Les madeleines d’Enna (et le tirage au sort du « Book jar » pour m’aider à choisir un livre de ma PAL ;-)

Depuis 2000, je note tous les titres des livres que je lis dans des petits carnets. Il n’y a aucune indication à part l’année, un numéro et les titres et les auteurs et pourtant quand je jette un coup d’œil à ces listes, certains titres évoquent immédiatement le lieu où j’étais quand j’ai lu ce livre, avec qui j’étais, ce que je ressentais à l’époque ou des pensées entraînées par cette lecture.

Pour fêter les 7 ans du blog, après les « Curiosités bloguesques », puis « Une année en couleur« ,  « Des titres et des textes » , « Ce mois-ci, j’ai aimé, je n’ai pas aimé »« Les 5 sens » « 8 photos pour 8 moments de vie » et enfin « Retour vers le futur », je vous propose un nouveau rendez-vous que j’ai appelé : .

Tous les 8 du mois, je vous donnerai 7 titres de livres lus entre 2000 et 2014, que je les ai chroniqués ou pas, non pas pour vous parler du contenu mais pour évoquer avec vous les souvenirs qui sont liés à ces titres. De votre côté, n’hésitez pas à me parler de titres qui VOUS évoquent des souvenirs personnels dans les commentaires!

 : « The Virgin suicides » de Jeffrey Eugenides

Je me revois en train de lire ce roman et d’en parler à mes collègues alors que nous faisons grève devant les grilles du collège avec quelques parents pour demander l’ouverture d’une classe de 6ème supplémentaire.

 : « Windows on the world » de Frédéric Beigbedder

Je me revois en train de lire ce roman assise par terre dans ma salle de bain en attendant que mon bain coule (je ne prends presque jamais de bain alors c’est peut-être pour ça que je m’en souviens) et je me souviens très bien de la partie que je lisais (quand les gens essayent de s’échapper par les toits pour ceux qui lu le livre).

 

 : « Trilogie New Yorkaise » de Paul Auster

Je suis fâchée avec L’Homme et je suis allée lire dans ce qui était la chambre d’ami à l’époque (maintenant la chambre de Bastien) et j’ai dû lire une partie de la nuit!

 

 : « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro

Nous sommes à Göreme en Turquie (en Capadoce) et nous logeons dans une chambre troglodyte. J’ai donc lu ce livre dans une grotte 😉

 

   « Un long dimanche de fiançailles » de Sébastien Japrisot 

J’ai lu ce roman à la maternité, pendant la loooongue attente car Bastien ne semblait vraiment pas vouloir venir (il a été déclenché deux fois quand même!) et j’ai même une photo de moi en train de lire ce roman sur la table d’accouchement… en train d’attendre 😉

Photo à l’appui 😉 

 

    « L’étrange disparition de Esme Lennox » de Maggie O’Farrell 

Je me revois dans le jardin de mon frère à La Rochelle en train de lire ce roman sur un transat… la belle vie!

 

 : « La maison d’à côté » de Lisa Gardner  

J’ai lu ce roman en version audio et un problème technique m’a fait commencer l’histoire au milieu (c’est un polar mais j’ai eu de la chance aucune révélation n’avait été faite) et je me revois en train d’écouter à nouveau depuis le « vrai » début en courant et de me dire : « Ah oui! J’avais bien compris ça! » 😉

Et vous? Avez vous un souvenir associé à un titre?

 

 Et avec ces lectures, vous prendrez bien un petit quelque chose à manger?

Pour nous réchauffer une soupe de potimarron  

et un poulet à l’ananas  (Cliquez sur les photos pour les recettes)

 

 Enfin, le « Book Jar » : aidez moi à choisir la prochaine madeleine dans ma PAL  

Dans les commentaires, donnez moi un nombre entre 1 et 44… (soit au hasard soit en choisissant dans ma PAL) : jeudi ou vendredi soir Bastien fera le tirage au sort!

 (d’un clic sur l’image vous arrivez sur ma PAL)

Publicités

« Je reviens de mourir » de Antoine Dole

Ce roman n’est pas un roman facile, ce n’est pas un roman jeunesse léger (d’ailleurs j’ai envie de dire que pour moi ce n’est pas un « roman jeunesse » mais un « roman adulte » que l’on peut conseiller à de grands jeunes lecteurs, mais pas avant le lycée).

Ce roman est dur, poignant. C’est un roman « coup de poing » tant dans l’écriture que par le sujet. C’et un roman dérangeant qui dégage une vraie force.

Antoine Dole nous raconte deux histoires en parallèle, deux jeunes femmes, deux vies et deux rapports aux hommes et à sa propre image. Marion une très jeune femme qui est très amoureuse et dépendante de Nicolas qui l’a poussée à la prostitution et qui la maltraite : physiquement par les coups et verbalement… Tout cela sans résistance car Marion est prisonnière de son amour et de son manque d’estime qui lui fait penser qu’elle ne peut pas vivre sans lui. Au moment d’écrire ce billet, plusieurs jours après avoir fini ma lecture je suis encore émue en pensant à cette jeune femme …

Et puis il y a aussi Eve, qui est elle est dans un cercle de violence qu’elle s’impose : elle rejette tout ce qui peut s’apparenter aux sentiments et se remplit littéralement par le sexe et utilise les hommes pour assouvir une sorte d’auto destruction… La sexualité est pour elle une sorte de moyen de se protéger des autres, comme si elle maîtrisait sa vie mais en réalité elle est aussi prisonnière de cette attitude… Jusqu’à ce qu’elle rencontre David qui la tient à distance et qui lui donne envie malgré elle de laisser une place à quelqu’un…

Ces filles ont des vies brisées, saccagées, c’est violent, c’est glauque, c’est trash et pourtant c’est tellement réel et réaliste, c’est tellement bien écrit que ça en fait encore plus froid dans le dos.

Je vais être honnête et dire que je ne suis pas sure d’avoir absolument compris la fin, je pense qu’il faudrait que je le relise mais je ne suis pas sure d’en avoir la force car c’est un roman qui a beau être court, il se lit avec la boule au ventre… Et pourtant… même si écrire ce billet a été très compliqué (et sans doute très maladroit, je m’en excuse) je vous le recommande vivement car c’est important de se faire bousculer par la littérature !

 

 

Repéré chez Stephie  par Sandrine (cliquez sur son nom pour lire son billet) 

 objectif 2015 : – 50

« La maladroite » de Alexandre Seurat

J’avais repéré ce titre chez Leiloona et Noukette (Ma marraine pour les Matchs de la rentrée littraire) quand elles en ont fait une LC et je savais que c’était un roman coup de poing basé sur une histoire vraie –et le savoir n’est pas anodin car d’une part cela rend la lecture encore plus terrible de savoir que ces événements se sont vraiment produits mais c’est aussi utile de le savoir car peut-être que sans cela j’aurai eu du mal à me dire que c’était réaliste… Et pourtant si…

La maladroite est l’histoire d’une petite fille, Diana, depuis sa naissance (non désirée, au point d’avoir été mise au monde sous X) au travers du regard et des témoignages de sa grand-mère et de sa tante tout d’abord, puis des instituteurs et directrices d’écoles qui alertent les médecins scolaires et les services sociaux de leurs suspicions de maltraitances envers la petites fille… Et c’est un engrenage terrible du fait qu’aucune action n’est entreprise… Les parents, si eux ne témoignent pas dans le roman, sont montrés comme étant manipulateurs et ils semblent glisser au travers de toutes les mailles. Pendant ce temps là, derrière un sourire, Diana subit de plus en plus d’horreurs.

J’ai lu ce roman en deux fois, il est assez court, et je ne pouvais pas le reposer avant de l’avoir fini. Je l’ai lu comme en apnée… Je savais comment cela finassait et pourtant j’avais besoin d’aller au bout.

Il y a tant d’innocence et de confiance et de besoin d’être aimé chez Diana. Il y a tant de manipulation machiavélique de la part des parents, tant d’impuissance du côté des enseignants qui ont signalés la maltraitance et tant de légèreté (pour dire d’incompétence) dans la manière dont les services sociaux ont traité ce dossier, cette petite vie…

J’ai eu du mal à m’endormir après cette lecture… Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à mes élèves… Et penser que les enfants maltraités, les enfants victimes sont souvent leurs propres pires ennemies car souvent ils aiment sincèrement les bourreaux aussi forts que ces derniers les détestent… et c’est vraiment poignant…

J’ai aussi aimé la construction du roman, assez factuelle et simple mais avec malgré tout de l’émotion, que ce soit dans l’indifférence, l’inquiétude ou l’impuissance exprimées dans les témoignages.. Celui du grand frère est particulièrement touchant car on réalise que les parents n’ont pas « abîmé » que leur enfant martyre…

A lire… mais en sachant à quoi s’attendre et en choisissant peut-être un moment propice !

Matchs de la Rentrée Littéraire

 objectif 2015 : – 49

Que faisions nous le samedi 12 décembre à 00h12 et/ou à 12h12 ?

 

Le 12/12, nous avons été 13 à prendre 17 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire  (sur une idée de Cstef du blog « Une Photo, une bidouille »!!) 

J’ai transmis ces photos à  Steff  qui en a fait cette mosaïque! Merci à elle et merci à tous les participants!

 

A 00h12 : 4 photos

Personnellement,  j’avoue que j’ai pris la photo à 00h02…  car j’étais en train de m’endormir sur mon livre (« Le livre des Baltimore » de Joël Dicker) et je n’avais plus la force d’attendre 😉

Rachel  essayait de lire malgré son chat.

Nath finissait des cartes de voeux car elle essayait pour une fois d’être un peu en avance.

Manika preparait son MP3 pour une écoute de livre audio.

 

A 12h12 : 13 photos

Personnellement  j’étais en pleine préparation de mon inspection de lundi (opération « mettre au propre ma séquence…) 

Steff  était en atelier Thermomix

Céline   était chez son père pour fêter les 25 ans de son beau-frère.

Sandrine remballait un adaptateur pour écouter des musiques dans sa voiture avec son Ipod. Il ne convenait pas car il n’acceptait que les clés USB.

Vive les Bêtises servait le repas, gambas grillées au curry pour les adultes et saucisses grillées pour les enfants. Sa photo est floue car son téléphone a fait une mauvaise chute 😦

Didinegc mettait ses bottines pour aller récupérer sa fille Isaline au tennis.

Wakanda  était entrain de faire la file au magasin pour acheter un manteau et des escarpins pour un fête de mariage où elle était invitée le soir.

L’Irrégulière était en train d’essayer de faire un montage video avec un nouveau logiciel (lightworks) mais elle a laissé tomber peu après car c’était trop compliqué !

Marion avait oublié et était en pleine discussion avec une cliente dans une galerie d’artisanat et d’art local… Heureusement son amie qui fait du bénévolat avec elle s’est rappelé du jeu et l’a prise en photo à 12h12 en plein travail!

Rachel préparait le dessert pour le repas du midi (et on voit que nous ne sommes pas sur le même hémisphère car ce sont de belles fraises 😉

Nath passait à table avec des paupiettes et du chou fleur.

 Manika finissait d’arriver en voiture chez ses parents

Sandrion était en train de préparer des « roses aux pommes » pour les présenter au rendez-vous gourmand du dimanche sur son blog. 

 

 

Merci à tous les participants!   

Le prochain rendez-vous sera  : le vendredi 1/01 à 1h01  (dans la nuit de jeudi à vendredi) et/ou à 13h01: Parlez en autour de vous 😉

Un rappel une semaine avant et la veille au soir et le jour même pour éviter d’oublier 😉 

J’espère que nous serons nombreux à jouer!

Souvenirs, souvenirs :Voici ce qu’on faisait  le 3/03 à 3h03 (de l’après-midi)  et  le 4/04 à 4h04 (de l’après-midi) et le 5/05 à 5h05 (de l’après-midi) et le 6/06 à 6h06 (du soir) et le 7/7 à 7h07 (du soir) et le 9/9 à 9h09 (du soir) et le 10/10 à 10h10 (du matin) et le 11 / 11 à 11h11 et  le 12/12 à 12h12 et le 1/01 à 1h1 ou 13h01 et le 2/2 à 14h02 et le 3/3 à 15h03 et le 4/4 à 16h04 et le 5/5 à 17h05 et le 6/6 à 18h06 et le 7/7 à 19h07 et le 9/9  et le 10/10  et le 11/11 et le 12/12  et le 1/1  et le 2/2  et le 3/3  et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6 et le 7/7 et le 9/9 et le 10/10 et le 11/11

Qu’est ce que je faisais le samedi 12 décembre à 00h12 ET/OU à 12h12?

Le 12/12 à 00h12 ou plus exactement à 00h02 heure à laquelle j’avoue que j’ai pris la photo, j’étais en train de m’endormir sur mon livre (« Le livre des Baltimore » de Joël Dicker) et je n’avais plus la force d’attendre 😉

à 12h12, j’étais en pleine préparation de mon inspection de lundi (opération « mettre au propre ma séquence…) Comme vous pouvez le constater je vais parler des animaux domestiques!

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible : ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir)

On se donne au plus tard le 15   pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 17?

A bientôt!

« Allah est grand, la République aussi » Lydia Guirous (lu par Delphine Alvado)

Parler d’un essai est pour moi beaucoup plus dur que de parler d’un roman car il n’y pas le filtre de la fiction, ce sont les faits, les pensées de son auteur et je n’ai pas vraiment de « jugements » à y apporter et ce n’est vraiment pas simple de donner son avis. C’est d’autant plus vrai avec ce livre qui traite de sujets sociaux, humains, politiques, ancrés à la fois dans l’histoire de notre pays et dans son actualité. Des sujets polémiques puisqu’il s’agit de l’immigration, la particularité étant que c’est l’opinion d’une jeune femme issue de l’immigration, politisée à droite, intellectuelle, moderne et féministe… C’est pourquoi pour commencer, une fois n’est pas coutume, je vais commencer par vous citer la présentation de l’éditeur…

« Loin de haïr sa nouvelle patrie, Lydia Guirous, qui a fui la guerre civile en Algérie, raconte avec force et vivacité son parcours, entre rêve français et désillusions, engagement et lucidité.
Son livre est un pamphlet brûlant contre tous les communautaristes. Incapables de s’adapter, réfractaires et violents, ces derniers constituent le terreau de toutes les dérives, celles-là-mêmes qui ont donné les Mohamed Merah ou, plus récemment, les Mehdi Nemmouche. Autant d’intégristes qui la désignent, elle, la jeune femme bien intégrée, comme une « colla-beur »…
À travers des anecdotes tantôt savoureuses, tantôt grinçantes, elle raconte le traitement réservé aux femmes, le leurre de la double culture qui fait de vous des apatrides, le jeu trouble des politiques quels qu’ils soient, la responsabilité du FN qui, par ses discours, stigmatise les comportements communautaristes et les renforce.
Forte de son expérience et de ses convictions, elle propose des solutions pour aller de l’avant et parie sur un avenir lumineux et apaisé. »

Le livre commence par la citation d’un extrait d’un discours de Jacques Chirac en 2007 :  « Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. Dans notre histoire, l’extrémisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l’âme de la France dit non à l’extrémisme. »

Je vais aussi vous citer le prologue qui résume bien le propos de l’auteur :

« Je suis une jeune femme née en Kabylie, arrivée en France à l’âge de six ans pour fuir le terrorisme de la décennie noire en Algérie. La France nous a accueillis les bras ouverts. Du racisme, de la discrimination ? Oui il y en a eu, mais on m’a appris à l’ignorer pour avancer. C’était en 1989, le bicentenaire de la Révolution française était célébré et l’affaire du voile islamique de Creil faisait l’actualité… Vingt ans plus tard, c’est la burqa et le djihad qui occupent les esprits. Du voile à la burqa, cela sonne comme une défaite du la République face aux communautarismes. Et les droits des femmes musulmanes et leur émancipation n’avancent pas. Aujourd’hui j’ai vingt-neuf ans et l’air me semble irrespirable. De Roubaix, ville devenue la référence du communautarisme et du halal, j’ai vu ma France vaciller, s’oublier et abdiquer. La « communauté » maghrébine est manipulée et s’enlise dans le piège du repli identitaire. Ceux qui ont choisi la République sont violemment rejetés et insultés. Il sont des « infidèles », des « traîtres », des collabeurs ». Une partie des enfants des quartiers difficiles est embrigadée dans l’obscurantisme et emprunte les chemins de l’islamisme radical, du djihad… et du rejet de la France. Ils ne se considèrent plus comme français mais comme appartenant à la patrie des « Muslims ». Pourtant, après la décolonisation, et même si de nombreuses plaies étaient encore ouvertes, les primoarrivants éprouvaient tous une grande fierté à rejoindre ce pays de liberté et d’égalité. Mais depuis, prière après prière, ces enfants nés en France entament une évolution terrifiante pour notre pays et pour les musulmans de France. »

Alors que dire ?

Cette jeune femme a des propos très tranchés qui, s’ils étaient tenus par quelqu’un qui n’était pas d’origine maghrébine, pourraient être presque considérés comme offensants  et peut-être même racistes mais en fait, elle bouscule une certaine « bien pensance » (qu’elle appellerait sans doute  « de gauche » car elle est clairement à droite) en reprochant à la fois aux immigrants de ne pas faire les efforts nécessaires pour s’intégrer et à ceux (politiques, monde associatif et autres bobos), par facilité, par intérêt ou par « bons sentiments »,  de permettre aux immigrants de ne pas s’intégrer… Et même si ce qu’elle dit m’a parfois heurté dans mes propres bons sentiments et ma propre « bien pensance » de gauche, je dois reconnaître que j’ai souvent été d’accord avec elle… Pas sur tout : elle est parfois très à droite et un peu trop réactionnaire quand il s’agit de l’école par exemple (le retour à la blouse ou à l’uniforme … Il n’y a qu’à regarder en Angleterre à quel point cela ne gomme pas vraiment les inégalités…)

Par contre ses origines et son féminisme permettent d’avoir un point de vue très intéressant sur le port du voile qu’elle réprouve totalement. Elle évoque tous les aspects de la religion qui sont pour elle des véritables freins à l’intégration, prônant la laïcité dans la république.

Ce fervent défenseur de la République parle de son expérience personnelle, sa famille, leur installation en France, leur volonté de se fondre dans la France d’accueil, sans pour autant oublier leurs racines, mais elle fait aussi un constat de la situation en France que ce soit par la manière dont sont traités les immigrés et dont ils traitent la France. Elle fustige – à juste titre- le communautarisme, l’extrêmisme et évoque la difficulté d’être une femme dans le milieu musulman et le fait d’être laïque et républicain dans la « communauté » maghrébine.

C’est vraiment passionnant et dérangeant. Je la trouve assez admirable –et courageuse-dans son discours car elle s’est certainement mise à dos une grande partie de ceux qui se nomment « la communauté maghrébine » mais aussi certains politiques qu’elle égratigne au passage.

Je trouve malgré tout qu’elle peut paraître un peu trop sure d’elle et catégorique, ne laissant pas beaucoup de place au dialogue mais je pense qu’elle donne un coup de pied dans une fourmilière  qu’il ne va pas être facile de gérer.

Je ne suis certainement pas assez claire et c’est vraiment dur de parler de document, mais j’ai trouvé cela très instructif, je me suis pas mal remise en question en l’écoutant.

J’ai lu ce témoignage, ce pamphlet, juste après les attentats du 13 novembre et c’était un choix délibéré de ma part. J’avais envie de chercher à comprendre mieux comment et pourquoi ces français (qu’ils soient issus de l’immigration ou pas) peuvent avoir envie de s’engager dans des mouvements radicaux comme Daech. Elle traite d’ailleurs de ces dérives et c’est très instructif.

Je vous recommande cette lecture (la version audio est réussie car la lectrice colle très bien à la détermination de l’auteur.

 

          par Sylire (Cliquez sur son nom pour lire son avis)

 avec Saxaoul: allons lire son avis!

« Zelda la rouge » de Martine Pouchain

 

Zelda a 16 ans et elle vit avec sa sœur de 20 ans qui est aide-soignante dans une maison de retraite. Elles vivent dans la maison héritée de leur grand-mère qui les a élevées après la mort de leur mère, en colocation avec Kathy, une collègue de Julie, une figure un peu maternelle.

Zelda est une jeune fille indépendante au caractère bien trempé, plutôt positive qui ne compte pas se limiter dans la vie malgré l’accident qui l’a clouée dans un fauteuil roulant à l’âge de 10 ans. Elle n’a qu’une envie : aller de l’avant et vivre sa vie pleinement ! Julie, sa sœur, elle ne se remet pas de cet accident auquel elle a assisté alors qu’elle avait 14 ans. Elle est pleine de colère et de haine envers le chauffard qui ne s’est pas arrêté à l’époque et elle a un désir de vengeance très fort. Julie a une sorte de « don » : elle  « voit » des bribes de vies des gens qu’elle rencontre, dans le passé ou le futur, et elle espère un jour trouver celui qui a fait du mal à sa sœur.

Quelques changements arrivent dans la vie des deux jeunes filles : Jocelyn, un ancien SDF va les rejoindre dans la colocation et chambouler leurs vies en bien (et en particulier celle de Kathy) et Baptiste, un jeune homme, devient très proche de Zelda mais aussi de Julie, malgré elle.

Le passé finit par rejoindre le présent qui va en être complètement bouleversé.

J’ai aimé ce roman au style punchy et à la langue moderne et rythmée sans être pour autant artificielle ou caricaturale (bon, par contre, je n’ai pas vu l’intérêt d’écrire « ticheurte » pour « Tee-shirt » ou « èrcinque » pour « R5 »).

J’ai aimé les personnages aux personnalités fortes ou fragiles et aux histoires personnelles variées. On alterne des moments sérieux, touchants, dramatiques et amusants et c’est un mélange réussi. Il y a un petit côté « Ensemble c’est tout » avec ces personnages.

J’ai aussi apprécié le côté multi-générationnel et le fait que le handicap, s’il est évidement au cœur de l’histoire, n’est pas pour autant la thématique principale.

Une bonne découverte !

Je conseille ce roman à partir de 13 -14 ans.

          

 sélection 3ème -seconde 2015-2016

pour la ligne « jeunesse », catégorie « couleur » 

« Le journal d’Aurélie Laflamme -Tome 1 Extraterrestre… ou presque! » de India Desjardins

Ce roman, come son nom l’indique est le journal d’Aurélie Laflamme, une ado québécoise. Elle vit avec sa mère et va dans une école de fille. Sa meilleure amie Kat est essentielle à sa vie, même si au début de cette histoire elles sont brouillées. Le père d’Aurélie est décédé et elle se pose beaucoup de questions à ce sujet (où est-il depuis qu’il est mort ? Et s’il avait été un extraterrestre ?).

Elle a l’impression que sa mère a commencé une histoire avec le directeur de son école et cela la tracasse beaucoup. Il y a aussi ce garçon qu’elle croise régulièrement et devant lequel elle perd tous ses moyens, se mettant à bafouiller et à être très maladroite… Mais, non ! Il ne l’intéresse pas du tout !

Sa meilleure amie (avec qui elle s’est très vite réconciliée… Comme dans la vraie vie à cet âge là 😉 a un petit copain et elle est devenue quelque peu décérébrée selon Aurélie qui ne veut pas devenir comme elle, ni que sa mère devienne comme ça !

Il y a aussi des histoires de cochons d’inde et de chatons, de petite sœur et de parents, de devoirs et de sortis entre copains… C’est le quotidien assez ordinaire, parfois drôle, parfois triste, des histoires de jeunes filles. C’est plutôt léger et pétillant.

Personnellement, j’avoue que j’ai trouvé cela un peu trop léger pour moi. Je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais je me suis quand même un peu ennuyée à la fin et je ne lirai pas les autres tomes mais je suis persuadée que cela plaira beaucoup aux jeunes lectrices (soyons honnêtes, c’est TRES orienté « filles » 😉 ) de 10  à 14 ans ! D’ailleurs, je vais le donner au CDI, je suis sure qu’il trouvera son public !

 objectif 2015 : -47

Âme Graphique -Émotions-

 

Pour le rendez-vous photographique du Petit Carré Jaune  « Âme graphique », le thème était cette fois-ci « Émotions ».

J’avoue que je ne pensais pas pouvoir jouer cette fois-ci, pensant que l’émotion était trop dur à photographier puisqu’on se rend compte souvent après coup que l’on a été ému…

Et puis, l’horreur est arrivée le soir du vendredi 13 à Paris et les jours suivants ont été des gouffres d’émotions…

Alors voici ma contribution photographique, pas tellement esthétique, mais derrière chaque cliché il y a mes émotions : 

J’ai passé la matinée de samedi avec Bastien et même si j’ai lu quelques articles sur internet, je ne voulais absolument rien écouter en sa présence et quand je suis allée faire les courses l’après-midi, je me suis retrouvée avec les larmes aux yeux dans la voiture après avoir écouté les infos pour la première fois de la journée 😦

 

Le samedi soir, nous avions des places pour le spectacle de Guillaume Bats, un comédien qui malgré sa peine et sa peur est venu chez nous de Paris : nous avons fait une minute de silence avant le spectacle puis nous avons beaucoup ri grâce à lui, puis j’ai pleuré avec lui à la fin du spectacle quand il a expliqué qu’il était venu pour que les terroristes ne « gagnent » pas en nous empêchant de rire.

 

Dans mon salon, il y a cette gravure et je dois dire que « Le cri » de Munch représente bien les émotions que je ressentais : incompréhension, désespoir, tristesse et colère.

 

Enfin, une dernière image, la bougie que j’ai allumée samedi soir pour l’associer avec un coeur car je souhaite de tout coeur voir l’amour et la bienveillance dépasser la haine…

Rencontre avec Kim Leine

 

J’ai envie de garder en tête que le vendredi 13 novembre 2015, avant de devenir une soirée d’horreur, a été une belle soirée amicale et culturelle puisqu’avec mon amie Mrs B (et Bastien qui s’est encore une fois montré si sage qu’il a été félicité par plusieurs personnes) grâce  à ma librairie chouchou,  la librairie Le Détour,  et dans le cadre du Festival « Les Boréales », un festival de culture nordique,  j’ai pu rencontrer un auteur danois qui parle du Groenland. C’était aussi les 5 ans de cette librairie dont je ne pourrais plus me passer et que je peux maintenant appeler « ma » librairie !

Kim Leine est l’auteur de plusieurs romans mais « Les prophètes du fjord de l’Eternité » est le seul roman traduit en France (mais au moment des dédicaces il a dit que son dernier avait été acheté par Gallimard alors il sera sans doute bientôt traduit !) Il parle danois et communiquait grâce à sa traductrice (bravo à elle, c’est un métier que j’admire !)

Fanny, « ma » libraire  a dit de très belles choses sur le roman que je n’ai moi-même pas encore lu. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais elle a abordé les côtés humains, historiques, la poésie qui existe dans les descriptions de la nature mais c’est aussi un roman initiatique et philosophique. Le personnage est un jeune pasteur danois qui vient au Groenland pour évangéliser le pays dans les années  1790. Elle explique que les personnages sont extrêmement bien campés et que c’est un roman dense dans lequel on plonge dans être submergé, sans étouffer. Il est noir et en même temps il y a des passages apaisants.

Le passé du Groenland

Kim Leine qui connaît très bien le Groenland pour y avoir vécu de nombreuses années précise que son livre n’est pas une dénonciation de la colonisation du Groenland par le Danemark. Il fait remarquer que si la colonisation a évidemment eu des aspects négatifs, elle a quand même permis d’apporter la lecture et l’écriture car pour lui, ce sont des choses qui permettent d’évoluer car on est amené à réfléchir à soi et avoir une nouvelle façon de parler et de transmettre aux générations suivantes.

Mais évidemment, il y a aussi des choses que l’on perd comme l’autonomie. C’est en travaillant sur ce roman qu’il a réalisé que la liberté était le thème principal, à la fois sur le plan personnel avec son personnage et pour le Groenland car cela traite des efforts pour s’affranchir de l’état danois.

Cette lutte pour la liberté des groenlandais a duré très longtemps car  la colonisation a été arrêtée en 1952 mais ce n’est que dans les années 60 qu’il y a eu un statut d’autonomie politique. La lutte perdure car le Groenland est toujours soumis à des mécanismes de colonisation.

Le présent du Groenland

Kim Leine a aussi parlé du Groenland à l’époque actuelle en disant que le pays était un carrefour. Il y a l’industrie minière qui est en plein essor et qui suppose l’arrivée massive d’étrangers ce qui représente une menace pour l’environnement et  l’équilibre. On estime qu’il y a au Groenland le double du pétrole de la Norvège. Il n’est pas exploité mais cela risque d’avoir un impact énorme sur l’économie et sur la qualité de vie des habitants ainsi que sur l’écologie qui risque également d’être menacée. Il explique d’ailleurs qu’au niveau climatique, le Groenland est précurseur de l’évolution climatique : on peut y constater des changements qui auront lieu ailleurs plus tard. Il évoque aussi le fait que la population de 60000 personnes subit encore une dynamique coloniale et qu’ils essaient de s’affranchir. Il estime que l’on peut faire des parallèles entre son roman -historique- et les défis du Groenland actuel.

Les liens de Kim Leine avec le Groenland

Il a raconté qu’il est allé vivre au Groenland parce qu’il avait envie de devenir quelqu’un d’autre. Il a mentionné son envie de suivre les traces de Karen Blixen  et que le Groenland a été « son » Afrique.  Mais que peu importe où on est, il y a des choses qui reviennent toujours, on se retrouve confronté aux stéréotypes de l’homme blanc. Bien que l’on voie ces stéréotypes et les erreurs colonialistes du passé, c’est comme une malédiction, on ne peut jamais revenir à « avant ».

Il raconte qu’à l’époque où il vivait au Groenland, il voulait devenir groenlandais et a commencé par la langue car pour lui la langue et l’identité sont intimement liées. Il na expliqué qu’il peut parler la langue inuit même si la grammaire est surréaliste pour un européen. Il a réussi à s’approprier cette langue et il a même appris à aimer la cuisine qui est très différente ! Il s’est comporté comme un groenlandais et les gens se sont mis à le saluer avec le sourire en l’appelant « Galak ». En regardant dans son dictionnaire datant des années 60, il a vu que cela signifiait « vrai groenlandais » alors il était fier, jusqu’à ce qu’il réalise que dans le vocabulaire contemporain, cela signifiait « grand idiot » ! Il a aussi raconté qu’il a vécu dans des petits villages et qu’en tant qu’infirmier de formation il a souvent joué le rôle d’un médecin et il a mis au monde 25 bébés dans des conditions très rudimentaires.

Quelqu’un lui a demandé dans quelle langue il rêvait et il a répondu que sa femme lui disait que la nuit il criait en norvégien (il est norvégien de naissance) et qu’il parlait parfois dans une langue qu’elle pensait être du groenlandais.

Une autre personne lui a demandé si les groenlandais lisaient ses romans. Il a alors expliqué que le groenlandais écrit était très difficile à lire et que s’ils étaient lecteurs ils préféreraient lire le livre en danois.

La construction du roman

Il a expliqué que la structure de son roman pouvait faire penser un peu à un polar qui commence par la fin avec un drame et après, on replonge dans le passé pour expliquer cela et que cela formait une boucle. Il a raconté qu’il est né en Norvège qu’il est ensuite allée plusieurs année au Groenland et qu’il est ensuite retourné en Norvège et que ce parcours était aussi celui de son personnage principal. Il avait envie de décrire ça sur un fond historique pour faire une sorte d’aliénation pour que tout ce qui est universellement humain ressorte.

Il explique aussi que la partie centrale peut faire penser à des petites nouvelles et il trouve que cela est intéressant pour le rythme. Il a également écrit un prologue et un épilogue, un peu comme un fil rouge qui donne une vue d’ensemble dans ce gros roman.

La libraire a conclu la rencontre en lisant –très bien (Fanny a une voix à lire des livres audio !!)- le prologue et ce passage au très beau style m’a donné envie d’acheter le roman et une dame assise derrière nous a fini de me convaincre en nous disant qu’elle était en train de le lire et qu’elle trouvait que c’était un très beau roman !

La rencontre se passait dans le bar en face de la librairie et nous avons trouvé une place assise juste derrière 😉

 

Bastien a été très sage avec son catalogue Lego et son carnet 😉

 

Au moment des dédicaces, j’ai pu lui dire que j’avais vraiment apprécié d’avoir découvert le Groenland à travers lui.

 

 

J’espère avoir été fidèle à cette rencontre, comme d’habitude, j’ai pris plein de notes qui sont assez illisibles sur mon cahier de brouillon mais que vite retranscrites pour ne rien oublier!