Charlotte : David Foenkinos (lu par Yves Heck)

J’ai lu ce roman comme une biographie mais je me suis aussi laissé emporter comme dans la vie d’un personnage de fiction.

C’est la vie de Charlotte Salomon, depuis son enfance, avec une histoire familiale de suicides, puis de brimades dues au judaïsme dans l’Allemagne nazie. La jeune femme qui tombe amoureuse et qui peint et dessine, prend la fuite en France… Guerre et exil et une fin tragique. L’art est aussi au centre de sa vie.

Une vie digne d’une fiction avec ses exagérations, ses hasards, ses chances et ses malheurs, ses rebondissements et le génie du peintre qu’est le « personnage » principal… Et pourtant c’est une vraie personne.

J’ai trouvé cette histoire très touchante, je me suis beaucoup attachée à Charlotte et à sa vie hors norme.

La lecture par Yves Heck, tout en douceur, assez rythmée –sans doute pour rendre au mieux l’effet stylistique que David Foenkinos a pu donner dans sa typographie quasi poétique- a donné un ton particulier qui m’a beaucoup plu.

C’est une très bonne découverte, pas loin du coup de cœur.

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2014

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Chien de printemps : Patrick Modiano (lu par Edouard Baer)

Francis Janssen est un photographe et le narrateur est un jeune homme qui a rencontré l’artiste dans un café dans les années 60. Il classe les photos du photographe et entre un peu dans sa vie même s’il ne connait pas tout de lui. Ils sont proches d’une certaine manière et pourtant il y a aussi une distance, imposée par Janssen.

Il y a de la poésie, de la mélancolie, de la douceur et du rejet, des souvenirs dans lesquels on pioche comme dans un album photo.

Ce photographe, j’y ai cru, j’avais envie de voir ses photos et c’est en écrivant ce billet que j’ai réalisé qu’il était fictif. Mais j’ai aimé l’intimité transcrite par Modiano, l’impression de réalité et la recherche du passé, le mystère derrière des photos anonymes ou des bribes de vies que j’avais aimé dans « Dora Bruder » et dans « Rues des Boutiques Obscures ».

Ici aussi, la ville est un personnage à part entière et l’ambiance est plus importante que les faits ou l’action.

J’ai aussi aimé la façon de lire d’Edouard Baer (alors que je ne l’avais pas aimé dans « Oona et Salinger », car j’ai trouvé que son ton nonchalant collait très bien au personnage.

Une bonne découverte.

 

« La femme de l’allemand » de Marie Sizun

 

J’avais lu beaucoup de bien sur la blogosphère sur ce titre (je ne peux d’ailleurs pas citer chez qui je l’ai réellement repéré) alors quand je l’ai croisé dans une brocante en parfait état, je me suis laissé tenter.

Ce roman raconte l’histoire de Marion qui vit avec sa mère, Fanny. On les rencontre alors que Marion est une petite fille, après la guerre. Fanny a eu sa fille avec un allemand pendant la 2ème guerre mondiale. Elles vivent seules, Fanny étant coupée de ses parents (même si Marion, elle, voit ses grands-parents.)

Fanny n’est pas une femme simple et ce n’est pas une mère facile à vivre et à comprendre car elle souffre de troubles psychologiques, elle est maniaco-dépressive. On suit les hauts et les bas de ce « couple », de cette histoire pleine à la fois d’amour, de défiance, de crainte et d’envie de vivre autre chose.

On voit Marion grandir et souffrir. Elle tente de se créer sa propre stabilité. On voit Fanny avec les yeux de sa fille, son exubérance et sa liberté qu’elle admire tout en la craignant.

Cette histoire est vraiment touchante et poignante car on voit de l’intérieur ce que c’est pour un enfant et un jeune de vivre avec un parent instable.

J’ai beaucoup aimé ce roman que je vous recommande vraiment !

 objectif 2015 : -43