Bakhita : Véronique Olmi (+ mon avis sur sur la version audio lue par l’auteur)

J’ai pris tout mon temps pour lire ce roman, il n’est pas si long et pourtant j’ai mis presque 2 semaines à le lire car je voulais le savourer et le lire dans des bonnes conditions pour déguster la langue et me plonger dans cet univers. J’ai trouvé le style magnifique, poétique sans fioritures, très visuel et pourtant plein de pudeur, pour parler d’un sujet dur, douloureux, et aussi très beau.

L’histoire est celle de Bakhita, tout d’abord petite fille au Soudan dans sa famille en 1865, avec des parents, des frères et sœurs et même une jumelle, mais à 7 ans elle est kidnappée et devient une esclave qui va être traînée sans ménagement sur les chemins. Elle va y perdre littéralement son identité, sa langue et même ses souvenirs. Elle va créer des amitiés même si elles sont dérisoires dans les conditions de vie qu’elle mène.

Elle sera achetée, vendue, maltraitée, torturée et puis elle sera sauvée quand elle sera achetée par le consul d’Italie et qu’il l’emmènera avec lui en Italie. Là, même si elle appartient encore à quelqu’un elle découvrira qu’elle peut être un individu à part entière. Une fois affranchie et donc libre, elle deviendra alors extrêmement croyante et entrera dans les ordres et deviendra même une sainte!

Ce roman est d’une grande puissance, il y a tant de domaines abordés, il y a de l’introspection, des questionnements sur ce qu’est la liberté, sur l’amour et le partage. Et puis, c’est aussi une fresque historique de l’Afrique et de l’Europe car on traverse l’histoire su 20ème siècle avec Batikha qui mourut en 1947 après avoir traversé deux guerres mondiales.

J’avais vu ce roman circuler sur Internet, notamment parce qu’il a gagné le Grand Prix des Blogueurs Littéraires 2017 et j’avais un peu peur de le lire car parfois quand un roman est « sur-vendu » on peut être déçu mais je suis tombée littéralement sous le charme de cette histoire pour le sujet et pour le style. J’ai souvent été très émue, que ce soit dans la première partie, très dure, sur l’esclavage ou dans la partie européenne où Batikha est dans la recherche d’elle-même et d’amour. Je vous le recommande vraiment même si je me rends compte que j’en parle sans doute très mal car c’est souvent comme ça pour les gros coups de coeur!

Et voici mon avis sur la version audio :

Il faut d’abord que je vous dise que j’ai commencé ma lecture de ce roman par sa version audio et que je l’ai abandonné au bout d’une heure d’écoute mais comme ce que j’en avais entendu me faisait penser que j’aimerais le texte je l’ai ensuite repris sur ma liseuse.

Donc cette partie du billet n’est pas pour parler du contenu dont vous avez pu lire tout le bien que j’en pensais au-dessus mais pour parler de la lecture audio par l’auteur elle-même… Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai détesté!

Je ne comprends vraiment pas pourquoi les auteurs sont choisis pour lire leurs livres car à quelques exceptions près (Pierre Lemaitre par exemple) c’est rarement positif! Ça fait longtemps que je veux demander à Audiolib comment ils choisissent les lecteurs? Il y a tant d’acteurs formidables qui lisent merveilleusement bien, qui font vivre le roman car c’est leur métier… Ici, pour moi, la lecture de Véronique Olmi a massacré le texte qui est pourtant vraiment beau et fort, poétique et réaliste… Elle en fait une récitation d’enfant mal posée, mal rythmée avec des intonations artificielles et ajoute aussi une sorte de pseudo lyrisme poétique. Pour tout dire, parfois, je l’imitais en écoutant sa lecture, pour voir comment on faisait pour si mal lire une si belle phrase.

Bref, Véronique Olmi devrait continuer à écrire car elle le fait très bien mais surtout laisser la lecture de ses romans en version audio à des lecteurs professionnels!

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Ma reine : Jean-Baptiste Andrea (lu par Guillaume Jacquemont)

Le narrateur est un adolescent des années 1960 qui est, on le comprend assez vite qu’il est un peu limité intellectuellement. Il a d’ailleurs quitté l’école car il avait des problèmes à s’ajuster à la vie en communauté, ne comprenant pas les codes et gérant mal ses émotions. Il travaille avec son père dans la station essence de son village de Provence. Mais un jour, il comprend que ses « bêtises » risquent de pousser ses parents à l’envoyer dans une école spécialisée loin de chez lui. Il décide de partir de chez ses parents en cachette pour « aller faire la guerre » et prouver qu’il vaut quelque chose.

En fait, bien entendu, cet ado qui est plus comme un petit garçon dans ses actions et ses raisonnements, ne va pas bien loin et il a oublié tout ce qu’il avait prévu d’emporter avec lui, et il se retrouve sur le plateau, dans le maquis. Là-bas, il se retrouve confrontée à une jeune fille d’à peu près son âge. Une fille qui le considère comme un garçon normal et qui lui invente un univers car elle se dit « Reine » et raconte qu’elle vit dans un château magique et que ses pouvoirs lui permettent de contrôler les éléments… Le jeune garçon, qu’elle nomme « Shell » car il porte un blouson au logo de la marque d’essence, ne sait pas trop s’il faut la croire ou pas mais il se laisse porter par cette rencontre magique.

Plus tard, il sera pris sous l’aile d’un berger solitaire (si solitaire que Shell le croyait muet). Encore une rencontre qui lui permet de grandir.

Il y a quelques incohérences (comment personne ne retrouve ce garçon dans un périmètre si petit?) et j’ai mis un peu de temps à entrer dans l’histoire car j’ai trouvé le démarrage  un peu lent mais j’ai fini par plutôt bien aimer ce roman et même y trouver une certaine poésie mais je ne peux pas dire qu’il me marquera vraiment sur le long terme et même, à vrai dire au moment d’écrire ce billet, je n’ai plus trop en tête les détails.

La voix du lecteur est plutôt bien adaptée au narrateur un peu innocent.

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