Kuessipan : Naomi Fontaine (lu par Marie-Ève Trudel)

Comment vous parler de ce roman? D’abord est-ce un roman ou un témoignage? Ou bien est-ce que c’est un document sociologique? Ou bien un recueil de poésie? Ou bien des tableaux de mots? Bref, cet ovni est bien difficile à présenter mais surtout c’est un peu tout ça et c’est une merveille!

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en le commençant, mais il faut savoir que « Kuessipan » est un mot innu signifiant « à toi » ou « à ton tour » et que Naomi Fontaine raconte ici la vie dans les réserves Innu mais elle en parle de l’inétrieur, elle parle du passé et du présent, elle parle des femmes, des hommes, des enfants. Elle parle des rêves et des désillusions, elle parle des espoirs et du désespoir. Elle raconte les bons côtés, les bons souvenirs et les belles histoires mais elle raconte aussi ce qui ne va pas.

Ce texte inclassable est un magnifique hommage à un peuple, à une nature et à une histoire. C’est passionnant et émouvant, instructif et dépaysant : un vrai voyage géographique et humain!

Et que dire des mots choisis pour raconter ces vies? La langue de Naomi Fontaine est  plein d’une belle poésie. C’est  un style à la fois fluide et direct et des images vraiment belles, presque comme un chant. C’est rythmé et naturel, le style porte vraiment bien des scènes très visuelles.

Bref, je suis sous le charme et j’aurai presque envie de le relire. Je l’ai découvert lu par Marie-Ève Trudel et c’était vraiment très bien lu, elle accompagne parfaitement les mots de l’auteur.

A découvrir!

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Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois enregistrés par des québécois

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La bête à sa mère : David Goudreault (lu par l’auteur)

Alors attention, âmes sensible soyez prêtes, car ce roman est loin d’être tendre! Il est trash et glauque et noir mais en même temps, ce cynisme est souvent drôle (humour noir, hein!) et aussi plutôt triste au fond car c’est un constat d’échec de notre société.

Voici la quatrième de couverture qui est en réalité le début du roman :

« Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. »

Le personnage principal commence sa vie dans un environnement tellement peu propice qu’il est placé de famille d’accueil en famille d’accueil… car n’étant pas un garçon simple ou facile à vivre, il ne reste jamais longtemps… Alcool, drogues, jeux vidéos, rap, petits larcins, et maltraitance sur animaux (il ne fait pas bon être un chat en sa présence)… Il grandit pour devenir une petite frappe désabusée, déviant et totalement en dehors de la société…

Un jour, il pense avoir retrouvé sa mère et sa quête pour entrer en contact avec elle est à la fois drôle et pathétique, désespérée et dramatique…

Je ne veux pas en dire plus mais si vous aimez les anti-héros, l’humour noir et les sujets de société traités de manière décalée, ce roman devrait vous plaire. Moi je l’ai trouvé jubilatoire mais vraiment je ne pense pas qu’il soit pour tout le monde (j’insiste sur le fait que les chats prennent cher!)

Je l’ai lu en audio, lu par l’auteur et c’était vraiment un gros plus car l’accent québécois marié à l’écriture du québécois m’a vraiment fait voyagé, mais même si vous le lisez en version papier, vous retrouverez la langue québécois dans les tournures de phrases et vous pourrez voyager aussi!

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