Cet instant-là : Douglas Kennedy

Ce roman est construit sur plusieurs périodes avec au centre le même personnage principal : Thomas Nesbitt. On commence le roman de nos jours, dans les années 2000, avec un Thomas Nesbitt qui a la cinquantaine, il est  auteur de livres de voyage, en plein divorce avec un mariage de 24 ans pas très passionné même s’il adore sa fille grande adolescente. Sa mère est morte assez jeune d’un cancer et son père est mort plus récemment. Quand il repense à son enfance, il n’a pas été malheureux mais pas franchement heureux non plus auprès de parents qui ne s’aimaient pas vraiment.

Un jour, Thomas reçoit un courrier qui vient d’Allemagne, plus exactement de Berlin et le nom qui accompagne ce paquet « Petra Dussmann » réveille en lui les souvenirs de sa jeunesse.

Nous sommes alors transportés avec Thomas à Berlin en 1984 alors qu’il a 26 ans. Il vient pour « sentir » la ville et écrire son deuxième livre de voyage et trouve un travail dans une radio « Radio Liberty ». Dans sa nouvelle vie à Berlin il est confronté à toute une faune particulière, à un mode de vie différent du sien et à tout un aspect politique si particulier dans cette ville séparée en deux.

Mais surtout, ce jeune homme qui refuse l’amour tombe immédiatement sous le charme de Petra, la traductrice qu’il rencontre à la radio. C’est une allemande de l’Est récemment passée à l’Ouest après avoir été emprisonnée par la Stasi. Leur amour est fulgurant et intense et Petra raconte son histoire à Thomas et c’est ainsi qu’on apprend les conditions dans lesquelles elle a vécu à Berlin Est et comment elle a été traitée par la Stasi et a du abandonner son fils… Ils décident de se marier et de refaire une vie à deux…

Mais… un renversement de situation dramatique va tout bouleverser…

A la fin du roman, Thomas lit les cahiers qu’il avait reçu au début et qui lui viennent de Petra et c’est ainsi qu’on découvre la même histoire mais du point de vue de la jeune femme.

Ce roman est intéressant d’un point de vue historique. J’ai vraiment apprécié de découvrir Berlin des années 80 et tous les aspects politiques avec sa dose d’espionnage et de faux semblants et de doutes sur les gens. J’ai aussi trouvé cette histoire d’amour tragique assez fascinante. Mais je dois dire que 700 pages c’était vraiment très long… Je n’ai pas parlé du colocataire  de Thomas, l’artiste homosexuel et drogué, personnage flamboyant  et  touchant… mais qui entre nous n’apporte pas grand-chose au récit et aurait peut-être pu alléger le roman de quelques pages… Il y a aussi des passages un peu « bavards » et c’est vraiment dommage que Douglas Kennedy n’ait pas été un peu plus concis en se concentrant juste sur la vie des deux personnages à Berlin ce qui était vraiment le cœur et l’intérêt de l’histoire. Je ne regrette pas pour autant de l’avoir lu mais c’était un peu long 😉

Je ne vous conseille pas la version audio. J’avais tenté de l’écouter il y a quelques années et j’avais abandonné car je ne supportais pas la manière dont le lecteur « faisait » des voix de femmes 😉

 ma Best pour mo anniversaire (en 2013…)

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

« Lame de fond » de Linda Lê (lu par Louis Arène)

Il ne va pas m’être simple de vous parler de ce roman et pas seulement parce qu’encore une fois j’ai laissé passer trop de temps après mon écoute avant d’écrire mon billet et que je ne peux pas retourner feuilleter mon livre pour vous en parler sans erreurs… C’est aussi difficile car je ne veux pas trop en dire car on apprend beaucoup de choses au fur et à mesure…

Le roman est découpé en plusieurs parties et dans chaque partie, un personnage central prend la parole pour raconter son histoire personnelle ainsi que des éléments concernant les autres personnages. C’est comme cela que l’on connaît le passé, l’enfance et les vies de chacun avant qu’ils ne se connaissent mais aussi leurs relations et leurs vies communes mais avec des points de vues différents et des voix très différentes ce qui m’a personnellement beaucoup plu.

On commence par Van, qui nous parle alors même qu’il est mort (on le sait dès le début !). Il est Vietnamien et est arrivé en France pour ses études, il est très lettré et était le mari de Lou et le père de Laure. Il parle de son enfance au Vietnam, de sa vie en France, de son amour pour les beaux textes et sa vie de famille.

Lou, sa femme, prend aussi la parole. Elle revient aussi sur sa vie avec Van mais aussi sur les conditions de sa mort puisqu’elle a joué un rôle dans celle-ci. Elle revient elle-aussi sur son enfance et sur sa vie de famille.

Laure, leur fille, une adolescente qui se cherche, souffre beaucoup de la mort de son père même si de son vivant elle avait des rapports compliqués avec lui.

Et enfin, il y a Ulma, une personne importante pour lui mais dont je ne veux rien dire pour vous laisser découvrir leurs liens.

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai trouvé qu’il était très bien écrit et que l’auteur arrivait vraiment a donner des identités différentes à ses narrateurs dans le style employé pour chacun. 

 

 Chez Sylire : Le thème du mois est « Une histoire de famille »

 avec Sylire : Allons voir son avis!

 par Vive les Bêtises : Merci! (Son avis en cliquand sur son nom

J‘inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

catégorie « Objet » de ma ligne « livre audio« 

« L’homme qui ment » de Marc Lavoine (lu par l’auteur)

 

Une fois n’est pas coutume, je vais vous donner le résumé du livre avant de vous donner mon avis car j‘ai laissé passer tellement de temps avant d’écrire mon billet que j’ai peur d’oublier des informations !

« Communiste et charmeur, cégétiste et volage : tel était Lulu, mon père. Menteur aussi, un peu, beaucoup, passionnément, pour couvrir ses frasques, mais aussi pour rendre la vie plus belle et inattendue.
Lulu avait toujours une grève à organiser ou des affiches à placarder. La nuit venue, il nous embrigadait, ma mère, mon frère et moi, et nous l’aurions suivi au bout du monde en trimballant nos seaux de colle et nos pinceaux. Il nous faisait partager ses rêves, nous étions unis, nous étions heureux.
Evidemment, un jour, les lendemains qui chantent se sont réduits à l’achat d’une nouvelle voiture, et Che Guevara a fini imprimé sur un tee-shirt.
Le clan allait-il survivre à l’érosion de son idéal et aux aventures amoureuses que Lulu avait de plus en plus de mal à cacher ? Collègues, voisines, amies ; brunes, blondes, rousses : ses goûts étaient éclectiques. Lulu était très ouvert d’esprit.
Sans nous en rendre compte, nous avions dansé sur un volcan. L’éruption était inévitable. 
»

Marc Lavoine écrit ici l’histoire de son père, un homme à la fois touchant et exaspérant, aimable et haïssable, un homme d’une autre époque qui permet aussi de faire un portait de la société française dans laquelle Marc Lavoine a grandi.

J’ai bien aimé cette histoire racontée avec une certaine pudeur, avec des yeux d’enfant partagé entre la loyauté envers son père et l’amour envers sa mère, avec les yeux du jeune qui grandit et qui ne veut plus être le témoin de cette façon de vivre qui le gêne mais aussi avec beaucoup de tendresse. C’est un portrait de famille atypique mais plein de sincérité.

J’ai aimé son style, à la fois léger avec quelques jeux de mots emprunts de poésie.

Le livre est lu par Marc Lavoine et je dois avouer que l’écouter a été un grand plaisir (ah… la voix de Marc Lavoine…)

Bref, je vous recommande cette lecture et en audio si le support vous plait.

 Chez Sylire : Le thème du mois est « une histoire de famille »

 par Sylire : Merci! (Son billet en cliquant sur son nom) 

catégorie « phrase » de ma ligne « livre audio »

13 à table! : Françoise Bourdin, Michel Bussi, Maxime Chattam, Stéphane De Groodt, François d’Epenoux, Karine Giébel, Douglas Kennedy, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Nadine Monfils, Romain Puértolas, Bernard Werber

Ce recueil contient 12 nouvelles écrites par 12 auteurs réputés (12 et pas 13 contrairement à ce que l’on pourrait croire ;-). La différence de ce livre c’est que lorsqu’on l’achète, les 5 euros qu’il coute permettent aux Restaurants du Cœur de distribuer 4 repas  et personnellement j’aime beaucoup cette solidarité.

Les nouvelles sont très différentes et le thème commun de ces textes est  «  Frères et sœurs ». Je ne vais rentrer dans les détails de chaque nouvelle pour vous laisser le plaisir de la découverte mais juste vous en dire quelques mots.

« Cent balles » de Françoise Bourdin : Une histoire de frère rangé et de frère loser qui se rejoignent autour du fils du premier. J’ai moyennement aimé, j’ai trouvé l’histoire un peu lisse et convenue.

« La seconde morte » de Michel Bussi : Une histoire de rivalité entre sœurs, une ordinaire qui semble vivre dans l’ombre de l’autre –parfaite-. J’ai bien aimé cette ambiance et la chute.

« Ceci est mon corps, ceci est mon péché » de Maxime Chattam : Une histoire de serial killer angoissante avec un lien avec la famille mais bien caché… J’ai trouvé cette nouvelle très accrocheuse et vu le format nouvelle, je suis restée un peu sur ma faim (ceux qui l’on lu, comprendront l’ironie du choix de mes mots) et je crois que j’aimerai bien lire un roman de Chattam, si vous voulez m’en conseiller un incontournable.

« Frères Coen » de Stéphane de Groodt : C’est un texte qui parle des frères Coen et du Festival de Cannes écrit avec des jeux de mots et franchement heureusement qu’il était très court car je n’ai pas du tout aimé. J’ai trouvé cela assez artificiel et « sur joué » mais je pense que si on aime ce genre c’est réussi.

« La main sur le cœur » de François d’Epenoux : Cette histoire raconte une histoire de deux sœurs et un frère qui se déchirent depuis l’enfance et qui continuent à l’âge adulte même si un rapprochement est tenté. J’ai plutôt bien aimé cette histoire qui m’a semblée assez réaliste.

« Aleyna » de Karine Giebel : Ce texte raconte la fille d’une jeune Turque qui vit avec sa famille en France et qui a eu le malheur de tomber amoureuse d’un français. Ce « déshonneur » entraîne une réaction terrible de ses frères.  Karine Giebel profite de cette nouvelle pour dénoncer les « crime d’honneur » qui existent dans le monde. Un texte fort et très instructif et poignant.

« Tu peux tout me dire » de Douglas Kennedy : Cette nouvelle qui parle de secret de famille confiés et éventés ne m’a pas convaincue. J’ai trouvé que c’était un peu écrit pour coller de loin à la thématique du recueil (et certains aspects de la nouvelle était aussi trop proche du roman que je venais de lire de l’auteur.

« Fils unique » d’Alexandra Lapierre : Ici, on rencontre un fils unique qui après la mort des ses parents apprend qu’il n’est certainement pas si « unique » que cela.

« Karen et moi » de Agnès Ledig : L’histoire est celle d’une rencontre entre un homme et une femme qui aurait pu être une rencontre amoureuse mais qui devient une grande histoire d’amitié et qui ne rejoint le thème du recueil en comparant ces deux amis à des frères et sœurs… Cela m’a paru un peu artificiel (et l’histoire de se serrez dans les bras à chaque fois qu’ils avaient envie d’une cigarette alors qu’ils ne se connaissaient que depuis 5 mn m’a parue un peu curieuse…)

« La robe bleue » de Nadine Monfils : Une histoire de sœurs qui vivent ensemble et qui vivront ensemble toute leur vie … J’ai été un peu perdue par le mélange des genres : il y a le bar où elles travaillent, on y  croise aussi un homme étrange mais qui n’est pas forcément en lien avec les sœurs… Par contre j’ai trouvé intéressant l’écriture de cette histoire inspirée  de l’émission belge « Srtip tease » et on retrouve bien le ton et l’ambiance un peu surréaliste de l’émission documentaire.

« Le premier Rom sur la lune » de Romain Puertolas : Ce texte est une sorte de petite fable sur la tolérance avec ce Rom qui se retrouve malgré lui sur la lune où des extra-terrestres l’accueillent car là-bas, il n’y a pas tous les problèmes que nous connaissons sur terre… Le lien avec la fratrie est très anecdotique (et artificiel) et j’ai trouvé cette nouvelle très enfantine et je n’ai pas du tout accroché.

« Jumeaux, trop jumeaux » de Bernard Werber : Ici on rencontre des jumeaux qui ne savaient pas qu’ils avaient un double et qui ont vécu les mêmes vies en parallèle et quand ils se rencontrent, ils découvrent qu’ils ne sont pas loin de la télépathie. Une bonne nouvelle !

Je les ai plus ou moins aimées mais je dois dire que je les ai quand même trouvées de bonne qualité, j’ai vraiment apprécié cette lecture dans son ensemble, j’ai découvert certains auteurs et l’avantage des nouvelles c’est que même si on n’est pas emballé, ce n’est pas long.

Je vous encourage à acheter ce livre qui vous permettra de prendre du plaisir de lecteur tout en étant généreux.

 avec Didingc et Blandine : Allons voir leurs avis!

catégorie « objet » pour le Petit Bac 2016