée, aux goûts sûrs, pleine d’une assurance posée, remariée, mère d’une adolescente blasée et l’autre, Emma, est une jeune mère à la maison, débordée par son petit garçon de presque 3 ans et épuisée par sa grossesse mais surtout tirée vers le bas par l’impression que sa vie est mise entre parenthèses (ce personnage est vraiment très réaliste et bien écrit, est-ce du vécu ?)

Les deux femmes n’ont rien en commun mais Nina reconnait Emma qu’elle a connue dans le passé et leur chemin se croisent régulièrement par hasards –ou ce qui semble à Emma des hasards… On se demande où et comment Nina a connu Emma et surtout jusqu’où va aller le rapprochement qu’elle initie.

Au niveau du récit, l’histoire alterne les points de vue de Nina et Emma. Cela a un côté positif : on rentre dans la vie des deux femmes et dans leurs pensées et cela met bien en scène l’expression anglaise « there are two sides to a story » (quel est l’équivalent en français ?) puisque les mêmes événements sont racontés avec la vision de Nina ou d’Emma. Malheureusement, le défaut de cette construction c’est que cela se révèle assez répétitif puisqu’on a parfois une impression de « déjà lu ».

Après un début un peu lent, je suis bien rentrée dans l’histoire avec une réelle envie de savoir ce qui allait se passer entre les deux femmes et quel était le fond du mystère qui entoure leur passé commun. Une tension monte petit à petit et par petites touches on s’attend à un drame.

Malheureusement, je dois avouer que la fin m’a déçue, me laissant une impression de « tout ça pour ça ». Avec du recul, en y repensant en écrivant mon billet, je me rends compte aussi que cette histoire montre que parfois des petits riens du passé peuvent engendrer des récriminations telles qu’elles se cristallisent pour devenir des drames… Mais je pense que dans ce roman, il y a trop de contraste entre la montée de la situation et la révélation…

Une lecture pas déplaisante mais pas essentielle.

Ariane a plus aimé que moi!

 par Mrs B. Merci!

 chez Titine

« pronom personnel sujet »