« La femme de l’allemand » de Marie Sizun

 

J’avais lu beaucoup de bien sur la blogosphère sur ce titre (je ne peux d’ailleurs pas citer chez qui je l’ai réellement repéré) alors quand je l’ai croisé dans une brocante en parfait état, je me suis laissé tenter.

Ce roman raconte l’histoire de Marion qui vit avec sa mère, Fanny. On les rencontre alors que Marion est une petite fille, après la guerre. Fanny a eu sa fille avec un allemand pendant la 2ème guerre mondiale. Elles vivent seules, Fanny étant coupée de ses parents (même si Marion, elle, voit ses grands-parents.)

Fanny n’est pas une femme simple et ce n’est pas une mère facile à vivre et à comprendre car elle souffre de troubles psychologiques, elle est maniaco-dépressive. On suit les hauts et les bas de ce « couple », de cette histoire pleine à la fois d’amour, de défiance, de crainte et d’envie de vivre autre chose.

On voit Marion grandir et souffrir. Elle tente de se créer sa propre stabilité. On voit Fanny avec les yeux de sa fille, son exubérance et sa liberté qu’elle admire tout en la craignant.

Cette histoire est vraiment touchante et poignante car on voit de l’intérieur ce que c’est pour un enfant et un jeune de vivre avec un parent instable.

J’ai beaucoup aimé ce roman que je vous recommande vraiment !

 objectif 2015 : -43

« Charlotte » de David Foenkinos (lu par Yves Heck)

J’ai lu ce roman comme une biographie mais je me suis aussi laissé emporter comme dans la vie d’un personnage de fiction.

C’est la vie de Charlotte Salomon, depuis son enfance, avec une histoire familiale de suicides, puis de brimades dues au judaïsme dans l’Allemagne nazie. La jeune femme qui tombe amoureuse et qui peint et dessine, prend la fuite en France… Guerre et exil et une fin tragique. L’art est aussi au centre de sa vie.

Une vie digne d’une fiction avec ses exagérations, ses hasards, ses chances et ses malheurs, ses rebondissements et le génie du peintre qu’est le « personnage » principal… Et pourtant c’est une vraie personne.

J’ai trouvé cette histoire très touchante, je me suis beaucoup attachée à Charlotte et à sa vie hors norme.

La lecture par Yves Heck, tout en douceur, assez rythmée –sans doute pour rendre au mieux l’effet stylistique que David Foenkinos a pu donner dans sa typographie quasi poétique- a donné un ton particulier qui m’a beaucoup plu.

C’est une très bonne découverte, pas loin du coup de cœur. 

 

    2014

 

« Chien de printemps » de Patrick Modiano (lu par Edouard Baer)

Francis Janssen est un photographe et le narrateur est un jeune homme qui a rencontré l’artiste dans un café dans les années 60. Il classe les photos du photographe et entre un peu dans sa vie même s’il ne connait pas tout de lui. Ils sont proches d’une certaine manière et pourtant il y a aussi une distance, imposée par Janssen.

Il y a de la poésie, de la mélancolie, de la douceur et du rejet, des souvenirs dans lesquels on pioche comme dans un album photo.

Ce photographe, j’y ai cru, j’avais envie de voir ses photos et c’est en écrivant ce billet que j’ai réalisé qu’il était fictif. Mais j’ai aimé l’intimité transcrite par Modiano, l’impression de réalité et la recherche du passé, le mystère derrière des photos anonymes ou des bribes de vies que j’avais aimé dans « Dora Bruder » et dans « Rues des Boutiques Obscures ».

Ici aussi, la ville est un personnage à part entière et l’ambiance est plus importante que les faits ou l’action.

J’ai aussi aimé la façon de lire d’Edouard Baer (alors que je ne l’avais pas aimé dans « Oona et Salinger », car j’ai trouvé que son ton nonchalant collait très bien au personnage.

Une bonne découverte.

« Les fidélités » de Diane Brasseur

J’ai repéré ce roman en lisant le billet très touchant de Stéphie que je vous recommande vivement !

Ce roman, c’est l’histoire d’un homme, la cinquantaine, marié depuis 12 ans, père d’une fille. Il vit entre Marseille et sa vie de famille et Paris où il travaille. Il est sensé vivre à l’hôtel la semaine et revenir tous les weekends voir sa famille mais en réalité, il vit une double vie avec sa maîtresse beaucoup plus jeune que lui.

C’est cet homme qui raconte son histoire et ce qui pourrait être sordide ou manichéen est surtout terriblement triste… J’ai trouvé cette situation vraiment triste car cet homme est très lucide sur sa vie et ses relations et même s’il ne peut pas se passer de sa maîtresse, il ne peut pas non plus imaginer sa vie sans sa femme qu’il aime encore.

En plus d’avoir un regard réaliste sur sa propre situation, il analyse aussi la vie des deux femmes qu’il aime et se rend compte qu’elles non plus ne peuvent pas être heureuses ainsi.

Ce roman, bien écrit, très sensible, m’a causé un certain malaise à cause de ce cercle infernal : ils ne peuvent pas continuer à vivre comme cela, cela ne mène nulle part et pourtant, il n’arrive pas à tout arrêter. C’est assez désespérant pour les 3 personnages.

 ma collègue Anne

 objectif 2015 : -41

Little Boy B a 6 ans! Et la vérité sort toujours de sa bouche!

Bastien a donc 6 ans aujourd’hui! C’est un âge assez intéressant car ça coïncide avec l’entrée au CP et il apprend plein de choses! (D’autant plus qu’il est dans une classe mixte CP/CE1). Il grandit, il teste un peu des trucs de « grands » mais globalement, il est assez facile à vivre 😉

 

Je poursuis la liste de ses bons mots (même si avec l’école, j’en ai peut-être moins noté, ou alors parfois il en dit et je n’ai pas le reflexe de les noter et puis je les oublie…Ce qui me fait penser que j’ai bien eu raison d’en noter autant au fil du temps 😉

« C’est quoi la rééducation ?

-C’est quand on a été blessé et qu’on fait des exercices pour aller mieux. Pourquoi tu me demandes ça?

Parce que papa il a dit qu’au bout de 6 fois chez le coiffeur on avait 10 pourcent de réduc…« 

 

« J’aime bien ma coupe parce que ça fait plus ado. On dirait que j’ai une tête triangle. J’aimerais bien avoir une tête triangle, la mienne elle est ronde.« 

 

Je demande à L’homme s’il veut que je l’aide à préparer à manger et il me répond que non.

« Papa il faut laisser maman faire quelque chose sinon elle s’ennuie!« 

 

On va cueillir des mûres et L’homme casse une toile d’araignée en attrapant une mûre :

« Tu as détruis tout un écosystème juste pour une mûre!« 

 

« Quand je serai grand j’aurai un téléphone portable mais j’aurai aussi un talkie-walkie pour mon zoo!!« 

 

En voyant un panneau « voie sans issue » il dit : »Route rebouchée« !

 

Depuis quelques temps je ne mange plus de lactose car je suis très certainement intolérante et Bastien a bien compris le concept : 

« Nous ça servirait à rien qu’on ait une vache ou une chèvre ou un animal Qui fait du lait à la maison, puisque tu peux pas manger de lactose. En plus une chèvre comme ça a des poils en plus tu serais allergique!« 

 

« Est-ce que ça existe des garçons qui font sortir des bébés ?

-Non.

Ouf! De toute façon moi je serai pas amoureux et j’aurai pas d’enfant.

-Pourquoi ?

Je t’ai déjà dit…

-Ah oui, parce qu’il faut s’occuper de son enfant…

Oui, il faut s’en occuper tout le temps, enfin, à part quand il a sa propre maison!« 

 

« Est-ce que maîtresse a des enfants ?

Oui, je pense. Toutes les maîtresses ont des enfants non? Alors je pense qu’elle en a.« 

 

« Maman, j’ai eu un bâton aujourd’hui mais c’était de la faute de G

-Ah bon, pourquoi?

G il a parlé, alors ça m’a donné envie de parler aussi, alors c’est de sa faute! » (Ben voyons…)

 

En visitant l’exploitation bio de volaille, le point d’orgue c’était évidemment tenir un poussin dans ses mains :

 « Il m’aimait bien, le poussin, parce qu’il faisait des petits bruits mignons!« 

Je lui ai dit : « Tu sais que les poussins, ils vont devenir des poulets et qu’on va les manger? »

Il a réfléchi : « Mais pas les poussins?

-Non, juste les poulets quand ils seront plus grands.

Ça me dérange pas, ils sont moins mignons!« 

 

Feuilleter des catalogues de Lego en coutant des histoires audio sur son poste CD : la belle vie 😉

Invitations en forme de poisson pour les copains après les vacances.

Aujourd’hui, pour son anniversaire, il va participer avec moi à la Marche des Roses organisée par mes copines des Roses en Baie qui lutte cotre le cancer du sein (pour qui Mrs B et moi avions couru le marathon Duo en mai) et ce sera donc une belle fête très sympa pour tout le monde et particulièrement pour lui! Il est très sensibilisé à l’association de Roses et après avoir fait un dessin pour ma copine Valérie, la présidente de l’assoc, il a décidé de lui faire un livre avec une histoire. Il a découpé, agrafé et dessiné et ensuite il m’a dicté le texte que j’ai écrit tel quel : Voici donc le livre de Bastien pour les Roses : 

Pietra Viva : Léonor de Récondo (Lu par Lazare Herson-Macarel)

Ce roman commence en 1505 quand Michelangelo (le célèbre sculpteur) qui dissèque des corps dans un monastère découvre qu’Andrea, un moine qui le fascinait par sa beauté est mort. Cela lui cause un véritable choc même s’ils ne se connaissaient pas vraiment. Il part alors à Carrare sur un coup de tête pour choisir les marbres pour le tombeau commandé par le pape Jules II.

Là-bas, il est baigné dans le monde des carriers et des tailleurs de pierre qu’il connait bien. S’il se montre parfois froid et hautain, il peut aussi se laisser toucher par les autres que ce soit avec le petit Michele qu’il rabroue parfois sans ménagement mais envers qui il a aussi une certaine tendresse, ou Cavallino, l’homme qui se prend pour un chevalet avec qui il se montre attentif.

Mais ce roman, c’est surtout un roman d’introspection. Michelangelo se pose de nombreuses questions sur son attachement quasi amoureux à Andrea et il se plonge dans une recherche de souvenirs d’enfance qu’il pensait avoir effacés.

Il y a beaucoup de poésie dans la manière dont sont abordées les différentes facettes de la personnalité de l’artiste. Et l’art est évidemment aussi au cœur de l’histoire : du dessin à la sculpture en passant par le matériau brut qu’est le marbre.

J’ai aimé le style, très délicat et poétique. J’ai aimé que le personnage de Michelangelo soit montré comme torturé et en recherche de ce qu’il est vraiment. J’ai trouvé que c’était un personnage intéressant et plutôt touchant avec ses défauts.

Le lecteur, Lazare Herson-Macarel, a su très bien faire vivre ces différents aspects du personnage.

Une bonne découverte.

Chez Sylire

Le thème du mois est « Une histoire qui se passe dans un pays d’Europe autre que la France », ici : l’Italie)

              avec Sylire : Allons voir son avis!

Le mois Italien chez Eimelle

La Sirène (Tome 6) : Camilla Läckberg (lu par Jean-Christophe Lebert)

Je poursuis ma lecture de la série suédoise avec Ericka Falk et son compagnon Patrick Hellström écrite par Camilla Läckberg. Erika, la jeune écrivain mère de famille est toujours aussi curieuse et Patrick est toujours policier dans la petite ville balnéaire de Fjällbacka (je suis allée copier le nom de la ville, je suis incapable de l’écrire de tête 😉

Comme d’habitude, le récit au présent est entrecoupé par des scènes du passé qui ne sont pas du tout datées et dont on ne saisit pas tout de suite le lien avec les personnages actuels. Il y a aussi la vie quotidienne de Erika et sa famille – elle est à nouveau enceinte, de jumeaux cette fois, et sa sœur est également enceinte. Mais surtout il y a une enquête policière.

Tout d’abord, il s’agit juste de la disparition d’un habitant de Fjällbacka qui ne passionne pas la police. Et puis Christian, l’ami bibliothécaire d’Erika qui vient de sortir « La sirène », son premier roman, avec beaucoup de succès,  révèle à contre coeur qu’il reçoit des lettres de menaces depuis des semaines. Il y a des morts, des gens qui font des mystères sur leurs liens et leurs agissements et Christian n’est pas le seul à recevoir des menaces…

Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans risquer de dévoiler certains éléments de l’intrigue mais j’ai encore une fois bien aimé ce roman. J’aime le mélange des niveaux de lectures : le côté léger de la vie des personnages (les collègues de Patrick, la famille, les amis), le côté purement policier avec l’enquête, les pistes, les doutes et le mystère autour du passé –d’autant que comme on se doute qu’il y a un lien, on ne peut pas s’empêcher de chercher avec quelle partie de l’histoire actuelle ces éléments du passé vont s’imbriquer.

Je compte bien continuer à lire les aventures d’Erika et Patrick (d’autant qu’après la lecture du dernier chapitre, je suis juste contente qu’il y ait bien un autre tome (mais chut… je ne dis rien de plus !)

La série d’Erika Falk :

La princesse des glaces (Tome 1) 

Le prédicateur (Tome 2)

Le tailleur de pierre (Tome 3)

L’oiseau de mauvais augure (Tome 4)

L’enfant allemand (Tome 5)

Le gardien de phare (Tome 7)

La Faiseuse d’anges (Tome 8)

 Chez Sylire

Le thème du mois est « Une histoire qui se passe dans un pays d’Europe autre que la France », ici : la Suède)

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Challenge Petit Bac 2015 : catégorie « animal »

Les vieux fourneaux -Tome 2- Bonny and Pierrot : Lupano et Cauuet

 

 Dans ce deuxième tome, Sophie a eu son bébé et elle a fait parvenir une grosse somme d’argent à Pierre pour son groupe de vieux anarchistes aveugles, anonymement, avec un petit mot « Pour la cause ! Ann Bonny ». Elle pensait pouvoir l’aider dans son collectif « Ni yeux ni maître » et soutenir leurs actions citoyennes de sabotages mais sans le savoir ce mot déclenche chez Pierre un immense désespoir. En effet, si Sophie a choisi ce surnom un peu par hasard, il se trouve que c’était aussi le surnom de la femme que Pierre aimait follement mais qui a disparu et qu’il croyait morte depuis 50 ans.

Dans ce volume, nos personnages truculents du premier tome sont donc à nouveau réunis pour soutenir un de leurs amis. Antoine va donner un coup de main chez « Ni yeux ni maître » et Mimile crée un spectacle de marionettes avec Sophie. De son côté, cette dernière cherche une solution pour réparer sa bévue auprès de Pierre.

Qu’ils sont chouette ces vieux, qu’ils sont irrévérencieux, avec leur langage imagé et bien à eux et leurs caractères bien trempés!  Un régal !

Vivement le tome 3. D’ailleurs, j’ai lu sur la page Facebook « Les vieux fourneaux » qu’il va sortir le 13 novembre !!

   chez Stephie

Les vieux fourneaux -Tome1- Ceux qui restent : Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux, ce sont trois vieux copains (qui se connaissent depuis toujours ET qui sont aussi très âgés) qui n’ont pas leurs langues dans leurs poches et qui ont fait les 400 coups ensemble dans leur jeunesse, que ce soit au niveau syndical avec des conflits violents avec le patron de l’usine Garan-Servier ou tout simplement avec leur état d’esprit anarchiste qui ne les a jamais vraiment quitté.

On les encontre au moment de l’enterrement de Lucette, la femme d’Antoine, l’un d’entre eux. Emile et Pierre viennent soutenir leur ami et ils se souviennent avec émotion et rires de leur jeunesse et de Lucette et de son théâtre de marionnettes.

Ils passent aussi beaucoup de temps avec Sophie la petite fille d’Antoine et Lucette, une jeune femme qui ressemble beaucoup à sa grand-mère, qui est (très) enceinte mais qui n’a pas d’homme dans  sa vie et qui a repris le « théâtre du loup en slip ». Elle semble avoir hérité du caractère de ses grands-parents.

Le passé de Lucette refait surface et Antoine cherche à se venger de son ancien patron et entraîne ses deux amis et sa petite fille dans une aventure inattendue.

Cette BD est réjouissante ! Des personnages hauts en couleurs avec un langage « fleuri », argotique, drôle et décalé. C’est drôle et vivant. Ils m’ont souvent fait penser aux Tontons flingueurs. Les scènes avec le groupe anarchiste « Ni yeux ni maîtres » de Pierre sont excellentes avec un humour grinçant !

Une belle leçon d’amitié et d’amour !

Une interviewe très intéressante des deux auteurs chez Jacques

  chez Stephie