Ru : Kim Thùy (lu par l’auteur)

J’ai lu ce roman en 2014 et voici ce que j’en avais dit à l’époque :

Ru : Kim Thùy
A l’occasion de l’émission des Bibliomaniacs de juillet, comme nous allions parler de ce roman, j’ai voulu me rafraîchir la mémoire en écoutant la version audio du livre. Je l’ai trouvé sur « Audible » (même si je ne suis pas douée, je n’ai pas réussi à le charger sur mon ordinateur et je l’ai donc écouté avec mon téléphone portable !

Je suis très contente d’avoir relu le roman en audio car c’était Kim Thuy qui le lisait et cela a apporté un vrai plus à ma relecture. En effet, la première fois, j’avais été touchée par les faits et les émotions exprimées par l’auteur mais le texte ne c’était sans doute pas réellement  ancré an moi à cause de la forme, car j’avais eu une impression de survol.

 Dans la version audio, j’ai trouvé que l’auteur, par sa voix, sa façon de donner d’elle en le lisant donnait plus de corps à son texte et je l’ai trouvé beaucoup plus marquant.

Je vous conseille cette lecture audio !

 Chez Sylire(Je suis hors thème, car je ne suis allée ni au Vietnam, ni au Canada 😉

L’incolore Tuskuru Tazaki et ses années de pèlerinage : Haruki Murakami (lu par Bernard Gabay)

Résumé de l’éditeur : « Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.
À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L’un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu , Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur.
Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés.
Un jour, ils lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n’en a pas cherché.
Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il était mort.
Il est devenu architecte, il dessine des gares.
Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l’intrigue mais elle le sent hors d’atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible.
Vivre sans amour n’est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle. »

Je suis un peu partagée sur ce roman qui m’a à la fois plu et à la fois un peu ennuyée.

J’ai aimé le lien qui unissait les 5 amis, le fait que Tsukuru accepte en façade leur abandon mais qu’en réalité cette rupture incompréhensible le tue à l’intérieur. J’ai aimé que Sara comprenne qu’il avait besoin de comprendre ce qui était arrivé à l’époque de cette rupture amicale pour pouvoir avancer dans son présent. J’ai aimé le courage de  Tsukuru quand il va confronter ses amis pour avoir des explications et également la révélation de ce que cachait cette rupture.

Mais j’ai aussi trouvé le roman un peu classique pour Murakami, il me manquait un petit côté déjanté et onirique que j’avais découvert dans d’autres romans de lui (il faut dire que ma première lecture était « Kafka sur le rivage », j’avais mis la barre haute !

J’ai  aussi trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs au début et notamment des personnages secondaires qui n’apportaient rien à l’histoire globale (jusqu’à la fin je me suis demandé quand le personnage de l’ami de fac avec qui il va à la piscine allait avoir une importance dans le récit et l’histoire du père de celui-ci allait-elle avoir un sens à un moment ou un autre… et en fait…non…

Bref, je ne sais pas si je vous vends vraiment ce roman : je pense que si vous êtes fans du côté un peu barré de Murakami vous serez peut-être déçus mais si ce côté-là ne vous tente pas, vous aimerez sans doute. J’ai vraiment envie de lire vos avis pour affiner un peu le mien !

 Chez Sylire

(Je suis hors thème, car je ne suis allée ni au Japon, ni en Finlande 😉

Histoire de la violence : Edouard Louis (lu par Philippe Calvario)

Voici la 4ème de couverture : « J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé, violé. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Plus tard, je me suis confié à ma soeur. Je l’ai entendue raconter à sa manière ces événements.
En revenant sur mon enfance, mais aussi sur la vie de Reda et celle de son père, en réfléchissant à l’émigration, au racisme, à la misère, au désir ou aux effets du traumatisme, je voudrais à mon tour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. Et par là, esquisser une histoire de la violence. »

Cette quatrième de couverture est un résumé du roman/témoignage d’Edouard Louis et concernant l’histoire en elle-même, je n’ai pas grand-chose à ajouter. Le narrateur est Edouard Louis et il parle de sa situation personnelle et en cela c’est encore un témoignage (après le texte coup de poing qui m’a bouleversé quand je l’ai lu « En finir avec Eddy Bellegueule ») mais il apporte aussi une vraie réflexion et un travail d’écrivain en mettant des mots dans la bouche de sa sœur et en jouant sur les différents points de vue.

Il y a d’abord Edouard qui raconte ce qui lui est arrivé et ce qu’il a ressenti avant, pendant et après et puis il y a sa sœur qui raconte à son mari ce qu’Edouard lui a raconté à elle, en donnant aussi son point de vue sur ces faits, et il y a à nouveau Edouard qui réagit in petto  sur ce que sa sœur raconte à son mari. J’ai trouvé ce procédé de chassé croisé et d’interprétations différentes d’un même fait très intéressant. D’autant que cela amenait aussi parfois des questionnements sur le premier roman dans le quel Edouard parle de sa famille à l’époque de son adolescence. J’ai même trouvé que l’auteur en jouait un peu, se moquait un peu de lui ou s’amusait des interprétations qui en avaient été faites à l’époque.

Dans ses réflexions, il y a un réel attachement d’Edouard envers son bourreau, comme s’il le connaissait mieux que tout le monde et qu’il ne voulait pas le blâmer mais le comprendre. C’est assez perturbant car les deux hommes ne se sont fréquentés que le temps d’une nuit et que ça s’est très mal fini mais Edouard a vraiment envie d’être celui qui comprend.

J’ai trouvé très intéressant de lire ce récit d’une agression du point de vue d’un homme (je crois que c’est la première fois que je lis ça) et je trouve qu’il y avait un côté universel : l’incompréhension, la peur, la honte, l’envie de comprendre…

J’ai trouvé touchant de voir qu’une fois à Paris, sorti de son milieu familial, ce sont ses amis qui sont devenus sa vraie famille.

J’ai aimé ce roman / témoignage, que j’ai trouvé fort et bien écrit. J’aimerai toutefois vraiment lire Edouard Louis dans un registre moins autobiographique car il a une plume et j’aimerai le lire dans de la fiction pure (ou en tout cas plus « fictive » 😉

 Chez Sylire Le thème du mois est un livre qui se passe dans un pays que vous avez déjà visité (La France, ça marche aussi !)

Merci