« La table des enfants » de Isabelle Hausser

Ce roman m’a été offert par Eva et comme c’est l’un de ses romans préférés je l’ai commencé avec la crainte de ne pas aimer (j’ai toujours plus peur de décevoir mes amis que les auteurs quand on m’offre un livre !)

Je dois dire que c’est une lecture un peu curieuse que j’ai faite, mon avis est mitigé mais c’est un peu difficile d’en parler. Tout d’abord, le roman fait 568 pages et m’a paru long : j’ai mis 13 jours à lire la première moitié et curieusement, j’ai lu la deuxième moitié en trois jours de long weekend ! Et pourtant je ne m’ennuyais pas dans cette première partie et je dois même dire que je l’ai préférée à la deuxième… Bizarre non ?

L’histoire est celle d’Agnès, une femme d’une cinquantaine d’années, mariée avec un homme un peu volage et mère de 4 enfants : 3 ados qu’elle a eus avec son mari actuel et une fille adulte qu’elle a eu très jeune de son premier mari, décédéeil y a très longtemps. Le roman commence par l’annonce de la mort de sa fille ainée Elisabeth dans un accident de la route avec son mari. Agnès va en Allemagne pour gérer ce décès et s’occuper de ses deux petits enfants.

Elle était toujours en contact régulier avec sa fille mais depuis son mariage, elles ne se voyaient plus car Elisabeth ne voulait pas de la présence de sa mère alors que depuis toujours elles avaient une relation fusionnelle…

Cette  période de deuil est aussi une période de questionnements pour Agnès –tout d’abord sur la vie de sa fille car elle apprend petit à petit et par hasard beaucoup de choses qu’elle ignorait sur elle et cela devient presque une enquête mais une enquête qui semble presque téléguidée par Elisabeth de façon  posthume.

Et puis elle se pose aussi beaucoup de questions sur sa propre vie et son couple et sa place dans sa famille au sens large.

Il y a beaucoup de bonnes choses dans ce roman –les personnages sont riches et les relations psychologiques aussi. J’ai aussi aimé tout ce qui  trait à la littérature et l’écriture, Agnès étant une auteur renommée et Elisabeth étant secrètement devenue écrivain aussi.

Par contre, j’ai trouvé la fin vraiment « too much »… Bon, je ne peux absolument pas vous dire pourquoi car elle découle de beaucoup d’éléments découverts au fil du roman mais je n’ai pas du tout été convaincue par ces éléments qui se règlent presque miraculeusement pour permettre un happy end totalement improbable et ça m’a un peu gâché la lecture…

Donc j’ai globalement plutôt aimé ce roman mais je lui ai quand même trouvé des longueurs et une fin décevante alors je ne suis pas sure de le recommander franchement 😉

Par contre je vous conseille d’écouter l’émission du mois de mai (cliquez pour arriver directement sur le site)  car les filles en parlent et leurs avis sont variés et contradictoires et elles m’ont bien fait rire !

 objectif 2016 : -17

  Eva (Cliquez pour lire son billet)

J‘inscris ce texte au Défi Livres de Argali 

 2002 

Rencontre avec Catherine Poulain

Vendredi dernier, grâce à la Librairie Le Détour, j’ai eu la chance de rencontrer Catherine Poulain, l’auteur du roman « Le grand marin ». L’entretien était mené par Fanny, ma libraire, dans le bar en face de la librairie.

Catherine Poulain est une femme menue au visage buriné, au sourire délicat et à la voix toute douce. Son roman a été un coup de cœur pour Fanny et Raphaël, mes libraires, avant même sa sortie et ils avaient vraiment envie de le faire connaître et de rencontrer l’auteur.

(Désolée pour les photos floues, mon téléphone ne fonctionne plus très bien et je n’avais pas mon appereil photo 😦 )

Le roman « Le grand marin »

Fanny a commencé par faire un résumé succinct du roman : l’aventure d’une femme, Lili, qui va en Alaska pour pêcher avec des hommes mais surtout qui va au bout d’elle-même. Un roman intense et très rythmé. Puis elle a lu un extrait du début du roman (Fanny lit très bien à voix haute, je m’en fais la remarque à chaque fois !) puis la discussion commence avec l’auteur, parfois  à l’initiative de Fanny, parfois de lecteurs présents.

Catherine Poulain est allée pêcher en Alaska et on peut dire que Lili, le personnage du roman, est un peu son double, mais elle ne voulait pas parler d’elle mais des marins et de la pêche et de cette envie de pêcher. Elle s’est servie de Lili, d’elle, pour parler de ça : un regard étranger qui se pose sur les gens.

Lili fuit quelque chose, elle va au bout d’elle-même et elle rencontre de grands hommes. Le « grand marin » est un homme impressionnant dans le roman et il a existé. C’tait un grand homme en mer qui perdait toute sa substance à terre. C’était un être humain entier.

L’écriture

Fanny a demandé à Catherine Poulain comment était né ce roman. Elle nous a expliqué qu’elle avait toujours tenu des carnets pour garder le fil car elle avait toujours eu une vie chaotique. Et quand elle avait le temps, elle essayait de construire des histoires. Les scènes de pêche étaient écrites depuis longtemps car elle avait peur d’oublier. Elle avait d’ailleurs retrouvé des bribes du « grand marin » dans ses carnets.

Elle est devenue bergère et elle a rencontré une auteur dans le cadre de son travail qui l’a encouragée à lui envoyer quelques pages. Elle s’est alors mise à écrire des passages et Olivier Cohen des Editions de L’Olivier a voulu la rencontrer et elle est allée au bout de ce projet.

A la question de l’écriture d’un autre roman, elle a répondu que ce n’était qu’un commencement. Elle a un synopsis énorme qui attend là et ça va lui permettre d’écrire et elle n’est pas sûre s’avoir assez de sa vie !

Son style

A la question concernant la féminité de son style, elle répond que sur le bateau de pêche, elle ne perdait pas sa féminité et elle estime qu’on peut arriver à être dans le monde des hommes ET être dans la féminité. On peut allier les deux et c’est peut-être la même chose pour l’écriture. C’est peut-être devenu une écriture sans genre.

Elle explique aussi qu’elle ne veut pas entrer dans le cérébral, elle veut être dans ce que l’on ressent. Elle a plein de questionnements sur la vie. Elle aimerait faire passer des choses que les gens pourraient ressentir et qu’ils décident d’eux-mêmes.

Sa vie

Catherine Poulain a raconté qu’elle avait passé 10 ans à pêcher et qu’à chaque fois qu’elle revenait en France elle n’avait qu’une envie, c’était de repartir là-bas.

Après avoir été expulsée des Etats-Unis car vivait en Alaska avec de faux papiers, elle est revenue en France et est allée dans un centre de formation pour apprendre à tailler les vignes. Il y avait aussi des cours pour devenir berger transhumant et quand elle a su qu’elle ne pourrait plus retourner en Alaska elle s’est dit qu’elle se donnerait à fond dans la montagne avec les brebis.

Lecture

A la question sur les lectures qui l’ont nourries, elle a répondu qu’enfant elle avait beaucoup lu mais qu’à 20 ans, elle ne voulait pas être influencée alors elle ne lisait plus. Puis aux Etats-Unis, elle s’est remise à lire tout ce qu’elle pouvait trouver : littérature américaine, littérature universelle. Mais elle n’aime pas les livres qui se perdent dans les idées. Elle a cité Harrison, McCarthy, Colum McCann, la poésie de Bukowski, des scandinaves… Elle a dit qu’elle avait des goûts très éclectiques. Tout ce qui est intense, tout ce qui brûle, tout ce qui va au bout.

Notoriété

Fanny lui a demandé comment elle vivait sa notoriété. Elle a raconté que quand le roman est sorti, elle était dans la montagne avec les brebis et qu’elle a reçu les premiers échos de l’éditeur par téléphone quand elle avait du réseau mais qu’elle était surtout concentrée sur son travail.

Puis en février elle est arrivée à Paris, terrorisée et il y a eu « La Grande Librairie » et elle a dit en plaisantant que ses éditeurs ont dû se demander à ce moment là si elle n’allait pas repartir en courant !

Après, elle s’est habituée mais ce qui l’a le plus gênée c’était de lire des portraits d’elle dans la presse. Elle est quelqu’un d’un peu sauvage et tout à coup voir sa vie dévoilée (et surtout avec des aspects mis en avant qui n’étaient pas toujours vrais) l’a vraiment perturbée. Puis elle a pris de la distance et elle ne lit tout simplement plus les journaux.

Elle admet que là, elle commence à fatiguer et qu’il était temps qu’elle retourne à sa vie réelle et elle était contente de retrouver ses brebis en juin.

Dédicace

Après cette rencontre dépaysante et très intéressante, nous avons pu faire dédicacer nos livres dehors, dans la barque qui est devant la librairie. Catherine Poulain est quelqu’un de vraiment charmant, toute en délicatesse et en retenue, elle prend le temps d’échanger quelques mots avec chacun.

Ce fut une jolie rencontre qui m’a vraiment donné envie de découvrir son roman.

(Même commentaire sur mes photos floues…)

Merci à Fanny et Raphaël d’avoir organisé cette rencontre ! Vous aussi, si près de chez vous une librairie organise ce genre de rencontre avec des auteurs, n’hésitez pas à y aller, même si vous n’avez pas lu les livres : d’abord, vous apportez du soutien aux libraires qui se donnent beaucoup de mal pour rendre la littérature encore plus vivante et puis vous découvrirez forcément quelque chose de nouveau !

[Billet Guest Star par Mrs B] Moi, Malala : Malala Yousafzai et Christina Lamb (lu par Guila Clara Kessous)

Malala …. ou l’histoire bouleversante d’une jeune fille qui, dès son plus jeune âge, a compris l’importance de l’éducation et qui se bat pour le droit des filles à aller à l’école…. au risque de sa propre vie.

La Swat Vallée…. du Paradis à  l’Enfer.

Ce livre est d’une incroyable richesse géographique, culturelle, historique et citoyenne. L’amour de Malala pour sa vallée, pour sa culture,  est présent dans chaque chapitre et que cette vallée à l’instar de ses habitants  a souffert : l’arrivée des Talibans, les crues, les bombardements, un tremblement de terre, l’exode de sa population au gré des décisions politiques. 

Ce roman se décline sous la forme d’une chronologie des événements (de «  Avant les Talibans » à « Une deuxième vie ») et est narrée à la première personne. La jeunesse de l’auteur se ressent  à travers ses disputes avec ses copines d’école ou ses relations avec ses frères et d’un autre côté elle est si mature  et si pleine d’humanité. Sans oublier l’amour de ses parents  qui l’ont toujours poussée à lutter pour ses idées dans un monde où les garçons sont rois.

Malala, je vous admire et je vous respecte. Merci à Christina Lamb, co-auteure, pour ce magnifique moment de courage.

Quant à la lectrice Guila Clara Kessous elle a su admirablement incarner la voix de cette jeune fille  courageuse et optimiste.

Un grand merci à Audiolib !!!!

Et Mrs B m’a non seulement donné envie de découvrir ce texte mais elle me l’a prêté alors je le lirai aussi bientôt!

« Pas facile de grandir » de Gep et Edith Chambon

 

Toujours dans la série « Graines d’ados », (cliquez pour voir les autres titres dont je parle sur le blog), les albums jeunesse des éditions Mouk où l’on retrouve Sonia la jeune collégienne et ses amis, voici cette fois l’histoire d’Elodie.

Elodie commence à changer, physiquement, les premiers pas dans l’adolescence la perturbent. Elle se cherche et ne se reconnait plus alors elle tente de changer de look et d’entourage. Elle se rapproche de filles plus grandes, un peu punkettes.

Sonia (et son rat Mosquito) reste le lien entre Elodie et les copines d’avant. C’est aussi un album qui évoque les relations entre mère et filles adolescentes.

C’est un bon moyen d’évoquer cette période où les adolescents ne savent plus trop dans quelle direction ils veulent aller et l’importance de l’amitié, l’importance d’être attentif aux autres.

 

« La princesse qui n’aimait pas les princes » de Alice Brière-Haquet (illustrations Lionel Larchevêque)

Ce petit livre jeunesse très court entre le roman et l’album  est une vraie réussite. En peu de pages, avec très peu de texte et avec beaucoup d’humour (les dessins sont très drôles avec beaucoup de second degré) raconte une histoire de princesse.

Mais si cela commence comme un conte ordinaire avec le roi qui veut marier sa fille et qui fait venir tous les princes du  royaume, la princesse n’est pas comme les autres princesses et elle ne s’intéresse à aucun des princes qu’elle rencontre.

En désespoir de cause, le roi fait venir la fée pour régler ce problème… Mais la fin n’est pas du tout celle que le roi imaginait… et pourtant la princesse qui n’aimait pas les princes tombe tout de même amoureuse …

C’est donc un petit roman drôle qui prône la tolérance et parle, comme vous vous en doutez, de l’homosexualité.

Ma collègue qui l’a fait découvrir aux élèves de 6ème m’a dit qu’ils ont été très surpris par la chute et on trouvé ça très drôle. Ils ont en général beaucoup aimé ce roman.  Malheureusement, ce roman n’est plus édité (est-ce une conséquence des scandales sur les livres sur les sujets « qui fâchent » comme l’homosexualité et l’homoparentalité d’il y a quelques années ? Je ne sais pas, mais c’est vraiment très dommage ! Allez donc faire un tour en médiathèque pour le découvrir !)

Ce roman s’adresse à mon avis aux jeunes lecteurs de 9 à 12 ans en lecture seule mais même avec des plus jeunes avec leurs parents, je voulais d’ailleurs le lire avec Bastien mais je n’ai pas eu le temps. (Depuis tout petit Bastien sait qu’en France, on a de la chance, les hommes peuvent se marier avec des hommes et les femmes avec des femmes.)

L’assassin qui rêvait d’une place au paradis : Jonas Jonasson (lu par Féodor Atkine)

C’est aussi un abandon mais contrairement à « Boussole », le lecteur est très bon. Mais le meilleur lecteur ne peut pas forcément combler l’ennui de certains romans…

Voici ce qu’en dit Audiolib : « Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets.

Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin… Après son vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son analphabète qui savait compter, c’est à un malfrat repenti que Jonas Jonasson donne une seconde chance. »

*

Personnellement, quand après 3 heures d’écoute (sur 8h25 quand même) je n’ai pas ri ou souri une seule fois et que je regardais régulièrement combien d’heures d’coute il me restait je me suis dit que ce roman n’était pas pour moi… Alors j’ai abandonné sans regret car je n’avais absolument pas envie de savoir ce qui allait arriver aux personnages.

J’avais plutôt aimé « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » même si je lui avait trouvé des longueurs.

Lu pour le Prix Audiolib 2016

Sandrine aussi l’a lu.

Challenge Petit Bac 2016 ligne audio catégorie « gros mot »

Ida : Chloé Cruchaudet

T1 « Grandeur et humiliation »

T2 « Candeur et abomination »

T3 « Stupeur et révélation »

coeur

 

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J’ai emprunté cette BD juste après mon billet sur « Groenland Manhattan » de l’auteur (dont j’avais aussi aimé « Mauvais genre » et quad j’ai vu les sublimes couvertures, je n’ai pas hésité une seconde !

Fin 19ème siècle, Ida est une « vieille fille » perpétuellement malade que rien ne soulage. Elle vit avec sa sœur et la famille de celle-ci. Son médecin l’envoie sur la Côte d’Azur et c’est alors qu’elle découvre qu’elle, qui ne vivait qu’alitée, ne se sent bien que quand elle voyage.

Au cours de ses voyages entre Tanger et l’Afrique, elle rencontre Fortunée, une femme délurée et haute en couleur qui deviendra sa compagne de voyage. Avec son corset et ses tenues extravagantes, elle se lance dans de grandes aventures jusque dans la jungle.

*

Elle écrit des guides de voyages et poursuit dans des contrées encore plus reculées et méconnues. Elle rentre en contact avec une tribu d’une grande violence –une rencontre qui la changera complètement.

*

Après avoir échappé à l’horreur, c’est une Ida déboussolée qui est recueillie avec Fortunée par des religieuses missionnaires au Congo. Elles sont intégrées à la communauté. Ida continue d’écrire et raconte sa vision des colonies.

*

Ces trois albums sont tout simplement sublimes que ce soit par les dessins ou les couleurs. Et l’histoire est fascinante. Le personnage d’Ida est d’une grande modernité et pourtant bien ancrée dans le 19ème siècle. Et elle est entourée d’une galerie de personnages très réussis !

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médiathèque


Commentaires laissés sur canalblog à l’époque :
  • Ces robes sont magnifiques. J’ai beaucoup aimé « Mauvais genre » et tu me donnes envie de découvrir celui-ci !
    Posté par Saxaoulsamedi 14 mai 2016
  • Vraiment rien que pour les dessins ça vaut le coup et puis l’histoire est beaucoup pus profonde qu’on pourrait le croire au départ, une vraie bonne découverte! Je te la conseille, je pense que tu aimeras! Posté par Enna, samedi 14 mai 2016 |
  • en tout cas les couvertures sont reussies…et toute une bien belle histoire….oui cela semble bien… Posté par rachelsamedi 14 mai 2016
  • C’est vraiment une trilogie qui vaut le détour tant par les dessins que l’histoire! A découvrir! Posté par Enna, samedi 14 mai 2016
  • j’en étais sûre que ça allait te plaire!!  j’ai moi aussi été conquise par Ida!! Posté par lasardine, samedi 14 mai 2016
  • Comment ne pas tomber sous le charme de cette femme ! 😀 Posté par Enna, samedi 14 mai 2016
  • Je suis tombée sur ces albums au salon du livre de Québec! Ils sont magnifiques! Tu me rappelles que je dois vérifier s’ils sont dispo à ma bibliothèque! Posté par Jules se livredimanche 15 mai 2016 |
  • Ils sont beaux et l’histoire est vraiment bonne aussi : à lire! Je suis contente de te rappeler à leur bon souvenir! Posté par Enna, lundi 16 mai 2016

Un oiseau blanc dans le blizzard : Laura Kasischke

Laura Kasischke est une auteur qu’on aime ou qu’on déteste je crois (je me souviens d’âpres disputes autour de son « Esprit d’hiver » au moment du prix de ELLE 😉 Mais moi, je me range du côté de ceux qui aime cette auteur. C’est d’ailleurs le 6ème roman d’elle que je lis.

Kat a 16 ans au début de ce roman. Jusqu’ici elle vivait avec ses parents, mariés depuis 20 ans, dans une maison « modèle » dans une banlieue résidentielle de l’Ohio. Une vie on ne peut plus ordinaire, très « américaine »… Sauf qu’Eve, la mère de Kat, disparait du jour au lendemain sans donner de nouvelles à part un coup de fil à son mari pour dire qu’elle ne reviendra plus.

Et là, la surface de la vie ordinaire se fissure et on voit toutes les failles de la famille. Le père est un homme sans consistance, la mère s’ennuie depuis toujours et déteste son mari et n’est pas du tout agréable avec sa fille adolescente trop grosse à son goût…

Avant la disparition de la mère, Kat commençait juste une autre vie –elle avait un petit ami, un voisin, et découvrait sa sexualité et perdait du poids. Après la disparition d’Eve, Kat fait des rêves –cauchemars- récurrents mais sa mère ne lui manque pas particulièrement.

Ce roman parle des faux semblants et des relations humaines et familiales. Il est plein de tensions. On découvre les personnages petit à petit, une ado qui se découvre et des adultes à côté de la plaque. J’ai souvent pensé à « L’homme de la montagne » de Joyce Maynard pendant ma lecture.

Petit Bac 2016 catégorie « animal »

Bel ami : Guy de Maupassant (lu par Jacques Roland)

J’aime beaucoup Maupassant et j’en ai beaucoup lu quand j’étais au collège et au lycée. Je me souviens même que je croyais que c’tait de la littérature « facile » dont je ne me vantais pas jusqu’à ce que ma prof de français de seconde me dise que c’était un « classique » !

J’avais déjà lu « Bel Ami » à cette époque et j’en gardais un bon souvenir alors cette relecture audio me faisait un peu peur –peur d’être déçue.

Je dois dire qu’au début, je me suis dit que le lecteur ne me conviendrait pas avec sa diction un peu vieillotte mais finalement, je me suis habituée et puis cela collait bien avec le texte.

« Bel Ami » est l’histoire d’un jeune homme simple, sans argent, qui vit à Paris au 19ème siècle et qui par le hasard d’une rencontre avec un ancien camarade de l’armée fait son trou dans le monde de la presse. Petit à petit, par ambition,  il monte dans la haute société en grande partie grâce à son succès auprès des femmes –pas n’importe lesquelles- toujours des femmes d’influence.

Ce roman est passionnant car il y est question du pouvoir de la presse, de la politique de l’époque, des influences –les femmes sont à la fois utilisées par Duroy mais aussi montrées comme ayant un pouvoir dans le cercle politico-médiatique.

C’est une peinture grinçante du 19ème siècle et c’est aussi très actuel ! J’ai beaucoup aimé.

 

 

« Un amour de rom » de Gep et Edith Chambon

Toujours dans la série « Graines d’ados », (cliquez pour voir les autres titres dont je parle sur le blog), les albums jeunesse des éditions Mouk où l’on retrouve Sonia la jeune collégienne et ses amis, voici cette fois l’histoire de Cassiopée.

La « petite » Cassiopée ne fait pas vraiment partie de la bande. Encore un peu gamine par rapport aux autres, encore une petite fille. Elle part en vacances à Noirmoutier chez son papy et le hasard veut qu’elle y croise Sonia avec sa mère.

Mais surtout, Cassiopée fait la connaissance de Cornlius, un jeune Rom qui vit avec sa famille dans un camp de gens du voyage. Elle va découvrir un autre univers et l’amour et du coup elle va grandir en bien des points (en tout bien tout honneur 😉 et s’affirmer après ces vacances.

C’est l’occasion de parler de l’autre, celui qui n’a pas la même vie (même si c’est quand même assez succinct) et de prôner la tolérance.

 

 

Le hasard a voulu que le week-end où j’ai lu ce petit livre,  je suis allée à un concert de musique rom. Les artistes avait joué tout d’abord dans une salle de spectacle à l’occasion du festival « Jazz sous les pommiers » et l’association « Ici et là » (qui a pour but de promouvoir l’insertion économique, sociale, culturelle des familles et particulièrement des enfants de l’aire d’accueil des gens du voyage de la communauté de communes de Coutances dans un respect réciproque des cultures et des modes de vie) a proposé ce concert gratuit sur l’aire des gens du voyage de la ville.

C’était enthousiasmant : on a tapé des mains et dansé. Les artistes on proposé aux gens du voyage qui nous accueillaient de venir danser mais on voyait bien que les jeunes filles faisaient les timides. Quand toute l’assemblée s’est mise à danser une femme plus âgée est venue danser et la chanteuse avait l’air vraiment contente de partager ce moment avec elle! J’ai adoré ce moment!  

 

 Romengo & Mónika Lakatos

(cliquez pour arriver sur leur site et écouter plein de musique qui met en joie!)