Rencontre avec Valentine Goby

 

 

J’ai eu la chance de pouvoir écouter Valentine Goby qui est venue dans mon petit coin de la Manche pour parler de son dernier roman « Un paquebot dans les arbres » et c’était une vraie chance car c’était la première fois qu’elle en parlait depuis sa sortie.

Valentine Goby était absolument rayonnante, avec un très beau sourire naturel et communicatif, joyeuse et très agréable à écouter, très généreuse dans cette rencontre. Comme d’habitude, je vais faire de mon mieux pour retranscrire ce beau moment (pas forcément de façon linéaire mais plutôt thématique) même si je n’ai pas pu tout noter car il y avait tant de choses passionnantes à écouter, j’espère lui avoir été fidèle  😉

L’entretien est mené comme d’habitude par Xavier Houssin qui commence par lire un extrait du roman et qui présente l’auteur et ses romans.  Valentine Goby a commencé par parler de l’histoire de « Un paquebot dans les arbres » (pour savoir de quoi parle roman, n’hésitez pas à aller lire mon billet). Elle explique qu’elle fait confiance à la vie qui l’a souvent mise sur des chemins lui ayant permis de rencontrer des gens qui lui racontent leurs histoires. Elle a une passion pour l’Histoire et ces histoires lui donnent envie d’écrire des romans.

 

Mathilde

Par le biais d’une personne rencontrée au moment de l’écriture de « Kinderzimmer », elle a rencontré Elise Bellion (la « vraie » Mathilde du roman), qui au détour d’une conversation lui parle du sanatorium et de la tuberculose de ses parents. Après avoir fait des recherches sur ce sanatorium, le sanatorium d’Aincourt, Valentine Goby propose à Elise Bellion de l’accompagner sur les lieux. D’ailleurs, la scène d’ouverture du roman où Mathilde adulte retourne là-bas, a réellement eu lieu mais en compagnie de l’auteur.

L’histoire de cette femme, c’était une histoire d’amour filial, familial. Pour elle, c’est l’histoire de la résistance à la fatalité. Cette jeune femme qui a admirablement sauté par-dessus l’obstacle.

A travers le rôle que lui donne cette tragédie, elle prend une revanche : elle a le regard du père, qu’elle a toujours cherché. On part d’une situation de manque et d’abandon à une situation d’écrasement. Elle met en balance amour et fidélité à la famille et l’envie et le besoin de devenir quelqu’un.

Elle va porter sur ses épaules le projet que la société ne peut pas encore offrir à ses parents qui ne bénéficient pas de la sécurité sociale en tant que commerçants ni des antibiotiques qui ne sont pas encore répandus en France.

Valentine Goby dit qu’elle aime parler de personnages faillibles. Parler de comment on arrive à surmonter les obstacles pour continuer à vivre. Parler des défis surmontés, des actes de bravoures. C’est facile de baisser les bras et d’arrêter de vivre mais choisir la vie, accepter les difficultés, c’est fascinant.

Cette maladie va ouvrir de nouvelles portes à Mathilde qui va rencontrer des personnes qui vont l’ouvrir sur le monde. Même les parents malades vont « profiter » de leur maladie au sanatorium pour se retrouver à deux et mieux connaître leur fille cadette. Tous apprennent de cette tragédie.

 

L’Histoire

Valentine Goby nous dit qu’elle a le sentiment qu’une mémoire chasse l’autre. Au sanatorium d’Aincourt, il y a une plaque qui explique que ce lieu a été un camp d’internement administratif pendant la deuxième guerre mondiale et qu’il est reconnu comme tel mais que rien n’est fait pour entretenir l’histoire du sanatorium en tant que lieu médical. Il y a coexistence de la douleur mais on a l’impression que ces douleurs ne permettent pas de cohabiter. C’est aussi ce qui fait la richesse de ce lieu. Mais l’histoire de la tuberculose a été oubliée…

Aujourd’hui, la tuberculose revient, la sécurité sociale recule, comme beaucoup de droits sociaux Peut-être que l’histoire de la tuberculose reviendra en avant car on a souvent oublié à quel point cette maladie a été dévastatrice.

Ce qui l‘intéresse quand elle écrit un roman c’est de participer à la vivacité de notre mémoire. Elle aime les gens qui ont une mémoire, elle-même n’en ayant pas beaucoup.

Elle aime beaucoup travailler sur les oubliés de l’histoire. Le roman selon elle peut être le relais de l’Histoire et de la sociologie dans une problématique de transmission.

L’Histoire est un moyen d’être mieux dans le présent, une façon de le mettre en perspective. On devrait regarder plus souvent le passé pour analyser, relativiser le présent.

Sa première passion, avant la littérature, c’est l’histoire. Elle considère que l’amnésie est une maladie mortelle.

 

Kinderzimmer

Valentine Goby a parlé longuement de la genèse du roman « Kinderzimmer » qui parle des enfants nés au camp de concentration de Ravensbrück. Sa passion de l’Histoire et des histoire individuelles ressort vraiment dans tout ce qu’elle raconte sur ce roman, l’avant, le pendant et l’après et je l’ai trouvée passionnante et très émouvante.

 

« D’après une histoire vraie »

Valentine Goby explique que ce n’est pas anodin de prendre l’histoire personnelle de quelqu’un pour écrire. Dans « Kinderzimmer », c’était déjà le cas mais le personnage central était collectif, c’était un chœur qui correspondait à plusieurs femmes rencontrées mais aussi inventées. Dans « L’antilope blanche » elle est partie du témoignage d’une femme qui est décédée avant l’écriture du roman alors elle a dû se « débrouiller » seule.

Dns « Un paquebot dans les arbres », elle est rentrée dans l’intimité de cette famille et elle a travaillé sous le regard d’Elise Bellion.

Quand elle écrit un roman, elle explique qu’elle va ajouter et retirer des choses car l’auteur doit trouver sa place. Elle ne fait pas de biographie.

Elle a le trac quand la personne concernée lit son roman car elle sait que si elle sent que celle-ci n’est pas à l’aise avec l’histoire qu’elle a recrée, elle ne publiera pas. C’est un risque mutuel qui est pris comme dans toute relation humaine.

« Un paquebot dans les arbres » est une histoire « vraie » mais pas « réelle ». C’est une histoire « véridique » et « Kinderzimmer » aussi.

 

Imagination / Ecriture

Elle déclare qu’elle n’a aucune imagination mais qu’elle a le sens de l’observation et l’empathie. Elle rencontre des gens pour s’inspirer. Elle n’invente pas mais elle met ensemble des choses qui existent déjà.

Pour elle, un roman c’est la rencontre de deux personnes et son travail à elle c’est la langue : mettre des mots sur ces histoires.

 

La relation au père

Dans « Baumes », elle a retracé son enfance à travers ses souvenirs liés aux parfums pour parler de ses relations entre elle et son père parfumeur. Elle profite d’ailleurs que son père ne soit pas présent ce jour-là pour admettre que Mathilde ressemble beaucoup à la petite fille qu’elle était.

 

Le corps

Le rapport au monde, pour elle, n’est pas cérébral : ça passe par le corps, par les sensations. La pensée vient ensuite faire la synthèse des sensations.

Le rapport aux autres passe par la peau. C’est le territoire commun. Chacun a son propre corps, unique, mais c’est une expérience commune. Nous sommes avant tout des corps.

Dans son écriture, elle passe par les sensations. Elle n’a pas envie de décréter qu’un personnage est triste ou a peur car elle ne sait pas ce que le lecteur mettra derrière ces mots. Elle préfère décrire ce que ressent ce personnage à ce moment, car elle sait que les lecteurs comprendront, identifieront les sensations. Pour elle, les sensations n’excluent pas alors que les mots peuvent le faire.

 

Dédicace

Après cette belle rencontre, je suis allée faire dédicacer mon exemplaire de son dernier roman. Je lui aussi dit que j’avais eu un coup de cœur pour  « Kinderzimmer » en version audio et que la lectrice était extraordinaire. Elle ne la connaissait pas, m’expliquant que c’était compliqué pour un auteur d’écouter son texte lu par quelqu’un d’autre. (Personnellement, je vous recommande la version audio si vous aimez ce type de lecture !)

Elle était tout à fait charmante, disponible pour chacun et je garderai un excellent souvenir de cette rencontre.

Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser : Jo Witek

Ce roman donne la parole à Xavier qui a 14 ans et qui écrit son journal intime. Comme tous les ados, il râle sur ses parents, parle de ses copains mais surtout, tombe amoureux pour la première fois et se pose la question de ce qui va se passer ensuite… Il met en mot toutes les émotions qui le traversent sans qu’il s’y attende vraiment.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui donne la parole à un jeune ado garçon et qui parle d’amour –les sentiments- mais aussi de ce qui est physiquement ressenti –le premier baiser étant assez angoissant pour tout le monde.

Je conseille ce roman aux jeunes de 12 ans et plus, garçons et filles et pourquoi pas aux parents de préados et d’ados car c’est une vision de l’intérieur qui est plutôt bonne ! (EDIT : D’après ma copine Mrs B, en se basant sur son fils qui rentre en 5ème,  12 ans c’est un peu jeune. Je dirais donc à partir de la 5ème, après 12 ans (mais ça dépend surtout de la maturité de votre enfant). Je vous conseille de le lire pour vous faire une idée 😉

Que faisions nous le vendredi 9 septembre à 09h09 ET/OU à 21h09 ??

 

Le   9/09  nous avons été 14 à prendre 19 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire  (sur une idée de Cstef du blog « Une Photo, une bidouille »!!) 

J’ai transmis ces photos à  Steff  qui en a fait cette mosaïque! Merci à elle et merci à tous les participants!

 

A  9h09 : 9 photos

Personnellement, j’ai complètement zappé… J’étais en cours avec les élèves et j’ai oublié…

Steff  faisait sa consultation de nourrissons 

Aifelle  venait de croiser  Monsieur Colissimo qui venait de passer avec un colis surprise. Deux livres, une glace de poche, un carnet, une trousse, jolis cadeaux pour démarrer la journée.

Mare tea ne faisait une randonnée dans la campagne normande. 

Céline était dans le train pour aller travailler et elle lisait un SP.

Rachel  regardait les blogs 

Sandrion traversait la cour du lycée pour se rendre en salle des profs

Manika   venait de poser son fils à l’école

Vive les bêtises conduisait direction Giberville pour donner des manuels de maths

 

A 21h09 10 photos

Personnellement, je préparais mes affaires de blogs et mon thé pour aller écrire des brouillons de billets en bas

Sandrine était en train de regarder le programme des Accroche-coeurs festival de rue tout le week end à Angers pour voir si quelque chose la tentait.

Wakanda regardait le film « The Good Son » Avec Elijah Wood et Macaulay Culkin

Céline était en train de prendre l’apéro

L’irrégulière  regardait un film en buvant un verre de Pouilly

Rachel regardait une série marcopolo

Manika  s’installait devant une VOD : La isla minima

Vive les bêtises lisait le dernier Gaude, qu’elle adore, à tel point qu’elle avance très lentement

Didingc  était en train de dîner au resto avec des amis

Nath  finissait tranquillement son verre à la fin du repas une fois tout débarrassé

 

 

  

 Merci à tous les participants! Merci à tous!

 

Le prochain rendez-vous sera  : le lundi 10/10 à  10h10 et/ou à 22h10! Parlez en autour de vous 😉

Un rappel une semaine avant et la veille au soir et le jour même pour éviter d’oublier 😉 

J’espère que nous serons nombreux à jouer!

Souvenirs, souvenirs : Voici ce qu’on faisait  le 3/03 à 3h03 et  le 4/04 à 4h04  et le 5/05 à 5h05 et le 6/06 à 6h06  et le 7/7 à 7h07  et le 9/9 à 9h09  et le 10/10 à 10h10  et le 11 / 11 à 11h11 et  le 12/12 à 12h12 et le 1/01 à 1h1 ou 13h01 et le 2/2 à 14h02 et le 3/3 à 15h03 et le 4/4 à 16h04 et le 5/5 à 17h05 et le 6/6 à 18h06 et le 7/7 à 19h07 et le 9/9  et le 10/10  et le 11/11 et le 12/12  et le 1/1  et le 2/2  et le 3/3  et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6 et le 7/7 et le 9/9 et le 10/10 et le 11/11 et le 12/12 et le 1/1 et le 2/2 et le 3/3 et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6 et le 7/7

Qu’est ce que je faisais le vendredi 9 septembre à 09h09 ET/OU à 21h09?

Le 9/09 à 09h09  : J’ai oublié de prendre la prendre car j’étais en cours et j’ai complètement zappé!

Le 9/09 à 21h09  : je préparais mes affaires de blogs et mon thé pour aller écrire des brouillons de billets en bas

 

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible : ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir)

On se donne au plus tard le 13 pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 15?

A bientôt!

« Un paquebot dans les arbres » de Valentine Goby

         

 

J’avais eu un coup de cœur pour « Kinderzimmer » découvert en audio alors quand j’ai appris le même jour que Valentine Goby sortait un nouveau roman pour la rentrée littéraire 2016 et qu’elle venait près de chez moi fin août pour une rencontre, je savais que je lirais ce roman sans même savoir de quoi il parlait. Quand ma libraire m’a dit qu’elle aimait beaucoup sa lecture, je me doutais que j’allais aimer !

Vous avez vu le cœur en haut de mon billet et ce coup de cœur je l’ai ressenti avant même d’avoir fini ma lecture et je l’ai eu pour le style et pour l’histoire.

L’histoire c’est celle d’une famille dans les années 50-60. Des gens ordinaires, ou plutôt une famille ordinaire qui gravite autour d’un père qui est un personnage haut en couleur (en anglais on dit « larger than life »). Odile et Paulot tiennent le bar du village. Paulot dégage une joie communicative même si en réalité il est assez égoïste avec sa famille : Odile qui lui passe tout, Annie, la fille aînée qu’il idolâtre, Mathilde la cadette qu’il traite comme un garçon et qui fait tout pour se faire remarquer, même si ça veut dire faire des bêtises pour se faire disputer et se faire appeler «son p’tit gars » et Jacques le petit dernier qui ne connaîtra pas vraiment cette période faste. Car les choses vont soudainement prendre un tour tragique quand le père est atteint de la tuberculose . 

Leur vie ne redeviendra jamais comme avant et quand les deux parents sont envoyés au sanatorium près de leur village, c’est aussi la vie des deux plus jeunes enfants qui est bouleversée . Mathilde doit grandir très vite pour prendre en charge toute la famille sur ses épaules au point de s’oublier. Elle a 18 ans mais elle devient la mère de tout le monde tout en essayant de vivre une vie de jeune fille.

L’écriture de Valentine Goby est vraiment belle : poétique et fluide. Elle évoque les pensées de cette toute jeune fille au fil de sa courte vie si remplie, tisse des liens entre les personnes et la nature. Elles crée des rencontres, met en avant l’envie d’être aimée, l’envie de bien faire, la peur d’être jugée et la culpabilité de parfois ne pas penser aux autres…

En parallèle de cette histoire de famille, il y a aussi la plus grande histoire. Celle de la France de cette époque : les trente glorieuses qui laissent quand même au bord du chemin ceux qui pourtant auraient besoin d’aide mais qui n’ont pas les moyens et puis la guerre d’Algérie.

Je ne pense pas que mon billet rende justice à ce roman que j’ai trouvé tout simplement beau et fort avec des personnages riches et finement traités. Je ne peux que vous encourager à le lire ! (Il fait parti de ses livres dont il est difficile de parler, ceux pour lesquels on a juste envie de dire « Lisez-le ! »;-)

  

 objectif 2016 : -27

ma Best 

Holidays, Holi, Holidays… Mes vacances en Angleterre

En cette veille de rentrée j’ai envie de rester un peu en vacances en vous parlant un peu de mes vacances anglaises. Je ne rentrerai pas dans les détails car je pense que je reviendrais plus précisément dessus en juin à l’occasion du mois anglais 2017 (oui, je sais, je sais, certains diront que je suis « très organisée » pour le blog, mais c’est surtout que ça sera l’occasion de faire un billet « voyage » en juin 😉

Nous sommes d’abord allés près de la New Forest. Nous sommes passés à Lyndurst un bourg charmant aux abords duquel il y a des poneys en liberté (comme dans toute la New Forest) mais aussi un concessionnaire Ferrari et Mazeratti 😉 Nous avons fait plusieurs balades très agréables en forêt.  Nous nous sommes aussi baladés à Lymington, Brockenhurst, Milford on Sea (pour voir Hurst Castle), Beaulieu (qui se prononce « biouli ») et Burley.  Pour Bastien nous sommes aussi allés voir des oiseaux de proies et des chouettes. Et bien profité de la piscine de notre logement !

La deuxième partie de notre voyage s’est déroulée sur L’Île de Wight (et j’ai bien cassé les pieds de mes deux hommes en chantant très régulièrement « Wight is Wight, Dylan is Dylan… » …Vous l’avez dans la tête, ça y est ? 😉

Nous avons admiré les falaises de Anum Bay et vu les Needles. Nous avons déjeuné dans un très chouette pub (« The Buddle Inn ») et avons eu notre première après-midi un peu humide du séjour en allant voir Saint Catherine’s Point. Nous avons ensuite visité un musée sur les dinosaures et les fossiles (« Dinosaur Isles ») : très bien fait et très orientés sur les enfants ! L’après-midi à Sandown, une très jolie côte sous le soleil.

Puis nous avons repris le ferry et  la route pour aller jusqu’à Plymouth. En chemin et sous un soleil magnifique, nous nous sommes arretés à West Bay qui se trouve être la petite ville balnéaire où a été tourné la série « Broadchurch » (j’avais repéré le lieu du tournage !)

 

Nous nous sommes aussi arrêtés à Lyme Regis, une autre adorable petite station balnéaire dont je connaissais le nom car c’est là que Marie Anning a fait la découverte de fossiles qui ont changés l’histoire et dont Tracy Chevalier parle dans son très bon roman « Prodigieuses créatures ».

Arrivés à Plymouth, nous avons été assez déçu de notre logement (les deux autres étaient très bien) mais il était très bien situé et nous avons pu profiter de the Hoe, un grand parc et d’une magnifique vue sur le Sound à deux pas de chez nous. Le premier soir, nous avons mangé dans un excellent restaurant indien. Nous avons consacré notre première journée à la découverte de Plymouth sous le soleil avec des jeux pour Bastien, un passage devant les  » Mayflower Steps » et dans la plus ancienne boulangerie de la ville.

Malheureusement, le jour suivant fut une journée de très mauvais temps. Nous sommes allés dans le Dartmoor ce lieu sauvage qui méritait un meilleur temps mais l’office du tourisme, conçu comme un musée nous a permis d’en apprendre plus sur Arthur Conan Doyle et son « chien de Baskerville » qui lui a été inspiré par ses longues marches dans le Dartmoor.

Le lendemain était encore bien morose et humide. Nous sommes restés à Plymouth et après un peu de shopping, nous avons visité le musée municipal : très bien fait et très « kids friendly » avec beaucoup de choses à manipuler et intéressant pour les enfants comme les adultes. Nous avons profité d’une accalmie pour prendre un petit ferry pour faire une balade et nous sommes rentrés en marchant sans subir la pluie !

Le lendemain fut à nouveau une très belle journée et nous sommes allés à Dartmouth qui est un charmant bourg sur la rivière Dart. Nous avons pris un ferry qui nous a emmené jusqu’à Greenway House : la maison de vacances d’Agatha Christie et  autant vous dire que j’ai adoré ! Le jardin et le bois superbes, le « boathouse » : la petite maison qui a servi Agatha Christie dans le roman « Dead man’s folly » (« Poirot joue le jeu »), la maison elle-même, qui m’a ravie : j’avais l’incroyable sensation d’être DANS un roman d’Agatha Christie : sans parler du croquet auquel j’ai joué avec Bastien et du tennis sur lequel Bastien et son père ont tapé quelques balles pendant que je lisais mon roman et aussi les serres… Bref, un vrai bonheur (je pense qu’en juin, je consacrerai un billet sur l’aspect « littéraire » de mes vacances.

Enfin, quand nous avons quitté Portsmouth sous un grand soleil (et du vent) et nous avons pu voir beaucoup de bateaux de guerre (ma mère nous a appris à notre arrivée que c’était d’ailleurs la première fois depuis des années que TOUTE la flotte de guerre était à Portmouth !)

J’ai adoré ces vacances. D’abord, globalement nous avons eu beau temps (nous avons eu deux j0urs de pluie mais nous avons aussi pris des coups de soleil !) et tout m’a semblé « so charming », « so British » (L’Homme se moquant de moi au retour en me faisant remarquer qu’ici tout est « so French » « So Normand » 😉 et Bastien n’en pouvant plus de m’entendre dire que « c’est trop mignon ! ») Je dois dire que ces vacances ont été mes meilleures vacances depuis longtemps (peut-être parce que je me sens plus « en vacances » quand je pars à l’étranger ?)

J’ai aussi aimé manger du « fish and chips » et des « jacket potatoes » (grosses pommes de terre), Bastien a adoré les « Bangers and mash » (saucisses purée) et les « sausage rolls » (feuilletés à la saucisse) et L’Homme a aimé les « pies » (les tourtes salées) et les gâteaux anglais. Ce que j’ai vraiment apprécié personnellement c’est que la réglementation  sur les allergies alimentaires est très bien appliquée, les restaurants proposent tous qu’on leur signale nos allergies (alors on ne se sent pas gênés de le faire) et ils sont capables de dire ce que l’on PEUT manger en leur disant nos allergies car ils ont tous les allergènes de chaque plat dans la boutique ou dans le restaurant !

J’ai aimé aussi les « Charity shops » qui sont des magasins dans lesquels les objets donnés à des associations sont mis en vente exactement comme dans un magasin ordinaire. J’ai fait une super affaire en achetant une jupe « White Stuff » à £6.50 et si j’avais été seule, j’aurai passé beaucoup de temps à regarder les livres (au passage j’ai été TRES raisonnable sur le shopping, notamment de livres… Bon, d’accord, en grande partie parce que je n’avais pas le temps et que je ne voulais pas bloquer les garçons 😉

Dernières petites remarques : on voit quand même que l’alimentation des anglais est très orientée friture (on l’a constaté… Beaucoup de frites 😉  car les tours de tailles sont souvent assez larges et j’ai aussi été impressionnée par le nombre de tatouages ! Je me demande si tout le monde n’est pas tatoué en Angleterre 😉 ET enfin, je dois dire que les anglais sont très civiques : contrairement à nous, français, latins et resquilleurs de nature, les gens paient tous les parkings sans rechigner même dans les endroits isolés ! Ils sont aussi très cools en voiture, je n’ai presque pas entendu klaxonner (et pourtant avec des Frenchies un peu perdus comme nous, ils auraient pu 😉

Bref : d’excellentes vacances !

« Le train de 16h50 » de Agatha Christie

 

Mrs  McGillicuddy se rend chez une amie en train et elle a la mauvaise surprise d’assister à un assassinat dans un train qui croisait le sien lors d’un ralentissement. Elle est bouleversée mais personne ne la prend au sérieux car on ne trouve pas de corps dans l’autre train. Personne… sauf son amie… Miss Marple !

Miss Marple décide de mener l’enquête et découvre que le corps de la victime a dû être jeté du train à un endroit précis. Se sentant trop âgée pour agir seule, elle fait appel à Lucy Eyelesbarrow, une jeune femme de confiance qui va devenir gouvernante dans la propriété de Crackenthorpe Hall  qui jouxte la voie ferrée et dans laquelle vit un vieil homme acariâtre et radin avec sa fille dévouée.

Quand un corps est trouvé sur la propriété, l’enquête continue (avec l’aide de Miss Marple qui n’est pas loin) et la question se pose de savoir qui peut avoir placé le corps à cet endroit : est-ce un des fils Crackenthorpe ? Le gendre veuf ? Le père ? Un inconnu ? Et qui est cette femme ? Une inconnue ou une femme liée de près ou de loin à la famille ?

Une bonne enquête d’Agatha Christie avec une histoire de famille, des secrets et une Miss Marple toujours pleine de bon sens et aussi une jeune femme moderne, sorte d’alter ego plus jeune de la détective amateur.

Le fait que j’ai lu ce roman en Angleterre dans la région de naissance d’Agatha Christie et même à Greenway House, sa maison de vacances, a donné encore plus de charme à ma lecture : je m’y voyais !

 

  : 45

 

 catégorie « voyage » pour ma ligne « Agatha Christie »

  chez Titine

La vérité sort de la bouche de Little Boy B

6 ans et 10 mois et je continue à vous faire part de ses petites phrases et ses bons mots volontaires ou involontaires!

 Notre ferry arrive à Portsmouth et nous sommes sur le pont. Je lui dis : 

« Regarde, ça y est on est en Angleterre.

Alors c’est ÇA l’Angleterre ?!!« 

 

Pendant les vacances en Angleterre, on voit des coureurs cyclistes :

« Les anglais c’est des copieurs, ils ont fait le tour d’Angleterre ! » (il a été bien marqué par le Tour de France qui est passé deux fois chez nous 😉

 

On parle d’aller dans une ville qui s’appelle Burley et mon petit blagueur nous dit :

« Maman,  tu peux pas aller à Burley!« 

-Pourquoi ?

Parce que tu es allergique au beurre et au lait ! » (Burley se prononce à peu près « Beurre lait » 😉

 

Je le félicite : 

« C’est bien, tu as été patient.

C’est normal: un bon voyageur ça doit être patient !« 

 

Quand on lui demande ce qu’il veut comme dessert (après un copieux fish and chips)

« Une glace à l’eau !

-Je croyais que tu n’avais plus faim !

Ben oui, mais une glace à l’eau ça nourrit pas justement ! Vous me dites toujours ça quand j’en veux pour le goûter! Alors là, bah j’peux!« 

 

Il s’inquiète un peu qu’on se perde, on le rassure : 

« C’est pas grave si on se perd.

Oui mais on va pas faire EXPRÈS de se perdre !« 

 

Dans un café, la serveuse vient me demander en anglais si Bastien veut des « baked beans ». Je lui demande en français : 

« Tu veux des haricots blancs à la tomate ? »

Et sans me répondre à moi, il se retourne vers la serveuse : « No thank you ! » (Il a impressionné la serveuse 😉

 

Régulièrement, quand il fait une blague,  il finit par « Entre parenthèses : hi hi hi !« 

 

Pendant un repas de famille, son grand père fait tomber une assiette qui se casse. Bastien qui arrive tout juste de la cuisine et qui n’était donc pas dans la pièce quand c’est arrivé, réagit : 

« C’est pas de ma faute!« 

 

On mange des demis melons en entrée : 

« On peut le garder et le mettre sur sa tête pour faire un chapeau melon !« 

 

Son grand cousin de presque 21 ans arrive en moto, Bastien est impressionné : 

« Grégoire, il avait trop la classe quand il est arrivé avec sa moto !« 

 

 

« Au nom du père, du fils et de John Lennon » de Laurence Schaack

 

Cornelius Caine est un jeune homme de l’aristocratie anglaise, élevé dans des pensionnats huppés car sa mère n’est pas maternelle du tout et son père vit à l’autre bout du monde. Quand il quitte ce qu’il considère comme une prison c’est pour vivre tout d’abord avec sa grand-mère, une vieille dame chic et originale.

Cornelius souffre d’un très fort bégaiement mais il a aussi beaucoup de personnalité et d’autodérision.

Cette histoire se situe à l’époque des « Swinging sixties » à Londres, en plein dans la beatlemania et au moment où les Rolling Stones commencent à arriver sur le devant de la scène. Le hasard veut que la cousine de Cornelius soit mannequin et vive en colocation avec la petite amie d’un des assistants des Beatles, ce qui lui permet de plonger dans le monde de la musique (une aubaine pour lui qui adore le rock) et même de rencontrer John Lennon.

J’ai bien aimé ce roman qui raconte une période faste du rock anglais mais je me pose réellement la  question de la cible de ce roman car en tant qu’adulte, j’ai compris toutes les allusions faites sur l’époque et la musique –quand des noms sont évoqués en passant  par exemple … Et si je me base sur mes élèves de collège, ils ne sont pas du tout intéressés par la musique des années 60 (je me souviens il y a une dizaine d’années d’un élève qui m’avait dit « Les Beatles ? Pourquoi pas Edith Piaf pendant que vous y êtes ? » Et si au lycée, les jeunes qui aiment la musique se tournent plus facilement vers les origines, le style du roman est peut-être un peu trop simple pour de jeunes adultes… C’est un vrai questionnement que j’ai eu en refermant ce roman.

Par contre, il y a à la fin un cahier qui donne plein d’infos sur la musique, les personnalités et la mode de cette époque et c’est un plus.  Peut-être que ce roman pourrait être à lire en l’associant au cours de musique du collège (avis aux profs qui cherchent des idées d’EPI 😉

catégorie « spectacle » de ma ligne jeunesse

 chez Titine

« Le journal de mon père » de Jirô Taniguchi

       

J’avais lu ce roman graphique en 2006 (c’était avant le blog mais j’ai retrouvé dans mes petits carnets que je l’avais lu en trois tomes) mais je ne m’en souvenais plus vraiment et je suis ravie de l’avoir redécouvert car j’ai eu un coup de cœur pour le graphisme comme pour l’histoire.

Pour commencer, les dessins sont très beaux, d’une grande délicatesse –les traits sont fins et les « coloriages » sont rendus par des motifs légers qui ne surchargent pas les planches. J’ai aussi aimé les portraits de famille qui ouvrent chaque chapitre et que j’ai trouvés vraiment beaux.

Yoshi Yamashita est un homme qui a quitté sa petite ville pour vivre à Tokyo et qui n’est pas revenu depuis des années. La mort de son père le contraint cependant à y retourner.

Lors de la veillée funéraire, les discussions avec les membres de sa famille font ressurgir les souvenirs d’enfance de Yoshi et c’est l’histoire de sa famille qui est racontée. Son père qui était coiffeur et sa mère, heureux ensemble jusqu’à ce qu’un terrible incendie détruise tout : le matériel et l’humain car son père se plongeant corps et âme dans son travail y perd aussi sa joie de vivre et s’éloigne de sa femme. La mère qui quitte alors mari et enfants et que Yoshi ne reverra qu’une seule fois après…Il vit très mal cette perte et en veut à son père toute sa vie. Cette rancœur l’éloigne alors de sa famille.

Cette veillée, à la mort de son père, est l’occasion de voir son père sous un autre jour et de se remettre en question.

Cette histoire fait vraiment réfléchir à ce que l’on perçoit des gens qui nous entourent et l’image que l’on donne de nous et aussi sur la force dévastatrice des non dits et  des mal entendus.

Une histoire de famille vraiment bien racontée. A découvrir !

 

 par Fleur : merci beaucoup! (Cliquez sur son nom pour voir son avis.)

 objectif 2016 : -26

 

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