Histoire de la violence : Edouard Louis (lu par Philippe Calvario)

Voici la 4ème de couverture : « J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé, violé. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.

Plus tard, je me suis confié à ma soeur. Je l’ai entendue raconter à sa manière ces événements.
En revenant sur mon enfance, mais aussi sur la vie de Reda et celle de son père, en réfléchissant à l’émigration, au racisme, à la misère, au désir ou aux effets du traumatisme, je voudrais à mon tour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. Et par là, esquisser une histoire de la violence. »

Cette quatrième de couverture est un résumé du roman/témoignage d’Edouard Louis et concernant l’histoire en elle-même, je n’ai pas grand-chose à ajouter. Le narrateur est Edouard Louis et il parle de sa situation personnelle et en cela c’est encore un témoignage (après le texte coup de poing qui m’a bouleversé quand je l’ai lu « En finir avec Eddy Bellegueule ») mais il apporte aussi une vraie réflexion et un travail d’écrivain en mettant des mots dans la bouche de sa sœur et en jouant sur les différents points de vue.

Il y a d’abord Edouard qui raconte ce qui lui est arrivé et ce qu’il a ressenti avant, pendant et après et puis il y a sa sœur qui raconte à son mari ce qu’Edouard lui a raconté à elle, en donnant aussi son point de vue sur ces faits, et il y a à nouveau Edouard qui réagit in petto  sur ce que sa sœur raconte à son mari. J’ai trouvé ce procédé de chassé croisé et d’interprétations différentes d’un même fait très intéressant. D’autant que cela amenait aussi parfois des questionnements sur le premier roman dans le quel Edouard parle de sa famille à l’époque de son adolescence. J’ai même trouvé que l’auteur en jouait un peu, se moquait un peu de lui ou s’amusait des interprétations qui en avaient été faites à l’époque.

Dans ses réflexions, il y a un réel attachement d’Edouard envers son bourreau, comme s’il le connaissait mieux que tout le monde et qu’il ne voulait pas le blâmer mais le comprendre. C’est assez perturbant car les deux hommes ne se sont fréquentés que le temps d’une nuit et que ça s’est très mal fini mais Edouard a vraiment envie d’être celui qui comprend.

J’ai trouvé très intéressant de lire ce récit d’une agression du point de vue d’un homme (je crois que c’est la première fois que je lis ça) et je trouve qu’il y avait un côté universel : l’incompréhension, la peur, la honte, l’envie de comprendre…

J’ai trouvé touchant de voir qu’une fois à Paris, sorti de son milieu familial, ce sont ses amis qui sont devenus sa vraie famille.

J’ai aimé ce roman / témoignage, que j’ai trouvé fort et bien écrit. J’aimerai toutefois vraiment lire Edouard Louis dans un registre moins autobiographique car il a une plume et j’aimerai le lire dans de la fiction pure (ou en tout cas plus « fictive » 😉

 Chez Sylire Le thème du mois est un livre qui se passe dans un pays que vous avez déjà visité (La France, ça marche aussi !)

Merci

4 commentaires sur « Histoire de la violence : Edouard Louis (lu par Philippe Calvario) »

  1. @Enna : je le lirai (audio) mais il y a de fortes chances que mon ressenti soit le même qu’à la lecture du premier. J’éprouve un certain malaise devant ce genre d’histoires, assez glauques, même si je salue le réel talent d’écrivain de l’auteur.

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