L’écrivain – Dany Laferrière : Entretien inédit par Jean-Luc Hess

Résumé du l’éditeur :
« Né à Haïti, Dany Laferrière est désormais de nationalité Québécoise, bien qu’il ait longtemps vécu à Miami et qu’il siège à l’Académie française. Cette richesse multiculturelle fait de lui un auteur à part, inimitable. En 1985, son premier roman au titre provocateur – Comment faire l’amour avec un nègre – lui vaut immédiatement une reconnaissance littéraire d’envergure. En trente ans, il publie des dizaines de romans et récits, réunis principalement en deux mouvements : Une autobiographie américaine (oeuvres écrites pendant ses années à Miami) et le cycle haïtien (L’odeur du café, Le Cri des oiseaux fous…). En quoi le petit garçon haïtien était-il déjà en puissance le grand auteur que l’on sait ? Comment articule-t-il dans son oeuvre la diversité culturelle qu’il incarne ? Dany Laferrière revient sur son enfance, son exil et nous entraîne dans une promenade littéraire et onirique. »

J’ai lu plusieurs livres de Dany Laferrière avant le blog et « L’énigme du retour » en version audio lue par l’auteur . J’avais beaucoup aimé son style et sa vision des choses dont il parlait (et sa voix aussi !) et c’est donc avec grand plaisir que j’ai écouté cet entretien (bien mené par Jean-Luc Hess qui ne se met pas en avant comme cela est parfois le cas avec certains intervieweurs.)

C’est une discussion qui dure environ une heure où l’auteur parle de son écriture, de sa vie et de ce qui lui tient à cœur. Il parle en sa qualité d’auteur et de lecteur, d’Haïtien exilé, de Canadien de cœur et de citoyen du monde, de fils, de petit-fils et de père…

Même si vous ne connaissez pas l’auteur, tout ce qu’il dit sur l’écriture (si vous êtes auteurs, il y a des passages excellents !), la lecture et l’exil est absolument passionnant !

Et l’écouter est aussi un vrai plaisir car il a une façon de parler à la fois légèrement « gouailleuse » et bienveillante et son accent chantant vous réchauffe. Il donne tout simplement envie de s’asseoir avec lui et de discuter pendant des heures !

A découvrir !

Merci

Et tu n’es pas revenu : Marceline Loridan-Ivens (lu par Sandrine Kiberlain)

Quand j’ai commencé cette lecture je me suis d’abord dit « Encore un témoignage sur les camps » mais si ce récit parle bien des camps de concentration, il parle de bien plus encore.

Marceline Loridan-Ivens écrit une lettre à son père avec qui elle a été déportée en 1944 alors qu’elle avait 15 ans. Cette lettre est une déclaration d’amour à ce père qu’elle a perdu trop tôt et qui n’es pas revenu des camps… contrairement à elle. C’est aussi l’occasion de raconter sa vie dans les camps et avec sa famille avant le départ.

Mais cette lettre, c’est aussi l’occasion de parler du retour des camps -le retour de la jeune fille qui aurait préféré que ce soit son père qui rentre. Un retour qui était aussi tant attendu par les autres membres de la famille. Et cela apporte un éclairage vraiment intéressant sur le retour des déportés en général -personne ne peut les comprendre et eux-mêmes ont du mal à s’ajuster à la « vraie » vie. Et puis, il y a aussi de qui ne sont pas partis mais qui ne vivent pas forcément mieux le retour…

Un magnifique témoignage très humain et très bien écrit -émouvant sans être larmoyant.

La version audio est très bien lue par Sandrine Kiberlain qui avec beaucoup de justesse et de retenue, devient Marceline

  Chez Sylire : Le thème du mois est un livre qui met une femme en avant.

 par Sandrine! Merci! (Vous trouverez son billet en cliquant sur son nom!)

 « Document » 2016


Commentaires laissés à l’époque sur canalblog :
  • Je n’ai en attente ! merci pour ton avis qui me donne envie de le faire remonter dans ma PAL !
Posté par Manika, lundi 16 janvier 2017 |
  • je te souhaite le coup de coeur comme moi, c’est poignant et beau!
Posté par ennapapillon, lundi 16 janvier 2017
  • j’avais vu un reportage sur ce retour..ce fut un 2eme traumatisme pour certain(e)s….oui car ils rappelaient certains souvenirs que les gens voulaient oublier….en tout cas cela doit etre fort…
Posté par rachel, lundi 16 janvier 2017
  • Oui et personne ne pouvait ou ne voulait les comprendre. C’est un beau
livre, fort et émouvant.
Posté par ennapapillon, lundi 16 janvier 2017
  • il y a aussi cela…mais bon la ruine et la crise alimentaire etant la…beaucoup faisait preuve de renfermement…mais comment les juger?….
Posté par rachel, lundi 16 janvier 2017
  • là elle parle clairement de replis sur soi car les gens n’étaient pas prêts ni à parler ni à écouter. Une expérience trop indicible
Posté par ennapapillon, lundi 16 janvier 2017
  • oh que oui…cela reste une periode noire pour tout le monde…pour beaucoup, ce fut le noir absolu…
Posté par rachel, lundi 16 janvier 2017
  • Oui tout à fait et c’est important d’en entendre encore parler.
Posté par ennapapillon, mardi 17 janvier 2017
  • Ce livre m’a beaucoup touchée… J’ai été émue par l’anecdote sur Simone Veil au retour des camps.
Posté par Anne, lundi 16 janvier 2017
  • j’ai aussi été très touchée par l’histoire de ses frères et soeurs qui
n’ont pas été déportés mais qui ont aussi souffert des camps indirectement. C’est un livre vraiment fort.
Posté par ennapapillon, lundi 16 janvier 2017
  • C’est un témoignage que j’avais trouvé moi aussi très intéressant. Tu as raison de souligner qu’il est autant question de l’après camp que de ce qui s’est passé pendant la période d’enfermement.
Posté par Sylire, lundi 16 janvier 2017
  • Oui, je n’ai pas le souvenir comme ça d’avoir lu un récit sur l’après camps et c’est fort.
Posté par ennapapillon, mardi 17 janvier 2017
  • C’est beau hein. J’avais été très émue. Cet après… cet après…
Posté par Karine, mardi 17 janvier 2017
  • Oui, c’est vraiment poignant!
Posté par ennapapillon, mardi 17 janvier 2017
  • Quand j’avais acheté ce livre, je m’étais fait la même réflexion que toi. En refermant le livre, j’étais chamboulée. La relation avec son frère est déroutante. Je l’avais vue à La grande librairie et cette femme m’avait scotchée.
Posté par Aude_85, mardi 17 janvier 2017
  • je suis toujours fascinée par ces personnes qui se sont sorties de choses terribles et qui sont capable de transmettre tant de choses! Elle devait être passionnante.
Posté par ennapapillon, mercredi 18 janvier 2017

L’écrivain – Sorj Chalandon : Entretien inédit par Jean-Luc Hess

Résumé du l’éditeur :
Sorj Chalandon associe son métier de journaliste, de reporter et celui d’écrivain avec un talent remarquable. Lecteurs et critiques ne s’y sont pas trompés et ont plébiscité chacun de ses ouvrages, tout comme les jurés des prix littéraires. Ses livres, romans ou récits, sont tous empreints d’une profondeur historique, sociale mais aussi personnelle et autobiographique, qui fait toute la singularité de son oeuvre. Comment dissocier la littérature du journalisme ? L’écriture permet-elle de formuler ce qu’on ne peut pas dire ? Quelle est l’importance du style ? Cet entretien affirme avec brio et émotion la nécessité absolue des livres, « ces armes de dignité massive ».

Ce n’est un secret pour personne ici, je suis une grande fan de Sorj Chalandon. J’ai lu tous ses romans (qui sont tous chez moi et dédicacés) et je l’ai rencontré plusieurs fois à Rennes.

Du coup, j’avais un peu peur en écoutant cet entretien de déjà tout savoir et de ne pas être intéressée et pourtant ça a fonctionné !

Jean-Luc Hess arrive à faire de cet interview une discussion et on a l’impression de participer à une conversation qui reprend les thèmes abordés par Sorj Chalandon dans ses romans mais aussi sa vision de l’écriture et du journalisme. Il revient aussi sur son enfance, sa vie de famille et sa façon de concevoir l’écriture.

Cet entretien est à mon avis aussi passionnant pour les fans de l’auteur que pour ceux qui ne le connaissent pas bien. Il apporte un éclairage sur ses œuvres sans trop en dire. A découvrir !

avec Saxaoul. Allons voir son avis!
par Sylire. Vous trouverez son avis en cliquant sur son nom.