« Trop de bonheur » de Alice Munro (lu par Amira Casar)

Pas simple d’écrire un billet sur des nouvelles surtout quand elles ont été lues en audio et il y a plusieurs semaines… Mais après avoir recherché les titres des différentes nouvelles pour me rafraichir les idées, je me suis rendues compte que j’en gardais des souvenirs assez précis

Je vais vous dire quelques mots sur chaque nouvelle mais je n’en dis pas trop car étant des nouvelles, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Dimensions : L’histoire d’une jeune femme qui vit une vie un peu entre parenthèses et qui tente de se reconstruire après une expérience terrible. On revient sur sa vie « d’avant », son couple qui petit à petit devient de plus en plus pesant jusqu’au drame. Et dans sa nouvelle vie elle se cherche et apprend à lâcher prise.

Fiction : Encore une histoire d’une femme et de deux vies. Le personnage principal est d’abord la femme qui pense avoir une vie parfaite mais qui est quittée et qui dans sa deuxième vie retrouve une trace de son passé dans une œuvre de fiction.

Wenlock Edge : Une histoire de deux jeunes femmes qui sont amenées à vivre ensemble dans une chambre chez une logeuse. L’une d’entre elle est une jeune fille qui suit des cours à l’université mais sans objectif réel, elle a une relation curieuse avec un homme âgé et a déjà vécu une vie très remplie et hors norme. Son amie qui elle vit une vie plutôt ordinaire se retrouve prise entre deux feux en mettant un pied dans la vie de l’autre jeune fille.

Trous -profonds : Cela commence par une histoire de famille. Au moment d’un pique-nique avec les enfants encore jeunes, il y a un accident qui se termine bien du point de vue de la santé mais qui va changer la face de la famille. Et puis, les enfants grandissent et l’un d’entre eux disparait au bout du monde et quand Sally, la mère, le retrouve des années après, elle retrouve un homme qui vit une vie marginale… Est-il encore son fils ?

Radicaux libres : La femme qui est le personnage principal est veuve depuis peu et atteinte d’un cancer du foie. Elle est seule  quand un homme se faisant passer pour un employé venu vérifier un compteur entre chez elle. Mais cet homme se révèle être très dangereux et il lui raconte sa vie et ses crimes. De son côté elle lui parle de sa propre vie pour essayer de gagner du temps, réalisant qu’elle n’est pas prête à mourir.

Visage : Le personnage principal est un homme cette fois. Il est né avec une tache de naissance sur la joue gauche ce qui lui a valu l’indifférence de son père qui ne voulait pas de ce fils « défiguré » et un amour très protecteur de sa mère. Dans l’enfance, il avait une petite voisine avec qui il jouait tout le temps et leurs mères étaient vraiment très différentes. (On revient du coup sur des histoires de femmes). La petite fille a une grande admiration pour le jeune garçon même si cela n’est pas perçu de la même manière par tout le monde.

Jeu d’enfant : Encore une histoire d’enfants et de voisins mais cette fois ce n’est pas l’amitié. La jeune fille au centre de cette histoire ne supporte pas la petite voisine handicapée mentale car elle ne comprend pas qu’elle doive accepter que la petite fille l’envahisse ou s’impose à elle dans ses jeux. Elle lui faisait un peu peur et vraiment horreur et cette haine aura des conséquences même lorsqu’elles ne sont plus voisines.

Bois : Je n’ai pas tellement accroché à cette nouvelle et je n’en garde pas un souvenir très marquant pour être honnête. Une histoire de nature, un homme qui est passionné par les arbres et la nature…

Trop de bonheur : (Je recopie ce que dit l’éditeur car je n’ai rien à dire de personnel sur cette nouvelle qui m’a ennuyée et je n’ai pas réussi à l’écouter jusqu’au bout, je ne comprenais rien et ça ne m’intéressait pas : «  L’histoire qui clôt le livre évoque Sofia Kovaleskaïa, mathématicienne russe qui vécut à la fin du XIXe siècle et qui fut l’une des premières femmes à enseigner dans une université européenne »

 

J’ai vraiment aimé ce recueil de nouvelles (à part la dernière qui s’intitule « Trop de bonheur »). Par contre j’ai trouvé le style de Alice Munro très bon, fluide, facile et pourtant précis. Les ambiances sont importantes et les personnages sont vraiment bien écrits et très riches. Les histoires sont intemporelles, les époques changent, ce sont des nouvelles très variées mais qui ont pourtant des thématiques communes.

J’ai trouvé que ces textes se prêtaient bien à la version audio, très bien lue par Amira Casar.

Le rapport de Brodeck – Tome 2/2 – L’indicible : Manu Larcenet

       

Il va m’être difficile de dire beaucoup de choses sur ce tome que je n’ai pas déjà dit dans mon billet sur le tome 1 à part que je vous recommande de lire les deux tomes à la suite l’un de l’autre (ce que je pense faire un jour !)

Voici mon avis sur le tome 1 :

Les dessins sont toujours aussi sublimes, d’une finesse, d’une puissance qui sert tellement ce texte noir et fort sur l’indicible, sur ce que des hommes sont capables de faire subir à d’autres…

Dans ce tome, on découvre l’arrivée de ennemis et ce qui a entraîné la chute dramatique de Brodeck et de sa famille. Et puis, on suit la vie de l’Anderer, cet étranger si différent des gens du village et comment les autres ont vécu cette « intrusion ».

C’est une grande leçon d’(in)humanité. A lire !

             chez Noukette

L’immigré : Gudule

Ce roman jeunesse se passe dans le Nord de la France dans les années 50. Dans un village où la majorité des hommes travaillent dans les mines, les Italiens -les immigrés arrivés en grand nombre- ne sont pas facilement acceptés par les habitants.

Roberto est un jeune Italien qui arrive à l’école et qui doit subir les brimades et moqueries à longueur de journée : « Italiens mangeurs de chiens ! »

Louis, le fils de l’épicier, ne voit pas les choses comme les autres. Il ne comprend pas en quoi Roberto et sa famille sont différents de sa propre famille. Ils deviennent amis et essaient de se voir même si des événements dramatiques à la mine vont peser sur leurs épaules. On s’aperçoit alors qu’il est bien difficile de lutter contre des préjugés qui sont souvent liés à des malentendus et des non-dits.

Ce roman jeunesse montre que le racisme et le sentiment d’être « envahi » ne date pas d’aujourd’hui… Qui penserait de nos jours qu’être Italien pouvait être si difficile à vivre ? Chaque époque amène une population stigmatisée. Et ce roman met en perspective la situation actuelle.

Il y est question d’injustice, d’accusation à tort et de la peur de l’autre. Un bon roman sur la tolérance qui est loin de faire de l’angélisme.

L’histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler : Luis Sepulveda (Illustrations de Miles Hyman)

Une mouette touchée par une nappe de pétrole arrête son voyage sur un balcon à Hambourg. Sur ce balcon elle rencontre Zorbas, un chat, et avant de mourir, elle lui fait promettre de s’occuper de son œuf et d’apprendre à voler à son petit.

Zorbas, avec l’aide de ses amis les chats du port d’Hambourg va faire tout ce qu’il peut pour apprendre tout ce qu’il faut savoir sur les œufs et les mouettes afin de pouvoir tenir sa promesse le mieux possible.

C’est une aventure très touchante et drôle : les chats traversent des situations amusantes avec certains personnages qui sont vraiment cocasses. Et puis il y a beaucoup de solidarité et d’amitié.

Une jolie fable qui peut être adaptée aux humains pour montrer que la solidarité permet de dépasser les différences.

Une jolie découverte à partir de 9 ans je pense.

catégorie « animal » de ma ligne « jeunesse » du challenge Petit Bac 2016

La vérité sort de la bouche de Little Boy B

6 ans et 11 mois et je continue à vous faire part de ses petites phrases et ses bons mots volontaires ou involontaires!

 «Pourquoi quelque chose de rigolo ça fait rire?

-Je ne sais, c’est une bonne question.

Et aussi pourquoi quelque chose fait rire quelqu’un et pas quelqu’un d’autre?

-Je ne sais pas…

Et pourquoi y a que les petits qui rient aux blagues caca-pipi-prout et les grands ça les fait plus rire?» (Que de questions philosophiques!)

 


On a acheté une plante carnivore et Bastien l’a appelée « Miamix »

A la boulangerie, il regarde les gâteaux dont un baba au rhum :

«Un gâteau avec du RHUME? Beurk!»

Il regarde un de mes livres :

«Didier Jeunesse…

Et il se met a faire semblant de faire de la musique électronique sur des platines invisibles… Je lui demande pourquoi il fait ça et il me répond :

«Ben on dit que les gens qui font de l’électro c’est des «didier»… (il confondait avec DJ 🙂

Bastien tombe sur une BD adulte (heureusement aux dessins plus humoristiques que réalistes…), je lui reprends en lui disant que c’est un livre pour les grands. Il me demande pourquoi, je réponds « parce que »… et il dit :

«C’est des gens amoureux et qui sont souvent tous nus…»

Je demande à Bastien de mettre sa vaisselle sale au lave vaisselle, il le fait et me dit:

«Quand je serai autonome et que je saurai tout faire dans la maison vous pourrez me donner de l’argent pour que je gagne ma vie!»

« Bastien ,tu veux du nutella sur ton pain?

Oui… mais pas du nutella qui détruit la forêt des orang outan, hein?

-Non le bio!

Alors oui!« 

Vendredi matin, deuxième jour d’école :

«C’est le week-end là?

-Ce soir, oui, c’est le week-end…

Oh non…j’en ai ras le bol des vacances et là c’est DÉJÀ le week-end!»

Plus tard avant de partir de la maison : 

« J’espère que ce soir on aura des vrais devoirs!»

« Je m’en fiche pas! Je m’en suis jamais enfiché!« 

«Simon il a trouvé des phasmes, deux mâles et une femelle. Y a un mâle qui est mort et l’autre mâle et la femelle se sont mariés et ils ont eu des oeufs.»

On a trouvé une mite qu’il a observé avec une boite loupe et on l’a relâchée :

« On aurait pu adopter la mite on lui aurait donné des petits bouts de pull en laine pour la nourrir. »

 


Je sers une salade composée avec uniquement des ingrédients qu’il aime : 

«Il n’y a que des choses que tu aimes, tu ne peux pas dire que tu n’aimes pas le repas ce soir!

Bien sûr que si!

-Ah bon?

Oui, mais ça serait un mensonge!»

Il a perdu ça première dent (enfin!) et il descend émerveillé le lendemain matin :

«Maman, la petite souris est passé et elle m’a laissé une LETTRE! Et une mini figurine Lego! Elle savait que j’aimais ça!»

Il ouvre l’enveloppe, première réaction :

«Oh y a rien … (car il s’attendait à une lettre)… puis tout content «Oooh…2 €!»

Plus tard, il me dit :

«Maman, la pièce elle vient d’Espagne, c’est écrit Espana.

-Oui et le monsieur c’est le roi d’Espagne.

Ah bon? Ils ont encore un roi là bas? Ils ont toujours pas de président?

-Non, il y a plein de pays qui ont des reines et des rois.

Ah bon, je croyais que c’était dans le passé les rois et les reines!»

la petite enveloppe vient de chez Boudu 

 

«Le vin il est de 2008 ? Et il est toujours pas périmé? C’est imprimable ou quoi?»

 

Lors du dernier tirage au sort du Book Jar, Bastien tire le numéro de Rachel qui désespérait de voir son numéro sortir un jour 😉 Je dis à Bastien : 

« Tiens, Rachel va être contente depuis le temps qu’elle voulais que tu tire son numéro!

Tu lui diras de pas me remercier parce que c’est le hasard!»

Maman a tort : Michel Bussi (lu par Caroline Klaus)

Michel Bussi n’est pas un auteur dont il est facile de résumer les romans car ils sont construits de telle manière que plusieurs éléments s’entremêlent et qu’il ne faut pas en révéler trop ! D’ailleurs en cours de lecture on se demande un peu quel est le rapport du premier chapitre avec le reste de l’histoire mais on comprend plus tard…

Je vais donc essayer d’être factuelle et de ne parler que du début de l’intrigue. Marianne Augresse est la commandante d’un commissariat au Havre et avec son équipe, elle traque Tymo Solair, un des gangsters qui ont fait un cambriolage de bijouterie à Deauville plusieurs mois auparavant.

En parallèle, Marianne Augresse accepte de parler avec un psychologue scolaire qui s’adresse à elle sur les conseils d’une amie commune car il s’inquiète pour un petit garçon de maternelle -Malone- qui dit que sa mère n’est pas vraiment sa mère et qui semble avoir la tête pleine de souvenirs qui ne correspondent pas à sa vie.

Nous suivons aussi la vie du petit Malone et de son rat en peluche « Guti » qui lui raconte des histoires qui le raccrochent à un passé qui ressemble à des contes.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire même si je pense que vous vous doutez bien que les deux intrigues se rejoignent.

Il y a un coté psychologique sur l’enfance très intéressant dans ce roman (en tout cas pour moi qui ne suis pas spécialiste) et sur la maternité et les liens entre les mères et les enfants.

Marianne est aussi un personnage intéressant : entre la femme forte, « à poigne » qui mène son équipe d’hommes de façon assez « virile » et son désir d’enfant et sa féminité qu’elle n’assume pas forcément.

J’ai aimé l’enquête pleine de rebondissements. J’ai passé un bon moment de lecture aussi avec une lectrice qui a su donner vie à tous ces personnages.

par Vive les Bêtises : merci! (Cliquez sur son nom pour voir son avis)

avec  Lasardine : allons voir son avis!

The lake house (L’enfant du lac) : Kate Morton

Je dois commencer par vous dire que ce roman est un pavé de 600 pages mais que je l’ai dévoré ! Heureusement que j’étais en vacances car je n’arrivais pas à la lâcher !

J’ai déjà lu deux romans de Kate Morton : « Les brumes de Riverton » et « La scène des souvenirs » et l’auteur reprend la même manière de fonctionner en faisant se croiser le passé et le présent pour qu’ils se rejoignent et j’avoue qu’elle est très douée pour cela. J’ai beaucoup aimé ce roman même si je me suis un peu doutée de certaines choses avant la fin, ça a été un réel plaisir de lecture, un page turner, un de ces livres dans lequel on plonge littéralement !

Mais du coup, vous vous doutez bien que c’est assez difficile de parler de l’intrigue car il y a des événements du passé qui éclairent le présent et vice versa…

Nous passons dans différentes époques : début du siècle, les années 30 et les années 40, puis notre époque avec des personnages et des lieux qui font le lien.

Il y a des côtés historiques, familiaux, sociaux et puis, il y a un mystère et une enquête dans le passé et dans le présent aussi…

L’histoire commence l’été 1933 en Cornouailles dans la famille Edevane. Une famille qui semble assez harmonieuse : des parents qui s’aiment, 3 sœurs avec chacune des personnalités différentes et un petit frère encore bébé. Ils vivent dans la propriété familiale presque magique « Loeanneth ». Et puis il y a un drame : la disparition du petit frère qui n’a jamais été élucidée…

En 2003, il y a une inspectrice -Sadie Sparrow- qui prend des vacances forcées chez son grand-père en Cornouailles car l’enquête sur laquelle elle travaillait a mal tourné et son passé la tourmente. Au hasard d’un jogging, elle tombe sur une maison et un parc abandonnés. Elle découvre que cette maison appartenait à la famille d’Alice Edevane, une célèbre auteur de romans policiers et qu’elle n’est plus habitée depuis que le petit dernier de la famille a disparu… Sadie décide de mener l’enquête pour s’occuper l’esprit…

Et le passé et le présent vont se retrouver liés. Les différentes époques s’intercalent : la jeunesse de la mère de la famille Edevane au début du siècle, son mariage, ses relations avec sa famille, la première guerre mondiale et ses conséquences visibles ou invisibles… On apprend des choses du point de vue de différents personnages, on découvre les personnalités des uns et des autres et leurs psychologies et même si on en sait plus que Sadie, on ne sait pas tout car il reste des mystères qui se dévoilent petit à petit.

Ce roman est vraiment une très bonne peinture de l’Angleterre à toutes ces époques, les atmosphères sont très réussies et j’imagine très bien une séries télé Britannique avec ce roman ! D’ailleurs si vous aimez Downton Abbey vous devriez aimer 😉

  avec Didingc : Allons voir son avis!

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Challenge Pavé de l’été 2016  chez Brize

Le grand marin : Catherine Poulain

Lili est une femme qui a tout quitté en France avec une seule envie : aller en Alaska pour pêcher. Une fois sur place, son caractère déterminé et réservé à la fois lui permet de faire petit à petit sa place dans ce monde si particulier, si masculin, si âpre de la pêche en mer en Alaska.

Elle vit une vie assez marginale sur place et pourtant se trouve une sorte de famille sur son bateau. Elle doit toujours lutter pour avoir sa place mais elle est aussi respectée pour sa force de caractère.

Et puis il y a « le grand marin », cet homme si fort, si puissant en mer et si fragile à terre. Elle vit quelque chose de fort avec lui même si elle a beaucoup de mal, elle aussi, à se laisser « apprivoiser » car Lili est discrète mais « sauvage ».

J’ai beaucoup aimé ce roman. Tout d’abord, j’ai aimé le style, très beau, fluide, facile à lire sans pour autant être simpliste. C’est une écriture que j’aurai envie de retrouver dans un prochain roman de l’auteur !

Et puis l’histoire est fascinante ! Cette femme qui fuit (on ne sait pas trop quoi, peu importe), qui s’accroche à ses rêves, qui veut faire les quarts comme les hommes, qui se blesse mais qui est dure à la douleur car elle veut être jugée sur ce qu’elle fait et pas sur ce qu’elle est, qui boit -trop- et qui s’adapte toujours. Elle est libre, elle est forte et c’est un magnifique personnage. Et le grand marin aussi est un personnage très intéressant.

Et puis il y a aussi la ville de Kodiak en Alaska et la pêche et là aussi c’est un univers fascinant : j’ai voyagé avec Catherine Poulain !

J’ai assisté à une rencontre très intéressante avec Catherine Poulain grâce à la librairie Le Détour. Vous pouvez même retrouver cette rencontre en vidéo (et m’apercevoir en train de prendre des notes dans mon coin;-)

  

 avec Saxaoul. Allons voir son avis!)

Ça se passe aux États Unis alors je l’inscris au Mois Américain :   chez Titine

Rencontre avec Valentine Goby

J’ai eu la chance de pouvoir écouter Valentine Goby qui est venue dans mon petit coin de la Manche pour parler de son dernier roman « Un paquebot dans les arbres » et c’était une vraie chance car c’était la première fois qu’elle en parlait depuis sa sortie.

Valentine Goby était absolument rayonnante, avec un très beau sourire naturel et communicatif, joyeuse et très agréable à écouter, très généreuse dans cette rencontre. Comme d’habitude, je vais faire de mon mieux pour retranscrire ce beau moment (pas forcément de façon linéaire mais plutôt thématique) même si je n’ai pas pu tout noter car il y avait tant de choses passionnantes à écouter, j’espère lui avoir été fidèle  😉

L’entretien est mené comme d’habitude par Xavier Houssin qui commence par lire un extrait du roman et qui présente l’auteur et ses romans.  Valentine Goby a commencé par parler de l’histoire de « Un paquebot dans les arbres » (pour savoir de quoi parle roman, n’hésitez pas à aller lire mon billet). Elle explique qu’elle fait confiance à la vie qui l’a souvent mise sur des chemins lui ayant permis de rencontrer des gens qui lui racontent leurs histoires. Elle a une passion pour l’Histoire et ces histoires lui donnent envie d’écrire des romans.

  • Mathilde

Par le biais d’une personne rencontrée au moment de l’écriture de « Kinderzimmer », elle a rencontré Elise Bellion (la « vraie » Mathilde du roman), qui au détour d’une conversation lui parle du sanatorium et de la tuberculose de ses parents. Après avoir fait des recherches sur ce sanatorium, le sanatorium d’Aincourt, Valentine Goby propose à Elise Bellion de l’accompagner sur les lieux. D’ailleurs, la scène d’ouverture du roman où Mathilde adulte retourne là-bas, a réellement eu lieu mais en compagnie de l’auteur.

L’histoire de cette femme, c’était une histoire d’amour filial, familial. Pour elle, c’est l’histoire de la résistance à la fatalité. Cette jeune femme qui a admirablement sauté par-dessus l’obstacle.

A travers le rôle que lui donne cette tragédie, elle prend une revanche : elle a le regard du père, qu’elle a toujours cherché. On part d’une situation de manque et d’abandon à une situation d’écrasement. Elle met en balance amour et fidélité à la famille et l’envie et le besoin de devenir quelqu’un.

Elle va porter sur ses épaules le projet que la société ne peut pas encore offrir à ses parents qui ne bénéficient pas de la sécurité sociale en tant que commerçants ni des antibiotiques qui ne sont pas encore répandus en France.

Valentine Goby dit qu’elle aime parler de personnages faillibles. Parler de comment on arrive à surmonter les obstacles pour continuer à vivre. Parler des défis surmontés, des actes de bravoures. C’est facile de baisser les bras et d’arrêter de vivre mais choisir la vie, accepter les difficultés, c’est fascinant.

Cette maladie va ouvrir de nouvelles portes à Mathilde qui va rencontrer des personnes qui vont l’ouvrir sur le monde. Même les parents malades vont « profiter » de leur maladie au sanatorium pour se retrouver à deux et mieux connaître leur fille cadette. Tous apprennent de cette tragédie.

  • L’Histoire

Valentine Goby nous dit qu’elle a le sentiment qu’une mémoire chasse l’autre. Au sanatorium d’Aincourt, il y a une plaque qui explique que ce lieu a été un camp d’internement administratif pendant la deuxième guerre mondiale et qu’il est reconnu comme tel mais que rien n’est fait pour entretenir l’histoire du sanatorium en tant que lieu médical. Il y a coexistence de la douleur mais on a l’impression que ces douleurs ne permettent pas de cohabiter. C’est aussi ce qui fait la richesse de ce lieu. Mais l’histoire de la tuberculose a été oubliée…

Aujourd’hui, la tuberculose revient, la sécurité sociale recule, comme beaucoup de droits sociaux Peut-être que l’histoire de la tuberculose reviendra en avant car on a souvent oublié à quel point cette maladie a été dévastatrice.

Ce qui l‘intéresse quand elle écrit un roman c’est de participer à la vivacité de notre mémoire. Elle aime les gens qui ont une mémoire, elle-même n’en ayant pas beaucoup.

Elle aime beaucoup travailler sur les oubliés de l’histoire. Le roman selon elle peut être le relais de l’Histoire et de la sociologie dans une problématique de transmission.

L’Histoire est un moyen d’être mieux dans le présent, une façon de le mettre en perspective. On devrait regarder plus souvent le passé pour analyser, relativiser le présent.

Sa première passion, avant la littérature, c’est l’histoire. Elle considère que l’amnésie est une maladie mortelle.

  • Kinderzimmer

Valentine Goby a parlé longuement de la genèse du roman « Kinderzimmer » qui parle des enfants nés au camp de concentration de Ravensbrück. Sa passion de l’Histoire et des histoire individuelles ressort vraiment dans tout ce qu’elle raconte sur ce roman, l’avant, le pendant et l’après et je l’ai trouvée passionnante et très émouvante.

  • « D’après une histoire vraie »

Valentine Goby explique que ce n’est pas anodin de prendre l’histoire personnelle de quelqu’un pour écrire. Dans « Kinderzimmer », c’était déjà le cas mais le personnage central était collectif, c’était un chœur qui correspondait à plusieurs femmes rencontrées mais aussi inventées. Dans « L’antilope blanche » elle est partie du témoignage d’une femme qui est décédée avant l’écriture du roman alors elle a dû se « débrouiller » seule.

Dns « Un paquebot dans les arbres », elle est rentrée dans l’intimité de cette famille et elle a travaillé sous le regard d’Elise Bellion.

Quand elle écrit un roman, elle explique qu’elle va ajouter et retirer des choses car l’auteur doit trouver sa place. Elle ne fait pas de biographie.

Elle a le trac quand la personne concernée lit son roman car elle sait que si elle sent que celle-ci n’est pas à l’aise avec l’histoire qu’elle a recrée, elle ne publiera pas. C’est un risque mutuel qui est pris comme dans toute relation humaine.

« Un paquebot dans les arbres » est une histoire « vraie » mais pas « réelle ». C’est une histoire « véridique » et « Kinderzimmer » aussi.

  • Imagination / Ecriture

Elle déclare qu’elle n’a aucune imagination mais qu’elle a le sens de l’observation et l’empathie. Elle rencontre des gens pour s’inspirer. Elle n’invente pas mais elle met ensemble des choses qui existent déjà.

Pour elle, un roman c’est la rencontre de deux personnes et son travail à elle c’est la langue : mettre des mots sur ces histoires.

  • La relation au père

Dans « Baumes », elle a retracé son enfance à travers ses souvenirs liés aux parfums pour parler de ses relations entre elle et son père parfumeur. Elle profite d’ailleurs que son père ne soit pas présent ce jour-là pour admettre que Mathilde ressemble beaucoup à la petite fille qu’elle était.

  • Le corps

Le rapport au monde, pour elle, n’est pas cérébral : ça passe par le corps, par les sensations. La pensée vient ensuite faire la synthèse des sensations.

Le rapport aux autres passe par la peau. C’est le territoire commun. Chacun a son propre corps, unique, mais c’est une expérience commune. Nous sommes avant tout des corps.

Dans son écriture, elle passe par les sensations. Elle n’a pas envie de décréter qu’un personnage est triste ou a peur car elle ne sait pas ce que le lecteur mettra derrière ces mots. Elle préfère décrire ce que ressent ce personnage à ce moment, car elle sait que les lecteurs comprendront, identifieront les sensations. Pour elle, les sensations n’excluent pas alors que les mots peuvent le faire.

  • Dédicace

Après cette belle rencontre, je suis allée faire dédicacer mon exemplaire de son dernier roman. Je lui aussi dit que j’avais eu un coup de cœur pour  « Kinderzimmer » en version audio et que la lectrice était extraordinaire. Elle ne la connaissait pas, m’expliquant que c’était compliqué pour un auteur d’écouter son texte lu par quelqu’un d’autre. (Personnellement, je vous recommande la version audio si vous aimez ce type de lecture !)

Elle était tout à fait charmante, disponible pour chacun et je garderai un excellent souvenir de cette rencontre.

« La magie du rangement » de Marie Kondo (lu par Estelle Vincent)

 

C’est Estellecalim qui m’a prêté ce « livre dont tout le monde parle » mais comme mon billet ne sera pas très construit (je ne suis pas très douée pour parler de non fiction, surtout les « self help » 😉 ) je vous renvoie vers son billet qui est vraiment très complet !

Lire, relire, ne pas lire…: La magie du rangement de Marie Kondo

Il y a longtemps qu’on voit passer ce livre sur les blogs, sur IG ou FB. J’ai moi-même déjà essayé plein de trucs pour ranger ma maison. Hélas, le bazar revient toujours comme un boomerang, ce que Marie Kondo nomme  » l’effet rebond ». Vous rangez, et puis quelques heures jours après, il faut recommencer.

http://lirerelire.blogspot.fr

Si vous lisez ce livre, normalement vous aurez une maison bien triée et bien rangée … ou en tout cas vous aurez envie qu’elle le soit 😉

J’ai écouté tout le livre et même si cela donne en effet envie de se débarrasser de beaucoup de choses superflues qu’on accumule chez soi, je dois dire que faisais déjà régulièrement ce genre de choses.

L’idée de base c’est qu’on ne doit garder chez soi QUE des objets qui vous « mettent en joie » ou qui vous sont vraiment utiles. Le reste : on jette et après, on range… Et cela est répété des milliards fois dans le livre (enfin, c’est l’impression que j’ai eue) … Le livre pourrait sans doute faire 4 chapitres mais ça ne serait sans doute pas très vendeur 😉

Alors globalement c’est frappé au coin du bon sens : garder les choses qu’on aime et qui nous servent et ne pas s’encombrer de choses qui nous envahissent… Elle dit certaines choses qui sont assez vraies comme « Personne n’a appris à ranger » : enfant on nous dit d’aller ranger notre chambre sans jamais nous expliquer comment faire.

Elle conseille aussi de ranger d’un seul coup et pas petit à petit. Il faut voir concrètement le changement pour changer d’état d’esprit. Et elle suggère qu’on se pose toujours des questions comme « Quand a-t-on acheté cet objet et pourquoi ? » et « réévaluer sa fonction dans votre vie actuelle ». Et elle rappelle aussi qu’on ne doit pas se sentir obligé de garder un objet qui nous a été offert : les gens qui nous l’ont donné l’ont fait pour nous plaisir sur le moment pas pour la vie (et la plupart du temps, ils ne se souviennent même plus nous l’avoir donné).

Mais il faut aussi que je vous dise qu’à mon avis Marie Kondo est tout simplement complètement frappée et mériterait qu’un psy se penche sur son cas. Je la pense complétement névrosée mais je ne suis pas moi-même spécialiste… Mais sachez qu’elle parle à ses objets et à sa maison, qu’elle remercie les objets après les avoir utilisés. Elle suppose une âme à ses objets… et a même envoyé un sms de remerciement à son ancien portable quand elle en a changé…

Enfin, je ne la pense pas prête à avoir des enfants car son mode de vie tourné vers le rangement… Par exemple, quand elle rentre chez elle, elle vide entièrement son sac à main et range les objets qui sont dedans tous les soirs pour le remplir tous les matins… Moi quand je rentre du travail avec Bastien je me m’estime heureuse s’il range son manteau sur le porte manteau et qu’’il ne jette pas ses chaussures dans un coin… quant à mon sac à main…  Elle estime aussi que chaque membre de la famille doit ranger ses affaires dans son espace… même les enfants… Je pense qu’elle ne connait donc pas la propension de reproduction et d’envahissement des Lego dans une maison !

Mais là où vraiment elle m’a perdue, c’est à la fin quand elle est partie dans un délire sur les bienfaits collatéraux du rangement… (Et je la cite) : les gens qui rangent en suivant sa méthode sont « plus beaux plus minces…bien que je n’aie pas de preuves scientifiques… » (Tu m’en diras tant !) et « Les objets aimés affichent une volonté de plaire à leur propriétaire » (encore cette façon de donner une vie propre à des objets…)

Bref, une lecture que j’ai fait trainer en longueur à raison d’un jogging par-ci par-là mais que j’aurai sans doute vite abandonnée en version papier, même s’il y a de bonnes idées malgré tout. A vous de vous faire une idée !

     Chez Sylire

  par Estellecalim. Merci!