La maladroite : Alexandre Seurat

J’avais repéré ce titre chez Leiloona et Noukette (Ma marraine pour les Matchs de la rentrée littéraire) quand elles en ont fait une LC et je savais que c’était un roman coup de poing basé sur une histoire vraie –et le savoir n’est pas anodin car d’une part cela rend la lecture encore plus terrible de savoir que ces événements se sont vraiment produits mais c’est aussi utile de le savoir car peut-être que sans cela j’aurai eu du mal à me dire que c’était réaliste… Et pourtant si…

La maladroite est l’histoire d’une petite fille, Diana, depuis sa naissance (non désirée, au point d’avoir été mise au monde sous X) au travers du regard et des témoignages de sa grand-mère et de sa tante tout d’abord, puis des instituteurs et directrices d’écoles qui alertent les médecins scolaires et les services sociaux de leurs suspicions de maltraitances envers la petites fille… Et c’est un engrenage terrible du fait qu’aucune action n’est entreprise… Les parents, si eux ne témoignent pas dans le roman, sont montrés comme étant manipulateurs et ils semblent glisser au travers de toutes les mailles. Pendant ce temps là, derrière un sourire, Diana subit de plus en plus d’horreurs.

J’ai lu ce roman en deux fois, il est assez court, et je ne pouvais pas le reposer avant de l’avoir fini. Je l’ai lu comme en apnée… Je savais comment cela finassait et pourtant j’avais besoin d’aller au bout.

Il y a tant d’innocence et de confiance et de besoin d’être aimé chez Diana. Il y a tant de manipulation machiavélique de la part des parents, tant d’impuissance du côté des enseignants qui ont signalés la maltraitance et tant de légèreté (pour dire d’incompétence) dans la manière dont les services sociaux ont traité ce dossier, cette petite vie…

J’ai eu du mal à m’endormir après cette lecture… Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à mes élèves… Et penser que les enfants maltraités, les enfants victimes sont souvent leurs propres pires ennemies car souvent ils aiment sincèrement les bourreaux aussi forts que ces derniers les détestent… et c’est vraiment poignant…

J’ai aussi aimé la construction du roman, assez factuelle et simple mais avec malgré tout de l’émotion, que ce soit dans l’indifférence, l’inquiétude ou l’impuissance exprimées dans les témoignages.. Celui du grand frère est particulièrement touchant car on réalise que les parents n’ont pas « abîmé » que leur enfant martyre…

A lire… mais en sachant à quoi s’attendre et en choisissant peut-être un moment propice !

#MRL15