Les chaussures italiennes : Henning Mankell (lu par Marc-Henri Boisse)

 

Fredrik Welin a soixante-six ans et il vit seul avec son vieux chien et sa vieille chatte sur une île isolée de la mer Baltique. Ses seules visites sont celles du facteur, qui est aussi un peu son patient car Frederik était autrefois chirurgien. Mais depuis une douzaine d’années, il s’est coupé du monde, et en cet hiver, où comme chaque jour, il creuse un trou dans la glace pour se baigner dans l’eau glaciale il ne réalise pas que sa vie va prendre un tournant qui va bouleverser sa vie devenue si routinière.

En effet, une femme en déambulateur arrive sur la glace.. Cette femme c’est Harriet la presque fiancée qu’il a abandonné sans lui donner de nouvelles quarante ans auparavant quand il est parti étudier aux Etats-Unis et avec qui il n’a jamais repris contact après. Harriet est mourante et elle veut qu’il  honore une promesse qu’il lui avait faite toutes ses années passées.

Avec Harriet, une sorte de road trip va commencer pour Frederik ou plus exactement une sorte de tour en montagnes russes car en prenant la route avec Harriet, sa vie prendre un tournant spectaculaire : d’autres femmes vont entrer dans sa vie, des femmes qui directement ou indirectement en faisaient partie et qui vont le faire se remettre en question et l’ouvrir au monde et à lui-même.

Ce roman porte un regard très touchant sur la vieillesse, sur l’âge où on regarde son passé et qu’on peut encore changer des choses et Frederik saisit à bras le corps cette opportunité de changer sa fin de vie. C’est très touchant.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda

Journal d’un vampire en pyjama (suivi de Carnet de board) : Mathias Malzieu (lu par l’auteur)

Journal d’un vampire en pyjama

Ce livre est un document écrit comme un roman poético-humouristique avec des jeux de mots et des images presque naïves et pourtant ce témoignage est poignant et réaliste car réél. Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dionysos découvre par hasard qu’il souffre d’une maladie très grave, l’aplasie médullaire, qui attaque sa moelle osseuse. Et cela tombe particulièrement mal car il est sur le point de sortir son film « La mécanique du coeur » et il n’a pas le temps de s’occuper de lui…

Et pourtant il n’a pas le choix et c’est une question de vie ou de mort… Alors commence la valse des hôpitaux, les tests, les transfusions qui le transforment en « vampire en pyjama »… Une bataille à la fois pour se soigner mais pour aussi essayer de gagner du temps pour mener son projet de film, un combat qu’il mène avec l’aide de sa famille, de Rosy son amoureuse et puis surtout le personnel des hôpitaux.

Ce texte est un témoignage vraiment touchant car comme c’est un journal, il y retrace au jour le jour l’évolution de la maladie, avec ses doutes, ses craintes, ses bravades pour se protéger et protéger les siens. Je dois dire aussi que ce journal est une belle déclaration d’amour pour les infirmières et le personnel soignant qui l’ont vraiment accompagné et c’est vraiment beau à lire!

Le ton, plein d’une poésie enfantine et pourtant terre à terre donne un petit goût acidulé à ce témoignage qui aurait pu être tellement noir. Un très beau texte sur la maladie avec tous ses aspects mais aussi l’espoir.

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Carnet de board

Ce texte qui suit « Journal d’un vampire en pyjama » est un journal aussi mais cette fois-ci un journal de voyage. Mathias Malzieu avait émit le souhait, s’il se sortait de sa maladie, de traverser l’Islande en skate board à moteur… Alors une fois guéri, il s’est lancé dans cette aventure!

Ce récit de voyage est assez fascinant car il se retrouve tout petit sur son skate board (d’abord à moteur puis tout simple) dans l’immensité de l’Islande… Car si l’Islande est un petit pays en taille, c’est un pays immense dans sa grandeur géographique et culturel.

On visite avec lui, on découvre le pays, on se perd, on rencontre des Islandais, on est face à la mer, face au ciel, face aux aurores boréales. C’est un vrai voyage mais c’est aussi une sorte de défi et de revanche.

Une belle conclusion!

Merci à 

 Chez Sylire

catégorie « Mort »

 chez Cryssilda

Kill the Indian in the child : Elise Fontenaille

Comme je vous le disais dans mon billet sur « Le premier qui pleure a perdu », j’ai assisté à une conférence sur les Indiens d’Amérique du Nord (Canada inclus) et principalement sur la terrible injonction de « Tuer l’Indien dans l’enfant » (« Kill the Indian in the child ») qui consistait à retirer de force des enfants à leurs familles dans les réserves pour les envoyer dans les « Residential Schools » soit disant pour leur apprendre à lire et écrire en anglais mais qui consistait réellement à détruire leur culture à coup de religion catholique et de bourrage de crâne au mieux et de sévices physiques, sexuels, psychologiques dans les pires des cas… malheureusement les plus fréquents aussi… La conférencière nous a expliqué que ces destructions ont eu des conséquences terribles, pas seulement immédiates sur les enfants qui les subissaient mais bien au-delà car d’une part, les familles étaient détruites mais en plus, certains enfants étaient tellement bien « reformatés », qu’ils ignoraient tout de leur héritage Indien. Cela a terriblement contribué à une fragilisation psychologiques des descendants des peuples Indiens… Un véritable « génocide culturel » pour reprendre la soeur de Chanie Wenjack qui a connu ces écoles…

Quand j’ai vu qu’il existait un roman jeunesse intitulé « Kill the Indian in the child », je me suis jetée dessus pour en savoir plus car c’est un sujet fascinant et important, surtout quand on sait que ces « écoles » ont existé jusque dans les années 1990!

Pour commencer, je dois dire que ce roman m’a plu mais que je l’ai trouvé trop léger et court et que je ne suis pas sûr qu’il parlera à des lecteurs qui ne sont pas un peu informés au sujet de ce pan de l’histoire des Indiens d’Amérique. Il y a bien une postface qui donne des informations, mais c’est un sujet qui, à mon avis, ne devrait pas être survolé. Cependant, le roman est bien écrit et pourra certainement être un point de départ pour aborder ce sujet ou une conclusion mais je pense que le jeune lecteur devra être accompagné pour avoir un peu plus de fond sur le sujet.

Merci à l’auteur de le mettre en avant en France car c’est un sujet très important!

L’histoire est celle d’un jeune Ojibwé qui doit quitter sa famille pour être enfermé (car l’école ressemble plus à une prison) pour être « éduqué »… Mais là-bas, il subira des violences terribles, des humiliations et des privations de nourriture…  Il arrivera à s’échapper mais la mort sera malgré tout au bout de sa route…

Cet enfant fictif, est inspiré de Chanie Wenjack qui a réellement existé et qui a réellement souffert dans la pire « residential school » du Canada. La mort du jeune Chanie a marqué les esprits car un journaliste l’a mise en lumière. C’est devenu une figure importante de la lutte des Indiens.

Chanie Wenjack

La conférencière nous avait parlé de ce jeune garçon.

Pearl Wenjack parle de son frère

Un album musical et un roman graphique ont parlé de Chanie (cliquez sur l’image pour lire un article en français qui en parle)

Joseph Boyden a aussi parlé de lui (cliquez sur l’image pour lire un article en français qui en parle)

Merci à  et 

Le moindre des mondes : Sjón

J’ai acheté ce livre après ma rencontre avec l’auteur, Sjón, dans ma librairie, parce qu’il m’avait vraiment intéressé. Pourtant, j’avais dit que je n’achèterais plus de roman islandais car je me suis rendue compte à chaque fois que je n’étais pas du tout emportée dans leurs univers… Mais j’ai été faible car l’homme était vraiment passionnant… et après avoir lu ce très court roman, je déclare à nouveau et cette fois pour la dernière fois je pense : la littérature islandaise n’est pas faite pour moi!

Voici ce qu’en dit l’éditeur :

« Un jour tout blanc de neige et de glace, le révérend Baldur Skuggason, part à la chasse, fusil à l’épaule, fureur au ventre. Pendant ce temps, Fridrik le botaniste cloue un cercueil, celui d’Abba, handicapée de naissance. Ces trois personnages, la bête féroce, le lettré et la douce enfant vont de façon étonnant mêler leur histoire. »

Alors… comment vous parler de cette histoire… Le positif, c’est la langue, très poétique, un beau style qui fait vraiment voyager en Islande, géographiquement mais aussi dans l’esprit islandais, si je me base sur ce que l’auteur nous a dit de l’amour des Islandais pour les mots. D’ailleurs dans le texte on peut lire :

« Il déclara à ses compagnons de voyage :

-J’ai vu l’univers! Il est constitué de poèmes!

Les Danois se dirent qu’il avait parlé là en « rigtig Islænding », c’est à dire en authentique Islandais. »

Mais par contre en ce qui concerne l’histoire je ne peux pas dire que je sois sous le charme… Les trois personnages évoqués dans la quatrième de couverture sont bien présents mais les histoires sont assez cloisonnées et comme le roman est très court, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher à eux et à prendre le temps de voir le lien. Ils sont un peu trop survolés à mon goût. Et puis il y a une scène un peu onirique de délire où une renard a aussi un rôle important…

Bref j’ai été un peu perdue dans ce roman que je ne conseillerais qu’aux amateurs du style islandais dont je ne fais décidément pas partie!!

 chez Cryssilda

Qu’est ce que je faisais le mardi 12/12 à 00h12 et/ou à 12h12??

LE  12/12 À 00H12  : 

Je dormais!

LE 12/12 À 12H12 :

J’étais à la cantine et j’allais manger un osso bucco (on mange bien dans mon collège!)

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et l’adresse de votre blog si vous en avez un pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir) à cette adresse :

 ENNALIT@GMAIL.COM
On se donne au plus tard le 17  pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 19!

A bientôt!

The absolutely true diary of a part time Indian (Le premier qui pleure a perdu) : Sherman Alexie

J’avais noté ce roman dans ma LAL il y a bien longtemps sans me souvenir de pourquoi je voulais le lire et puis l’an dernier, j’ai assisté à une formation / conférence sur la thématique des Indiens d’Amérique et on nous a présenté ce roman jeunesse. J’ai fait le rapprochement entre le titre anglais et le titre français et quand j’étais à New York cet été, je l’ai acheté.

Ce roman est écrit, comme son titre d’origine l’indique, sous la forme d’un journal intime. L’auteur du journal est Junior de son vrai nom Arnold, un ado Indien Spokane qui vit dans la réserve avec ses parents et toute la tribu. C’est un jeune qui n’a pas une vie facile et ce depuis sa naissance puisqu’il a eu un problème grave de santé et qui a ensuite grandi avec des parents certes aimants mais alcooliques et qui ne trouve pas sa place parmi les gens de son âge. Son meilleur copain est la petite frappe de la réserve mais il est le seul à le protéger.

Un jour, suite à une discussion avec un professeur qui lui fait prendre conscience que s’il reste au lycée de la réserve il ne s’en sortira pas, il demande à rejoindre l’école de Reardan qui non seulement est en dehors de la réserve mais est uniquement composé de blancs (le seul autre indiens est la mascotte!). Ses parents le soutiennent car ils veulent le meilleur pour lui mais le reste de la population de la réserve, sa tribu des Spokanes, le rejettent et lui font comprendre qu’il a tourné le dos à sa communauté. C’est très difficile à vivre car il vit toujours là-bas, allant chaque jour au collège. Et c’est d’autant plus compliqué qu’il va très vite s’intégrer parmi ses nouveaux camarades blancs et même devenir un des joueurs phares de l’équipe de basket du lycée qui va devoir affronter l’équipe de la réserve… Junior se sent tiraillé entre son identité, sa loyauté envers son peuple et son envie d’évoluer dans un milieu qui lui offrira plus de chances de s’en sortir et il se sent « un Indien à temps partiel » (« A part-time Indian »).

Les sujets abordés dans ce roman sont sérieux : il y a la vie dans les réserves Indiennes, il y a le racisme, l’alcoolisme, l’absence d’espoir, la pauvreté, et la violence, qu’elle soit scolaire ou en famille, l’adolescence, les deuils. Il y a de vrais questionnements sur l’identité, la part de libre arbitre de jeunes qui viennent de communautés très marquées identitairement.

Mais il faut aussi dire que c’est très drôle! Car l’auteur a su traiter de façon très juste tous ces sujets absolument poignants et réalistes en y glissant des touches d’humour adolescent, des passages absurdes et du second degré salutaire! On s’indigne et on rit, on est triste et on rit, on apprend des choses sur la vie des Indiens dans une réserve au 20ème siècle et on rit!

Je vous conseille vraiment ce roman! Une excellente découverte!

Quelques extraits en anglais :

A propos de la pauvreté des Indiens :

Le professeur qui parle de la manière dont étaient traités les Indiens par le système éducatif dans le passé :

Sur l’espoir  :

La photo du 12/12 à 12h12 (trop tard pour 00h12 !)

Nous sommes  le mardi 12/12 :  n’oubliez pas de prendre la photo à 12h12 (trop tard pour 00h12!)

Il suffit de mettre une alarme sur son téléphone, un réveil dans la maison, un post-it en évidence, en parler autour de vous et de tous prendre une photo en même temps!

Et pensez à m’envoyer votre photo à ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, nuit ou jour), dans les 2 ou 3 jours qui suivent maximum. Je les envoie à Steff qui concocte une mosaïque et on vous met ça en ligne très vite!

A tout à l’heure pour ma/mes photos, si j’ai le temps de les mettre en ligne ce soir, sinon ça sera demain!

Tirage au sort du Book Jar

Vous avez été 16 à avoir répondu à l’appel pour m’aider à piocher ma prochaine lecture issue de ma PAL  en me  proposant des chiffres entre 1 et 35 dans les commentaires du blog ou sur la page Facebook du blog.  Merci à tous de votre participation!

J’ai noté tous ces chiffres et les titres correspondants et Bastien  a tiré au sort :

C’est donc le numéro 30  : « Soyez imprudents les enfants » de Véronique Ovaldé qui est dans ma  PAL depuis 2016 quand ma maman me l’a prêté et qui  a été proposé par Manika (merci d’avoir participé!)

Je vais faire en sorte de le lire pour le 12 janvier! Si vous voulez le lire avec moi, n’hésitez pas!

Rendez-vous le mois prochain pour un prochain tirage au sort! Et en attendant, n’hésitez pas à vous promenez dans le rendez-vous du mois en photos  

Vous faites quoi demain le 12/12 à 00h12 et/ou à 12h12??

Moi?

Le 12/12 à 00h12 (dans la nuit de lundi à mardi) et/ou à 12h12,  je prendrai une photo de ce que je suis en train de faire (enfin… 00h12, ce n’est pas sûr!)

Vous aussi, prenez une photo de ce que vous êtes en train de faire, du lieu où vous êtes, des gens qui vous entourent (on n’est pas obligé de voir votre tête), ce que vous voulez !

Il suffit de mettre une alarme sur son téléphone, un réveil dans la maison, un post-it en évidence, en parler autour de vous et de tous prendre une photo en même temps!

Pas besoin de s’inscrire à l’avance ni même de nous connaître avant, pas besoin d’avoir un blog et si vous en avez un, vous n’êtes pas obligés de faire de billet : le but c’est de se dire qu’au même moment on a tous appuyé sur le déclencheur! Plus on est de fous, plus la mosaïque sera grande 😉

Il suffit ensuite soit de m’envoyer un lien sur le blog ou de m’envoyer votre photo à ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir), dans les 2 ou 3 jours qui suivent maximum. Je les envoie à Steff qui concocte une mosaïque et on vous met ça en ligne très vite!

Si vous êtes partant, n’hésitez pas! A demain j’espère! 😉

En attendant Bojangles : Olivier Bourdeaut (lu par Louis Arène)

Ce roman est une histoire de famille et une histoire d’amour, une histoire de folie et de soif de liberté. Le récit est raconté en alternant le point de vu du fils de la famille et du père et à eux deux, ils dressent le portrait de leur famille et surtout de leur mère/ épouse, une femme fantasque.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire car je ne savais moi-même pas grand chose et j’ai été transportée dans un univers et je voudrais vraiment vous laisser plonger à votre tour dedans. Tout ce que je savais c’est qu’il s’agissait d’une histoire de famille  hors du commun et une histoire de folie.

Je ne vais pas rentrer dans les détails car les trouvailles pour parler de cette vie de famille sont à la fois drôles et tristes, improbables et pourtant crédibles, et il y a de la poésie et beaucoup d’émotions et surtout tant d’amour! J’ai ri, souri et pleuré aussi un peu…

La chanson « Mr Bojangles » par Nina Simone est aussi un élément important de ce roman. J’ai lu ce roman en audio et c’était un vrai bonheur car  avec des passages de la chanson qui augmentaient encore plus l’émotion de cette lecture! Je vous conseille vraiment la version audio!

Pour rester sur l’ambiance Nina Simone, j’avais lu le bel album jeunesse « Nina »