« Little Tulip » de Boucq et Charyn

J’ai emprunté cette BD car j’avais lu des billets très positifs sur la blogosphère il y a quelques mois mais je ne me souvenais plus vraiment de quoi il s’agissait  (même si je me souvenais que c’était un sujet dur et violent). En la feuilletant, j’ai craint que les dessins ne me plairaient pas mais j’ai quand même tenté pour me faire ma propre idée.

Et je me suis pris une claque ! Effectivement, si je ne mets pas de coup de cœur c’est uniquement parce que je n’ai pas été complètement emballée par les dessins qui m’ont un peu « dérangée » et la fin devient un peu « fantastique » et ça ne m’a pas paru vraiment utile, mais je dois dire que c’ets une vraie BD « coup de poing » !

Paul est tatoueur à New York au début des années 1970. Lui-même est extrêmement tatoué mais se montre très secret au sujet de la signification de ses tatouages. Il aide la police à faire des portraits robots de criminels car il a un grand talent de dessinateur et une très bonne perception des caractères. Malheureusement, dans le cas de viols et de meurtres en série qui ont lieu dans la ville, il n’arrive pas à « voir » le coupable.

En parallèle, Paul nous raconte son passé. En 1947, il vit avec ses parents à Moscou mais ils sont envoyés tous les trois au goulag en Sibérie. Ils sont séparés et  « Pavel », l’enfant de 7 ans qu’il est, doit grandir dans un « orphelinat » entre travaux forcés, exploitation sexuelle et peur. Ce qui le sauve c’est de savoir très bien dessiner et de faire des « tatouages » en pastel sur le corps de ses camarades.

Il cherche ses parents et se retrouve alors impliqué dans des gangs de criminels qui sont ceux qui dirigent réellement les camps. Il apprend l’art du vrai tatouage et connaît l’enfer des luttes de pouvoir entre des hommes plus insensibles les uns que les autres.

Cette bande dessinée montre avec violence et force l’horreur des goulags et montre que les soviétiques n’avaient rien à envier aux nazis dans le domaine de l’horreur et de la déshumanisation.

C’est malgré tout une histoire humaine positive puisque Paul en ressort grandi plutôt que détruit.

Les couleurs dans les tons bruns et aux couleurs chaudes donnent une ambiance très appropriée au récit.

Le hasard a voulu que cet été je lise aussi un roman jeunesse qui parle des déportations soviétiques (« Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre ») j’en fais la thématique du jour.

 chez Titine (Jerome Charyn, le scenariste est américain et une partie de la BD se passe aux Etats Unis)

« Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » de Ruta Sepetys

Cela faisait un moment que j’avais envie de lire ce roman et en même temps le sujet me faisait un peu peur. Je savais que c’était un roman fort et j’ai donc profité des vacances pour le lire.

C’est ce que j’appelle un roman coup de poing qui nous montre un pan effrayant et horrifiant de l’histoire avec un grand H et la manière dont les êtres humains supportent et survivent à l’horreur (là aussi avec un grand H) et à l’injustice.

Lina est une jeune lituanienne qui vit avec son frère et ses parents. Son père est universitaire, ils sont cultivés et vivent une vie paisible. Lina est une artiste de talent qui ne peut pas s’empêcher de dessiner. Un jour, en 1941, le NKVD (les soldats soviétiques, qui s’appellera plus tard le KGB) les arrête sans explication et les déporte en train comme des milliers d’autres lituaniens.

Ils sont séparés, le père d’un côté, la mère et les enfants de l’autre et passent un temps qui semble interminable dans des wagons à bestiaux dans des conditions effroyables. Puis ils sont parqués dans un camp de travail puis envoyés en Sibérie et leurs conditions de vie deviennent de pire en pire…

Ce roman montre la nature humaine depuis la plus noire, en commençant par Staline et les ordres qui ont été donnés au départ mais aussi avec les personnalités des commandants et des gardes. Et il y a aussi la force dégagée par de beaux personnages qui essaient toujours, même dans des situations dramatiques, de faire ressortir le meilleur.

Ce roman est historiquement instructif car j’avais beau le savoir que Staline avait été un terrible bourreau, je suis sortie bouleversée car cela a été comme une prise de conscience de l’ampleur des choses. On parle beaucoup des camps de concentration et d’extermination nazis mais pas autant des camps soviétiques je trouve.

A la fin du roman, l’auteur ajoute quelques notes pour parler de l’histoire vraie puisque sa propre famille a vécu des choses racontées dans ce roman et elle s’est aussi servies de témoignages de personnes rencontrées.

J’ai terminé ce roman avec les larmes aux yeux. Je recommande cette histoire à partir de 14 ans mais aussi aux adultes !

Le hasard a voulu que cet été je lise aussi une BD qui parle des goulags en Sibérie («Little Tulip») : j’en fais la thématique du jour.

 chez Titine