Le voyant : Jérôme Garcin (lu par Laurent Poitrenaux)

Ce livre est une très belle biographie et je ne suis pas passée loin du coup de cœur (même si en général je n’aime pas trop les biographies). Si j’ai tant aimé, c’est peut-être parce que c’est écrit comme un roman, avec une belle plume mais aussi parce que la personne racontée – Jacques Lusseyran– est aussi romanesque que si c’était un personnage fictif !

Cet homme est extraordinaire… D’abord enfant, il devient aveugle très jeune à 8 ans mais au lieu d’être handicapé par cela, il semblerait que cela exacerbe sa sensibilité artistique et humaniste.

Etudiant brillant, il devient résistant pendant la deuxième guerre mondiale et même plus, il gère un réseau de résistants… Il se retrouve à Buchenwald dans les baraques des infimes mais s’en sort grâce à la solidarité des hommes qu’il rencontre.

Son retour est compliqué, il se marie et l’après-guerre n’est pas une période facile et les histoires d’amour, les rencontres avec un gourou et la place à trouver dans la société sont complexes. Il part aux Etats-Unis où il devient un professeur reconnu même si ses histoires d’amour sont aussi compliquées (C’est un séducteur !).

J’ai trouvé que l’homme était fascinant, qu’il s’était révélé dans une époque terrible et ce livre met en avant un homme qui est peu connu en France alors qu’il est très respecté aux Etats-Unis !

Je dois dire que j’ai particulièrement aimé les parties sur son enfance et sa « vision » des couleurs et de la beauté, sa façon de « voir » le monde et de se considérer chanceux de ne pas voir car il estime qu’il voit mieux ainsi, qu’il perçoit mieux le monde. C’est une magnifique leçon de vie.

Et puis, j’ai aussi eu un coup de cœur et un gros coup d’émotion pour toute la partie qui concerne la résistance et Buchenwald. Il y a un passage qui cite des lettres de résistants à leurs familles, leurs dernières lettres et je dois vous dire que j’avais les larmes aux yeux en écoutant cela tout en courant dans la campagne.

J’ai été moins intéressée par la partie de l’après-guerre avec cette recherche un peu mystique qu’il traverse, mais qui est quand même symptomatique d’une époque et la partie américaine est intéressant sur le pays à cette époque, ses mœurs…

Bref ce livre est une très belle découverte que je vous recommande vraiment et qui est très bien lu par Laurent Poitrenaux qui donne une voix à Jacques Lusseyran.

Voici un article de Culture Box avec une interview de Jérôme Garcin : « Le Voyant » de Jérôme Garcin : « La France n’a rien fait pour ce héros » 

 Chez Sylire  (avec deux jours d’avance car je ne serai pas là le 16)

16 commentaires sur « Le voyant : Jérôme Garcin (lu par Laurent Poitrenaux) »

  1. Totalement en accord avec toi, Enna, ce fut une véritable révélation que cette biographie servie par une plume remarquable. Cette lecture remonte un peu maintenant et pourtant, je me souviens y compris d’où j’étais quand je l’ai parcourue, c’est dire à tel point elle m’a marquée ! Je te livre ma chronique : http://tlivrestarts.over-blog.com/2015/09/le-voyant-de-jerome-garcin.html
    Bonne journée à toi et belles lectures !

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  2. Beaucoup aimé aussi, je l’ai lu il y a deux ans à peu près. Il fait partie de la sélection folio pour le prix lycéen ! J’ai une élève de Seconde qui l’a lu et beaucoup aimé.

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  3. oh je comprends pourquoi ce n’est pas un coup de coeur entierement…en tout cas la premiere partie doit etre fantastique…car un non-voyant reussir dans la resistance, cela reste incroyable…genial…

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  4. C’est fou tous ces hommes remarquables que l’on oublie ! J’ai vu il y a quelques jours le film de Mel Gibson, Hacksaw Ridge, sur un soldat, objecteur de conscience, qui a sauvé à lui seul 72 soldats que les autres laissaient pour morts sur le champs de bataille. Il s’appelait Desmond Doss et personne n’avais jamais parlé de lui. C’est vraiment bien que tous ces héros de l’ombre soient « réhabilités » dans des livres et des films. Il y a comme une tendance en ce sens ces temps-ci et c’est vraiment réconfortant. Je pense aussi au film Hidden Figures sur ces femmes noires qui travaillaient à la Nasa et n’avaient jamais été honorées avant. Pour revenir à Jacques Lusseyran, il était en plus hyper beau, on dirait un acteur !!! Et écrivain de surcroît ! On comprend pourquoi il avait tant de succès ! Je note ce titre, of course. Merci Anne !

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