Dreams from my father (Les rêves de mon père) : Barack Obama (lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur français :

« Dans Les Rêves de mon père, Barack Obama raconte son exceptionnel parcours. Celui d’un homme charismatique, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2008, qui représente désormais l’espoir et le renouveau pour des millions d’Américains. Dès les premières pages de son récit, le ton est donné : ni lyrisme ni pathos, mais une grande sincérité. 
Évoquant le bouleversement provoqué par la mort accidentelle de son père kényan, qu’il n’avait pas revu depuis des années, Barack Obama déroule le fil de ses souvenirs.
Des plages de Hawaï, où il vit avec sa mère blanche américaine, à Jakarta, où il passe une partie de son enfance, des bancs de la prestigieuse université Columbia aux quartiers les plus misérables de Chicago, où il choisit d’exercer le métier d’éducateur, le futur sénateur de l’Illinois retrace le chemin parcouru, jalonné de rencontres fortes. 
Avec franchise, il raconte ses interrogations, ses blessures, ses victoires et ses défaites, celles d’un homme qui n’a jamais cessé de vouloir réconcilier les couleurs de l’Amérique. »

Ce texte est assez passionnant car il raconte d’abord l’histoire d’une enfance particulière aux Etats-Unis : un enfant né d’une mère blanche et d’un père noir (son père était Kényan) et qui vit dans une famille blanche dans les années 60, c’est loin d’être simple. Barack Obama a très peu connu son père mais il a vécu avec son absence et son héritage implicite, et surtout une mère qui a toujours été là pour lui et des grands-parents qui ont su s’adapter à cette situation. Il a eu un mode de vie assez cosmopolite avec une enfance à Hawaï, un beau-père indonésien et une partie de son enfance en Indonésie. Sa jeunesse a été loin d’être parfaite : il est passé par sa crise d’adolescence, testé la drogue et l’alcool avant de se reprendre et d’avancer brillamment dans les études supérieures. Ce témoignage est vraiment sincère et sans concession.

Quand il aborde sa vie de jeune adulte, il parle de son action en tant que travailleur social dans la communauté noire et très modeste de Chicago dans les années 80 et c’est aussi vraiment très intéressant car il semble prendre conscience alors de sa position d’homme noir aux Etats-Unis.

Il y a aussi une grande partie consacrée à une réunion familiale au Kenya après la mort de son père. Des rencontres fortes avec sa grand-mère et sa famille élargie qui lui donne un ancrage dans son héritage paternel.

Au travers de ce témoignage très personnel, c’est aussi un portrait sociologique des Etats-Unis que dresse Barack Obama, une peinture multiculturelle et c’est vraiment intéressant.

Un petit extrait pour vous donner une idée de sa belle lecture :

 Chez Sylire

 par mon amie Mrs B (Thanks!)

La confession : John Grisham (lu par José Heuzé)

Ce roman commence par une confession. Un homme vient voir le révérend Keith Schroeder dans le Kansas. Travis Boyette lui annonce qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau et en liberté conditionnelle dans un foyer de la ville mais surtout qu’il est le véritable meurtrier de la jeune Nicole en 1998. Il dit qu’il parle ce jour-là car il vient de réaliser que Donté Drumm, qui a été condamné pour ce crime 9 ans plus tôt, va subir la peine capitale au Texas dans les jours suivants.

Keith Schroeder qui ne connaissait pas cette affaire se renseigne et découvre que ce crime a bien eu lieu. Nicole était une jeune pom-pom girl blanche et populaire et Donté Drumm, un jeune footballeur Afro-Américain qui a été injustement accusé mais qui a 18 ans et dans la panique a avoué avant de se rétracter. Et même si le corps de la jeune fille n’a jamais été retrouvé, il est condamné à mort.

Le révérend prend contact avec Robbie Flak, l’avocat de Donté Drumm, pour lui raconter cette confession de Travis Boyette qui a déjà été plusieurs fois condamné pour des crimes sexuels et qui prétend pouvoir montrer où il a enterré le corps de la victime. L’homme d’église et le criminel vont alors prendre la route pour essayer d’arriver à temps à Huntsville pour tenter d’arrêter l’exécution de Donté.

En parallèle, Robbie Flak essaye de persuader une personne qui a fait un faux témoignage au début de l’enquête de se rétracter pour disculper Donté. Mais tout se passe dans l’urgence car tout arrive à la dernière minute et c’est une véritable course contre la montre.

Dans la ville de Slone, où a eu lieu le crime et où vivent les familles de Donté et de Nicole, des tentions commencent à se faire sentir jusqu’à devenir un conflit entre les communautés. Les Noirs et les Blancs s’affrontent et les autorités s’inquiètent des conséquences.

Il est évident que le jeune Donté a été très injustement arrêté et condamné en grande partie parce qu’il était Noir et à cause des préjugés de la part des enquêteurs et des jurés (tous blancs) lors du procès…

Ce roman est difficile à classer car ce n’est pas vraiment un polar étant donné que l’on sait dès le début qu’un innocent est en prison. Ce n’est pas vraiment un thriller non plus, même s’il y a un petit côté « road movie » avec l’angoisse de savoir si les efforts de l’avocat vont aboutir ou pas. Mais je dirai que ce roman est plus un roman « de justice » puisque nous suivons les rouages d’une ancienne enquête et des différentes étapes pour essayer de sauver un jeune homme condamné à tort et qui se retrouve dans le couloir de la mort. On est plongé dans les méandres des procès et de la justice américaine. On suit les différents membres de l’équipe d’avocats et toutes leurs tentatives pour rétablir la vérité.

Mais c’est surtout un roman vraiment engagé et social. Ce roman est une critique très claire de la peine de mort et des dysfonctionnements du système judiciaire. Pour commencer, dans l’état du Texas, une personne peut être condamnée à mort pour un viol et un meurtre alors même qu’il n’y pas de corps et aucune preuve de sa culpabilité. Le roman dénonce aussi la corruption et les arrangements entre les personnes qui font cette justice… C’est assez terrifiant et encore plus quand on est Noir dans un état du Sud aux Etat-Unis où la parole d’un homme de couleur aura toujours moins de poids que celle d’un Blanc…

C’est le deuxième  roman que je lis de John Grisham et j’admire sa capacité à traiter des thématiques de société très forts sous une façade de « polar ». Dans l’ombre de Gray Mountain il parlait de la pollution causée par les mines de charbon et les conséquences sur la nature et sur les hommes et ici il écrit un véritable pamphlet contre la peine de mort et l’intolérance. Je vous recommande ce roman!

Au niveau de la version audio, c’était assez surprenant car il y avait des habillages sonores comme des bruits de fond quand les gens sont des des lieux publics, des voix d’autres personnes en arrière plan. La première fois, j’avais des écouteurs et je ne m’y attendais pas : j’ai cru qu’il y avait quelqu’un d’autre chez moi qui me parlait! Mais à part cela, j’ai bien aimé la lecture par José Heuzé.

 

 Chez Sylire

 avec Sylire