Rencontre avec Valentine Goby

J’ai eu la chance de pouvoir écouter Valentine Goby qui est venue dans mon petit coin de la Manche pour parler de son dernier roman « Un paquebot dans les arbres » et c’était une vraie chance car c’était la première fois qu’elle en parlait depuis sa sortie.

Valentine Goby était absolument rayonnante, avec un très beau sourire naturel et communicatif, joyeuse et très agréable à écouter, très généreuse dans cette rencontre. Comme d’habitude, je vais faire de mon mieux pour retranscrire ce beau moment (pas forcément de façon linéaire mais plutôt thématique) même si je n’ai pas pu tout noter car il y avait tant de choses passionnantes à écouter, j’espère lui avoir été fidèle  😉

L’entretien est mené comme d’habitude par Xavier Houssin qui commence par lire un extrait du roman et qui présente l’auteur et ses romans.  Valentine Goby a commencé par parler de l’histoire de « Un paquebot dans les arbres » (pour savoir de quoi parle roman, n’hésitez pas à aller lire mon billet). Elle explique qu’elle fait confiance à la vie qui l’a souvent mise sur des chemins lui ayant permis de rencontrer des gens qui lui racontent leurs histoires. Elle a une passion pour l’Histoire et ces histoires lui donnent envie d’écrire des romans.

  • Mathilde

Par le biais d’une personne rencontrée au moment de l’écriture de « Kinderzimmer », elle a rencontré Elise Bellion (la « vraie » Mathilde du roman), qui au détour d’une conversation lui parle du sanatorium et de la tuberculose de ses parents. Après avoir fait des recherches sur ce sanatorium, le sanatorium d’Aincourt, Valentine Goby propose à Elise Bellion de l’accompagner sur les lieux. D’ailleurs, la scène d’ouverture du roman où Mathilde adulte retourne là-bas, a réellement eu lieu mais en compagnie de l’auteur.

L’histoire de cette femme, c’était une histoire d’amour filial, familial. Pour elle, c’est l’histoire de la résistance à la fatalité. Cette jeune femme qui a admirablement sauté par-dessus l’obstacle.

A travers le rôle que lui donne cette tragédie, elle prend une revanche : elle a le regard du père, qu’elle a toujours cherché. On part d’une situation de manque et d’abandon à une situation d’écrasement. Elle met en balance amour et fidélité à la famille et l’envie et le besoin de devenir quelqu’un.

Elle va porter sur ses épaules le projet que la société ne peut pas encore offrir à ses parents qui ne bénéficient pas de la sécurité sociale en tant que commerçants ni des antibiotiques qui ne sont pas encore répandus en France.

Valentine Goby dit qu’elle aime parler de personnages faillibles. Parler de comment on arrive à surmonter les obstacles pour continuer à vivre. Parler des défis surmontés, des actes de bravoures. C’est facile de baisser les bras et d’arrêter de vivre mais choisir la vie, accepter les difficultés, c’est fascinant.

Cette maladie va ouvrir de nouvelles portes à Mathilde qui va rencontrer des personnes qui vont l’ouvrir sur le monde. Même les parents malades vont « profiter » de leur maladie au sanatorium pour se retrouver à deux et mieux connaître leur fille cadette. Tous apprennent de cette tragédie.

  • L’Histoire

Valentine Goby nous dit qu’elle a le sentiment qu’une mémoire chasse l’autre. Au sanatorium d’Aincourt, il y a une plaque qui explique que ce lieu a été un camp d’internement administratif pendant la deuxième guerre mondiale et qu’il est reconnu comme tel mais que rien n’est fait pour entretenir l’histoire du sanatorium en tant que lieu médical. Il y a coexistence de la douleur mais on a l’impression que ces douleurs ne permettent pas de cohabiter. C’est aussi ce qui fait la richesse de ce lieu. Mais l’histoire de la tuberculose a été oubliée…

Aujourd’hui, la tuberculose revient, la sécurité sociale recule, comme beaucoup de droits sociaux Peut-être que l’histoire de la tuberculose reviendra en avant car on a souvent oublié à quel point cette maladie a été dévastatrice.

Ce qui l‘intéresse quand elle écrit un roman c’est de participer à la vivacité de notre mémoire. Elle aime les gens qui ont une mémoire, elle-même n’en ayant pas beaucoup.

Elle aime beaucoup travailler sur les oubliés de l’histoire. Le roman selon elle peut être le relais de l’Histoire et de la sociologie dans une problématique de transmission.

L’Histoire est un moyen d’être mieux dans le présent, une façon de le mettre en perspective. On devrait regarder plus souvent le passé pour analyser, relativiser le présent.

Sa première passion, avant la littérature, c’est l’histoire. Elle considère que l’amnésie est une maladie mortelle.

  • Kinderzimmer

Valentine Goby a parlé longuement de la genèse du roman « Kinderzimmer » qui parle des enfants nés au camp de concentration de Ravensbrück. Sa passion de l’Histoire et des histoire individuelles ressort vraiment dans tout ce qu’elle raconte sur ce roman, l’avant, le pendant et l’après et je l’ai trouvée passionnante et très émouvante.

  • « D’après une histoire vraie »

Valentine Goby explique que ce n’est pas anodin de prendre l’histoire personnelle de quelqu’un pour écrire. Dans « Kinderzimmer », c’était déjà le cas mais le personnage central était collectif, c’était un chœur qui correspondait à plusieurs femmes rencontrées mais aussi inventées. Dans « L’antilope blanche » elle est partie du témoignage d’une femme qui est décédée avant l’écriture du roman alors elle a dû se « débrouiller » seule.

Dns « Un paquebot dans les arbres », elle est rentrée dans l’intimité de cette famille et elle a travaillé sous le regard d’Elise Bellion.

Quand elle écrit un roman, elle explique qu’elle va ajouter et retirer des choses car l’auteur doit trouver sa place. Elle ne fait pas de biographie.

Elle a le trac quand la personne concernée lit son roman car elle sait que si elle sent que celle-ci n’est pas à l’aise avec l’histoire qu’elle a recrée, elle ne publiera pas. C’est un risque mutuel qui est pris comme dans toute relation humaine.

« Un paquebot dans les arbres » est une histoire « vraie » mais pas « réelle ». C’est une histoire « véridique » et « Kinderzimmer » aussi.

  • Imagination / Ecriture

Elle déclare qu’elle n’a aucune imagination mais qu’elle a le sens de l’observation et l’empathie. Elle rencontre des gens pour s’inspirer. Elle n’invente pas mais elle met ensemble des choses qui existent déjà.

Pour elle, un roman c’est la rencontre de deux personnes et son travail à elle c’est la langue : mettre des mots sur ces histoires.

  • La relation au père

Dans « Baumes », elle a retracé son enfance à travers ses souvenirs liés aux parfums pour parler de ses relations entre elle et son père parfumeur. Elle profite d’ailleurs que son père ne soit pas présent ce jour-là pour admettre que Mathilde ressemble beaucoup à la petite fille qu’elle était.

  • Le corps

Le rapport au monde, pour elle, n’est pas cérébral : ça passe par le corps, par les sensations. La pensée vient ensuite faire la synthèse des sensations.

Le rapport aux autres passe par la peau. C’est le territoire commun. Chacun a son propre corps, unique, mais c’est une expérience commune. Nous sommes avant tout des corps.

Dans son écriture, elle passe par les sensations. Elle n’a pas envie de décréter qu’un personnage est triste ou a peur car elle ne sait pas ce que le lecteur mettra derrière ces mots. Elle préfère décrire ce que ressent ce personnage à ce moment, car elle sait que les lecteurs comprendront, identifieront les sensations. Pour elle, les sensations n’excluent pas alors que les mots peuvent le faire.

  • Dédicace

Après cette belle rencontre, je suis allée faire dédicacer mon exemplaire de son dernier roman. Je lui aussi dit que j’avais eu un coup de cœur pour  « Kinderzimmer » en version audio et que la lectrice était extraordinaire. Elle ne la connaissait pas, m’expliquant que c’était compliqué pour un auteur d’écouter son texte lu par quelqu’un d’autre. (Personnellement, je vous recommande la version audio si vous aimez ce type de lecture !)

Elle était tout à fait charmante, disponible pour chacun et je garderai un excellent souvenir de cette rencontre.

« La magie du rangement » de Marie Kondo (lu par Estelle Vincent)

 

C’est Estellecalim qui m’a prêté ce « livre dont tout le monde parle » mais comme mon billet ne sera pas très construit (je ne suis pas très douée pour parler de non fiction, surtout les « self help » 😉 ) je vous renvoie vers son billet qui est vraiment très complet !

Lire, relire, ne pas lire…: La magie du rangement de Marie Kondo

Il y a longtemps qu’on voit passer ce livre sur les blogs, sur IG ou FB. J’ai moi-même déjà essayé plein de trucs pour ranger ma maison. Hélas, le bazar revient toujours comme un boomerang, ce que Marie Kondo nomme  » l’effet rebond ». Vous rangez, et puis quelques heures jours après, il faut recommencer.

http://lirerelire.blogspot.fr

Si vous lisez ce livre, normalement vous aurez une maison bien triée et bien rangée … ou en tout cas vous aurez envie qu’elle le soit 😉

J’ai écouté tout le livre et même si cela donne en effet envie de se débarrasser de beaucoup de choses superflues qu’on accumule chez soi, je dois dire que faisais déjà régulièrement ce genre de choses.

L’idée de base c’est qu’on ne doit garder chez soi QUE des objets qui vous « mettent en joie » ou qui vous sont vraiment utiles. Le reste : on jette et après, on range… Et cela est répété des milliards fois dans le livre (enfin, c’est l’impression que j’ai eue) … Le livre pourrait sans doute faire 4 chapitres mais ça ne serait sans doute pas très vendeur 😉

Alors globalement c’est frappé au coin du bon sens : garder les choses qu’on aime et qui nous servent et ne pas s’encombrer de choses qui nous envahissent… Elle dit certaines choses qui sont assez vraies comme « Personne n’a appris à ranger » : enfant on nous dit d’aller ranger notre chambre sans jamais nous expliquer comment faire.

Elle conseille aussi de ranger d’un seul coup et pas petit à petit. Il faut voir concrètement le changement pour changer d’état d’esprit. Et elle suggère qu’on se pose toujours des questions comme « Quand a-t-on acheté cet objet et pourquoi ? » et « réévaluer sa fonction dans votre vie actuelle ». Et elle rappelle aussi qu’on ne doit pas se sentir obligé de garder un objet qui nous a été offert : les gens qui nous l’ont donné l’ont fait pour nous plaisir sur le moment pas pour la vie (et la plupart du temps, ils ne se souviennent même plus nous l’avoir donné).

Mais il faut aussi que je vous dise qu’à mon avis Marie Kondo est tout simplement complètement frappée et mériterait qu’un psy se penche sur son cas. Je la pense complétement névrosée mais je ne suis pas moi-même spécialiste… Mais sachez qu’elle parle à ses objets et à sa maison, qu’elle remercie les objets après les avoir utilisés. Elle suppose une âme à ses objets… et a même envoyé un sms de remerciement à son ancien portable quand elle en a changé…

Enfin, je ne la pense pas prête à avoir des enfants car son mode de vie tourné vers le rangement… Par exemple, quand elle rentre chez elle, elle vide entièrement son sac à main et range les objets qui sont dedans tous les soirs pour le remplir tous les matins… Moi quand je rentre du travail avec Bastien je me m’estime heureuse s’il range son manteau sur le porte manteau et qu’’il ne jette pas ses chaussures dans un coin… quant à mon sac à main…  Elle estime aussi que chaque membre de la famille doit ranger ses affaires dans son espace… même les enfants… Je pense qu’elle ne connait donc pas la propension de reproduction et d’envahissement des Lego dans une maison !

Mais là où vraiment elle m’a perdue, c’est à la fin quand elle est partie dans un délire sur les bienfaits collatéraux du rangement… (Et je la cite) : les gens qui rangent en suivant sa méthode sont « plus beaux plus minces…bien que je n’aie pas de preuves scientifiques… » (Tu m’en diras tant !) et « Les objets aimés affichent une volonté de plaire à leur propriétaire » (encore cette façon de donner une vie propre à des objets…)

Bref, une lecture que j’ai fait trainer en longueur à raison d’un jogging par-ci par-là mais que j’aurai sans doute vite abandonnée en version papier, même s’il y a de bonnes idées malgré tout. A vous de vous faire une idée !

     Chez Sylire

  par Estellecalim. Merci!

« Sukkwan Island » (d’après le roman de David Vann) de Ugo Bienvenu

 

Le roman « Sukkwan Island » fait partie de ce ces romans dont on a beaucoup entendu parler et qui font un peu peur car on sait que ce va être une histoire dure et poignante. J’ai eu des échos d’amies ou de lecteurs du blog qui avaient été très marqués par cette lecture et j’avais été spoilée pendant ma lecture de « D’après une histoire vraie » dans lequel Delphine de Vigan explique le moment dramatique de l’histoire donc je m’y attendais (ou plutôt, je croyais m’y attendre car ce n’était pas tout à fait ce que j’avais imaginé 😉

La BD reprend donc l’histoire du roman et raconte cette aventure d’un père qui part vivre en Alaska dans des conditions extrêmes, loin de tout (même pas d’accès en voiture) avec son fils de 13 ans.

Il a prévu de vivre au plus près de la nature -même en hiver- mais il n’est pas du tout préparé et semble improviser leurs vies sur place au risque de se mettre en danger.

Et puis ce père n’est pas une figure solide : il est déprimé, en pleine séparation et il ne sait pas comment se comporter avec son fils…

Cette BD rend très bien l’immensité de la nature et l’ambiance lourde qui se dégage de ce « huis clos » en extérieur.

Une BD belle et dérangeante, angoissante… Je suis contente de l’avoir découverte.

                 BD de la semaine saumon chez Noukette

  chez Titine  

Féta végétale au tofu (vegan /sans lactose)

 

INGREDIENTS : 250g de tofu nature / 100ml d’huile d’olive / 2 cuillères à soupe de vinaigre de vin / 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre / 2 cuillères à café de sel / 1/2 cuillère à café de poivre / 1 cuillère à café d’origan sec / 1 cuillère à café de basilic sec ou du basilic frais haché

 

> Rincer, sécher le Tofu puis le couper en petits cubes (de la taille des cubes de féta marinée du commerce 😉

> Dans un grand bol, mélanger tous les ingrédients de la marinade.

> Mettre les dés de Tofu dans la marinade et mélanger.

> Couvrir et laisser au réfrigérateur pendant au moins 1 heure ou plus en mélanger régulièrement.

> Après vous pouvez le conserver dans un bocal quelques jours.

 

La marinade peut servir d’assaisonnement pour vos salades

Quand j’ai fais goûter cette « feta » pour la première fois à Bastien, je ne lui ai pas dit ce que c’était et il a immédatement dit : « Mmmh du fromage! Trop bon! » je pense que c’est parlant! Alors ça n’a pas tout à fait le goût de feta mais c’est un léger mélange de feta et de mozza, en tuot cas ça apporte un vrai plus aux salades composées 😉

Salade de melon, tomates cerises et basilic (par L’Homme)

J’ai offert à L’Homme un livre de cuisine vraiment super et cet été il a pris les commandes de la cuisine, pour mon plus grand plaisir ! Je pense qu’il sera « Guest star » de cette rubrique à nouveau ! 

 

 

INGREDIENTS (4 à 6 personnes) : 1 melon /15 tomates cerises / 3 cuillères à soupe d’huile d’olive / une poignée de basilic frais / 1 cuillère à café d’origan séché

Découper le melon en cubes ou en boules.

Couper les tomates en deux.

Dans un saladier, mélanger les ingrédients avec l’huile d’olive, les feuilles de basilic hachées finement et l’origan.

Saler et poivrer et servir frais en entrée.