J’ai pris tout mon temps pour lire ce roman, il n’est pas si long et pourtant j’ai mis presque 2 semaines à le lire car je voulais le savourer et le lire dans des bonnes conditions pour déguster la langue et me plonger dans cet univers. J’ai trouvé le style magnifique, poétique sans fioritures, très visuel et pourtant plein de pudeur, pour parler d’un sujet dur, douloureux, et aussi très beau.

L’histoire est celle de Bakhita, tout d’abord petite fille au Soudan dans sa famille en 1865, avec des parents, des frères et sœurs et même une jumelle, mais à 7 ans elle est kidnappée et devient une esclave qui va être traînée sans ménagement sur les chemins. Elle va y perdre littéralement son identité, sa langue et même ses souvenirs. Elle va créer des amitiés même si elles sont dérisoires dans les conditions de vie qu’elle mène.

Elle sera achetée, vendue, maltraitée, torturée et puis elle sera sauvée quand elle sera achetée par le consul d’Italie et qu’il l’emmènera avec lui en Italie. Là, même si elle appartient encore à quelqu’un elle découvrira qu’elle peut être un individu à part entière. Une fois affranchie et donc libre, elle deviendra alors extrêmement croyante et entrera dans les ordres et deviendra même une sainte!

Ce roman est d’une grande puissance, il y a tant de domaines abordés, il y a de l’introspection, des questionnements sur ce qu’est la liberté, sur l’amour et le partage. Et puis, c’est aussi une fresque historique de l’Afrique et de l’Europe car on traverse l’histoire su 20ème siècle avec Batikha qui mourut en 1947 après avoir traversé deux guerres mondiales.

J’avais vu ce roman circuler sur Internet, notamment parce qu’il a gagné le Grand Prix des Blogueurs Littéraires 2017 et j’avais un peu peur de le lire car parfois quand un roman est « sur-vendu » on peut être déçu mais je suis tombée littéralement sous le charme de cette histoire pour le sujet et pour le style. J’ai souvent été très émue, que ce soit dans la première partie, très dure, sur l’esclavage ou dans la partie européenne où Batikha est dans la recherche d’elle-même et d’amour. Je vous le recommande vraiment même si je me rends compte que j’en parle sans doute très mal car c’est souvent comme ça pour les gros coups de coeur!

Et voici mon avis sur la version audio :

Il faut d’abord que je vous dise que j’ai commencé ma lecture de ce roman par sa version audio et que je l’ai abandonné au bout d’une heure d’écoute mais comme ce que j’en avais entendu me faisait penser que j’aimerais le texte je l’ai ensuite repris sur ma liseuse.

Donc cette partie du billet n’est pas pour parler du contenu dont vous avez pu lire tout le bien que j’en pensais au-dessus mais pour parler de la lecture audio par l’auteur elle-même… Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai détesté!

Je ne comprends vraiment pas pourquoi les auteurs sont choisis pour lire leurs livres car à quelques exceptions près (Pierre Lemaitre par exemple) c’est rarement positif! Ça fait longtemps que je veux demander à Audiolib comment ils choisissent les lecteurs? Il y a tant d’acteurs formidables qui lisent merveilleusement bien, qui font vivre le roman car c’est leur métier… Ici, pour moi, la lecture de Véronique Olmi a massacré le texte qui est pourtant vraiment beau et fort, poétique et réaliste… Elle en fait une récitation d’enfant mal posée, mal rythmée avec des intonations artificielles et ajoute aussi une sorte de pseudo lyrisme poétique. Pour tout dire, parfois, je l’imitais en écoutant sa lecture, pour voir comment on faisait pour si mal lire une si belle phrase.

Bref, Véronique Olmi devrait continuer à écrire car elle le fait très bien mais surtout laisser la lecture de ses romans en version audio à des lecteurs professionnels!

Les avis de mes co-jurés : Aproposdelivres,  Meuraïe, SandrineSylire

 Chez Sylire

catégorie « mot unique » de ma ligne audio

16 commentaires sur « Bakhita : Véronique Olmi (+ mon avis sur sur la version audio lue par l’auteur) »

  1. Je dois être l’une des rares à ne pas avoir lu ce roman… je crains les scènes difficiles du début, et ne suis pas emballée par le fait qu’elle devienne religieuse, et même sainte. Quant au livre audio, j’ai bien compris qu’il faut l’éviter !

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    1. En fait, les parties dures du début sont tellement bien écrite qu’elles passent bien et le fait qu’elle devienne religieuse semble surtout être une quête perpétuelle d’amour et cela ne m’a pas choquée (autres temps…) En tout cas, moi, je te déconseille la version audio mais je te conseille le roman (peut-être quand tu auras un peu oublié le buzz 😉

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  2. et bin tout un livre…oui cela fait peur de lire apres un livre tant aime….comme les films d’ailleurs…
    et bin dommage pour l’audio…peut-etre que cela deviendrait trop cher de payer des acteurs…dommage….

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    1. Apparemment, parfois les auteurs sont demandeurs de lire, parfois c’est audiolib qui est demandeur de certains auteurs-lecteurs, mais bon, j’ai été moins charmée que le comité de lecture qui a validé l’auteur pour cette lecture 😉

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  3. Waoowww, tu n’es pas tendre avec Olmi, la comédienne. Pourtant, j’aurais cru, justement, qu’elle qui a écrit des pièces de théâtre (et en a interprétés d’autres, si je ne m’abuse) saurait mieux que quiconque valoriser son texte…
    Heureusement, tu confirmes qu’il faut que fasse taire mes apriori sur ce livre (tant encensé que cela me paraissait suspect) et que je me laisse porter. D’autant que j’ai toujours en mémoire depuis que je l’ai lu « Bord de mer », le seul roman de l’auteur que j’ai lu à ce jour et qui m’avait bouleversé

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    1. Je me sens un peu méchante pour le coup, mais franchement, si je n’avais pas eu le livre sur ma liseuse, je serais peut-être passée à côté d’un coup de coeur à cause de sa façon de lire et ça aurait été dommage! Je n’aurais pas été aussi dure si je n’étais pas passée de l’abandon au cou de coeur! Je ne peux que te le conseiller car de mon côté aussi j’avais un peu peur de passer à côté à force de le voir partout! Je note « Bord de mer »!

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  4. J’adore ton billet parce que moi, c’est tout le contraire. J’aime bien le lecture d’Olmi mais je trouve l’histoire lassante.

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    1. C’est drôle, ça! Vraiment, j’ai rarement abandonné un livre audio de façon aussi radicale à cause du lecteur et surtout pour passer à un coup de coeur sur la version « roman » 😉 Comme quoi, ton avis contrebalance le mien (sans être beaucoup plus sympa pour l’auteur 😉

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  5. C’est vrai ce que tu dis : parler d’un coup de coeur, hou, là, là, c’est pas facile. On a toujours l’impression que nos mots sont creux après ceux de l’auteur. Mais ton billet le fait très bien je trouve. Et la ferveur avec laquelle tu exprimes ta déception face à la version audio renforce cette idée. Tu n’aurais sans doute pas été aussi virulente je crois si le livre ne t’avais pas autant touchée.
    Belle semaine!

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  6. J’ai eu un peu de mal avec la voix au tout début mais bien vite je m’y suis habituée. Véronique Olmi ne garde pas ce ton tout au long du roman. La voix évolue au fur et à mesure que l’enfant grandit.
    C’est un coup de coeur pour moi aussi.

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