Je reviens de mourir : Antoine Dole

Ce roman n’est pas un roman facile, ce n’est pas un roman jeunesse léger (d’ailleurs j’ai envie de dire que pour moi ce n’est pas un « roman jeunesse » mais un « roman adulte » que l’on peut conseiller à de grands jeunes lecteurs, mais pas avant le lycée).

Ce roman est dur, poignant. C’est un roman « coup de poing » tant dans l’écriture que par le sujet. C’et un roman dérangeant qui dégage une vraie force.

Antoine Dole nous raconte deux histoires en parallèle, deux jeunes femmes, deux vies et deux rapports aux hommes et à sa propre image. Marion une très jeune femme qui est très amoureuse et dépendante de Nicolas qui l’a poussée à la prostitution et qui la maltraite : physiquement par les coups et verbalement… Tout cela sans résistance car Marion est prisonnière de son amour et de son manque d’estime qui lui fait penser qu’elle ne peut pas vivre sans lui. Au moment d’écrire ce billet, plusieurs jours après avoir fini ma lecture je suis encore émue en pensant à cette jeune femme …

Et puis il y a aussi Eve, qui est elle est dans un cercle de violence qu’elle s’impose : elle rejette tout ce qui peut s’apparenter aux sentiments et se remplit littéralement par le sexe et utilise les hommes pour assouvir une sorte d’auto destruction… La sexualité est pour elle une sorte de moyen de se protéger des autres, comme si elle maîtrisait sa vie mais en réalité elle est aussi prisonnière de cette attitude… Jusqu’à ce qu’elle rencontre David qui la tient à distance et qui lui donne envie malgré elle de laisser une place à quelqu’un…

Ces filles ont des vies brisées, saccagées, c’est violent, c’est glauque, c’est trash et pourtant c’est tellement réel et réaliste, c’est tellement bien écrit que ça en fait encore plus froid dans le dos.

Je vais être honnête et dire que je ne suis pas sure d’avoir absolument compris la fin, je pense qu’il faudrait que je le relise mais je ne suis pas sure d’en avoir la force car c’est un roman qui a beau être court, il se lit avec la boule au ventre… Et pourtant… même si écrire ce billet a été très compliqué (et sans doute très maladroit, je m’en excuse) je vous le recommande vivement car c’est important de se faire bousculer par la littérature !

 

Repéré chez Stephie

 par Sandrine (cliquez sur son nom pour lire son billet)