Les madeleines d’Enna (et le tirage au sort du « Book jar » pour m’aider à choisir un livre de ma PAL ;-)

Depuis 2000, je note tous les titres des livres que je lis dans des petits carnets. Il n’y a aucune indication à part l’année, un numéro et les titres et les auteurs et pourtant quand je jette un coup d’œil à ces listes, certains titres évoquent immédiatement le lieu où j’étais quand j’ai lu ce livre, avec qui j’étais, ce que je ressentais à l’époque ou des pensées entraînées par cette lecture.

Pour fêter les 7 ans du blog, après les « Curiosités bloguesques », puis « Une année en couleur« ,  « Des titres et des textes » , « Ce mois-ci, j’ai aimé, je n’ai pas aimé »« Les 5 sens » « 8 photos pour 8 moments de vie » et enfin « Retour vers le futur », je vous propose un nouveau rendez-vous que j’ai appelé : .

Tous les 8 du mois, je vous donnerai 7 titres de livres lus entre 2000 et 2014, que je les ai chroniqués ou pas, non pas pour vous parler du contenu mais pour évoquer avec vous les souvenirs qui sont liés à ces titres. De votre côté, n’hésitez pas à me parler de titres qui VOUS évoquent des souvenirs personnels dans les commentaires!

 : « The Virgin suicides » de Jeffrey Eugenides

Je me revois en train de lire ce roman et d’en parler à mes collègues alors que nous faisons grève devant les grilles du collège avec quelques parents pour demander l’ouverture d’une classe de 6ème supplémentaire.

 : « Windows on the world » de Frédéric Beigbedder

Je me revois en train de lire ce roman assise par terre dans ma salle de bain en attendant que mon bain coule (je ne prends presque jamais de bain alors c’est peut-être pour ça que je m’en souviens) et je me souviens très bien de la partie que je lisais (quand les gens essayent de s’échapper par les toits pour ceux qui lu le livre).

 

 : « Trilogie New Yorkaise » de Paul Auster

Je suis fâchée avec L’Homme et je suis allée lire dans ce qui était la chambre d’ami à l’époque (maintenant la chambre de Bastien) et j’ai dû lire une partie de la nuit!

 

 : « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro

Nous sommes à Göreme en Turquie (en Capadoce) et nous logeons dans une chambre troglodyte. J’ai donc lu ce livre dans une grotte 😉

 

   « Un long dimanche de fiançailles » de Sébastien Japrisot 

J’ai lu ce roman à la maternité, pendant la loooongue attente car Bastien ne semblait vraiment pas vouloir venir (il a été déclenché deux fois quand même!) et j’ai même une photo de moi en train de lire ce roman sur la table d’accouchement… en train d’attendre 😉

Photo à l’appui 😉 

 

    « L’étrange disparition de Esme Lennox » de Maggie O’Farrell 

Je me revois dans le jardin de mon frère à La Rochelle en train de lire ce roman sur un transat… la belle vie!

 

 : « La maison d’à côté » de Lisa Gardner  

J’ai lu ce roman en version audio et un problème technique m’a fait commencer l’histoire au milieu (c’est un polar mais j’ai eu de la chance aucune révélation n’avait été faite) et je me revois en train d’écouter à nouveau depuis le « vrai » début en courant et de me dire : « Ah oui! J’avais bien compris ça! » 😉

Et vous? Avez vous un souvenir associé à un titre?

 

 Et avec ces lectures, vous prendrez bien un petit quelque chose à manger?

Pour nous réchauffer une soupe de potimarron  

et un poulet à l’ananas  (Cliquez sur les photos pour les recettes)

 

 Enfin, le « Book Jar » : aidez moi à choisir la prochaine madeleine dans ma PAL  

Dans les commentaires, donnez moi un nombre entre 1 et 44… (soit au hasard soit en choisissant dans ma PAL) : jeudi ou vendredi soir Bastien fera le tirage au sort!

 (d’un clic sur l’image vous arrivez sur ma PAL)

« Je reviens de mourir » de Antoine Dole

Ce roman n’est pas un roman facile, ce n’est pas un roman jeunesse léger (d’ailleurs j’ai envie de dire que pour moi ce n’est pas un « roman jeunesse » mais un « roman adulte » que l’on peut conseiller à de grands jeunes lecteurs, mais pas avant le lycée).

Ce roman est dur, poignant. C’est un roman « coup de poing » tant dans l’écriture que par le sujet. C’et un roman dérangeant qui dégage une vraie force.

Antoine Dole nous raconte deux histoires en parallèle, deux jeunes femmes, deux vies et deux rapports aux hommes et à sa propre image. Marion une très jeune femme qui est très amoureuse et dépendante de Nicolas qui l’a poussée à la prostitution et qui la maltraite : physiquement par les coups et verbalement… Tout cela sans résistance car Marion est prisonnière de son amour et de son manque d’estime qui lui fait penser qu’elle ne peut pas vivre sans lui. Au moment d’écrire ce billet, plusieurs jours après avoir fini ma lecture je suis encore émue en pensant à cette jeune femme …

Et puis il y a aussi Eve, qui est elle est dans un cercle de violence qu’elle s’impose : elle rejette tout ce qui peut s’apparenter aux sentiments et se remplit littéralement par le sexe et utilise les hommes pour assouvir une sorte d’auto destruction… La sexualité est pour elle une sorte de moyen de se protéger des autres, comme si elle maîtrisait sa vie mais en réalité elle est aussi prisonnière de cette attitude… Jusqu’à ce qu’elle rencontre David qui la tient à distance et qui lui donne envie malgré elle de laisser une place à quelqu’un…

Ces filles ont des vies brisées, saccagées, c’est violent, c’est glauque, c’est trash et pourtant c’est tellement réel et réaliste, c’est tellement bien écrit que ça en fait encore plus froid dans le dos.

Je vais être honnête et dire que je ne suis pas sure d’avoir absolument compris la fin, je pense qu’il faudrait que je le relise mais je ne suis pas sure d’en avoir la force car c’est un roman qui a beau être court, il se lit avec la boule au ventre… Et pourtant… même si écrire ce billet a été très compliqué (et sans doute très maladroit, je m’en excuse) je vous le recommande vivement car c’est important de se faire bousculer par la littérature !

 

 

Repéré chez Stephie  par Sandrine (cliquez sur son nom pour lire son billet) 

 objectif 2015 : – 50

« La maladroite » de Alexandre Seurat

J’avais repéré ce titre chez Leiloona et Noukette (Ma marraine pour les Matchs de la rentrée littraire) quand elles en ont fait une LC et je savais que c’était un roman coup de poing basé sur une histoire vraie –et le savoir n’est pas anodin car d’une part cela rend la lecture encore plus terrible de savoir que ces événements se sont vraiment produits mais c’est aussi utile de le savoir car peut-être que sans cela j’aurai eu du mal à me dire que c’était réaliste… Et pourtant si…

La maladroite est l’histoire d’une petite fille, Diana, depuis sa naissance (non désirée, au point d’avoir été mise au monde sous X) au travers du regard et des témoignages de sa grand-mère et de sa tante tout d’abord, puis des instituteurs et directrices d’écoles qui alertent les médecins scolaires et les services sociaux de leurs suspicions de maltraitances envers la petites fille… Et c’est un engrenage terrible du fait qu’aucune action n’est entreprise… Les parents, si eux ne témoignent pas dans le roman, sont montrés comme étant manipulateurs et ils semblent glisser au travers de toutes les mailles. Pendant ce temps là, derrière un sourire, Diana subit de plus en plus d’horreurs.

J’ai lu ce roman en deux fois, il est assez court, et je ne pouvais pas le reposer avant de l’avoir fini. Je l’ai lu comme en apnée… Je savais comment cela finassait et pourtant j’avais besoin d’aller au bout.

Il y a tant d’innocence et de confiance et de besoin d’être aimé chez Diana. Il y a tant de manipulation machiavélique de la part des parents, tant d’impuissance du côté des enseignants qui ont signalés la maltraitance et tant de légèreté (pour dire d’incompétence) dans la manière dont les services sociaux ont traité ce dossier, cette petite vie…

J’ai eu du mal à m’endormir après cette lecture… Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à mes élèves… Et penser que les enfants maltraités, les enfants victimes sont souvent leurs propres pires ennemies car souvent ils aiment sincèrement les bourreaux aussi forts que ces derniers les détestent… et c’est vraiment poignant…

J’ai aussi aimé la construction du roman, assez factuelle et simple mais avec malgré tout de l’émotion, que ce soit dans l’indifférence, l’inquiétude ou l’impuissance exprimées dans les témoignages.. Celui du grand frère est particulièrement touchant car on réalise que les parents n’ont pas « abîmé » que leur enfant martyre…

A lire… mais en sachant à quoi s’attendre et en choisissant peut-être un moment propice !

Matchs de la Rentrée Littéraire

 objectif 2015 : – 49

Que faisions nous le samedi 12 décembre à 00h12 et/ou à 12h12 ?

 

Le 12/12, nous avons été 13 à prendre 17 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire  (sur une idée de Cstef du blog « Une Photo, une bidouille »!!) 

J’ai transmis ces photos à  Steff  qui en a fait cette mosaïque! Merci à elle et merci à tous les participants!

 

A 00h12 : 4 photos

Personnellement,  j’avoue que j’ai pris la photo à 00h02…  car j’étais en train de m’endormir sur mon livre (« Le livre des Baltimore » de Joël Dicker) et je n’avais plus la force d’attendre 😉

Rachel  essayait de lire malgré son chat.

Nath finissait des cartes de voeux car elle essayait pour une fois d’être un peu en avance.

Manika preparait son MP3 pour une écoute de livre audio.

 

A 12h12 : 13 photos

Personnellement  j’étais en pleine préparation de mon inspection de lundi (opération « mettre au propre ma séquence…) 

Steff  était en atelier Thermomix

Céline   était chez son père pour fêter les 25 ans de son beau-frère.

Sandrine remballait un adaptateur pour écouter des musiques dans sa voiture avec son Ipod. Il ne convenait pas car il n’acceptait que les clés USB.

Vive les Bêtises servait le repas, gambas grillées au curry pour les adultes et saucisses grillées pour les enfants. Sa photo est floue car son téléphone a fait une mauvaise chute 😦

Didinegc mettait ses bottines pour aller récupérer sa fille Isaline au tennis.

Wakanda  était entrain de faire la file au magasin pour acheter un manteau et des escarpins pour un fête de mariage où elle était invitée le soir.

L’Irrégulière était en train d’essayer de faire un montage video avec un nouveau logiciel (lightworks) mais elle a laissé tomber peu après car c’était trop compliqué !

Marion avait oublié et était en pleine discussion avec une cliente dans une galerie d’artisanat et d’art local… Heureusement son amie qui fait du bénévolat avec elle s’est rappelé du jeu et l’a prise en photo à 12h12 en plein travail!

Rachel préparait le dessert pour le repas du midi (et on voit que nous ne sommes pas sur le même hémisphère car ce sont de belles fraises 😉

Nath passait à table avec des paupiettes et du chou fleur.

 Manika finissait d’arriver en voiture chez ses parents

Sandrion était en train de préparer des « roses aux pommes » pour les présenter au rendez-vous gourmand du dimanche sur son blog. 

 

 

Merci à tous les participants!   

Le prochain rendez-vous sera  : le vendredi 1/01 à 1h01  (dans la nuit de jeudi à vendredi) et/ou à 13h01: Parlez en autour de vous 😉

Un rappel une semaine avant et la veille au soir et le jour même pour éviter d’oublier 😉 

J’espère que nous serons nombreux à jouer!

Souvenirs, souvenirs :Voici ce qu’on faisait  le 3/03 à 3h03 (de l’après-midi)  et  le 4/04 à 4h04 (de l’après-midi) et le 5/05 à 5h05 (de l’après-midi) et le 6/06 à 6h06 (du soir) et le 7/7 à 7h07 (du soir) et le 9/9 à 9h09 (du soir) et le 10/10 à 10h10 (du matin) et le 11 / 11 à 11h11 et  le 12/12 à 12h12 et le 1/01 à 1h1 ou 13h01 et le 2/2 à 14h02 et le 3/3 à 15h03 et le 4/4 à 16h04 et le 5/5 à 17h05 et le 6/6 à 18h06 et le 7/7 à 19h07 et le 9/9  et le 10/10  et le 11/11 et le 12/12  et le 1/1  et le 2/2  et le 3/3  et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6 et le 7/7 et le 9/9 et le 10/10 et le 11/11

Qu’est ce que je faisais le samedi 12 décembre à 00h12 ET/OU à 12h12?

Le 12/12 à 00h12 ou plus exactement à 00h02 heure à laquelle j’avoue que j’ai pris la photo, j’étais en train de m’endormir sur mon livre (« Le livre des Baltimore » de Joël Dicker) et je n’avais plus la force d’attendre 😉

à 12h12, j’étais en pleine préparation de mon inspection de lundi (opération « mettre au propre ma séquence…) Comme vous pouvez le constater je vais parler des animaux domestiques!

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible : ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir)

On se donne au plus tard le 15   pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 17?

A bientôt!

« Allah est grand, la République aussi » Lydia Guirous (lu par Delphine Alvado)

Parler d’un essai est pour moi beaucoup plus dur que de parler d’un roman car il n’y pas le filtre de la fiction, ce sont les faits, les pensées de son auteur et je n’ai pas vraiment de « jugements » à y apporter et ce n’est vraiment pas simple de donner son avis. C’est d’autant plus vrai avec ce livre qui traite de sujets sociaux, humains, politiques, ancrés à la fois dans l’histoire de notre pays et dans son actualité. Des sujets polémiques puisqu’il s’agit de l’immigration, la particularité étant que c’est l’opinion d’une jeune femme issue de l’immigration, politisée à droite, intellectuelle, moderne et féministe… C’est pourquoi pour commencer, une fois n’est pas coutume, je vais commencer par vous citer la présentation de l’éditeur…

« Loin de haïr sa nouvelle patrie, Lydia Guirous, qui a fui la guerre civile en Algérie, raconte avec force et vivacité son parcours, entre rêve français et désillusions, engagement et lucidité.
Son livre est un pamphlet brûlant contre tous les communautaristes. Incapables de s’adapter, réfractaires et violents, ces derniers constituent le terreau de toutes les dérives, celles-là-mêmes qui ont donné les Mohamed Merah ou, plus récemment, les Mehdi Nemmouche. Autant d’intégristes qui la désignent, elle, la jeune femme bien intégrée, comme une « colla-beur »…
À travers des anecdotes tantôt savoureuses, tantôt grinçantes, elle raconte le traitement réservé aux femmes, le leurre de la double culture qui fait de vous des apatrides, le jeu trouble des politiques quels qu’ils soient, la responsabilité du FN qui, par ses discours, stigmatise les comportements communautaristes et les renforce.
Forte de son expérience et de ses convictions, elle propose des solutions pour aller de l’avant et parie sur un avenir lumineux et apaisé. »

Le livre commence par la citation d’un extrait d’un discours de Jacques Chirac en 2007 :  « Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. Dans notre histoire, l’extrémisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l’âme de la France dit non à l’extrémisme. »

Je vais aussi vous citer le prologue qui résume bien le propos de l’auteur :

« Je suis une jeune femme née en Kabylie, arrivée en France à l’âge de six ans pour fuir le terrorisme de la décennie noire en Algérie. La France nous a accueillis les bras ouverts. Du racisme, de la discrimination ? Oui il y en a eu, mais on m’a appris à l’ignorer pour avancer. C’était en 1989, le bicentenaire de la Révolution française était célébré et l’affaire du voile islamique de Creil faisait l’actualité… Vingt ans plus tard, c’est la burqa et le djihad qui occupent les esprits. Du voile à la burqa, cela sonne comme une défaite du la République face aux communautarismes. Et les droits des femmes musulmanes et leur émancipation n’avancent pas. Aujourd’hui j’ai vingt-neuf ans et l’air me semble irrespirable. De Roubaix, ville devenue la référence du communautarisme et du halal, j’ai vu ma France vaciller, s’oublier et abdiquer. La « communauté » maghrébine est manipulée et s’enlise dans le piège du repli identitaire. Ceux qui ont choisi la République sont violemment rejetés et insultés. Il sont des « infidèles », des « traîtres », des collabeurs ». Une partie des enfants des quartiers difficiles est embrigadée dans l’obscurantisme et emprunte les chemins de l’islamisme radical, du djihad… et du rejet de la France. Ils ne se considèrent plus comme français mais comme appartenant à la patrie des « Muslims ». Pourtant, après la décolonisation, et même si de nombreuses plaies étaient encore ouvertes, les primoarrivants éprouvaient tous une grande fierté à rejoindre ce pays de liberté et d’égalité. Mais depuis, prière après prière, ces enfants nés en France entament une évolution terrifiante pour notre pays et pour les musulmans de France. »

Alors que dire ?

Cette jeune femme a des propos très tranchés qui, s’ils étaient tenus par quelqu’un qui n’était pas d’origine maghrébine, pourraient être presque considérés comme offensants  et peut-être même racistes mais en fait, elle bouscule une certaine « bien pensance » (qu’elle appellerait sans doute  « de gauche » car elle est clairement à droite) en reprochant à la fois aux immigrants de ne pas faire les efforts nécessaires pour s’intégrer et à ceux (politiques, monde associatif et autres bobos), par facilité, par intérêt ou par « bons sentiments »,  de permettre aux immigrants de ne pas s’intégrer… Et même si ce qu’elle dit m’a parfois heurté dans mes propres bons sentiments et ma propre « bien pensance » de gauche, je dois reconnaître que j’ai souvent été d’accord avec elle… Pas sur tout : elle est parfois très à droite et un peu trop réactionnaire quand il s’agit de l’école par exemple (le retour à la blouse ou à l’uniforme … Il n’y a qu’à regarder en Angleterre à quel point cela ne gomme pas vraiment les inégalités…)

Par contre ses origines et son féminisme permettent d’avoir un point de vue très intéressant sur le port du voile qu’elle réprouve totalement. Elle évoque tous les aspects de la religion qui sont pour elle des véritables freins à l’intégration, prônant la laïcité dans la république.

Ce fervent défenseur de la République parle de son expérience personnelle, sa famille, leur installation en France, leur volonté de se fondre dans la France d’accueil, sans pour autant oublier leurs racines, mais elle fait aussi un constat de la situation en France que ce soit par la manière dont sont traités les immigrés et dont ils traitent la France. Elle fustige – à juste titre- le communautarisme, l’extrêmisme et évoque la difficulté d’être une femme dans le milieu musulman et le fait d’être laïque et républicain dans la « communauté » maghrébine.

C’est vraiment passionnant et dérangeant. Je la trouve assez admirable –et courageuse-dans son discours car elle s’est certainement mise à dos une grande partie de ceux qui se nomment « la communauté maghrébine » mais aussi certains politiques qu’elle égratigne au passage.

Je trouve malgré tout qu’elle peut paraître un peu trop sure d’elle et catégorique, ne laissant pas beaucoup de place au dialogue mais je pense qu’elle donne un coup de pied dans une fourmilière  qu’il ne va pas être facile de gérer.

Je ne suis certainement pas assez claire et c’est vraiment dur de parler de document, mais j’ai trouvé cela très instructif, je me suis pas mal remise en question en l’écoutant.

J’ai lu ce témoignage, ce pamphlet, juste après les attentats du 13 novembre et c’était un choix délibéré de ma part. J’avais envie de chercher à comprendre mieux comment et pourquoi ces français (qu’ils soient issus de l’immigration ou pas) peuvent avoir envie de s’engager dans des mouvements radicaux comme Daech. Elle traite d’ailleurs de ces dérives et c’est très instructif.

Je vous recommande cette lecture (la version audio est réussie car la lectrice colle très bien à la détermination de l’auteur.

 

          par Sylire (Cliquez sur son nom pour lire son avis)

 avec Saxaoul: allons lire son avis!

Magasin Général -T9 Notre-Dame-des-Lacs : Loisel et Tripp

J’ai ouvert cet album avec une pointe de tristesse car je savais que c’était le dernier tome d’une série dans laquelle j’ai adoré me plonger et retrouver les personnages touchants et attachants. Les dames se font faire de belles robes et de belles chaussures et c’est l’occasion de discussions animées et quand les hommes reviennent au village, ils sont tous sous le charme de leurs femmes transformées.

Ils doivent aussi se faire aux autres changements qui ont eu lieu en leur absence mais cette fois ils acceptent avec bienveillance et font même des changements pour moderniser le village.

Le soir de la Saint Jean est la date choisie pour baptiser le bateau de Noël. C’est l’occasion d’une grande fête au village qui se prépare des semaines en avance. Réjean, le curé, et Serge vont à Montréal ensemble pour faire des achats et voir la famille du prêtre mais c’est surtout l’occasion d’un grand moment de liberté pour les deux hommes qui abordent leur relation différemment.

Le jour de la fête se transforme en drame mais le baptême est également remplacé par un jour de naissance qui fait oublier la tristesse et marque le début d’une nouvelle vie pour tout le monde.

Depuis qu’elle est allée à Montréal, Jacinthe prend des photos de tout ce qui l’entoure et à la fin de ce dernier tome, il y  a un « bonus » : l’album photo de la jeune femme dans lequel on trouve des photos et des légendes. Il y a des photos que l’on reconnaît car on a vu les scènes dans les albums précédents mais surtout il y a des photos prises après la fin de ce dernier tome et c’est un réel bonheur d’avoir des « nouvelles » des personnages qu’on a appris à connaître et aimer. Je ne vous cache pas que j’ai eu la larme à l’œil en refermant ce dernier tome… J’avais l’impression de rentrer chez moi après avoir passé deux ans avec eux 😉

Bravo aux auteurs d’avoir su mêler l’humour et émotion tout au long des ces 9 tomes avec beaucoup de cohérence et de justesse. Je vous recommande vraiment toute la série, à lire comme un ensemble car il y a une vraie évolution.

  chez Karine:) et  Yueyin

Magasin Général -T8 Les femmes : Loisel et Tripp

 

La vie reprend au village, sous la neige et sans les hommes partis travailler dans les bois. Les jeunes sont insouciants, Marie garde son secret partagé avec Serge et Rejean le curé traverse une crise de conscience et de foi et se retire de ses fonctions auprès de son vieil ami Noël. Les dames Gladus –les trois veuves bigotes- se sentent abandonnées et se mettent à dérailler un peu mais les autres villageois vivent plutôt bien cette religion à mi-temps.

Une histoire d’amour qui s’était tissée entre deux habitants devient officielle et Marie dévoile également sa nouvelle, sans honte.

Les fêtes de fin d’année se préparent et sont très festives tout le monde étant réunis. Les femmes du village réalisent qu’elles aussi, comme leurs filles, aimeraient profiter  d’un peu de la liberté ramenée de Montréal et elles laissent leurs petits pour passer du bon temps entre elles dans la ville d’à côté.

Encore un album très riche et vivants avec des personnages particulièrement attachants avec leurs doutes et leurs rêves.

  chez Karine:) et  Yueyin

Magasin Général -T7 Charleston : Loisel et Tripp

 

Les frères Latulippe sont installés chez Marie. L’un est blessé et alité et l’autre rase sa grosse barbe d’homme des bois pour se rapprocher de Marie qui l’accepte bien volontiers.

Montréal s’immisce petit à petit dans le village avec le phonographe qui joue du charleston et les robes à la mode de la ville, le rouge à lèvres.

Les esprits s’échauffent, on boit beaucoup, on danse beaucoup, des histoires d’amour se  tissent petit à petit. Les vieilles bigotes du village se plaignent du manque d’autorité car il n’y a plus de maire. Le curé essaie d’organiser des élections qui se révèlent être plus être des occasions de faire des fêtes à répétition faute de candidats et les femmes commencent à nouveau à en vouloir aux hommes qui ne sont jamais présents alors que la saison d’hiver et leur longue absence du village se profile.

L’album se termine par une révélation qui risque d’être fracassante pour les derniers tomes ! (chut… j’essaie de ne pas trop en dire pour ne pas spoiler 😉

  chez Karine:) et  Yueyin

22/11/63 : Stephen King (lu par François Montagut)

 

(Petit clin d’œil : je mets en ligne ce billet le jour indiqué dans le titre 😉

Avant toute chose, je dois vous informer que cette lecture est un pavé ! En version papier, il fait 1050 pages et en audio cela se compte en heures d’coute : 36heures ! Ma plus longue écoute et pourtant je ne me suis pas ennuyée une seconde  et cela ne m’aurait pas dérangée d’en écouter quelques heures de plus !

J’imagine très bien une série télévisée tirée de ce roman, avec de nombreux épisodes, cela s’y prêterait vraiment bien !

Alors vous vous doutez bien qu’il n’est pas du tout facile de parler de ce livre… que dire, que garder pour moi pour ne pas gâcher l’intrigue, que dire pour vous donner envie de vous plonger dans cette grande histoire ? Pour tout dire, je ne savais presque rien de ce roman avant de le commencer à part que ma copine Mrs B avait adoré alors je vais essayer de vous laisser un peu de mystère quand même (et puis… comment résumer 1050 pages ?? 😉

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, en 2011. Un jour, il est appelé en urgence par Al Tempelton, le propriétaire de la cafétéria de la ville. Ce dernier lui dévoile que derrière son restaurant, il y a une sorte de passage vers le passé qui emmène ceux qui l’empruntent en 1958… Chaque passage dans le passé, qu’il dure deux minutes ou 4 ans, ne dure que 2 minutes dans le présent et chaque fois que quelqu’un repasse dans cette faille temporelle pour aller dans le passé tout semble repartir à zéro et tous les changements dans le passé qui auraient pu avoir des répercussions dans le présent sont effacés. Cela peut paraître inconcevable et trop tiré par les cheveux mais Jake se retrouve exactement comme les lecteurs : incrédule, dépassé par les informations données par Al mais lui qui vit cette situation en direct et il constate que c’est la réalité. Et le lecteur qui traverse les mêmes doutes que le personnage principal plonge dans cet univers sans problème.

Jake commence par tester le passage dans le passé pour changer les vies d’une de ses connaissances et il s’aperçoit qu’il y a bien des conséquences à ses actes dans cet autre monde. Mais si Al a fait découvrir ce mystère à Jake c’est parce qu’il a un projet qu’il a essayé de mener à bien sans succès lors de son dernier passage et comme il est sur le point de mourir d’un cancer, il compte sur son ami pour s’en charger. Al est persuadé que si l’attentat de Kennedy avait pu être évité et qu’Oswald ne le tuait pas, le monde aurait été différent, meilleur.

C’est donc pour empêcher Oswald de tuer JF Kennedy que Jake va vivre dans le passé entre 1958 et 1963 et devenir Georges Amberson. Mais si sa vie dans le passé devient son présent, il a deux vies, celle qu’il vit avec des amis, un travail de professeur, des élèves, un amour intense pour Sadie sa collègue bibliothécaire et puis sa vie « justicier » qui n’oublie jamais qu’il est venu là pour changer le monde que lui a connu…

Ce roman est passionnant à plus d’un titre ! Il y a le côté science fiction du voyage dans le temps et les aspects historiques liés aux raisons de ce voyage. Mais surtout il y a une peinture des années 60 vraiment très vivante saupoudrée du regard de celui qui a vécu les années suivantes.

Je me suis vraiment attachée aux personnages et aux situations, j’y étais ! Il y a des moments d’actions, des moments d’émotions, c’est vraiment un roman très riche avec plein de facettes !

Je vous recommande la version audio si vous êtes fan de ce  support (peut-être pas pour débuter avec la lecture audio car 36 heures ça peut faire peur 😉 car le lecteur est vraiment bon, il m’a vraiment emmené dans la vie de George/Jake !

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

 car le personnage de George se fait passer pour un auteur et il écrit un roman quand il est dans les années 60.